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Le Musée d’art contemporain de Montréal propose 135 oeuvres créées par 38 artistes dans le cadre de sa triennale intitulée «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme». À l’occasion de cet événement, je me suis demandé quelle était la présence sur le Web de chacun de ces artistes.

Pour arriver à classer les artistes selon leur notoriété Internet, j’ai choisi trois critères: le nombre de liens tels que trouvés par Google, la gestion des noms de domaine [du type nom_artiste.com] et la présence ou non d’article dans l’encyclopédie en ligne Wikipedia.


[Julie Doucet, Le Pantalitaire 2, 2007, 8 collages, 30 x 137,1 cm]

Le titre de reine de la notoriété dans Internet est attribué à Julie Doucet. Avec 63,000 liens sur son nom, 4 articles dans Wikipedia, un site Internet possédé par un éditeur et un site officiel, on peut dire sans gêne que l’artiste est connue sur le Web, principalement à cause de ses bandes dessinées.


[David Altmejd, Le Berger, 2008, bois, miroir, cristal, crin de cheval et peinture, 365,7 x 152,4 x 121,9 cm; avec l’aimable autorisation de la Andrea Rosen Gallery; photographie: Ellen Page Wilson]

Accompagnant Julie Doucet au sommet de la notoriété sur Internet, David Altmejd se classe bon deuxième, avec 51,400 liens, 3 articles dans Wikipedia et un site cybersquatté.

Parmi les autres résultats de cette étude sans prétention, je remarque que de nombreux artistes possèdent un site Internet bien réalisé: Nicolas Baier, Gwenaël Bélanger, Patrick Bernatchez, Michel de Broin, Raphaëlle de Groot, Manon De Pau, Doyon-Rivest, Romeo Gongora, Adad Hannah, Isabelle Hayeur, Bettina Hoffmann, Lynne Marsh, Serge Murphy, Jocelyn Robert.

Fait surprenant: certains artistes préfèrent le .net ou le .org plutôt que le .com même lorsque ce dernier est disponible. C’est le cas de Michel de Broin, Raphaëlle de Groot et Bettina Hoffmann.

Notons finalement que David Ross et Carlos Sanchez ont été exclus du classement. En effet, leurs noms sont également ceux de personnalités connues dans d’autres domaines, ce qui perturbe grandement les données.

Palmarès de la notoriété Internet des artistes de la Triennale de MACM

Julie Doucet : 11,30
David Altmejd: 9,14
Michel de Broin: 2,85
Isabelle Hayeur: 2,70
Jocelyn Robert: 2,42
Lynne Marsh: 2,15
Adad Hannah: 2,03
Bettina Hoffmann: 1,60
Nicolas Baier: 1,37
Michael Merrill: 1,26
Jason Sanchez: 1,23
Gwenaël Bélanger: 1,15
Patrick Bernatchez: 1,09
Doyon-Rivest: 1,08
Raphaëlle de Groot: 1,08
Serge Murphy: 1,06
Manon De Pauw: 1,06
Romeo Gongora: 1,01
Charles Guilbert: 0,70
Yannick Pouliot, WWKA, Louis-Philippe Eno, Chih-Chien Wang, Stéphane Gilot, Etienne Zack, Cooke-Sasseville, Emanuel Licha, Manon Labrecque, Cynthia Girard, Karen Tam, Tricia Middleton, Jon Knowles, David Armstrong Six, Patrick Coutu, Valérie Blass, Anthony Burnham, Jonathan Plante, Adrian Norvid suivent dans l’ordre avec moins de 0,5.

Méthodologie

Le nom de l’artiste ainsi que le terme art ont été entrés dans l’engin de recherche Google. J’ai obligé l’engin de recherche à inclure le terme art dans chacune des pages trouvées afin d’éviter que des artistes ayant des homonymes oeuvrant dans d’autres domaines soient privilégiés.

Les cinq premiers résultats sont les suivants:
David Ross: 163,000 liens
Carlos Sanchez: 148,000 liens
Julie Doucet: 63,000 liens
David Altmejd: 51,400 liens
Michel de Broin: 28,500 liens

Les cinq derniers résultats sont les suivants:
Valérie Blass: 360 liens
Anthony Burnham: 334 liens
Romeo Gongora: 132 liens
Jonathan Plante: 120 liens
Adrian Norvid: 48 liens

Chaque dizaine de milliers de liens donnait un point. Ainsi 163,000 liens attribuait 16,3 points.

La présence d’articles dans Wikipedia donnait un point par langue de rédaction.

Les noms de domaine achetés par une tierce personne donnait un point. David Altmejd et Lynne Marsh ont «bénéficié» de cette notoriété involontaire.

La présence d’un site Internet officiel donnait un point.

Il convient de noter que ce classement n’a aucune prétention scientifique. Il s’agit de refléter le buzz Internet selon des critères personnels à l’auteur de ce blogue.

