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	<title>Marc Gauthier &#187; Musée du Luxembourg</title>
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	<description>Mon espace consacré à l&#039;art et à son histoire. Point focal: Québec.</description>
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		<title>Paris: Louvre, musée du Moyen Âge, musée du Luxembourg, musée Delacroix, église Saint-Sulpice et Pompidou</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2009 22:54:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Gauthier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[[Nicolaï Abildgaard, Philoctète blessé, 1774-1775, huile sur toile, Statens Museum for Kunst. (c) Statens Museum for Kunst] Au Louvre, deux expositions temporaires ont attiré mon regard. D&#8217;abord, Abildgaard, 1743-1809 est consacrée au peintre Nicolaï Abildgaard, figure importante de la peinture nordique à la fin du XVIIe siècle. Si l&#8217;exposition permet de découvrir une figure artistique peu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_abilgaard.jpg" alt="" width="375" height="266" /><br />
<span style="color: #999999;"> [Nicolaï Abildgaard, </span><em><span style="color: #999999;">Philoctète blessé</span></em><span style="color: #999999;">, 1774-1775, huile sur toile, Statens Museum for Kunst. (c) Statens Museum for Kunst]</span></p>
<p>Au <strong>Louvre</strong>, deux expositions temporaires ont attiré mon regard. D&#8217;abord, <em><a href="http://www.louvre.fr/llv/exposition/detail_exposition.jsp?CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198674118557&amp;CURRENT_LLV_EXPO%3C%3Ecnt_id=10134198674118557&amp;pageId=0" target="_blank">Abildgaard, 1743-1809</a></em> est consacrée au peintre Nicolaï Abildgaard, figure importante de la peinture nordique à la fin du XVIIe siècle. Si l&#8217;exposition permet de découvrir une figure artistique peu connue en dehors du Danemark, elle souligne également certaines faiblesses de cet artiste de la cour royale. Ainsi, <em>La théologie, figure allégorique</em> (c.1800) nous montre un visage féminin où les yeux louchent tandis que <em>Richard III avant la bataille de Bosworth</em> (1780-89) propose un raccourci de la cuisse droite bien maladroitement exécuté. Heureusement, des tableaux comme <em>Philoctète blessé</em> (1774-75) et sa pose torturée ou <em>Cauchemar</em> (c.1800) et son dialogue avec l&#8217;oeuvre de Füssli rattrapent l&#8217;ensemble.</p>
<p>Dans un tout autre ordre d&#8217;idée, le musée a proposé une sélection de dessins au compositeur Pierre Boulez qui en a choisi une vingtaine. Ce sont les notions du tout et de la partie, de la continuité et de la rupture et de l&#8217;oeuvre en suspens qui sont questionnées dans <em><a href="http://www.louvre.fr/llv/exposition/detail_exposition.jsp?CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198674118601&amp;CURRENT_LLV_EXPO%3C%3Ecnt_id=10134198674118601&amp;pageId=0" target="_blank">Pierre Boulez. Oeuvre: Fragment</a></em>. Ce nouvel agencement des oeuvres de Kandinsky, Renoir, Degas et d&#8217;autres en fonction d&#8217;un oeil qui cherche l&#8217;inachevé permet une lecture enrichie et des comparaisons entre les artistes.</p>
<p>J&#8217;ai profité de ma visite au Musée du Louvre pour acheter mon billet pour la conférence <a href="http://www.louvre.fr/llv/auditorium/detail_evenement.jsp?nature=audit_nature_2&amp;rechDateId=1&amp;CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198674120548&amp;CURRENT_LLV_EVENT%3C%3Ecnt_id=10134198674120548&amp;FOLDER%3C%3Efolder_id=9852723696500955" target="_blank">Picasso Pastiche, selon Freud</a> qu&#8217;y donnera Rosalind Krauss vendredi soir. Je vous tiendrai au courant. Le musée a également entrepris une vaste campagne de sensibilisation au processus de dation. Des panneaux informent les visiteurs de ce mode de paiement des impôts par transfert d&#8217;oeuvres d&#8217;art. Certains tableaux présents dans les collections du Louvre sont ainsi identifiés dans les différentes galeries, dont <em>L&#8217;Astronome</em> de Vermeer. </p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_dation.jpg" alt="" width="375" height="796" /></p>
<p>Visite ensuite de <em><a href="http://www.musee-moyenage.fr/homes/home_id20722_u1l2.htm" target="_blank">Celtes et Scandinaves - Rencontres artistiques VIIe &#8211; XIIe siècle</a></em> au <strong>Musée national du Moyen Âge</strong>. Un peu courte et à l&#8217;étroit, l&#8217;exposition propose surtout de suivre la lente  apparition des signes de la chrétienté dans les pays nordiques et celtiques. Un peu décevant. Lors de ma visite, la conservatrice du musée présentait leurs acquisitions récentes devant une foule bien attentive. Ne serait-ce pas là une excellente idée à importer dans nos propres musées?</p>
<p>Dans le cadre de l&#8217;exposition<a href="http://www.sylvestreverger.com/expoActuellement.php?lang=FR" target="_blank"> </a><a href="http://www.sylvestreverger.com/expoActuellement.php?lang=FR" target="_blank">De Miro à Warhol. La collection Berardo à Paris</a>, le <strong>Musée du Luxembour</strong>g propose plus de 70 oeuvres récemment acquises par un collectionneur privé pour doter le Portugal d&#8217;un fond important de pièces contemporaines. Comme à chaque visite au Luxembourg, je suis reparti à la fois heureux de ma visite, mais insatisfait de l&#8217;expérience vécue. Dans le cas présent, l&#8217;aspect disparate des oeuvres présentées empêche évidemment de tenir un discours unificateur. Certains artistes semblent figurer au générique par leur seule notoriété, comme la petite gouache de Picasso. La collection semble construite à partir de ce qui était disponible sur le marché, comme un <em>who&#8217;s who</em> du XXe siècle, sans réel désir de tenir un discours. Fait à signaler, on retrouve <em>Abstraction (orange)</em> de 1952 peinte par Jean-Paul Riopelle parmi les oeuvres choisies. La présence d&#8217;oeuvres portugaises par Lourdes Castro et Maria Helena s&#8217;est révélée une jolie découverte qui a piqué ma curiosité au sujet de l&#8217;art contemporain de ce pays. Pour en savoir plus, il est possible de <a href="http://www.sylvestreverger.com/movies/Berardo_wesselmann.swf" target="_blank">visionner un extrait de la vidéo</a> de l&#8217;exposition en ligne sur <em>Great American Nude #52</em> par Tom Wesselmann, mais soyez prévenu que le narrateur parle très lentement.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_musee_delacroix.jpg" alt="" width="375" height="281" /><br />
