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	<title>Marc Gauthier &#187; Club des collectionneurs en arts visuels de Québec</title>
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	<description>Mon espace consacré à l&#039;art et à son histoire. Point focal: Québec.</description>
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		<title>Françoise Sullivan, signataire du Refus global, discutant de Paul-Émile Borduas</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 04:13:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Gauthier</dc:creator>
				<category><![CDATA[1900-2000]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[conférence]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
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		<category><![CDATA[Club des collectionneurs en arts visuels de Québec]]></category>
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		<category><![CDATA[Les enfants de Refus global]]></category>
		<category><![CDATA[Paul-Émile Borduas]]></category>
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		<description><![CDATA[Vendredi soir, Françoise Sullivan était l&#8217;invitée du Club des collectionneurs en arts visuels de Québec chez Lacerte Art contemporain. Ce regroupement a organisé une série de trois conférences pour signaler les cinquante années écoulées depuis le décès de Paul-Émilie Borduas. Pour ceux et celles qui l&#8217;ignoreraient, Françoise Sullivan est l&#8217;une des signataires du manifeste Refus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img title="Françoise Sullivan lors de son entretien avec Me Marc Bellemare chez Lacerte Art contemporain" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2010-02/sullivan1.jpg" alt="Françoise Sullivan lors de son entretien avec Me Marc Bellemare chez Lacerte Art contemporain" width="400" height="300" /><p class="wp-caption-text">Françoise Sullivan lors de son entretien avec Me Marc Bellemare chez Lacerte Art contemporain</p></div>
<p>Vendredi soir, Françoise Sullivan était l&#8217;invitée du <em><a href="http://www.clubdescollectionneursenartsvisuelsdequebec.com/" target="_blank">Club des collectionneurs en arts visuels de Québec</a></em> chez <em><a href="http://www.galerielacerte.com/Qc/acceuil.asp" target="_blank">Lacerte Art contemporain</a></em>. Ce regroupement a organisé <a href="http://www.marcgauthier.com/blog/2010/02/09/des-conferences-sur-borduas-organisees-par-le-club-des-collectionneurs-de-quebec/" target="_blank">une série de trois conférences</a> pour signaler les cinquante années écoulées depuis le décès de Paul-Émilie Borduas.</p>
<p>Pour ceux et celles qui l&#8217;ignoreraient, Françoise Sullivan est l&#8217;une des signataires du manifeste <em>Refus global</em>. Ce texte constitue l&#8217;un des documents majeurs dans l&#8217;histoire de l&#8217;art du Québec. Publié en 1948, il mène une charge à fond le train contre l&#8217;esprit de l&#8217;époque, surtout contre la poigne de fer que le clergé maintient sur le peuple québécois. Sa constante réactualisation dans le discours des artistes lui a valu une renommée qui perdure.</p>
<p>La conférence <strong>Paul-Émile Borduas, mon ami mon mentor</strong> était animée par Me Marc Bellemare, ancien politicien mais surtout grand collectionneur des oeuvres des Automatistes.</p>
<p>Madame Sullivan a débuté en soulignant la qualité des tableaux présentés chez Lacerte, mentionnant qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;oeuvres rarement vues ensemble.</p>
<p>Elle a enchaîné en parlant de son intérêt pour la danse, un intérêt qui a fait partie de sa vie depuis son enfance. Elle a aussi mentionné les difficultés vécues dans son village des Escoumins dans les années 1940 puisque le curé ne permettait pas de danse dans sa paroisse.</p>