Chacun des composants des scores peut être facilement critiqué. Ainsi, Paris Hilton obtient 3,3 millions de liens, même lorsqu’on lie son nom au mot «art». De plus, les résultats chez Google varient selon les serveurs sur lesquels la recherche est effectuée. Pour être plus efficace, j’aurais dû utiliser un outil de recherche qui fouille les différents centres de données de Google mais bon…

Au final, rien ne vaut une visite au musée pour laisser tomber le buzz et alimenter sa propre réflexion!

Deux grandes sociétés d’État du Québec, le Musée d’art contemporain de Montréal et Télé-Québec, mettent en commun leur expertise pour produire, diffuser et exposer 10 capsules vidéo d’artistes québécois parmi les plus prometteurs.

Les deux sociétés d’État ont élaboré le meilleur scénario possible pour mettre en valeur la création d’artistes québécois à qui l’on a demandé de créer 10 capsules vidéo d’une minute. La nature même de ce médium permettra la diffusion des œuvres en format d’exposition, en format télévisuel et sur Internet. À compter d’aujourd’hui, 14 mai 2008, les œuvres vidéographiques seront diffusées en alternance sur les ondes de Télé-Québec ainsi que sur son site Internet à www.telequebec.tv et ce jusqu’au 7 septembre. Puis, du 24 mai au 7 septembre, elles seront présentées dans le cadre de la première Triennale québécoise du Musée d’art contemporain.
Dix capsules

Les artistes participants sont tous issus du milieu des arts visuels et intègrent la création médiatique dans leur pratique. Ils avaient carte blanche quant au contenu et au scénario de leur capsule vidéo. Le résultat est saisissant, mystérieux, déroutant et extrêmement varié. La diffusion de ces œuvres au moment des pauses publicitaires introduira un élément d’étrangeté dans la programmation télévisuelle et dans la réception des auditeurs. Vous pourrez ainsi voir des œuvres de :

Gwenaël Bélanger, L’Hameçon
Patrick Bernatchez, Pluton
Louis-Philippe Eno, Sans titre
Charles Guilbert et Serge Murphy, Une flamme dans l’univers
Bettina Hoffmann, Effleurer
Manon Labrecque, Contagion
Lynne Marsh, One-Minute Camera Opera
Tricia Middleton, Déclins
Yannick Pouliot, Je te veux
Chih-Chien Wang, Broth 01

…toutes de 2008 et créées pour le projet.

Dans L’Hameçon, Gwenaël Bélanger nous accroche à un ventilateur dans une spirale qui met notre perception en déroute ; avec Pluton, Patrick Bernatchez nous entraîne dans un duel de fin du monde entre un cosmonaute et une force d’une autre dimension ; à l’aide d’un simple feu de Bengale, Louis-Philippe Eno fait défiler dans Sans titre le film d’une vie ; Une flamme dans l’univers de Charles Guilbert et Serge Murphy nous entraîne dans une quête existentielle autour d’un monologue et d’un sac blanc ; Effleurer de Bettina Hoffmann tourne autour d’un groupe figé dans le temps, reconstituant l’immobilité de la photographie mais avec la densité d’une sculpture en haut-relief ; Manon Labrecque espère, avec Contagion, amener les spectateurs à bailler à leur tour ; Lynne Marsh met en abîme l’espace télévisuel même dans One-Minute Camera Opera ; usant de fondus séduisants, Déclins de Tricia Middleton enchaîne des images allant du quotidien le plus banal au sublime ; Je te veux de Yannick Pouliot est une enfilade d’allers et retours, de temps suspendu, dans un labyrinthe à la fois meublé et vide de présence humaine ; la boucle se boucle avec Broth 01 de Chih-Chien Wang puisqu’il y est question justement de pause, de décalage dans le temps et dans l’espace…

Un projet dédié à la création d’ici

Marc Mayer, directeur général du Musée d’art contemporain, et Michèle Fortin, présidente-directrice générale de Télé-Québec, se réjouissent que ce projet conjoint et innovateur, entièrement dédié à la création, se soit concrétisé. Pour Marc Mayer, « ce formidable projet nous permet de sortir des lieux convenus de l’art contemporain et de promouvoir les arts visuels dans les médias ». De son côté, Michèle Fortin est fière de cette belle association et du fait que les ondes de Télé-Québec offriront une vitrine culturelle supplémentaire à des œuvres qui sont le fruit de créateurs d’ici. Après la Triennale, les œuvres seront intégrées à la Collection du Musée d’art contemporain et deviendront patrimoine national. Ces vidéos d’art feront également partie de l’inventaire de Télé-Québec qui pourra éventuellement les rediffuser.

À lire également:

* Un billet sur le projet de maîtrise en art visuels de Gwenaël Bélanger
* Un compte rendu de l’exposition Yannick Pouliot au Musée d’art contemporain de Montréal