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	<title>Marc Gauthier &#187; Simone Hudon</title>
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	<description>Mon espace consacré à l&#039;art et à son histoire. Point focal: Québec.</description>
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		<title>Critique d&#8217;exposition: Femmes artistes &#8211; La conquête d’un espace 1900-1965, au Musée national des beaux-arts du Québec</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2009 01:59:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Gauthier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;exposition Femmes artistes. La conquête d’un espace, 1900-1965 est une réussite qui saura satisfaire de nombreux visiteurs, peu importe leur sexe. La prise en charge de l&#8217;événement par la directrice du Musée national des beaux-arts du Québec présage de bons moments pour notre institution muséale de premier plan. Les visiteurs qui ne sont pas nécéssairement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;exposition <em>Femmes artistes. La conquête d’un espace, 1900-1965</em> est une réussite qui saura satisfaire de nombreux visiteurs, peu importe leur sexe. La prise en charge de l&#8217;événement par la directrice du Musée national des beaux-arts du Québec présage de bons moments pour notre institution muséale de premier plan.</p>
<p>Les visiteurs qui ne sont pas nécéssairement au fait de l&#8217;actualité muséale de Québec l&#8217;ignorent peut-être, mais <em>Femmes artistes</em> constitue la première exposition réellement montée par Esther Trépanier après le long règne de John R. Porter. Puisque les expositions se préparent des années à l&#8217;avance, la nouvelle directrice du Musée pilotait habilement les projets de son prédécesseur depuis son entrée en fonction, exception faite de cette exposition. Avec des moyens qui paraissent limités, en puisant dans les réserves du Musée, la directrice a réussi à tenir un discours cohérent sur un aspect méconnu de la production artistique du Québec. Que demander de plus à ce genre d&#8217;exposition?</p>
<p>Ne nous leurrons pas: le propos qui y est tenu ne résoudra pas la question sur la féminité dans l&#8217;art. Existe-t-il un art au féminin? Les femmes possèdent-elles une perspective qui leur serait propre et différente de leurs confrères masculins? Ne cherchez pas la réponse ici.</p>
<p>Plutôt, Esther Trépanier a bâti son propos autour de plusieurs axes, reflets de la condition sociale de ces artistes selon leur époque. Notons que la tenue d&#8217;exposition de ce type est tout à fait dans l&#8217;air du temps, le Musée national d&#8217;art moderne (Centre Pompidou à Paris) proposant un <a href="http://www.cnac-gp.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/D6A4B0D21DE9B83EC12575B60032CA4A?OpenDocument&amp;sessionM=2.2.2&amp;L=1" target="_blank">réaccrochage complet de sa collection permanente</a> sous l&#8217;angle strictement féminin &#8211; un choix qui me semble farfelu, mais il faut bien amener des visiteurs dans les collections permanentes!</p>
<p><em>Femmes artistes</em> s&#8217;ouvre sur des peintures délicates (faute d&#8217;un meilleur mot) qui accueillent le visiteur à l&#8217;extérieur des salles. Il s&#8217;agit d&#8217;un clin d&#8217;oeil au XIXe siècle et aux oeuvres intimes peintes par des femmes qui affirment peu leur statut professionnel, d&#8217;où le titre <em>De la dilettante à la professionnelle</em>.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-05/bourassa.jpg" alt="" width="366" height="563" /><br />
[Augustine Bourasse, <em>Torse masculin de dos, étude d'après le plâtre</em>, entre 1897 et 1912, fusain et craie sur papier, 47,6x30,9 cm, collection du Musée national des beaux-arts du Québec]</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-05/duquet.jpg" alt="" width="375" height="313" /><br />
[Suzanne Duquet, <em>Le Groupe</em>, 1941, huile sur toile, 127x149,8 cm, collection Musée national des beaux-arts du Québec]</p>
