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Les Journées de la culture 2008 ont lieu cette fin de semaine. C’est l’occasion de s’immiscer dans les coulisses d’organismes culturels ou de voir les expositions sous un jour nouveau. Voici une sélection des activités se déroulant à Québec les 26, 27 et 28 septembre 2008.

* Au Musée national des beaux-arts du Québec, l’artiste Paryse Martin créera avec le public une oeuvre collective en carton. [détails] [communiqué de presse]

* Le Centre de conservation du Québec ouvre ses portes, un événement rare! Découvrez les sept ateliers de restauration et démonstrations par des spécialistes : archéologie-ethnologie, meuble, métal, œuvre sur papier, peinture, sculpture et textile. Vendredi seulement! [détails]

* Dans le complexe Méduse, les différents organismes proposent:
  * Avatar : Visites des studios pour découvrir l’univers de l’art audio et des arts médiatiques et pour rencontrer les technologues avatariens. Aussi, participation à la création d’une œuvre d’art audio en utilisant l’ensemble des équipements et dispositifs logiciels disponibles. [détails
 * L’Oeil de Poisson : Conférence de Richard Martel pour découvrir cet artiste important de la scène internationale de la performance, mais aussi fondateur et directeur du Lieu, centre en arts actuels de Québec. Aussi, exposition d’œuvres de ce créateur. [détails]

* Revivez le 200e anniversaire de Québec en revoyant le plan-relief Duberger au Parc-de-l’Artillerie. Deux visites commentées ont lieu samedi. Réservation requise [détails]

 * Si la muséologie vous passionne, Muséo-Gestion va démontrer le savoir-faire déployé dans le cadre de l’exposition au Musée du Bon-Pasteur. [détails]

* Dans Limoilou, l’Atelier Trois cinquième ouvre ses portes. J’ai eu l’occasion de visiter cet atelier sympathique et je vous invite à pénétrer dans la création actuelle. Les artistes sont nombreux et travaillent des techniques variées. Ouvert dimanche, de 12h à 18h. [détails]

* Partez à la découverte des oeuvres d’art public sur le campus de l’Université Laval grâce à un rallye. [détails]

* L’archéologie du site Roberval-Cartier est mis en valeur dans le vieux Cap-Rouge. Dimanche, de 14h à 16h. [détails]

* Revoyez des vues aériennes de Sillery et Sainte-Foy à la bibliothèque Charles-H.-Blais. Dimanche, de 14h à 15h30. [détails]

* La Chambre blanche propose une visite commentée de son installation Forêts d’ifs par Eric d’Orion. [détails

* Si l’ébénisterie ancienne vous intéresse, c’est l’occasion de vous familiariser avec les techniques ancestrales de finition du bois à l’École d’Ébénisterie Artebois [détails] ou à l’Institut québécois d’ébénisterie [détails].

* La coop du Fargy ouvre ses portes et présente une quinzaine de sculptures de la ville de Québec. [détails]

* Le patrimoine religieux est à l’honneur dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste [détails] et Saint-Charles-Borromée [détails]. Le patrimoine architectural de la Gare du Palais est également mis en valeur [détails].

* Le centre hospitalier Robert-Giffard propose une exposition d’oeuvres d’art réalisées par des artistes aux prises avec un trouble de santé mentale. [détails

* Les galeries d’art sont nombreuses à proposer des discussions ou des démonstrations: Galerie Bécot [détails], Galerie du Trait-Carré [détails],  Galerie Magella-Paradis [détails], Galerie Jacques-Cartier [détails], Galerie des arts visuels de l’Université Laval [détails], Vidéo-femmes [détails].

* Des artistes proposent également de nombreuses démonstrations : Anouk Lacasse [détails], Gérard Boulanger [détails], Hélène Brodeur et Nicole Latouche [détails], Edmond Thériault [détails], Paule Bossé [détails], Mireille Racine [détails].

* L’atelier de céramique St-Elme propose une démonstration de vitrail, dimanche, de 13h à 16h. [détails]

* Cahier complet des activités
Des cahiers encartés ont été ajoutés dans plusieurs publications, dont certains hebdos régionaux de mercredi ou jeudi. Le Journal de Québec de samedi contiendra également le cahier.

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, le Musée de la civilisation de Québec lance une invitation à allumer une bougie, posant ainsi un geste pour la paix.

