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Avec l’exposition Shanghai Kaleidoscope, le Musée royal de l’Ontario (ROM [1] ) pose un regard moderne sur la plus grande cité chinoise. La créativité shangaïenne se décline en quatre volets : architecture, esthétique urbaine, art contemporain et mode.

Ce musée a subi une transformation majeure depuis le début du millénaire [2] . Dans le cadre du projet Renaissance ROM, l’institution a été réorganisée. L’entrée s’est déplacée et les visiteurs sont maintenant accueillis dans le pavillon Cristal Michael Lee-Chin (fig. 1). Cette aile aux facettes multiples donne un air futuriste à l’immeuble patrimonial.

Figure 1 [3] . Musée royal de l’Ontario. Source photographique : wikipedia.org, sous licence Creative Commons Attribution ShareAlike 2.5

Ce greffon moderne sur un musée dont la presque totalité de la collection est consacrée aux arts anciens permet de souligner le caractère incongru de Shanghai Kaleidoscope au ROM. L’exposition est présentée par The Institute for Contemporary Culture (ICC) qui explore les sujets culturels et sociaux comtemporains [4] . Il s’agit de leur troisième exposition [5] . Nous assistons donc aux balbutiements de l’incursion du ROM dans l’art contemporain.

Ce mariage imposé déroute de nombreux visiteurs. Pour bien situer le lieu d’exposition, il faut avoir en tête que la salle voisine est dédiée aux vêtements et aux textiles. Robes de XVIIIe siècle et métiers à tisser traditionnels sont offerts en contemplation. L’étage au-dessous est consacré aux arts de l’Amérique précolombienne, du Pacifique et de l’Afrique ainsi qu’au Moyen-Orient. C’est la tête remplie d’images de statues, objets de rituel et autres artefacts que le visiteur pénètre dans cette réflexion sur la transformation rapide de la Chine. Le choc est brutal et plusieurs personnes s’expriment à haute voix sur la présence d’art contemporain dans la salle. À cet égard, il semble que la scénographie devrait être revue pour permettre une transition en douceur entre les collections permanentes du musée et les expositions temporaires consacrées à la créativité actuelle.

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Figure 2. Maison du quartier Bund, vers 1880.

Ici, la présence de Shanghai 1860-1949 : Historical Photographs (fig. 2) peut servir d’introduction malgré sa localisation au rez-de-chaussée de l’institution. Située dans la zone consacrée aux arts traditionnels de la Corée, de la Chine et du Japon, cette exposition expose des photographies chroniquant la vie d’Européens dans la ville chinoise au tournant du vingtième siècle. Cette mise en bouche s’intègre parfaitement dans son espace. On apprend que Britanniques, Français et Américains ont établi des concessions commerciales, au grand dam des autorités chinoises. Se situant hors de portée des lois du pays environnant, le commerce s’est développé de façon florissante. Cette richesse s’est traduite par la construction d’immeubles à l’architecture néo-classique sur la rue Bund.

Cette histoire européenne constitue le premier pilier sur lequel se construit l’appréciation de Shanghai Kaleidoscope. En effet, l’exposition d’art contemporain présente la réaction des artistes devant les mutations subies par leur ville depuis le début des années 1990. Or, le quartier aux allures européennes autour de la rue Bund fait partie de cet héritage que les nostalgiques voient menacé.

L’autre pilier nécessaire pour apprécier cette exposition concerne ces mutations que la ville a subies depuis une quinzaine d’années [6] . Ainsi, après la Seconde Guerre mondiale et faisant suite à l’avènement de la République populaire de Chine, les concessions étrangères sont passées sous le contrôle chinois. Tandis que les étrangers allaient trouver refuge à Hong Kong, les Chinois continuaient de faire de la ville un important centre industriel. Son importance économique a connu un second souffle durant les années 1990 alors que le gouvernement mettait en place des mesures fiscales incitatives pour encourager son développement.

Du point de vue commercial, la ville est un véritable succès. Son port gère depuis 2005 le plus gros trafic cargo au monde. Sa bourse financière est la plus importante en Chine. Son produit intérieur brut a connu en 2007 une augmentation de 13%. Elle contribue à elle seule pour 6% du PIB chinois.

Cette richesse économique est accompagnée par une croissance démographique sans précédent. La population de l’agglomération urbaine approche 15 millions d’habitants. Pour loger ces personnes, il faut construire de nombreux logements. Les tours d’habitation se sont multipliées. Plus de 4000 immeubles dépassant 20 étages ont poussé dans la ville, soit le double de New York. Il est prévu d’en construire 1000 autres.