<p>L&#8217;entrée en matière se produit réellement dans la première section de l&#8217;exposition, consacrée à la conquête des écoles d&#8217;artistes et des lieux d&#8217;exposition. On y retrouve les travaux habituels de tout jeune étudiant aux Beaux-Arts. Ce sont donc des nus académiques qui sont proposés dans <em>La formation professionnelle et les groupements d&#8217;artistes</em>. Si l&#8217;accès à l&#8217;École d&#8217;art de l&#8217;Art association of Montreal (futur Musée des beaux-arts de Montréal) se produit dès 1880, les admissions aux Écoles des beaux-arts de Montréal et de Québec constituent des points tournants dans le développement de leur statut professionnel.</p>
<p>En ce sens, on notera le <em>Torse masculin de dos, étude d&#8217;après le plâtre</em> d&#8217;Augustine Bourassa, réalisé entre 1897 et 1912. Surtout, on remarquera <em>Le Groupe</em> (1941) de Suzanne Duquet, avec ses personnages au regard alourdi et cette figure presque masculine de l&#8217;artiste.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-05/scott.jpg" alt="" width="375" height="528" /><br />
[Marian Dale Scott, <em>Crocus</em>, 1938-39, huile sur toile, 71,7x51,4 cm, collection du Musée national des beaux-arts du Québec]</p>
<p>Un des moments forts de l&#8217;exposition est constitué par le clin d&#8217;oeil auto-référentiel à <em>L&#8217;exposition Femina</em>, tenue dans les mêmes murs voilà un peu plus d&#8217;une soixantaine d&#8217;années. Cet événement est le premier à proposer uniquement des artistes de sexe féminin et qui reconnaît qu&#8217;il s&#8217;agit de femmes. Si celles-ci participaient aux expositions communes avec leurs collègues masculins, il s&#8217;agit d&#8217;un moment unique dans l&#8217;histoire artistique du Québec qui méritait d&#8217;être rappelé à notre souvenir.</p>
<p>Dans cette section qui regroupe des oeuvres présentées à <em>Femina</em>, on remarquera <em>Crocus</em> (1938-39) par Marian Dale Scott qui frappe par sa modernité. Aussi, l&#8217;histoire de Claire Fauteux ne peut manquer de toucher. Restée à Paris durant l&#8217;Occupation, elle est envoyée dans un camp d&#8217;internement allemand à Besançon. Là, elle se met à peindre des aquarelles représentant sa vie au quotidien. Merci à la directrice d&#8217;avoir sorti ces oeuvres des dépôts où elles dormaient depuis 1947. Signalons finalement un <em>Saint Joseph tenant l&#8217;Enfant Jésus</em> (1938) de Sylvia Daoust qui a attiré l&#8217;attention de nombreux visiteurs de l&#8217;exposition. Sa ligne moderne &#8211; à tout le moins pour un sujet conventionnel &#8211; et sa texture à la fois enlevée et maîtrisée fascinent.</p>
<p>Le reste de l&#8217;exposition suit les trois murs de la salle. La conquête de l&#8217;espace s&#8217;y déploie d&#8217;une façon remarquable, si on prend bien le temps de s&#8217;y arrêter. Si les femmes artistes sont d&#8217;abord confinées à l&#8217;espace privé, intime et familial, elles le quittent peu à peu pour dépeindre des sujets sociaux, puis jardins et paysages urbains pour finalement représenter la nature. Ce parcours est bien structuré autour des thèmes <em>La figure humaine</em>, <em>L&#8217;espace urbain</em>, <em>L&#8217;espace naturel</em> et <em>L&#8217;espace intime</em>.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-05/mcnicoll.jpg" alt="" width="375" height="461" /><br />
[Helen Galloway McNicoll, <em>À l'ombre de l'arbre</em>, c.1910, huile sur toile, 100,4x82,6 cm, collection du Musée national des beaux-arts du Québec]</p>
<p>Ainsi, l&#8217;exploration de la figure humaine suit l&#8217;évolution des tendances picturales. Si les premières femmes artistes représentées adoptent un impressionnisme évident (Helen Galloway McNicoll, <em>À l&#8217;ombre de l&#8217;arbre</em>, c.1910), l&#8217;évolution vers des couleurs plus audacieuses dans les années 1920 est clairement visible. Le visiteur peut voir ce traitement différent en un seul regard.</p>
<p>Son oeil sera d&#8217;ailleurs attiré par la maquette d&#8217;Anne Kahane, <em>Maquette pour le «Monument au prisonnier politique»</em> (1953), qui a été primée lors d&#8217;un concours international. Cette oeuvre se situe dans une «section des exclus», où prostituée, grévistes et pauvres peuplent les toiles.</p>