<span style="color: #999999;">[Devant le Musée national Eugène Delacroix]</span></p>
<p><strong>Le coup de coeur de la journée est sans contredit l&#8217;exposition au Musée national Eugène Delacroix</strong>. <em><a href="http://www.musee-delacroix.fr/fr/activites/actualites.html" target="_blank">Delacroix et la photographie</a></em> retrace l&#8217;influence de l&#8217;apparition de ce nouveau médium dans la pratique du peintre. Plutôt que de se montrer rébarbatif à cette modification dans les façons de travailler, Delacroix a utilisé la photo pour réaliser des nus académiques, dont certains seront traduits en peinture. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il a réalisé, avec Durrieu, deux séances avec des modèles pour réaliser un album d&#8217;une vingtaine de pages à partir duquel il créera de nombreux dessins et esquisses. Dans le cadre de cette exposition, toutes les photographies de cet album sont réunies, ainsi que des esquisses du peintre réalisées à partir de celles-ci. De plus, de nombreux portraits de Delacroix ont été tirés, parfois à son plus grand désarroi devant son air sévère. Un pur plaisir! </p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_lutte_ange.jpg" alt="" width="375" height="500" /><br />
<span style="color: #999999;">[Eugène Delacroix, </span><em><span style="color: #999999;">Lutte de Jacob avec l'Ange</span></em><span style="color: #999999;">]</span></p>
<p>Une visite éclair à l&#8217;<strong>Église Saint-Sulpice</strong> m&#8217;a permis de me rafraîchir l&#8217;oeil avec la <em>Lutte de Jacob avec l&#8217;Ange</em>, peinte par Delacroix.</p>
<p>La journée s&#8217;est terminée au <strong>Centre Pompidou</strong> pour voir trois expositions temporaires. <em><a href="http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/8A7DB015D6F71FF3C12574C0005075B1" target="_blank">Le Futurisme à Paris, Une avant-garde explosive</a></em> propose d&#8217;explorer les liens entre les Italiens et les Parisiens. Simple, claire et facile à comprendre, l&#8217;exposition s&#8217;avère une excellente mise en bouche pour les amateurs d&#8217;art qui ne seraient pas familiers avec ce mouvement artistique. Entre autres, il convient de signaler la mise en commun (partielle) des oeuvres présentes à l&#8217;exposition des Futuristes italiens à la galerie Bernheim-Jeune &amp; Cie en 1912, la toujours plaisante une du Figaro du 20 février 1909 avec son <em>Manifeste du Futurisme</em>, la mise en valeur du vorticisme anglais et des oeuvres importantes du cubofuturisme russe. </p>
<p>L&#8217;installation <em><a href="http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/3618AAB2B724C437C125745600432C9E" target="_blank">Champ de vision</a></em> de Damián Ortega se consomme en un rien de temps, mais quelle expérience! L&#8217;artiste a placé des pastilles en plastique sur des filins allant en régressant vers le fond d&#8217;une grande salle. À son extrémité, un oculaire permet de découvrir une image insoupçonnée. Finalement, le designer Ron Arad propose des centaines d&#8217;objets aux lignes courbes qui surprennent par leurs formes non conventionnelles dans <em><a href="http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/4590759108B4C465C125745600437EC8" target="_blank">No discipline</a></em>.</p>
<p>La suite prochainement.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_futurisme.jpg" alt="" width="375" height="281" /></p>
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		<title>Paris, janvier 2009</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2009 04:38:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Gauthier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[[Fontaine des Innocents, Paris, janvier 2009] Je suis présentement à Paris pour attraper les derniers soubresauts des expositions automnales avant le changement de programmation dans les musées. Il fait un froid québécois dans la capitale française, avec un maximum de -10 degrés Celsius&#8230; Brrr! Mon programme des prochains jours est plutôt chargé:  Le Futurisme à Paris, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_fontaine.jpg" alt="" width="375" height="500" /><br />
[<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_des_Innocents" target="_blank">Fontaine des Innocents</a>, Paris, janvier 2009]</p>
<p>Je suis présentement à Paris pour attraper les derniers soubresauts des expositions automnales avant le changement de programmation dans les musées. Il fait un froid québécois dans la capitale française, avec un maximum de -10 degrés Celsius&#8230; Brrr!</p>
<p>Mon programme des prochains jours est plutôt chargé: </p>
<ul>
<li><em><a href="http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/8A7DB015D6F71FF3C12574C0005075B1?OpenDocument&amp;sessionM=2.2.1&amp;L=1" target="_blank">Le Futurisme à Paris, une avant-garde explosive</a></em> à Pompidou </li>
<li><em><a href="http://www.museemaillol.com/" target="_blank">L&#8217;avant-garde russe dans la collection Costakis</a></em> au musée Maillol</li>