L’attitude chinoise envers la préservation du patrimoine est ambivalente. Elle est explicitée par Ma Qingyun, architecte iconoclaste chinois, dans le catalogue de l’exposition [7] . La philosophie usuelle à l’égard de la croissance a consisté à raser puis à reconstruire. Si les Chinois ne s’opposent pas à la conservation des espaces urbains, ils mettent en application une approche confucéenne gérant le flux et le changement. Ainsi, l’architecte n’aime pas la préservation qui empêche les possibilités futures. Le territoire étant limité, cette façon de figer un lieu dans le temps est vue comme un handicap pour le développement de la génération suivante.

Donc, pour apprécier Shanghai Kaleidoscope, il faut s’appuyer sur la connaissance du passé et sur la croissance économique actuelle de la ville. Faute de ces informations, le visiteur ne pourra saisir le sens des installations qui lui sont proposées. Malheureusement, les textes accompagnant les œuvres mettent l’accent sur la perspective occidentale concernant la préservation des monuments historiques. Le point de vue de Qingyun n’est pas (ou peu) présenté. C’est plutôt la nostalgie qui prend le dessus.

Figure 3. Image couverture de Phantom Shanghai de Greg Girard.

Cette approche est criante dans les œuvres des deux artistes aux origines occidentales, soit l’Italien Olivo Barbieri et le Canadien Greg Girard. Ce dernier offre des photographies prises entre 2001 et 2006. Tirée du livre Phantom Shanghai (fig. 3), cette collection d’images veut préserver le souvenir de la ville telle qu’elle a existé entre 1949 et 1990. Il s’ensuit une présentation d’immeubles traditionnels entourés de débris de démolition. Les photos font penser à des îlots du passé résistant au présent ravageur. Ces bâtiments se tenant encore debout contrastent avec les briques, poutres et plâtre qui jonchent le sol. La ville semble avoir subi des bombardements, comme ces images de métropoles européennes ravagées par la guerre. La puissance d’évocation est très forte. Si l’artiste se décrit comme antinostalgique [8]  en présentant des immeubles délabrés, son œuvre ne peut faire autrement qu’alimenter l’exaltation du passé.

De son côté, Olivier Barbieri propose Site_Specific Shanghai 05, un film d’une douzaine de minutes. À vol d’oiseau, l’œuvre cinématographique enfile les images des tours commerciales peuplant la mégalopole. Les immeubles au revêtement blanc tournant au brun s’élèvent sur un sol en continuel martèlement où les flaques d’eau stagnante se multiplient. Les arbres sont rares dans cette vision d’un Shanghai en construction. Les prises de vue finissent par se ressembler, créant chez le spectateur un effet d’hypnotisme et de vide qui invite à la réflexion sur la disparition de la nature sous les marteaux-piqueurs. L’efficacité est totale : le visiteur repart avec l’impression que toutes les constructions sont semblables et que la seule variété se retrouve dans le développement organique des quartiers anciens. S’éloignant du film touristique, il évite les prises de vue les plus célèbres de la ville, comme la rue Bund et la Place du Peuple.

Ce point de vue contraste fortement avec celui proposé par Crystal CG Shanghai dans Shanghai Panorama 2008. Dans un film crée par ordinateur qui se présente comme un survol de la ville, on se promène dans un monde virtuel idéalisant le Shanghai d’aujourd’hui. Si le brun et la saleté dominaient l’œuvre de Barbieri, ici vibrent le bleu azur et le vert opulent. Les arbres sont nombreux, les défauts n’existent pas et tous les personnages sourient dans ce monde imaginaire. La standardisation est de rigueur, le critère esthétique dominant semblant être la mise en valeur du drapeau chinois associée à une conception utopique du bonheur. Si la propagande s’infiltre dans ce document, il faut la prendre avec un grain de sel. En effet, cette firme est le fournisseur en graphisme multimédia officiel des Jeux olympiques de Pékin et de l’Exposition universelle de Shanghai devant se dérouler en 2010. Cette œuvre doit donc se décoder en utilisation les critères commerciaux avec lesquels elle a été produite. Néanmoins, il s’agit d’un rappel magistral que le développement de la ville n’est pas vécu négativement par l’ensemble de la population.

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Figure 4. Let’s Puff [image tirée de l’installation], Yang Zhenzhong.

L’observation d’un changement inévitable semble être le mot d’ordre des artistes chinois s’exprimant sur la situation de Shanghai. Aucune œuvre n’illustre mieux cette approche que Let’s Puff (2002) de Yang Zhenzhong (fig. 4). Cette installation est composée de deux projections vidéo se faisant face. Sur l’un des écrans est projetée l’image d’une jeune femme à l’allure timide. Périodiquement, elle prend une grande inspiration, soulève sa main droite et l’utilise comme tremplin pour envoyer son souffle vers l’autre écran. Notre regard se tourne vers celui-ci où déambulent des passants dans une rue anonyme de la ville. Dès que le souffle de la jeune fille se fait entendre, cette image se met à trembler à son rythme. Cette oeuvre illustre le vent de changement frappant de plein fouet le mode de vie traditionnel des Chinois.