Installation

1 000 soldates de la paix sont installées au Musée. Cette oeuvre collective, initiée par la sculpteure Claude Desjardins, est récipiendaire de la Médaille de la Paix du YMCA du Canada 2007. « Les Soldates de la Paix » est un mouvement international de pratique de la paix, non confessionnel et sans allégeance politique, ouvert à tous, hommes, femmes et enfants. 

Concrètement, le geste de chacun(e) prend la forme d’une oeuvre sculpturale en argile représentant une « Soldate de la Paix ». Par le pouvoir créateur et l’engagement, le geste favorise la prise de conscience face à notre pouvoir et notre responsabilité à créer la paix dans le monde et à intégrer cette conscience de plus en plus dans nos actions quotidiennes.

L’événement a lieu dans le hall du Musée le dimanche 21 septembre, de 11 à 17 heures.

La sculpture La Grande Croix – Embarcation de farine est placée sous le thème de la rencontre entre les Premières Nations et les Français. Cette oeuvre a été créée pour faire suite à une commande pour les Fêtes du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec. L’artiste Pierre Bourgault a profité de cette occasion pour souligner les échanges importants entre les nations autochtones et les premiers colons.

Figure 1. Pierre Bourgault. La Grande Croix – Embarcation de farine. 2008. [Le cormoran déployant ses ailes ne fait pas partie de l’installation]

En se remémorant quelques aspects du commerce entre Micmacs et Français, il est possible de saisir avec plus de finesse le travail de Bourgault. Ainsi, dans les premières années de contact entre ces deux civilisations, les échanges commerciaux se faisaient grandement en faveur des pays européens [1]. Outre la farine, des fèves, outils et vêtements étaient fournis aux nations autochtones. En lien avec la conception micmaque de l’univers, ces biens étaient investis d’une connotation spirituelle. Puisque les Français arrivaient accompagnés de leurs croyances religieuses et de leurs habitudes de vie, les objets qu’ils commerçaient acquéraient une dimension insoupçonnée.

Les ravages sur l’organisation sociale traditionnelle furent destructeurs. Les Micmacs abandonnèrent rapidement leur système philosophie dans lequel ils se considéraient comme membres de l’écosystème global. Un peu naïfs, encouragés par les colons, menacés par des maladies infectieuses dévastatrices, ces Amérindiens commencèrent à chasser le gibier d’une façon abusive. La traite de la fourrure prit son envol tandis qu’une culture périclitait.

Du point de vue de la légende innue, la rencontre avec les Français s’est développée autour du commerce de la farine [2]. Les Anciens rapportent qu’il existe un avant et un après farine. Ce Traité de la farine serait une entente entre les deux nations, cet aliment fournissant aux chasseurs amérindiens la nourriture nécessaire pour subvenir à leurs besoins lorsque le caribou se faisait plus rare.

Le visiteur qui déambule dans l’Espace 400e ne peut manquer cette sculpture située entre les quais Buteau et Noad dans le bassin Louise. Sa forme de croix se détache nettement de la surface de l’eau qui agit comme toile de fond. Ce symbole de chrétienté est couché plutôt qu’être suspendu, comme il est usuel de le présenter. Cette transgression n’est pas anodine lorsqu’on considère la dépossession du territoire s’étant réalisée au cours des quatre cents dernières années avec le crucifix au bout des bras. Il s’agit d’un subtil rappel historique, d’un marquage du lieu avec le symbole.

La forme cruciforme est obtenue en utilisant une embarcation en aluminium dans laquelle sont placés des contenants vides d’eau de source. Au centre est disposé un panneau solaire qui fournit de l’énergie aux ampoules, le soir venu. De la farine se retrouve dans certains bidons. Cette information aide à rattacher l’installation au Traité de la Farine. L’utilisation de ces matériaux permet de faire un rappel subtil entre la commercialisation de l’eau et le fleuve Saint-Laurent sur lequel la sculpture flotte. Lorsqu’on considère que les bidons sont vides et qu’on trouve de la farine en leur sein, la symbolique est puissante : les porteurs de croix ont dépossédé le pays de l’eau à des fins commerciales en présentant des miettes en échange.

Ce travail d’art public est accompagné par un panneau explicatif qui est le bienvenu. Il permet aux vacanciers de plonger dans l’oeuvre à l’aide de quelques pistes. 