<li><em><a href="http://www.marmottan.com/francais/Evenements/l_Oeil_Monet/index.asp" target="_blank">Monet, l&#8217;oeil impressionniste</a></em> au musée Marmottan Monet</li>
<li><a href="http://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/jacquemart/177-events/?displayType=DetailALaUne&amp;eventId=333" target="_blank">Les portraits par Van Dyck</a> au musée Jacquemart-André</li>
<li><a href="http://www.museeduluxembourg.fr/" target="_blank">La collection Berardo</a> au Musée du Luxembourg</li>
<li>Les <a href="http://www.musee-orsay.fr/fr/manifestations/a-laffiche.html" target="_blank">expositions temporaires</a> d&#8217;Orsay</li>
<li>Les <a href="http://www.louvre.fr/llv/exposition/alaune_exposition.jsp" target="_blank">expositions temporaires</a> du Louvre</li>
<li><a href="http://www.chateauversailles.fr/fr/0_Le_Serment_du_Jeu_de_Paume_ou_quand_David_reecrit_l’Histoire.php" target="_blank">Autour du </a><em><a href="http://www.chateauversailles.fr/fr/0_Le_Serment_du_Jeu_de_Paume_ou_quand_David_reecrit_l’Histoire.php" target="_blank">Serment du Jeu de Paume</a></em><a href="http://www.chateauversailles.fr/fr/0_Le_Serment_du_Jeu_de_Paume_ou_quand_David_reecrit_l’Histoire.php" target="_blank"> de David</a> à Versailles</li>
<li><a href="http://www.imarabe.org/temp/expo.html" target="_blank">Bonaparte et l&#8217;Égypte </a>à l&#8217;Institut du monde arabe</li>
<li><a href="http://www.rmn.fr/Emil-Nolde" target="_blank">Emil Nolde</a> au Grand Palais</li>
<li>Les <a href="http://www.musee-moyenage.fr/homes/home_id20722_u1l2.htm" target="_blank">rencontres celtes et scandinaves</a> proposées au Musée du Moyen Âge</li>
<li>Les expositions sur <a href="http://www.pinacotheque.com/index.php?id=5" target="_blank">Pollock et Rouault</a> à la Pinacothèque</li>
</ul>
<p>Puisque je suis de retour mardi prochain, je crois que ma fin de semaine sera bien occupée&#8230;  Seule déception: je ne pourrai pas voir <em><a href="http://www.rmn.fr/Picasso-et-les-maitres" target="_blank">Picasso et les maîtres</a></em> au Grand Palais car <a href="http://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Exposition-PICASSO-ET-LES-MAITRES-PICA.htm" target="_blank">tous les billets ont été vendus</a>, sauf pour la nuit. Il serait toujours possible d&#8217;en acheter un à 40 euros sur ebay, mais bon&#8230;</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_femmes_alger.jpg" alt="" width="375" height="299" /><br />
[Engène Delacroix, <em>Femmes d'Alger dans leur appartement</em>, Paris, Musée du Louvre. (c) RMN / Thierry Le Mage]</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_femmes_alger_picasso.jpg" alt="" width="375" height="290" /><br />
[Pablo Picasso, <em>Les Femmes d'Alger (version O)</em>, Libby Howie. (c) Succession Picasso 2008]</p>
<p>Le dialogue entretenu par Picasso avec <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_d'Alger_dans_leur_appartement" target="_blank">Femmes d&#8217;Alger dans leur appartement</a></em> de Delacroix est présentement mis en valeur au Louvre. Le peintre catalan s&#8217;est inspiré de Delacroix au tournant de 1955 et une quinzaine de ses oeuvres sont proposées. Une exposition modeste dans son ampleur, très fréquentée, mais qui ouvre le débat sur l&#8217;originalité, la création, la copie et l&#8217;inspiration.</p>
<p>La suite prochainement.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2009-01/paris_delacroix_touriste.jpg" alt="" width="375" height="281" /><br />
<span style="color: #999999;">[L'exposition </span><em><span style="color: #999999;">Picasso-Delacroix</span></em><span style="color: #999999;"> est présentée au premier étage de l'aile Denon, dans la salle 76 qui fait la liaison entre la Joconde et les grandes peintures françaises]</span></p>
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		<title>Ambroise Vollard, collectionneur</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Oct 2008 14:08:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Gauthier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pablo Picasso. Portrait d’Ambroise Vollard. 1910, Huile sur toile, Moscour, Musée Pouchkine des beaux-arts.  À l’image du tableau de Picasso qui le représente[1], Ambroise Vollard a été de son vivant un personnage aux multiples facettes. À la fois marchand d’art, éditeur, auteur et mondain, l’homme renfrogné a suscité de nombreuses passions. Outre l&#8217;oeuvre susmentionnée, il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2008-10/vollard.jpg" alt="" width="375" height="547" /></p>
<blockquote><p><span style="color: #999999;">Pablo Picasso. </span><em><span style="color: #999999;">Portrait d’Ambroise Vollard</span></em><span style="color: #999999;">. 1910, Huile sur toile, Moscour, Musée Pouchkine des beaux-arts. </span></p></blockquote>
<p>À l’image du tableau de Picasso qui le représente[1], Ambroise Vollard a été de son vivant un personnage aux multiples facettes. À la fois marchand d’art, éditeur, auteur et mondain, l’homme renfrogné a suscité de nombreuses passions. Outre l&#8217;oeuvre susmentionnée, il a été l’objet de peintures réalisées par Cézanne, Renoir, Bonnard et bien d’autres. Il a été à la fois dénoncé et vénéré pour ses pratiques d’affaires. Il est décédé multimillionnaire sans héritier direct, créant une polémique au sujet de sa succession.</p>
<p>Il est impossible de dresser un portrait unique d’un homme de cette envergure. Dans le cadre de ce texte, nous nous questionnerons sur ses activités en tant que collectionneur. Dans un premier temps, nous proposerons une biographie sommaire. Puis, nous présenterons brièvement le développement du marché de l’art qui a permis la naissance de sa carrière. Par la suite, nous verrons comment Vollard constitue sa collection. Finalement, nous survolerons ses activités d’éditeur ainsi que les questions relatives à ses échecs et à sa succession.</p>