Le même artiste propose une autre installation vidéo à l’entrée de l’exposition. Light and Easy 2 (2002) projette l’image de Zhenzhong tenant en équilibre les immeubles de Shanghai dans sa main (fig. 5). Le profil de Shanghai est inversé et le sommet de la tour radiophonique Oriental Pearl se trouve au bout de son index. Dans cette métaphore visuelle, le vent du changement souffle également, pendant que la population maintient la ville en place dans un jeu d’équilibre fragile et continuel.

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Figure 5. Light and Easy 2 [image tirée de la vidéo], Yang Zhenzhong.

Dans Shanghai 1, August 18-19, 2004 et Shanghai, April 8-9, 2005, Shi Guorui propose de capter les transformations subies par la métropole (fig. 6 pour illustration de son travail). S’enfermant dans une chambre d’hôtel, il reprend le principe de la camera obscura en plongeant la pièce dans le noir le plus total. Il expose ensuite une pellicule à la lumière émanant de la ville. Pendant quelques heures, les mutations de Shanghai se sont donc inscrites sur le film photographique. Le résultat de ce travail met en dialogue l’ancien quartier Bund avec le nouveau quartier des affaires dans un échange immuable duquel est soustrait l’éphémère. La pérennité de l’(in)action enclenche une réflexion sur les rapprochements entre les activités commerciales passées et actuelles.

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Figure 6. Shanghai 9 May 2005, Shi Guorui. Cette image n’est pas présente dans Shanghai Kaleidoscope mais le travail artistique est similaire.

Une approche semblable se trouve dans Gravity – Shanghai Night Sky (2004) de Shi Yong. Dans une suite de photographies captant le sommet de quelques gratte-ciels de la ville. En éliminant le corps des immeubles pour se concentrer sur leur couronnement, l’artiste met l’accent sur le profil urbain en constante mutation et cette nouvelle façon de définir Shanghai : par ses tours. La projection voisine Flutter, Flutter, Jasmine, Jasmine (2002) de Yang Fudong est présentée comme une réponse humaine à la présence des bâtiments en béton. Dans cette histoire fictive d’un jeune couple habitant l’un des gratte-ciels de la métropole, le contraste entre l’idéalisme niais des chansons populaires et le réalisme cru de l’espace urbain est chanté dans un esprit de karaoké. Ce faisant, l’artiste réussit à extirper l’humanité de ses personnages malgré l’inhumanité des lieux.

Une seule œuvre chinoise semble rejeter d’une façon plus directe la modernité telle qu’elle est actuellement vécue. Il s’agit de la vidéo Crumpling Shanghai (2000) de Song Dong. Le principe est simple : un film du Shanghai traditionnel est projeté sur une feuille de papier blanche se découpant sur fond noir. Après quelques secondes, des mains surgissent pour froisser le papier et réduisant à néant les images du passé. Le processus recommence avec une nouvelle image et une nouvelle page. La fragilité de la vie urbaine et son caractère éphémère sont appuyés dans cette évocation efficace.

Mentionnons également qu’une œuvre de Shen Fan est présente dans l’exposition, mais que l’installation n’est pas complète. De plus, des créations issues de la mode sont proposées par les dessinateurs Gao Xin, Wang Yiyang et Zhang Da. Des entrevues – dont la plupart sont en mandarin, sans sous-titres – et des films mettant en vedette la ville peuvent aussi être visionnés.

Cette exposition permet de familiariser le spectateur canadien avec l’art contemporain se produisant à Shanghai. Cette ville en constante mutation depuis les années 1990 est à l’image de l’Empire du Milieu. Dans un monde où tout ce qui touche la Chine est porté à prendre une place de plus en plus importante, il s’agit d’une occasion inespérée de voir des œuvres significatives créées par des artistes à l’avant-garde de la scène chinoise.

Si le ROM n’est pas un musée d’art moderne, l’insertion d’œuvres contemporaines provenant d’un empire au passé plusieurs fois millénaires se défend plutôt bien. Cependant, le décalage entre les collections permanentes et cette exposition est très grand. Intéressant peu les visiteurs réguliers et n’ayant pas une force d’attraction assez puissante pour dévier le trafic passionné d’art contemporain, cet événement risque malheureusement de passer inaperçu auprès du public torontois.