Il serait surprenant que cette oeuvre marque le grand public, car son propos demeure subtil. On croira plutôt que les passants trouveront cocasse de voir des bidons vides d’eau entre deux quais, placés en forme de croix. Étant peu familiers avec l’histoire de la relation entre les Autochtones et les Européens, ils liront la notice sans trop se poser de questions, continuant joyeusement leur chemin. Au-delà de l’aspect esthétique de son œuvre, le mérite de Pierre Bourgault consiste à installer la présence des Premières Nations en plein cœur des célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec (Cépèg en Micmac). Dans un événement critiqué pour son caractère anhistorique, il s’agit d’un exploit digne de mention.

- INFORMATIONS PRATIQUES -

  • L’installation La Grande Croix - Embarcation de farine est proposée dans l’Espace 400e de Québec jusqu’au 28 septembre 2008. [détails]
  • Il n’y a aucune frais d’admission.

- NOTES -

  1. Calvin Martin, «The European Impact on the Culture of a Northeastern Algonquian Tribe: An Ecological Interpretation», The William and Mary Quarterly, [en ligne], vol. 31, no. 1 (janvier 1974), p. 4-26 (site consulté le 15 août 2008).
  2. Panneau explicatif accompagnant l’installation.

Le visiteur du Musée national des beaux-arts du Québec est invité à participer à un véritable jeu de piste dans le cadre de l’exposition Intrus / Intruders. Déambulant dans les salles où sont exposées les oeuvres permanentes de la collection muséale, il devra ouvrir ses yeux pour apercevoir les peintures, sculptures et installations d’artistes contemporains disséminées çà et là au fil des galeries. En ce sens, le court guide accompagnant l’exposition se révèle d’une aide précieuse.

Figure 1. David Hannah, Mirroring the Musée, 2008, vidéogrammes couleur, muets, 4min 41s et 6min 4s, collection de l’artiste.

À tout seigneur tout honneur, l’intrus le plus significatif est sans conteste l’oeuvre d’Adad Hannah intitulée Mirroring the Musée (2008) située dans la salle 7. Composée de deux vidéogrammes en couleur, elle est issue d’une commande du Musée pour cet événement. Sur chaque écran, on voit une image présentée comme un miroir réfléchissant le mur opposé. Puisque les installations se font face, on pourrait croire qu’elles se reflètent dans une boucle infinie. Plutôt, c’est une représentation de la collection permanente qui est illustrée.

Ce travail de l’artiste s’inscrit dans sa série Stills sur laquelle il s’affaire depuis sept ans [1]. L’oeuvre se situe aux limites de la photographie puisque la vidéo est figée dans une immobilité totale. En ce sens, elle s’apparente à Two Mirrors, présentée dans le cadre de La Triennale québécoise 2008 [voir critique]. Ici encore, en fixant l’image au moyen d’un média habituellement dynamique, l’artiste transgresse les règles usuelles auxquelles le spectateur est habitué. Ce faisant, il s’interroge sur ses attentes à l’égard d’un musée des beaux-arts et, dans ce cas-ci, d’une collection permanente consacrée à la tradition québécoise et à la naissance de la modernité.

Le temps qui passe est donc le thème central des oeuvres proposées dans cette salle. Ce point de vue permet de décoder la présence de The State of the Union (2002-2003) de Jocelyn Robert [voir vidéo]. Dans cette installation vidéo, des films d’archives de guerre se débobinent à reculons. La marche du temps est ainsi inversée. Les armées reculent des lieux envahis, refoulant leurs pieds guerriers vers la maison. Avec un mur voisin qui offre des oeuvres québécoises réalisées pendant les années 40, le lien est relativement facile à faire. Ce n’est pas cas du travail de Daniel Olson. Pour apprécier Love and Reverie (2001), il faut savoir que Daniel Olson s’est inspiré de L’enfant au pain d’Ozias Leduc pour en faire une reconstitution vidéo. Sans cette information, comment le visiteur est-il supposé comprendre l’intérêt de sa juxtaposition avec Portrait de Guy Delahaye, poète du même Leduc?

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* Le Moulin à Images de l’équipe de Robert Lepage est projeté depuis hier sur le moulin de la Bunge. Aucune trame narrative mais une suite d’impressions. Vous trouverez un diaporama intéressant sur le site d’Ex Machina.