<p><strong>Biographie sommaire</strong><br />
Henri Louis Ambroise Vollard naît à Saint-Denis de la Réunion le 3 juillet 1866[2]. Il déménage en France en 1887[3] pour poursuivre ses études de droit à Montpellier[4]. Deux ans plus tard, il se déplace à Paris sur ordre de son père[5]. Il ne termine pas son doctorat, préférant « les flâneries sur les quais[6] ». À la même époque, il commence à travailler à l’<em>Union Française</em>, une galerie d’art qui propose des artistes officiels et médaillés[7]. Il quitte l’<em>Union</em> en 1890 et ouvre sa boutique sur la rue Laffitte en 1893[8]. Il organise rapidement l’exposition des oeuvres de Cézanne qui est redécouvert[9]. Suivent des événements autour des toiles de Gauguin, Picasso, Matisse qui contribuent autant à leur renommée qu’au succès commercial de Vollard[10]. Il propose la gravure originale comme nouveau produit, ce qui secoue le milieu[11]. Il développe également le « livre d’artiste », un ouvrage commandé aux peintres qui agissent comme illustrateurs[12].</p>
<p>Vers 1908, Vollard commence une « période de digestion[13] ». Il doit fermer boutique en 1914 lorsque la Première Guerre mondiale est déclanchée[14]. Il n’ouvrira plus jamais de galerie, opérant plutôt de son appartement privé situé sur la rue de Gramont[15]. En 1924, il emménage dans sa dernière demeure, un hôtel particulier situé sur la rue de Martignac[16]. Il décède le 22 juillet 1939 dans un accident de voiture près de Versailles[17].</p>
<p><strong>Le développement du marché de l’art</strong>[18]<br />
Si Ambroise Vollard peut chigner sur les quais de la Seine, travailler en galerie puis ouvrir sa boutique, c’est que le marché a subi des transformations radicales au XIXe siècle. Au début du siècle, l’art contemporain ou « art-en-train-de-se-faire », n’est proposé que par le biais des Salons. L&#8217;artiste est valorisé lorsqu’il réussit à décrocher des commandes à l’intérieur du système mis en place.</p>
<p>Au fil des décennies, le montant dépensé pour une toile et la cote de l&#8217;artiste remplacent peu à peu le système des médailles et des récompenses du Salon comme mesure d’importance d’une oeuvre[19]. Comme dans tout système économique, le prix est influencé par l’offre et la demande. D’une part, les artistes s’émancipent du système académique en proposant de nouveaux sujets et formats ainsi que des techniques novatrices. D’autre part, l’apparition d’une bourgeoisie suscite un intérêt nouveau pour l&#8217;art contemporain qui trouve ainsi son public. Entre ces deux acteurs d’égale importance, le marchand d’art agit en intermédiaire.</p>
<p>Au moment où Vollard ouvre sa première boutique sur la rue Laffitte, l’art contemporain est principalement exposé au Musée du Luxembourg, le musée officiel d’art moderne[20]. Les oeuvres qui y sont accrochées proviennent surtout du Salon. Les Impressionnistes n’entrent au Luxembourg qu’en 1897[21] et les marchands ignorent les mouvements contemporains comme le post-impressionnisme[22]. Ainsi, l’influent Paul Durand-Ruel s’intéresse très peu à Van Gogh, Seurat et Gauguin[23]. Les plus audacieux comme Tanguy (père) et Theo Van Gogh sont disparus depuis quelques années déjà[24]. Le conservatisme est de rigueur. Les expositions consacrées à Cézanne et à Van Gogh vont lancer la galerie de Vollard[25].</p>
<p><strong>La collection Vollard</strong><br />
Ambroise Vollard a toujours eu l’instinct d’accumuler les objets. Enfant, il amasse cailloux et vaisselle brisée[26]. La maison de La Réunion possède un cabinet de « curiosités du pays[27] » rempli de coquillages, papillons et fleurs. La conception familiale à l’égard de la collection semble ainsi rejoindre celle de l’Ancien Régime où l’objectif consiste à rassembler des objets originaux[28].</p>
<p>Les premiers achats d’oeuvres d’art sont réalisés alors qu’il est étudiant en droit[29]. Il fréquente les quais de la Seine et il réussit à rassembler dessins et gravures qu’il écoule sur le marché lorsque les fonds commencent à manquer[30].</p>
<p>L’échange de toiles et de gravures fait partie de ses techniques d’acquisition. Ainsi, il obtient les <em>Funérailles</em> de Manet contre des tableaux de Pissarro[31]. De la même façon, Degas troque ses oeuvres contre celles de Cézanne, Gauguin et Manet entre 1895 et 1897[32]. Cette façon de procéder est concentrée dans le temps (les débuts de sa carrière) et avec une certaine clientèle (les artistes).</p>
<p>Un trait de la personnalité de Vollard qui le démarque de ses compétiteurs, c’est sa propension à acheter la production des artistes en lots[33]. Ainsi, en 1899, il achète son premier studio complet, soit celui de Cézanne à Fontainebleau[34]. Un catalogue raisonné des oeuvres du peintre révèlera que les deux tiers d’entre elles ont circulé entre les mains du marchand[35]. Au début du XXe siècle, les ateliers de Stanislas Lépine, de Derain et de Vlaminck sont acquis[36]. En 1906, c’est l’ensemble du studio parisien de Picasso qui est déménagé à l’aide d’un cheval et d’une charrette[37]. L’entassement des oeuvres est tel qu’en 1913, un article du <em>Mercure de France</em> déclare : « C’était bien la boutique la moins luxueuse de ce quartier et celle où s’entassaient le plus de richesses artistiques[38] ».<br />
Pour faire la promotion des objets d’art en sa possession, Vollard organise des expositions dédiées à un seul artiste. En 1895, il met de l’avant le travail de Cézanne et crée sensation[39]. Il prend un risque en s’associant au seul artiste de la génération des Impressionnistes à ne pas avoir de marchand en titre[40]. Il réussit à présenter 150 de ses peintures[41]. La modestie de ses moyens fait en sorte que les toiles sont tendues sur de simples baguettes[42]. À la suite de cet événement, Cézanne se dira sauvé de l’obscurité et le peintre en sera à jamais reconnaissant au marchand[43]. Vollard monte aussi un événement autour de 60 toiles de Van Gogh sans obtenir de succès commercial[44]. « Les temps n’étaient pas encore venus&#8230;[45] » pour l’oeuvre de Van Gogh.</p>