<p>Habilement, cette section sert de jonction entre la figure humaine et la conquête de l&#8217;espace. Comment ne pas mentionner les eaux-fortes de Simone Hudon dépeignant avec tout le pittoresque voulu les rues de Québec? Impossible également de passer sous silence <em>Escalier de secours</em> (1939) de Marian Dale Scott, représentant un escalier de triplex d&#8217;une façon géométrique incroyable, vu sous un angle à donner le torticolis à un acrobate, avec des couleurs à la fois exaltées et harmonieuses.</p>
<p>À une époque où la modernité au Canada passe par les travaux du <a href="http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=f1ARTf0003476" target="_blank">Groupe des Sept</a>, les femmes artistes ne peuvent faire comme leurs collègues masculins et partir dans les profondeurs des Laurentides pour peindre les beautés du paysage. Que faire, dès lors?</p>
<p>Le premier espace public représenté est une enfilade de parcs urbains, puisque ces lieux étaient accessibles aux femmes artistes. Ce sont donc ces scènes qui ont été peintes.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-05/mount.jpg" alt="" width="375" height="323" /><br />
[Rita Mount, <em>Percé</em>, 1923, huile sur toile, 76,2 x 86,4 cm, collection du Musée national des beaux-arts du Québec]</p>
<p>Aussi, la Compagnie des chemins de fer nationaux a offert à Anne Savage l&#8217;occasion de se balader dans l&#8217;Ouest, autour de la rivière Skeena, afin d&#8217;encourager les représentations de ce coin de pays peu connu. Plus près de chez nous, le Rocher Percé constitue un motif chez les artistes, comme des coins de Charlevoix.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-05/legendre.jpg" alt="" width="375" height="259" /><br />
[Rita Legendre, <em>Espace</em>, 1967, acrylique sur toile, 127x183 cm, collection du Musée national des beaux-arts du Québec]</p>
<p>La dernière section est composée par <em>L&#8217;abstraction</em>, accompagnée des <em>Femmes du Refus global</em>. Si le saut dans la modernité se fait d&#8217;une façon un peu brutale dans le parcours de l&#8217;exposition, les oeuvres qui y sont présentes sont puissantes.</p>
<p>On remarquera un ensemble de photographies de Françoise Sullivan, peintre et danseuse, signataire du <em>Refus global</em>, dont une performance est immortalisée par dix-sept photographies prises par Maurice Perron. Il s&#8217;agit d&#8217;ailleurs du seul homme de l&#8217;exposition, comme quoi les divisions entre les sexes sont toujours difficiles à réaliser! L&#8217;exposition se termine par une juxtaposition des oeuvres de l&#8217;abstraction avec celles de l&#8217;académisme, vues dès le départ.</p>
<p>Malgré ce parcours presque sans faute, quelques bémols doivent être soulignés. D&#8217;abord, l&#8217;exposition reflète les choix de la directrice, avec les avantages et les inconvénients que cette approche possède.</p>
<p>Ainsi, on remarquera que la chronologie est fortement chamboulée pour satisfaire aux catégories créées pour regrouper les oeuvres. En conséquence, les mêmes artistes se retrouvent à plusieurs endroits dans la salle. C&#8217;est donc dire qu&#8217;une approche thématique a été privilégiée. Or, si cette façon de faire ne cause pas problème ici, il peut s&#8217;agir d&#8217;un jeu dangeureux qui pourrait détourner des oeuvres pour leur faire tenir un discours qu&#8217;elles n&#8217;avaient pas.</p>
<p>De plus, cette façon de procéder rend difficile le repérage des artistes. Où se situe Marian Dale Scott dans la production artistique québécoise, présente à la fois dans <em>L&#8217;espace urbain</em> et <em>Abstraction</em>? La même chose pourrait être dite à propos de Suzanne Duquet, Sylvia Daoust et Jeanne Rhéaume.</p>