Informations pratiques

  • L’exposition Shanghai Kaleidoscope est proposée au Musée royal de l’Ontario (Toronto) jusqu’au 26 octobre 2008. [ détails et localisation géographique ]
  • Horaire
    Du lundi au jeudi: 10h à 17h30
    Vendredi: 10h à 21h30
    Samedi et dimanche: 10h à 17h30
  • Droits d’entrée
    Adultes: 22$
    Tarifs réduits: 19$
    Enfants: 15$ [ détails ]

BIBLIOGRAPHIE

« Shanghai ». Wikipedia, [en ligne], 2008, <http://www.wikipedia.org> (page consultée le 10 août 2008).

MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. Site du Musée royal de l’Ontario, [en ligne], <http://www.rom.on.ca/>, (site consulté le 10 août 2008).

CHESNEAUX, Jean et Jean DELVERT. « Shanghai [Chang-Hai] ». Encyclopedia Universalis, [en ligne], 2007, < http://www.universalis-edu.com/> (page consultée le 10 août 2008).

LÉTOURNEAU, Jocelyn. Le coffre à outils du chercheur débutant. Montréal, Boréal, 2006, 266 p.

PHILLIPS, Christopher. Shanghai Kaleidoscope. Catalogue d’exposition (Toronto, Musée Royal de l’Ontario, 3 mai – 2 novembre 2008). Toronto, Musée Royal de l’Ontario, 2008, 144 p.

LISTE DES ILLUSTRATIONS

Figures

  1. Royal Ontario Museum – Musée Royal de l’Ontario. 2007. Photographie numérique. 2518 x 1747 pixels. Wikipedia Commons (photo tirée de Wikipedia Commons, juin 2007, Royal Ontario Museum, [en ligne], <http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Royal_Ontario_Museum.jpg>, (page consultée le 10 août 2008)).
  2. Maison du quartier Bund. [sans date]. Photographie numérique. 180 x 160 pixels. Musée Royal de l’Ontario (photo tirée du Musée Royal de l’Ontario, 2008, Maison du quartier Bund, [en ligne], <http://www.rom.on.ca/exhibitions/special/shanghai_photo_fr.php>, (page consultée le 10 août 2008)).
  3. Girard, Greg. Couverture du livre Phantom Shanghai. 2007. Photographie numérique. 400 x 321 pixels. Thames & Hudson [éditeurs] (photo tirée de FNAC, 2008, Phantom Shanghai, [en ligne], <http://livre.fnac.com/a1971873/Greg-Girard-Phantom-Shangai>, (page consultée le 10 août 2008)).
  4. Zhenzhong, Yang. Let’s Puff. 2002. Projection vidéo à deux canaux. Courtoisie de l’artiste et de la Haudenschild Collection (La Jolla, USA) (photo tirée de Canadian Art, Shanghai Kaleidoscope : Global China and the 21st Century, [en ligne],
    <http://www.canadianart.ca/online/see-it/2008/05/08/shanghai-kaleidoscope/>, (page consultée le 10 août 2008)).
  5. Zhenzhong, Yang. Light and Easy 2. 2002. Projection vidéo à canal unique (6 min), son. Courtoisie de l’artiste et de la Haudenschild Collection (La Jolla, USA) (photo tirée de Canadian Art, Shanghai Kaleidoscope : Global China and the 21st Century, [en ligne], <http://www.canadianart.ca/online/see-it/2008/05/08/shanghai-kaleidoscope/>, (page consultée le 10 août 2008)).
  6. Guorui, Shi. Shanghai May 9th 2005. Camera obscura, tirage sur gélatine argentique. (photo tirée de Artnet, Shi Guorui, [en ligne],
    <http://www.artnet.com/artist/424491738/shi-guorui.html>, (page consultée le 10 août 2008)).

NOTES

 [1]  Royal Ontario Museum

 [2]  Les informations concernant le ROM proviennent du site Internet de l’institution.

 [3]  Les photographies présentes dans ce document proviennent de sources électroniques variées. Leur qualité inégale en fait foi. Elles sont présentées dans le dessein d’appuyer le texte et elles ne doivent en aucun cas s’y substituer.

 [4]  Christopher Phillips, Shanghai Kaleidoscope, Catalogue d’exposition (Toronto, Musée Royal de l’Ontario, 3 mai – 2 novembre 2008), Toronto, Musée Royal de l’Ontario, 2008, p. 18.

 [5]  Ibid.

 [6]  Les informations sur développement de Shanghai proviennent du catalogue de l’exposition, de l’Encyclopedia Universalis (dont la bibliographie s’arrête en 1962) et elles sont complétées par quelques commentaires des contributeurs de Wikipedia.

 [7]  Philips, op. cit., p. 24.

 [8]  Ibid., p. 113.