<p>Il cumule ainsi un inventaire important. Il attend des conditions favorables avant de mettre les oeuvres qu’il possède en vente. Cette approche se faufile jusque dans son testament où il demande à ses héritiers « de ne vendre mes tableaux que peu à peu, par au moins dix ventes, le tout dans un espace de dix ans au moins[46] ».</p>
<p>Les nombreuses acquisitions du marchand transforment sa boutique de la rue Laffitte en lieu d’échanges sur l’art contemporain. Il en profite pour nouer des liens d’amitié avec de nombreux artistes. Dans la cave de la galerie, il sera l’hôte de dîners qui deviennent mythiques[47].  Hommes politiques, clients et artistes se côtoient autour de la table du Réunionnais qui agit en maître de cérémonies[48]. Ces soirées lui permettent de connaître l’air du temps. Gertrude Stein déclarera qu’il se forme de cette manière une opinion, en écoutant celle des autres[49].</p>
<p>Dans sa relation avec les acheteurs, Vollard utilise ses réseaux pour écouler ses toiles[50]. Il veut atteindre le client directement[51]. Il ne marchande jamais[52]. Son inventaire est caché derrière un paravent et il ne permet à personne d’y regarder. Cette technique de vente est rapportée par Picasso : « Vollard était très cachottier, il savait entourer ses tableaux de mystère pour en augmenter le prix[53] ». Il somnole en permanence dans sa boutique[54]. L’habile commerçant utilise ce trait de caractère pour décourager le client de passage qui ne l’intéresse pas[55]. Il est appuyé dans ce dessein par son apparence rébarbative empreinte de mélancolie, qualifiée du terme « glooming[56] » par Gertrude Stein.</p>
<p>Grâce à l’accumulation d’oeuvres, au bon contact avec les artistes, au lien direct avec les clients et à l’utilisation de techniques de ventes sophistiquées, Ambroise Vollard s’enrichit considérablement tout en amassant une quantité importante de toiles, gravures et sculptures.</p>
<p><strong>Ambroise Vollard, éditeur</strong><br />
En marge de sa collection, le marchand rêve d’une carrière d’éditeur[57]. Il joue un rôle clé dans la renaissance de l’estampe[58]. Il impose la gravure originale comme objet d’art[59]. Il demande aux peintres d’illustrer des livres qu’il publie. En 1896, il inaugure sa nouvelle galerie en proposant l’album <em>Les Peintres Graveurs</em>[60]. Les efforts de Vollard se poursuivent, entre autres, avec des artistes nabis et Picasso[61]. Ce dernier produira 100 dessins originaux pour la <em>Suite Vollard</em>. Cette oeuvre marque le point culminant dans la collaboration entre l’artiste et l’éditeur[62]. Tiré à 250 exemplaires, ce livre devient l’une des réalisations les plus convoitées de Picasso. En quarante ans d’activités, Vollard édite une quarantaine de publications[63].</p>
<p>Il s’active également dans le tirage en édition limitée de sculptures. Il vend ainsi des exemplaires multiples des oeuvres de Renoir, Gauguin, Bonnard et Picasso[64]. Les artistes ont peu de contrôle sur les droits de reproduction de leurs réalisations avant 1910[65]. Maillol se sent particulièrement lésé par cette situation[66].</p>
<p><strong>La liquidation de la collection</strong><br />
La mort accidentelle d’Ambroise Vollard crée un problème important concernant sa succession. Il décède sans laisser d’héritier direct[67]. Son dernier testament date de 1911. Il n’existe pas d’inventaire récent des oeuvres en sa possession, le bilan complet le plus récent ayant été réalisé en 1922[68]. De plus, le déclanchement de la Seconde Guerre mondiale ajoute au flou.</p>
<p>Ses intentions peuvent faire l’objet de spéculations. Les bénéficiaires nommés dans son testament sont identifiés : ses frères et soeurs ainsi que la famille de Galéa[69]. Tel que mentionné précédemment, le stock de peintures doit être écoulé en lots successifs pendant une décennie. Vollard aurait également flirté avec l’idée d’un musée; son ancienne secrétaire rapporte la fierté du marchand d’avoir réussi à flairer les bonnes affaires là où les conservateurs ont échoué[70].</p>
<p>En réalité, ses possessions vont être partagées principalement entre son frère Léon et madame de Galéa. Lorsque le fisc se penche sur le dossier à partir de 1948[71], les toiles, esquisses, estampes, gravures et sculptures sont dispersées dans diverses institutions[72] (dont le musée Léon-Dierx à Saint-Denis de la Réunion) ou écoulées sur le marché[73]. Notons finalement que le Yougoslave Eric Chlomovitch garnit le musée de Belgrade avec 360 tableaux obtenus dans des conditions nébuleuses[74].</p>
<p><strong>Échecs</strong><br />
Si la vie de Vollard est ponctuée de réussites commerciales et artistiques, il n’en demeure pas moins que son flair n’est pas parfait. Il sous-estime l’importance de Matisse[75]. La période cubiste de Picasso lui échappe, tout comme le surréalisme[76]. Finalement, il confond le pointillisme de Signac et Seurat avec un « ouvrage de dame[77] ».</p>
<p><strong>Conclusion</strong><br />
Il ne fait aucun doute qu’Ambroise Vollard est une figure marquante dans le milieu artistique à partir de la décennie 1890 jusqu’à son décès. Son approche commerciale innovatrice lui a permis de se constituer un stock important d’oeuvres produites par des artistes significatifs.</p>
<p>Par contre, est-il juste de parler du marchand en tant que collectionneur? L&#8217;archétype de la collection se fait autour de la sélection des objets, de la topographie et du mode de présentation[78]. Selon chacun de ces critères, sa motivation semble plus commerciale qu’esthétique. Les acquisitions sont motivées par la revente, la marchandise est cachée et empilée. En ce sens, nous croyons qu’Ambroise Vollard se rapproche du « marchand-amonceleur » plutôt que du marchand-collectionneur.</p>