<p>Dans le même sens, la différence entre les femmes artistes francophones et anglophones n&#8217;est pas évoquée dans l&#8217;exposition. Or, les Francophones devront attendre beaucoup plus longtemps que les Anglophones pour créer des oeuvres qui seront diffusées. L&#8217;importance des classes de l&#8217;<em>Art Association of Montreal</em> sous <a href="http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=F1ARTF0001069" target="_blank">Brymner</a> et du <em>Beaver Hall</em> dans le développement de la pratique des Anglophones ne m&#8217;apparaît pas assez soulignée. Un audioguide aurait peut-être été souhaitable en ce sens.</p>
<p>En bref, cette exposition possède les défauts de ses qualités. Avec la plus grande justesse, elle permet d&#8217;abord de souligner l&#8217;accès des femmes au métier de peintre au Québec (académisme, exposition <em>Femina</em>). Le regroupement par thématique est plus subjectif. S&#8217;il m&#8217;apparaît parfois risqué de faire dialoguer les oeuvres entre elles &#8211; car il est facile de créer des sens artificiels &#8211; le problème semble évité dans cette exposition. Les regroupements permettent de saisir une dynamique tournant autour de l&#8217;espace et de l&#8217;abstraction. En ce sens, l&#8217;exposition est un succès.</p>
<p><em>Femmes artistes</em> mérite le coup d&#8217;oeil et vaut amplement, à elle seule, le coût d&#8217;admission au Musée. La directrice Esther Trépanier réussit le coup de dépoussiérer les riches collections de l&#8217;institution pour présenter un discours intéressant qui remet de l&#8217;avant des moments forts du passé artistique québécois. Selon moi, il s&#8217;agit là du premier mandat de notre musée national et il est rempli habilement par cette exposition.</p>
<p>- INFORMATIONS PRATIQUES - </p>
<p>* L&#8217;exposition <em>Femmes artistes. La conquête d’un espace, 1900-1965. Œuvres de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec</em> est présentée au Musée national des beaux-arts du Québec du 7 mai au 16 août 2009. [<a href="http://www.mnba.qc.ca/expo_femmes_artistes.aspx" target="_blank">détails</a>]</p>
<p>* Le coût général d’admission est de 15 dollars. Il existe des tarifs réduits. [<a href="http://www.mnba.qc.ca/Tarifs.aspx" target="_blank">détails</a>]</p>
<p>* La conférence <em>Les femmes et leur engagement dans l’art, 1900-1965</em> sera prononcée le mercredi 27 mai à 19h30 par Thérèse St-Gelais, professeure en histoire de l’art, Université du Québec à Montréal. [<a href="http://www.marcgauthier.com/calendrier/fiche.php?id=173" target="_self">détails</a>]</p>
<p>* Des films sur Mary Cassatt, Marcelle Ferron et Françoise Sullivan sont également présentés dans le cadre de l&#8217;expositon. [<a href="http://www.mnba.qc.ca/activites_cinema.aspx" target="_blank">détails</a>]</p>
<p>* Pour les familles, le Musée en herbe offre gratuitement aux enfants d&#8217;explorer <em>La couleur et les fauves</em> les après-midis de fin de semaine. [<a href="http://www.mnba.qc.ca/activites_musee_en_herbe.aspx" target="_blank">détails</a>]</p>
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		<title>Dernière chance: Québec, une ville et ses artistes au MNBAQ</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Apr 2008 20:28:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Gauthier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cette fin de semaine est votre dernière chance pour voir l&#8217;exposition Québec : Une ville et ses artistes proposée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu&#8217;à dimanche, le 27 avril 2008. Comme tout bon retardataire, j&#8217;ai couru à l&#8217;exposition aujourd&#8217;hui. Au fil de la visite, j&#8217;ai été à la fois charmé et déçu. L&#8217;exposition [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette fin de semaine est votre dernière chance pour voir l&#8217;<strong>exposition <em>Québec : Une ville et ses artistes</em></strong> proposée au <a href="http://www.mnba.qc.ca/expo_quebec_une_ville_et_ses_artistes.aspx" target="_blank">Musée national des beaux-arts du Québec</a> jusqu&#8217;à dimanche, le 27 avril 2008.</p>
<p>Comme tout bon retardataire, j&#8217;ai couru à l&#8217;exposition aujourd&#8217;hui. Au fil de la visite, j&#8217;ai été à la fois charmé et déçu.</p>