<p>Son plus grand désir était de devenir artiste. Elle avait 15 ans lorsqu&#8217;elle a commencé sa formation à l&#8217;École des beaux-arts. Elle suivait des cours de modelage, le soir. Son enseignement se faisait autour de modèles en plâtre; elle avait six après-midis pour réaliser un dessin au fusain.</p>
<p>Sa première rencontre avec Borduas s&#8217;est effectuée en novembre 1941. À l&#8217;École des beaux-arts, elle consultait des livres dans lesquels se retrouvaient des reproductions de peintures du XIXe siècle. Son peintre préféré était <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bonnard" target="_blank">Bonnard</a> et elle s&#8217;était mise à peindre chez elle. Lors d&#8217;une exposition de peinture à laquelle participe Pierre Gauvreau, Sullivan assiste à la remise d&#8217;un prix par Borduas. Guy Viau sert alors d&#8217;intermédiaire pour faire circuler les numéros de téléphone. Un mardi soir, Françoise Sullivan va chez Paul-Émile Borduas en compagnie de Louise Renaud, Madeleine Desroches et Adrien Villandré.</p>
<p>Borduas leur présente ses tableaux un par un. Il décrit la manière avec laquelle il les a réalisés. Il déclare avoir mis une touche, sans préconception de ce qu&#8217;il allait peindre. Le tableau se forme au fur et à mesure, l&#8217;organisation de construisant après les couches initiales. Borduas leur parle des Surréalistes, d&#8217;André Breton, du <em>Minotaure</em>, de l&#8217;écriture automatique. Pour lui, les toiles ne sont pas comme des rêves. Il présente le livre de Pierre Mabille sur les civilisations qui connaissent une phase de décadence.</p>
<p>Pour Françoise Sullivan, il s&#8217;agit d&#8217;un nouveau discours qui lui permet de sortir de l&#8217;académisme alors qu&#8217;elle n&#8217;a pas encore 20 ans. Au sortir de l&#8217;appartement, c&#8217;est l&#8217;euphorie dans le petit groupe.</p>
<p>La seconde rencontre avec Borduas a lieu quinze jours plus tard. Elle se produit avec d&#8217;autres jeunes étudiants en provenance du collège Brébeuf. Françoise Sullivan a mentionné, sourire en coin, que Pierre Elliot Trudeau se trouvait dans le lot. Durant cet entretien, Borduas montre comment il faut lire une oeuvre d&#8217;art. Selon lui, ce qui est senti, c&#8217;est ce qui n&#8217;est pas académique.</p>
<p>À partir de l&#8217;année suivante, il construit sa maison à Saint-Hilaire, ce qui ne facilite pas les contacts. Françoise Sullivan rencontre Fernand Leduc, qui possède son propre atelier, puis Jean-Paul Mousseau. Les portes des ateliers sont souvent ouvertes et les échanges sont nombreux. L&#8217;entraide est présente, les livres circulent.</p>
<p>En février 1948, elle participe à une conférence où elle émet ses idées sur la danse. Les mouvements y sont façonnés comme les idées dans la peinture automatiste. Elle chorégraphie <em>Ballant</em>, une danse qui tient complètement dans le seul signe du ballant.</p>
<p>À la fin de février, elle réalise <em>Danse dans la neige.</em> En compagnie de Gauvreau et de Jean-Paul Riopelle, armés d&#8217;une caméra 16mm, habillée d&#8217;une jupe de pratique réalisée à la main, elle réalise sa danse dans la neige, spontanément.</p>
<p>Les films de cette chorégraphie seront perdus définitivement par Maurice Perron, suite à des problèmes avec son propriétaire. Celui-ci, en effet, mettra les effets personnels de Perron sur le trottoir à cause d&#8217;un loyer non payé. Les films s&#8217;y trouvant, ils seront perdus à tout jamais. Tout ce qu&#8217;il nous reste de ce moment est constitué par une série de photographies.</p>
<p>Borduas assistera à un spectacle de danse de Sullivan et Jeanne Renaud. On retrouvait Riopelle à l&#8217;éclairage, Gauvreau récitant un poème, Mousseau aux costumes et autres objets et Pierre Mercure à la musique. Pour Borduas, la danse était un art vivant, intéressant, mais il se disait surtout préoccupé par la peinture.</p>