<p>- NOTES -</p>
<ol>
<li>Pablo Picasso. <em>Portrait d&#8217;Ambroise Vollard</em>. 1910, Huile sur toile, Moscour, Musée Pouchkine des beaux-arts.</li>
<li>Jean-Paul Morel, C’était Ambroise Vollard, Paris, Fayard, 2007, p. 104.</li>
<li>Ann Dumas, « Ambroise Vollard, Patron of the Avant-Garde », dans Cézanne to Picasso : Ambroise Vollard, Patron of the Avant-Garde, éd. par Rebecca A. Rabinow, New York, Metropolitan Museum of Art, New Haven, Yale University Press, 2006, p. 3.</li>
<li>Ambroise Vollard, Souvenirs d’un marchand de tableaux, Paris, Albin Michel, 1948, p. 22.</li>
<li>Ibid., p. 29-30.</li>
<li>Ibid., p. 31-32.</li>
<li>Pierre Nahon, Les Marchands d’art en France. XIXe et XXe siècles. Paris, Éd. de la Différence, 1998, p. 66.</li>
<li>Ibid., p. 66-67.</li>
<li>Ibid., p. 68.</li>
<li>Ibid., p. 70.</li>
<li>Morel, op. cit., p. 352.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Nahon, op. cit., p. 72.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 21.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Ibid., p. 22.</li>
<li>Nahon, op. cit., p. 517-518.</li>
<li>Pour l’ensemble de cette section, voir Nahon, op. cit., p. 9-26 à moins d’avis contraire.</li>
<li>Robert Jensen, « Vollard and Cézanne : An Anatomy of a Relationship », dans Cézanne to Picasso : Ambroise Vollard, Patron of the Avant-Garde, éd. par Rebecca A. Rabinow, New York, Metropolitan Museum of Art, New Haven, Yale University Press, 2006, p. 44.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 19.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Jensen, op. cit., p. 35.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 8.</li>
<li>Vollard, op. cit., p. 14-15.</li>
<li>Ibid., p. 12.</li>
<li>Olivier Bonfait, « Collectionnisme », dans Encyclopaedia Universalis, Mise à jour 2007, [En ligne], , (page consultée le 2 décembre 2007).</li>
<li>Vollard, op. cit., p. 32.</li>
<li>Ibid., p. 58.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 14.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Ibid., p. 16.</li>
<li>Ibid., p. 12.</li>
<li>Jensen, op. cit., p. 36.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 13.</li>
<li>Ibid., p. 12.</li>
<li>Morel, op. cit., p. 253.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 9.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Vollard, op. cit., p. 81.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Tel que cité dans une lette de Cézanne à Charles Camojn, Dumas, op. cit., p. 3.</li>
<li>Vollard, op.cit., p. 82-83.</li>
<li>Ibid., p. 83.</li>
<li>Morel, op. cit., p. 520-522.</li>
<li>Nahon, op. cit., p. 67.</li>
<li>Ibid., p. 71.</li>
<li>Gertrude Stein, The Autobiography of Alice B. Toklas, New York, Vintage Books, 1933, p. 39.</li>
<li>Nahon, op. cit., p. 71.</li>
<li>Vollard, op. cit., p. 61.</li>
<li>Nahon, op. cit., p. 74.</li>
<li>Brassaï, Les artistes de ma vie, Paris, Denoël, 1982, p. 210.</li>
<li>Morel, op. cit., p. 23.</li>
<li>Nahon, op. cit., p. 71.</li>
<li>Stein, op. cit., p. 30.</li>
<li>Vollard, op. cit., p. 305.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 10.</li>
<li>Morel, op. cit., p. 352.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 11.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Gary Tinterow et Asher Ethan Miller, « Vollard and Picasso », dans Cézanne to Picasso : Ambroise Vollard, Patron of the Avant-Garde, éd. par Rebecca A. Rabinow, New York, Metropolitan Museum of Art, New Haven, Yale University Press, 2006, p. 113-114.</li>
<li>Morel, op. cit., p. 354.</li>
<li>Emmanuelle Heran, « Vollard, Publisher of Maillol’s Bronzes : A Controversial Relationship », dans Cézanne to Picasso : Ambroise Vollard, Patron of the Avant-Garde, éd. par Rebecca A. Rabinow, New York, Metropolitan Museum of Art, New Haven, Yale University Press, 2006, p. 173.</li>
<li>Ibid., p. 174.</li>
<li>Ibid., p. 176.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 23.</li>
<li>Morel, p. 40-41.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 27, note 140.</li>
<li>Morel, op. cit., p. 43.</li>
<li>Dumas, op. cit., p. 23-27.</li>
<li>Ibid., p. 23.</li>
<li>Ibid.</li>
<li>Ibid., p. 11.</li>
<li>Ibid., p. 23.</li>
<li>Vollard, op. cit., p. 198.</li>
<li>Bonfait, op. cit.</li>
</ol>
<p>- BIBLIOGRAPHIE -</p>
<p>BONFAIT, Olivier. « Collectionnisme », dans Encyclopaedia Universalis. Mise à jour 2007, [<a href="http://universalis-edu.com/" target="_blank">En ligne</a>], (page consultée en décembre 2007).</p>
<p>BRASSAÏ. Les artistes de ma vie. Paris, Denoël, 1982, 223 p.</p>
<p>JOHNSON, Una E. Ambroise Vollard, Éditeur : Prints, Books, Bronzes. New York, Museum of Modern Art, 1977, 176 p.</p>
<p>MOREL, Jean-Paul. C’était Ambroise Vollard. Paris, Fayard, 2007, 622 p.</p>
<p>NAHON, Pierre. Les Marchands d’art en France. XIXe et XXe siècles. Paris, Éd. de la Différence, 1998,  348 p.</p>
<p>RABINOW, Rebecca A., éd. Cézanne to Picasso : Ambroise Vollard, Patron of the Avant-Garde. New York, Metropolitan Museum of Art, New Haven, Yale University Press, 2006, 450 p.</p>
<p>STEIN, Gertrude. The Autobiography of Alice B. Toklas. New York, Vintage Books, 1933, 232 p.</p>
<p>TINTEROW, Gary et Asher Ethan MILLER. « Vollard and Picasso ». Dans Cézanne to Picasso : Ambroise Vollard, Patron of the Avant-Garde, éd. par Rebecca A. Rabinow, New York, Metropolitan Museum of Art, New Haven, Yale University Press, 2006, p. 113-114.</p>
<p>VOLLARD, Ambroise. Souvenirs d’un marchand de tableaux. Paris, Albin Michel, 1948, 480 p.</p>
<p>- REMARQUE -</p>
<p>Ce texte a été rédigé dans le cadre du cours <em>Art et ses institutions</em> de l&#8217;Université Laval, automne 2007, sous l&#8217;enseignement de madame Eva Bouillo.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2008-08/paris26_palais.png" alt="" width="375" height="503" /><br />