<p><strong>L&#8217;exposition débute par un miroir, une jolie façon de renvoyer au visiteur</strong> puisque les oeuvres proposées dans l&#8217;exposition renvoient à l&#8217;identité que les artistes de la ville de Québec ont aidé à façonner au fil des siècles. Ce miroir fait partie d&#8217;un ensemble de mobilier victorien (cat. 78, MNBAQ) réalisé par le fabricant de meuble François Gourdeau durant les années 1870.</p>
<p>Du côté charmant, <strong>il faut absolument se déplacer pour voir le <em>Parement d&#8217;autel dit «de la Nativité»</em></strong> (cat. 3, salle 5<em>, </em>Musée des Ursulines). Réalisé par Marie Lemaire des Anges, il s&#8217;agit d&#8217;un ouvrage tout en finesse qui illustre la richesse de l&#8217;art de la broderie importé en Nouvelle France.</p>
<p>Dans la même salle, les amateurs d&#8217;ébénisterie et de travail sur bois ne pourront faire autrement qu&#8217;être en admiration devant le savoir-faire déployé par Pierre-Noël Levasseur. Dans le <em>Tabernacle </em>(cat. 15, salle 5, Fabrique de Sainte-Anne de la Pérade), l&#8217;artiste met en pratique les principes énoncés par Vignole concernant les proportions parfaites des colonnes ioniques.</p>
<p>Également, on retrouve les plans de 1716 que <strong>Chaussegros de Léry</strong> a réalisés de Québec. C&#8217;est l&#8217;occasion de voir ces relevés et les propositions d&#8217;expansion tels que l&#8217;ingénieur militaire les percevaient. <strong>Ces plans sont habituellement conservés dans les archives situées à Aix-en-Provence en France.</strong> On peut également observer les plans du <em>Palais de l&#8217;Intendant</em> (cat. 10, salle 5, Archives nationales de France) qui respectent le symbolisme social associé au poste prestigieux d&#8217;intendant.</p>
<p>Trois portraits d&#8217;Augustines, réalisés par Antoine Plamondon, sont réunis pour la première fois ensemble depuis 1841. <em>Soeur Saint-Alphonse </em>(cat. 56, salle 6, Musée des Beaux-Arts du Canada), <em>Soeur Saint-Joseph</em> (cat. 57, salle 6, Musée des Augustines) et <em>Soeur Sainte-Anne</em> (cat. 58, salle 6, Musée des Augustines)  sont judicieusement alignées. Dès lors, il est impossible de ne nier leur parenté formelle en un joli coup d&#8217;oeil.</p>
<p>J&#8217;ai été particulièrement heureux de retrouver les <strong>eaux-fortes</strong> que <strong>Simone Hudon</strong> a réalisées de la ville de Québec. Cette technique consiste habituellement à utiliser une plaque de cuivre recouverte d&#8217;un vernis qui résiste à l&#8217;acide. L&#8217;artiste gratte ensuite le vernis pour réaliser son dessin. La plaque est ensuite plongée dans un bain acide qui creuse le cuivre aux endroits grattés. Il est ensuite possible de remplir ces lignes d&#8217;encre pour créer des estampes. Réalisées au début du 20e siècle, ces gravures possèdent une qualité pittoresque qui peut difficilement déplaire.</p>
<p>La dernière salle de l&#8217;exposition propose des oeuvres récentes. La décoration de la maison Henri-Bélanger (aujourd&#8217;hui détruite) rappelle <strong>la présence de l&#8217;Art déco dans la capitale</strong> du Québec. La grille (cat. 125, salle 7, Musée de la civilisation de Québec) nous accueille dès notre arrivée dans la salle.</p>
<p>Objet de curiosité s&#8217;il en est un, <strong><em>Introscaphe I</em></strong> <strong>intrigue</strong> (ct. 162, salle 6., collection particulière). Présenté au Musée d&#8217;art moderne de la ville de Paris en 1970, cet objet en forme d&#8217;oeuf invite le spectateur à prendre siège en son sein. Après s&#8217;être refermé, il bombarde son passager d&#8217;images mélangeant causes sociales et indifférence de la société de la consommation. Si on ne peut l&#8217;essayer, il est possible de voir un extrait du film qui était projeté aux spectateurs.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit là que d&#8217;une sélection des oeuvres et des artistes qui sont proposés dans le cadre de cette exposition. Légaré, Krieghoff, Jobin, Huot, Pellan, Lemieux et d&#8217;autres peuplent les trois salles consacrées à la ville de Québec.</p>
