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[Source: Georges Jansoone]

La chaine de télévision artv rediffuse le documentaire Le Business des musées le 3 octobre 2008 à 15h00. C’est l’occasion idéale de (re)voir cette émission si vous avez manqué sa diffusion dimanche dernier.

Le documentaire a été réalisé par Sylvain Bergère et Stéphane Osmont pour la chaîne française arte. Description:

Les musées sont-ils des marques exportables, et les oeuvres une monnaie d’échange? Depuis que le Louvre a décidé de s’implanter à Abou Dhabi, la polémique fait rage. Ce documentaire passionnant et iconoclaste explore les dilemmes de la muséographie contemporaine dans toute leur complexité.

Un vaisseau futuriste étincelant posé au coeur d’une vallée industrielle sinistrée : en 1995, le musée Guggenheim est le premier à s’exporter en ouvrant à Bilbao une antenne loin de sa base new-yorkaise. Avec son bâtiment titanesque conçu par l’architecte Frank O’Gehry et sa collection prestigieuse, il attire près d’un million de personnes par an, dont environ 70 % d’étrangers. La démonstration est faite : un établissement culturel prestigieux peut constituer un relais de croissance pour des territoires en mal de reconversion. Pourtant, lorsque le Louvre décide en 2007 d’ouvrir une succursale à Abou Dhabi, l’opinion s’insurge. Le musée serait-il en train de s’éloigner de sa mission d’origine, aveuglé par l’appât du gain? Et déjà on parle d’installer un Centre Pompidou à Shanghai, un British Museum à Pékin, un musée de l’Ermitage à Londres, Amsterdam, Las Vegas… 


[Charles Buchel, Beerbohm Tree as Shylock, 1914, The National Museum of the Performing Arts (The Theatre Museum), Londres. Crédit photo: wikipedia.org]

De nombreuses personnes font référence aux prêteurs sur gages en les traitant de Shylock. Ce qu’on ne sait pas toujours, c’est que le terme fait référence à un personnage de Shakespeare qui apparaît dans la pièce Le Marchand de Venise.

Ce soir à 21h00, artv propose la dernière adaptation cinématographique de cette pièce de théâtre, mettant en vedette Al Pacino et Jeremy Irons. Le résumé de la pièce donne froid au dos:

À Venise, en 1596, un amateur emprunte une importante somme d’argent à un usurier juif qui exige une livre de sa chair en cas de non-remboursement.

Les peintres se sont inspirés de ce personnage peu ragoûtant pour illustrer les méfaits de l’argent. Malheureusement, ces images sont parfois teintées d’un antisémitisme évident. artv offre une bonne occasion de se plonger dans cet univers torturé tel qu’imaginé par le dramaturge anglais.


[Maurycy Gottlieb, Shylock et Jessica, 1876, oeuvre perdue entre 1939 et 1945. Crédit photo: wikipedia.org]


[Thomas Sully, Portia et Shylock, 1835, huile sur toile, 29x38 pouces, Folger Shakespeare Library, Washington, D.C. Crédit photo: wikipedia.org] [détails supplémentaires sur le texte au verso de cette oeuvre]

* Chop-chop! Le gouvernement conservateur canadien abolit un autre programme à vocation culturelle. Une manifestation de soutien aux arts est prévue à Québec le mercredi 3 septembre 2008. Le gouvernement de Terre-Neuve a annoncé qu’il remplacerait à ses frais les programmes fédéraux abolis.

* Le Musée [...] du Québec propose une visite de Intrus / Intruders avec l’écrivain Gilles Pellerin et l’artiste Daniel Olson le mercredi 3 septembre à 19h30. Les deux personnalités partageront leurs réflexions sur l’univers de l’art. Puisqu’il s’agit d’une visite dans les collections permanentes, l’événement est gratuit. 

* Parlant du Musée [...] du Québec, l’exposition Le Louvre à Québec est, évidemment, ouverte pendant la Fête du Travail.

* En septembre, grande rétrospective prévue sur les Automatistes à la Galerie Orange de Montréal.

* Toutes les oeuvres volées au Musée d’anthropologie de l’Université de Colombie-Britannique ont maintenant été retrouvées.

* Les expositions dans les musées contribuent à augmenter la cote des artistes. Dernier exemple: Francis Bacon est le sujet d’une rétrospective par Tate Britain en septembre. Résultat: ses oeuvres atteignent des records aux ventes aux enchères, son Étude pour Tête de George Dyer (1967) se vendant 26M $CAN en juillet. Cette semaine, Art Newspaper analyse les tendances du marché autour de l’oeuvre de Bacon. 


[Tiziano Vecellio dit Le Titien, Diane et Actéon, 1556-1559, huile sur toile, 185x202 cm, National Gallery of Scotland, Edinbourg] 

* Comment augmenter la valeur de vos tableaux? Vous les prêtez pendant des décennies à des musées, à un point tel qu’ils semblent appartenir à l’institution. Puis, vous annoncez que vous allez les vendre. Le musée veut donc les acheter, à fort prix. Dernier exemple: deux tableaux du Titien à la National Gallery d’Écosse.