[Devant le tableau de Vollard réalisé par Paul Cézanne, 1899, Petit Palais, Paris, été 2008]</p>
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		<title>Voyage à Paris: Louise Bourgeois, Gustave Moreau et bien d&#8217;autres</title>
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		<pubDate>Fri, 02 May 2008 17:19:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Gauthier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis en séjour à Paris pour les prochains jours. C&#8217;est ce qui explique la mise à jour saccadée du blogue. Je suis arrêté au Musée d&#8217;art moderne du Centre Georges-Pompidou. Dans le grand espace, un moulin à prière surdimensionné accueille les visiteurs. Normalement, un moine boudhiste fait tourner un tel objet &#8211; aux dimensions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis en séjour à Paris pour les prochains jours. C&#8217;est ce qui explique la mise à jour saccadée du blogue.</p>
<p>Je suis arrêté au Musée d&#8217;art moderne du Centre Georges-Pompidou. Dans le grand espace, un moulin à prière surdimensionné accueille les visiteurs. Normalement, un moine boudhiste fait tourner un tel objet &#8211; aux dimensions plus réduites! &#8211; en récitant une prière. Ici, la projection de l&#8217;objet à une autre échelle met en lumière les dangers de la religion et de la politique, l&#8217;un étant lié à l&#8217;autre.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm4.static.flickr.com/3223/2459870782_ac22178274.jpg?v=0" alt="" width="375" height="500" /></p>
<p>[Ehi Ehi Sina Sina, Huang Yong Ping, 2006; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>Parmi les expositions temporaires se retrouve la première rétrospective consacrée à Louise Bourgeois. Ce fut pour moi une découverte. L&#8217;artiste propose une vision très personnelle au fil des deux cents oeuvres exposées. Née en 1911, vivant à New York depuis 1938, on sent une certain malaise quant à l&#8217;appartenance de cette artiste à la France. Ayant quitté le pays depuis 70 ans, est-ce toujours une artiste française? Comme le dit le programme en faisant une comparaison avec Marcel Duchamp, elle serait une «American artist born in France». Outre ces considérations géographiques, l&#8217;exposition m&#8217;a donné l&#8217;impression de pénétrer dans la tête de Louise Bourgeois. En fait, lorsque j&#8217;y pense, ce n&#8217;est pas tant dans sa tête qu&#8217;on pénètre que dans cet espace des pulsions secrètes animées par les frustrations de l&#8217;enfance et les désirs refoulés. Proposées en plusieurs volets (Personnages, Lieux de mémoire, &#8230;), les sculptures, peintures, dessins, gravures ne sont pas toujours accessibles au premier coup d&#8217;oeil. Je me demande ce que l&#8217;histoire de l&#8217;art retiendra de sa production.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm4.static.flickr.com/3102/2459035353_097bf5fa22.jpg?v=0" alt="" width="375" height="281" /></p>
<p>Dans la collection permanente, je tiens à vous présenter « Dynamisme d&#8217;une automobile» (1912-1913) de Luigi Russolo. Cette oeuvre est très représentative du Futurisme. Ce mouvement italien basé à Milan faisait &#8211; entre autres &#8211; l&#8217;apologie de la vitesse pour l&#8217;opposer au passé archaïque de l&#8217;Italie. En ce sens, les machines produisant la vitesse comme les voitures, les avions et les trains sont valorisées. Dans ce tableau, Russolo s&#8217;exprime par la couleur et les lignes de forces représentées selon la philosophie du flux développée par Henri Bergson.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2138/2459870946_1dd4256ac3.jpg?v=0" alt="" width="375" height="290" /></p>
<p>[Dynamisme d'une voiture, Luigi Russolo, 1912-1913; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>Au fil des jours, d&#8217;autres lieux d&#8217;intérêt pour l&#8217;historien de l&#8217;art en moi ont été visités. Le grand magasin Le Bon Marché a fait l&#8217;objet d&#8217;un arrêt, et non seulement pour m&#8217;acheter un parapluie en ces jours pluvieux sur la capitale. Plutôt, j&#8217;en en profité pour visiter l&#8217;un des premiers lieux privés où des tableaux d&#8217;oeuvres d&#8217;art ont été exposés. C&#8217;est ainsi qu&#8217;au 19e siècle, certains peintres pouvaient exposer leurs toiles au dernier étage du grand magasin. La luminosité était vraiment bonne, ce qui m&#8217;a surpris. Je me demande à quoi ressemblait le lieu voilà 150 ans&#8230; Aujourd&#8217;hui, le dernier étage est occupé par des meubles.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2390/2459035499_a85cfec8d9.jpg?v=0" alt="" width="375" height="500" /></p>
<p>[Le Bon Marché, Paris; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>Au musée d&#8217;Orsay, les grands peintres constituent toujours un plaisir pour les yeux. J&#8217;ai remarqué des détails que je n&#8217;avais jamais vus auparavant. Ainsi, le coin supérieur gauche de la toile «L&#8217;Église d&#8217;Auvers» de Van Gogh tourbillone en noir et bleu où le coup de pinceau est très visible. La petite histoire retiendra que ce tableau a été acquis grâce au concours de Paul Gachet et d&#8217;une donation anpnyme canadienne en 1951.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2351/2459871116_ce6a41bc86.jpg?v=0" alt="" width="375" height="474" /></p>
<p>[L'Église d'Auvers, Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2407/2459871198_56154e5e36.jpg?v=0" alt="" width="375" height="255" /></p>