<p><strong>D&#8217;une façon globale, il s&#8217;agit d&#8217;une visite agréable que je recommande.</strong></p>
<p>Cependant, comme d&#8217;habitude, <strong>j&#8217;ai quelques réserves.</strong></p>
<p>Ainsi, <strong>le lien entre certaines des oeuvres et la ville de Québec est plutôt faible</strong>. Ainsi, les portraits de Jean-Baptiste Roy-Audy n&#8217;ont qu&#8217;un lien très éloigné avec la Capitale. Ils représentent des bourgeoises de Montréal et des environs. Un artiste de Québec qui gagne son pain à Montréal&#8230;</p>
<p>De plus, <strong>pourquoi cette exposition se termine-t-elle avant la date de l&#8217;anniversaire de fondation de la ville de Québec?</strong> En effet, le Musée célèbrera la naissance de Québec par le biais du <em>Louvre à Québec</em>. Il est fort probable que cette exposition soit intéressante et qu&#8217;elle constitue un tour de force; là n&#8217;est pas mon propos. Je me questionne sur le fait que les oeuvres des artistes québécois ne seront pas mises en évidence dans le musée national lors des célébrations du 400ème.</p>
<p>La célébration de l&#8217;art contemporain se fera en décembre 2008 avec <em>C’est arrivé près de chez vous, L’art actuel à Québec</em>. Au moins, le Musée pourra affirmer sans soulever une arcade qu&#8217;il a consacré deux expositions aux artistes de Québec pendant le 400ème. Il  semble peu importer que ces expos aient eu lieu avant et après la date de fondation de la ville.</p>
<p>Du côté des <strong>détails insignifiants</strong>, il me fait toujours sourire de voir des traces de doigts derrière une vitre qui doit protéger les oeuvres. <strong>De gros doigts noirs sales sont ainsi bien visibles sur le passe-partout entourant le <em>Plan de la ville de Québec</em> </strong>(cat. 6, salle 5, ANF) datant de 1716.</p>
<p>Somme toute, une exposition qui vaut le détour mais qu&#8217;il faut vous dépêcher de voir. Elle se termine le 27 avril 2008.</p>
<p>Le <strong>droit d&#8217;entrée</strong> régulier est de 15 dollars, ce qui est <strong>dispendieux</strong> pour les expositions présentement à l&#8217;affiche.</p>
<p>L&#8217;audio-guide coûte 5 dollars. C&#8217;est agréable, sans plus.</p>
<p>Le catalogue contient 334 pages et il se vend 59,95 $. Les reproductions des oeuvres qu&#8217;on y retrouve sont de bonne qualité. Cependant, l&#8217;aspect fragmentaire de l&#8217;exposition en fait un document inégl qui dresse un portrait superficiel de chacun des sujets traités. À se procurer si on désire avoir une idée de chacun des artistes présentés et pour les reproductions.</p>
<p>Le détail du livre se trouve <a href="http://www.marcgauthier.com/blog/2008/04/25/derniere-chance-quebec-une-ville-et-ses-artistes-au-mnbaq/#more-82" target="_self">après le saut</a>.</p>
<p><span id="more-82"></span></p>
<p>L’exposition Québec, une ville et ses artistes, présentée du 14 février au 27 avril 2008 au Musée national des beaux-arts du Québec, aura jeté un regard éclairant sur la production de 22 artistes en arts visuels ayant entretenu un lien étroit avec la ville de Québec. Le livre d’art qui accompagne cette présentation permettra d’en garder un souvenir impérissable! Éditée par le Musée, sous la direction de M. Denis Castonguay et de M. Yves Lacasse, la publication compte 334 pages et plus de 370 reproductions en couleurs. Le lecteur y retrouvera avec plaisir les magnifiques aquarelles urbaines de Cockburn, les incendies légendaires des quartiers Saint-Roch et Saint-Jean peints par Légaré, les impressionnants portraits de religieuses signés par Antoine Plamondon, les vues panoramiques saisissantes de la ville de Québec réalisées par Krieghoff, et plus encore.</p>
<p>Un magnifique catalogue rendu possible grâce à la contribution d’un nombre important de collaborateurs, soit une vingtaine d’historiens de l’art (conservateurs de différents musées, universitaires, historiens indépendants, restaurateur). Constitué de 22 essais, tous précédés d’une capsule biographique illustrée donnant ainsi un portrait complet des artistes ou des groupes d’artistes représentés, l’ouvrage est préfacé par M. Jean Leclerc, président de la Société du 400e anniversaire de Québec, par M. Régis Labeaume, maire de la ville de Québec, et par M. John R. Porter, directeur général du MNBAQ. Il comporte également une introduction et une chronologie signées par M. Yves Lacasse, directeur des collections et de la recherche au MNBAQ et directeur du projet. On doit la conception graphique des plus raffinées, tout à la fois classique et moderne, à Paquebot design.</p>