* Damien Hirst continue de bien vendre.

* Bonne nouvelle! Le pillage des sites archéologiques irakiens serait terminé.

* Survol des acquisitions récentes au Musée d’Orsay.

* Le critique d’art anglais John Russell décède à l’âge de 89 ans. Il s’était posé en défenseur des oeuvres de Francis Bacon, Lucian Freud et Bridget Riley, entre autres. Une rétrospective de cette dernière est d’ailleurs proposée au Musée d’art moderne de la ville de Paris, que j’ai vue.

Avec Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, le Musée d’art contemporain de Montréal espère relancer le concept de Triennale québécoise. L’exposition propose 135 œuvres créées par 38 artistes ou groupes différents. Cette ambitieuse manifestation occupe toutes les salles de l’établissement, révélant du même coup l’exiguïté des lieux puisque la collection permanente est maintenant rangée dans le dépôt du musée.

Dès le départ, le catalogue de l’exposition précise les limites de l’exercice. Les œuvres sélectionnées l’ont été selon « des critères d’originalité, d’intelligence et de pertinence ». Ainsi, les quatre commissaires de l’événement se sont heurtés aux difficultés inhérentes à une triennale. Qui choisir? Quelle est la définition d’un artiste professionnel? Quels sont les critères de résidence imposés? Quelles œuvres sélectionner?

Ces questions ont trouvé réponse. Les « exigences d’originalité » ont eu le dessus sur la représentativité. Les créateurs nés ailleurs qu’au Québec forment le quart du contingent. De plus, la région de Montréal abrite plus des trois quarts des artistes. La notion de résidence pose ainsi problème lorsqu’on appose l’étiquette québécoise à l’événement. Si le travail de David Altmedj se défend par lui-même, il convient de souligner que le sculpteur né dans la métropole vit et travaille maintenant à Londres et à New York. Dans ces conditions, il serait plus juste de parler d’une triennale d’inspiration montréalaise, même si la présence de quelques artistes de la région de Québec essaie d’équilibrer la donne. Ici, l’originalité s’énonce en des termes urbains et montréalais. La création dans les arts traditionnels n’est donc pas soulignée.

L’âme québécoise est déclinée selon une vision cosmopolite. Le commissaire Mark Lanctôt exprime d’ailleurs clairement cette approche en définissant l’américanité du Québec comme une « carte maîtresse » de son identité. Citant Hardt et Negri, il appuie son point en signalant que « la multitude est composée d’un ensemble de singularités ». Cette exposition opère dans le multiculturalisme artistique. Il est possible que l’exclusion d’artistes internationaux – une caractéristique des biennales et triennales – ait été comblée par l’inclusion d’artistes du Québec possédant une vision internationale.

Toutes ces questions sémantiques ne doivent pas porter ombrage au travail surprenant proposé au visiteur. Si l’exposition ne peut prétendre représenter un instantané de l’ensemble de la création au Québec en 2008 – une tâche quasi impossible à réaliser –, il s’agit d’un événement exceptionnel pour observer des œuvres originales, intelligentes et pertinentes. Mieux, elles ont toutes été créées au cours des trois dernières années, ce qui garantit la fraîcheur des produits.

 

Figure 1. Vue de l’installation de Doyon-Rivest. Logopagus. 2008. MACM.

 

Le visiteur est accueilli par la mascotte siamoise de Doyon-Rivest baptisée Logopagus. Ses déclinaisons sont nombreuses au fil des salles : ici, elle est photographiée dans un café (Bonjour Logopagus, 2008), là elle s’attable dans un restaurant pour manger un bol de soupe (Bon appétit Logopagus, 2008). Cette construction, alter ego surdimensionné de ses créateurs, constitue le seul fil conducteur présent tout au long de l’exposition. On retrouve ses photographies disséminées un peu partout dans le musée. Au détour d’une salle, c’est une caméra en circuit fermé, dissimulée dans ses cheveux (?), qui filme les visiteurs marquant un arrêt devant sa personne. Sympathique dans sa bonhomie de marionnette, elle invite à sa contemplation deux fois plutôt qu’une : si on la trouve au premier abord agréable, on l’observe d’un tout autre regard après s’être aperçu qu’elle nous épiait à notre insu.

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* Le Louvre à Québec a maintenant son microsite.

* Le bassin aux nymphéas de Claude Monet s’est vendu 80,5 millions de dollars canadiens cette semaine. Dans une dépêche de l’AFP reprise par plusieurs journaux à travers le monde, la conversion des livres britanniques vers les euros est complètement farfelue. Quarante millions de livres équivalent à environ 50 millions d’euros, pas 80… Chou au Devoir pour avoir reproduit l’article avec ses erreurs, bravo à Cyberpresse pour la conversion correcte. Peut-être que l’agence avait émis un correctif qui n’a pas été publié? Plus de détails chez Le Figaro.