<p>[L'Église d'Auvers (détail), Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>Orsay propose deux dialogues entre des oeuvres du musée et des artistes contemporains. La première de ces correspondances que j&#8217;aie vue se fait entre «Vitrine &#8211; Rue de Sévigné» de Bertrand Lavier et «La Lecture» de Manet. Le motif proposé par Lavier exploite la touche de Manet d&#8217;une façon surprenante. On sent la parenté entre les deux oeuvres sans retrouver d&#8217;imitation. Coup de coeur.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm4.static.flickr.com/3174/2459035867_4eea478f16.jpg?v=0" alt="" width="375" height="294" /></p>
<p>[Vitrine - Rue de Sévigné, Bertrand Lavier, 2005; Photo de Marc Gauthier]</p>
<p><img style="border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; vertical-align: middle;" src="http://farm4.static.flickr.com/3178/2459871292_628fb4105e.jpg?v=0" alt="" width="375" height="311" /></p>
<p>[La Lecture, Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm4.static.flickr.com/3142/2459035795_4958834c42.jpg?v=0" alt="" width="375" height="281" /></p>
<p>[La Lecture (détail), Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>L&#8217;autre dialogue se décline en composition multimédia. Sur les murs sont projetées des mots et des symboles, le tout en continuel mouvement et dans des couleurs changeantes. Ce jeu sur le mouvement, le temps et la couleur rappelle le travail sur la couleur et la touche Impressionniste. Il s&#8217;agit du dialogue entre Monet et Charles Sandison. Autre coup de coeur.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm4.static.flickr.com/3248/2459036119_56b0b860dc.jpg?v=0" alt="" width="375" height="281" /></p>
<p>[Nymphéas bleus, Charles Sandison, 2007-2008; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2404/2459871760_6722a55a68.jpg?v=0" alt="" width="375" height="379" /></p>
<p>[Nymphéas bleus, Claude Monet, vers 1915-1920; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>Parmi les autres nouvelles, signalons ma déception de ne pas retrouver «L&#8217;Angélus» et «Les Glaneuses» de Jean-François Millet. Les deux oeuvres les plus connues du peintres étaient en prêt. Ce choix m&#8217;apparaît peu judicieux. C&#8217;est comme si j&#8217;achetais un sac devant contenir 100 bonbons et que je m&#8217;aperçois qu&#8217;il en manque deux; je suis repu mais pas satisfait&#8230;</p>
<p>Également, les grands tableaux de Courbet sont en restauration. Le travail s&#8217;effectue sous les yeux des visiteurs. Si les professionnels du musée doivent se sentir comme des animaux sous observation, il est toujours plaisant de voir ces mains expertes à l&#8217;oeuvre. «L&#8217;Atelier du peintre» de Courbet subissait au moins une vingtaine de retouches.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2321/2459036323_4b7ddaa00a.jpg?v=0" alt="" width="375" height="281" /></p>
<p>[L'atelier du peintre, Courbet; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>Un voyage à Paris est impossible pour un historien de l&#8217;art sans faire un arrêt au 7, rue des Grands Augustins dans le quartier Saint-Germain des Prés. À cette adresse se situe d&#8217;abord l&#8217;action de la nouvelle «Le chef-d&#8217;oeuvre inconnu» de Balzac. L&#8217;histoire que l&#8217;auteur raconte est celle d&#8217;un peintre qui présente son chef-d&#8217;oeuvre à des amis. Ces derniers sont ébahis par ce qu&#8217;ils voient: ils ne comprennent rien à la toile qui est sous leurs yeux.</p>
<p>Cette oeuvre littéraire a fait figure de prémonition: c&#8217;est également à cette adresse que Picasso s&#8217;installe dans les années 1930. Il y peindra une de ses toiles les plus connues et ayant créé sensation: Guernica.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2001/2459036545_72d3bb4c59.jpg?v=0" alt="" width="375" height="281" /></p>
<p>Le Musée de la vie romantique de la ville de Paris propose «L&#8217;âge d&#8217;or du romantisme allemand &#8211; Aquarelles et dessins à l&#8217;époque de Goethe». Le lieu m&#8217;a plu, l&#8217;exposition m&#8217;a laissé un peu froid. Cependant, elle m,a permis de prendre conscience de mon ignorance à l&#8217;égard de l&#8217;art allemand et de ces artistes importants.</p>
<p>J&#8217;ai également assisté à ma première vente aux enchèresde l&#8217;Hôtel Drouot-Richelieu. Une expérience fortement enrichissante qui confirme mon intérêt pour la vie de l&#8217;objet d&#8217;art après sa création artistique.</p>
<p>Comme toujours, les expositions au Musée du Luxembourg sont courues par le Tout-Paris. Lors de ma visite, «Vlaminck &#8211; Un instinct fauve» était à l&#8217;affiche. Une réussite totale qui permet de voir de nombreux tableaux de l&#8217;artistes en un seul endroit. Un autre catalogue de musée acheter que je lirai à mon retour car Vlaminck est un artiste que j&#8217;ai croisé au fil de mes études mais que je ne connais pas beaucoup.</p>
<p>Un autre artiste que je ne connais pas beaucoup est Gustave Moreau. Ingénieux, il a consacré les dernières années de sa vie à mettre sur pied un musée dédié à son oeuvre. Ce fut donc une découverte de ses peintures mais surtout des nombreux dessins de cet artiste symboliste. Seul défaut du musée: de nombreux tableaux exposés sont des esquisses et non des toiles finies. Personnellement, j&#8217;aime bien ce type d&#8217;oeuvres qui permet de comprendre la méthode de travail d&#8217;un artiste.</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm4.static.flickr.com/3010/2459036689_1a9fb67005.jpg?v=0" alt="" width="375" height="281" /></p>
<p>[Intérieur du musée Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p><img style="vertical-align: middle; border: 0; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 0px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2345/2459872344_1e8228fb6d.jpg?v=0" alt="" width="375" height="281" /></p>
<p>[Dessin no. 1015 (détail), Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]</p>
<p>À suivre&#8230;</p>
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