<p>L’ouvrage est disponible dès maintenant à la Boutique du Musée et dans de nombreuses librairies au coût de 59,95 $. Il sera également en vente au Salon internationale du livre de Québec, du 16 au 20 avril prochain, au kiosque des Publications du Québec.</p>
<p>TITRES DES 22 ESSAIS<br />
Frère Luc : un peintre récollet à Québec en 1670-1671 ? Marie Lemaire des Anges et son atelier : l’art de la broderie des Ursulines de Québec ? Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry : la ville comme totalité au xviiiesiècle ? Pierre-Noël Levasseur : une pièce de mobilier remarquable, le maître-autel de l’église de Sainte-Anne-de-la-Pérade ? François Ranvoyzé : le trésor de L’Islet ? François Baillairgé : le détail académique ? Jean-Baptiste Roy-Audy : coiffures et parures ? James Pattison Cockburn : un aquarelliste dans la ville ? Joseph Légaré : drames à Québec ? Antoine Plamondon : un moment de grâce en 1841, trois portraits de religieuses ? Théophile Hamel : retour d’Europe en 1846-1847 ? Cornelius Krieghoff : Québec, une question de points de vue ? Atelier de François Gourdeau : ! un ensemble de salon néo-Renaissance exceptionnel ? Jules-Ernest Livernois : le regard moderne d’un photographe ? Louis Jobin : trois figures-enseignes dans la ville ? Charles Huot : la peinture d’histoire à l’hôtel du Parlement ? Simone Hudon : la célébration du pittoresque urbain ? Robert Blatter : la maison Henri-Bélanger, première résidence Art déco au Québec ? Alfred Pellan : 12 juin 1940, soirée de vernissage au Musée de la province, ou la révolution Pellan ? Jean Paul Lemieux : trois perceptions d’une ville ? Marius Plamondon : les verrières de l’oratoire Saint-Joseph-du-Mont-Royal ? Edmund Alleyn : séjour parisien de 1961 à 1970 ou les fondements d’une pratique singulière</p>
<p>LISTE DES AUTEURS<br />
Mario Béland, conservateur de l’art ancien de 1850 à 1900, Musée national des beaux-arts du Québec ? Paul Bourassa, conservateur aux expositions et responsable du développement des secteurs architecture, arts décoratifs, design et métiers d’art, Musée national des beaux-arts du Québec ? Denis Castonguay, conservateur aux expositions, Musée national des beaux-arts du Québec ? Joanne Chagnon, historienne de l’art ? Christine Cheyrou, directrice-conservatrice, Musée des Ursulines de Québec ? Claire Desmeules, conservatrice, Parcs Canada ? Daniel Drouin, conservateur de l’art ancien avant 1850 et responsable de la collection d’art inuit, Musée national des beaux-arts du Québec ? Michèle Grandbois, conservatrice de l’art moderne (1900 à 1950), Musée national des beaux-arts du Québec ? Marc Grignon, professeur d’histoire de l’art, Université Laval ? Yves Lacasse, directeur des collections et de la recherche, Musée national des beaux-arts du Québec ? Laurier Lacroix, professeur d’histoire de l’art et de muséologie, Université du Québec à Montréal ? Pierre Landry, historien de l’art ? Ginette Laroche, historienne de l’art ? Michel Martin, conservateur de l’art contemporain (1950 à 2000), Musée national des beaux-arts du Québec ? Line Ouellet, directrice des expositions et des publications scientifiques, Musée national des beaux-arts du Québec ? Pierre-Olivier Ouellet, historien de l’art ? Claude Payer, restaurateur et responsable de l’atelier des sculptures, Centre de conservation du Québec ? John R. Porter, directeur général, Musée national des beaux-arts du Québec ? Zoë Tousignant, historienne de l’art ? Paul Trépanier, historien de l’art ? René Villeneuv! e, conservateur associé de l’art canadien ancien et de l’orfèvrerie, Musée des beaux-arts du Canada.</p>
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