[Site d'Ex Machina]

* Le Musée naval de Québec gagne à être connu. Situé dans le Vieux-port, il propose deux expositions cet été. Le Réfectoire est une oeuvre d’Isabelle Laverdière qui interprète les échanges survenus entre les marins ennemis au cours des siècles sur le fleuve Saint-Laurent. Par l’eau et dans la pierre aborde le développement des ouvrages défensifs de la région. Cette dernière exposition est présentée en collaboration avec le Musée du Royal 22e Régiment [Citadelle], le Musée du Régiment les Voltigeurs de Québec [Manège militaire; actuellement fermé pour cause d'incendie] et le Musée du Régiment de la Chaudière.

* L’exposition Québec Gold présente 17 artistes québécois à Reims (France) cet été, en collaboration avec L’Oeil de Poisson. Dix-sept artistes sont invités : Jean-Pierre Aubé, Mathieu Beauséjour, BGL, Sylvain Bouthillette, Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Jérôme Fortin, Dominique Gaucher, Pascal Grandmaison, Isabelle Hayeur, Guillaume Lachapelle, Emmanuelle Léonard, Yann Pocreau, Yannick Pouliot, Michael A. Robinson et Ève K. Tremblay.
Notons que Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Isabelle Hayeur et Yannick Pouliot font partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal.

* Des oeuvres d’artistes contemporains sont acquises par Loto-Québec dans le cadre de la Manif d’art 4. Les oeuvres suivantes ont été acquises: Linéament, la glacier 2, d’Éveline Boulva, Portrait J, d’Ève Cadieux, Mémoire de l’éléphant II (éléphant d’Asie), de Don Darby, Un, deux, trois… d’Isabelle Véronique, Arbre, de Lucie Lefebvre, Le rêve de Poséidon, le voyage d’Ulysse, de Reno Salvail, Xochitl, d’Helga Schlitter, Coeur Rose, de Bill Vincent et Envol, de Giorgia Volpe. De plus, Nathalie Thibault et Cooke-Sasseville ont reçu des bourses. Notons que ce dernier fait partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal et, comme mentionné précédemment, ses oeuvres seront exposées à Reims.

* Le Musée des beaux-arts de Montréal propose des visites guidées individuelles et gratuites dimanche et mercredi prochain. [détails]

* Le Congrès eucharistique de Québec perturbera la circulation autour du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) dimanche matin. Les heures à éviter : de 7h30 du matin au milieu de l’après-midi, le dimanche 22 juin 2008.

* Dans le cadre de l’exposition Le Louvre à Québec, le MNBAQ propose des représentations gratuites du film Louvre, la visite. Les représentations ont lieu à 13h30 et 15h00 aux dates suivantes :
Juin : 15, 18, 22 et 29
Juillet : 2, 9, 13, 20, 23, 27 et 30
Août : 3, 6, 10, 13, 20, 24, 27 et 31

* artv continue sa série originale démocratisant l’art. Cette semaine: Marcel Lafleur fait de l’aquarelle, de la sculpture et de la poésie. Priscille Martel s’adonne elle aussi à l’aquarelle et à la poésie, mais elle peint principalement des bouts de verre récupérés pour en faire toutes sortes d’objets, dont des colliers. Marcel et Priscille forment un couple pour qui l’art occupe une place primordiale dans leur vie. [détails]


[On est tous des artistes, artv]

* Le marché de la sculpture contemporaine continue d’être vigoureux. Par exemple, la sculpture My Lonesome Cowboy de Takashi Murakami s’est vendue pour 13,5 millions de dollars en mai. Artprice propose une analyse du marché.


[Takashi Murakami, My Lonesome Cowboy, 1998, résine epoxy]

* Le Mexique est trop petit pour le Guggenheim.

* Le collectionneur Charles Saatchi achète de nombreuses oeuvres de trois finissants en arts visuels.

* Vous passez par San Francisco? Une exposition sur les femmes impressionnistes débute aujourd’hui au Musée des beaux-arts. Une sélection des oeuvres est disponible sur le compte Picasa du Musée.


[Berthe Morisot, Intérieur, 1872, huile sur toile]

* Et sur une note plus personnelle, j’ai terminé mon cours d’été intensif en histoire de l’art. Intitulé Impression et sensation: aspects de la subjectivité artistique dans la peinture moderne au XIXe siècle, ce fut un approfondissement passionnant sur la peinture de paysage, les Impressionnistes et Cézanne.