[newyorkcitywaterfalls.com]

* Des chutes d’eau vont couler sous le pont de Brooklyn et en trois autres endroits de l’East River cet été. [article]

* Comment détecter les faux? Facile: il suffit de vérifier la présence ou non d’isotopes nucléaires causés par les explosions nucléaires. CDFQ. [article]

* Qui savait que John McEnroe et Tatum O’Neal avaient été saisis au vif par Andy Warhol? Le double portrait est en vente à Londres le 1er juillet. [voir l'oeuvre]

* Une nouvelle loi sur le droit d’auteur pourrait voir le jour aux États-Unis. Elle permettrait la reproduction des oeuvres dont l’auteur ne peut être retracé. Au Canada, il faut passer par la Commission du droit d’auteur du Canada lorsqu’on se trouve dans un tel cas. Il faut dès lors remplir une demande et c’est la Commission qui émettra, éventuellement, une licence.

* Toujours le même débat: un commentateur trouve que l’art traverse actuellement un passage à vide.


[City of Shadows, Alexey Titarenko]

* Voilà quelques temps que j’observe les photos d’Alexey Titarenko et je ne m’en lasse pas. Dans sa série City of Shadows, il a étiré son temps d’exposition pour que le passage des gens s’imprime sur sa pellicule. Le résultat fournit des photographies fantomatique où les passants semblent laisser une partie de leur personne derrière eux… [voir l'ensemble des images]

* Dans les nouvelles informatiques, Carnegie-Mellon (PA) met au point un logiciel permettant de déterminer l’endroit le plus probable où une photographie a été prise. Un algorithme cherche des photos similaires sur Flickr… Un pas de plus vers la reconnaissance informatique des images. [article]

Marc

Au fil des clics

* Le Musée des Beaux-Arts de Montréal propose des visites de 30 minutes sur l’heure du lunch pour découvrir l’oeuvre d’un artiste. Une façon agréable de nourrir son âme. Prochains événements: les 4 et 5 juin 2008 à 12h15. L’artiste en vedette: Alfred Pellan. [ Plus de détails ]

* La Manif d’art 4 se déroule présentement dans la ville de Québec. Il faut beaucoup de courage et un guide de survie pour organiser ses activités sur le site Internet de l’événement. Je cherche encore comme me procurer une Manif carte, nécessaire pour la visite de Toi/You, la rencontre.

Malgré ces difficultés, il ne faudrait pas manquer cette semaine l’exposition des étudiants en arts visuels de l’Université Laval, présentée par Loto-Québec. Vernissage ce vendredi 30 mai.

* La chaîne de télévision artv propose à nouveau des épisodes de la série Palettes. Narré par l’historien de l’art Alain Jaubert, chaque épisode permet de découvrir l’histoire d’une oeuvre d’art ayant marqué l’art occidental. Si l’émission ne se retrouve pas dans la liste de la chaîne spécialisée, elle mérite quand même un coup d’oeil, ayant été célébrée au dernier FIFA de Montréal. Heureux possesseur du coffret de 18 DVD, je vous recommande ces films agréablement instructifs. Cette semaine: Un enterrement à Ornans de Courbet [25 mai à 7:30, 28/5 3:28, 28/5 15:29].

Un enterrement à Ornans
[Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1849-1850, huile sur toile, 314x663 cm, Musée d'Orsay, Paris; source photographique: Wikipedia]

* Le peintre québécois Claude Théberge est décédé. La municipalité de Notre-Dame-du-Lac lui a consacré un site Web.

* Il faudra revoir les livres de records : le gratte-ciel Burj Dubai est désormais la structure la plus haute du monde. Culminant présentement à 650 mètres, elle devrait atteindre 819 mètres à la fin de sa construction. À titre de comparaison, la tour du CN s’étire sur 553 mètres [il serait temps de mettre à jour le site Web qui la qualifie de plus haute structure du monde, un titre perdu voilà quelques années déjà...], le 1250 René-Lévesque de Montréal [IBM-Marathon] mesure 230 mètres et le Complexe G de Québec fait 176 mètres, avec l’antenne.

Burj Dubai
[Burj Dubai; source photographique: Wikipedia]

* La suite du film Une nuit au musée, mettant en vedette Ben Stiller, a commencé son tournage. L’action se déroulera au Smithsonian Institute de Washington. Il s’agit de la première fois en 162 ans que l’institution permet l’usage de son nom dans une oeuvre cinématographique.

* Sir Anthony Caro, sculpteur britannique, s’est fait dire «Non merci!» par la ville de Londres. Il proposait sa sculpture la plus ambitieuse à ce jour. Résultat: l’oeuvre Millibank Steps est maintenant en vente pour près de 5 millions de dollars.

* La seule copie complète et manuscrite du Manifeste du surréalisme d’André Breton a été vendue cette semaine pour 5,5 millions de dollars chez Sotheby’s Paris. Le lot comprenait huit autres manuscrits que plusieurs craignaient voir dispersés.