<p>En août 1948 est lancé <em>Refus global</em>. Ce devait être un texte accompagnant une exposition de peinture qui a été annulée. Le premier essai sera lu en public. Le texte de Bruno Cormier est qualifié par Françoise Sullivan de beau texte, encore aujourd&#8217;hui. Quant à son propre essai, intitulé <em>La danse et l&#8217;espoir</em>, elle le trouve désormais mal écrit.</p>
<p>Certaines personnes proches du groupe ont refusé de signer le manifeste. Guy Viau, entre autres, n&#8217;aurait pas aimé la charge trop forte contre la religion. Yves Lagnier aurait également refusé de signer, tout comme le président du Parti communiste de l&#8217;époque qui gravitait autour des Automatistes.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img title="Françoise Sullivan lors de la soirée chez Lacerte Art contemporain" src="http://www.marcgauthier.com/blog/wp-content/images/2010-02/sullivan2.jpg" alt="Françoise Sullivan lors de la soirée chez Lacerte Art contemporain" width="400" height="300" /><p class="wp-caption-text">Françoise Sullivan lors de la soirée chez Lacerte Art contemporain</p></div>
<p>Elle-même, elle déclare avoir hésité à signer. Si elle se sentait proche de ses camarades depuis sept ans, ses hésitations provenaient de sa relation avec ses parents, plutôt religieux. D&#8217;ailleurs, la réception a semblé mauvaise dans sa famille.</p>
<p>Selon Françoise Sullivan, le manifeste a fait beaucoup de bruit lors de sa publication. Borduas se doutait que ce pourrait être le cas et il en paiera le prix le plus élevé. Il perdra son travail d&#8217;enseignant, sa femme le quittera, il tombera malade peu après, puis il quittera pour New York.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, il reste de Borduas son texte et sa peinture. Pour Sullivan, la lecture d&#8217;extraits du <em>Refus global</em> lors du Moulin à paroles l&#8217;été dernier à Québec fut l&#8217;un des moments les plus touchants de sa vie. Selon elle, le Québec n&#8217;en fait pas assez pour reconnaître l&#8217;importance de cet artiste.</p>
<p>Il s&#8217;agit là des grands traits de la conférence donnée par Françoise Sullivan. L&#8217;événement a été filmé, pour en conserver souvenir, tout comme le seront les deux autres conférences à venir.</p>
<p>J&#8217;ai posé deux questions à madame Sullivan, esprit curieux que je suis.</p>
<p>Je lui ai d&#8217;abord demandé la place qu&#8217;occupaient les gouaches chez Borduas. Au début des années 1940, Borduas a réalisé des gouaches exceptionnelles dans lesquelles il laisse vagabonder son esprit selon une approche automatiste. Françoise Sullivan a mentionné que ces gouaches étaient effectivement moins organisées que les peintures à l&#8217;huile.</p>
<p>Dans un second temps, je lui ai aussi demandé s&#8217;il y avait des points sur lesquels elle était moins en accord avec Borduas. Après un moment de réflexion, elle m&#8217;a répondu qu&#8217;elle était « tout à fait d&#8217;accord avec Borduas ».</p>
<p>Ne manquez pas le prochain rendez-vous organisé par le Club des collectionneurs en arts visuels de Québec dans le cadre de cette série de conférences sur Paul-Émile Borduas. Il s&#8217;agit de <strong>Paul-Emile Borduas, mon maître à penser</strong> par Marcel Barbeau, un autre signataire du <em>Refus global</em>. Rendez-vous chez Lacerte Art contemporain, dimanche, 14h00.</p>
<p>Des liens pertinents:</p>
<ul>
<li><a href="http://www.clubdescollectionneursenartsvisuelsdequebec.com/" target="_blank">Club des collectionneurs en arts visuels de Québec</a></li>
<li><a href="http://www.galerielacerte.com/Qc/acceuil.asp" target="_blank">Lacerte Art contemporain</a></li>
<li><a href="http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/danse/clips/9156/" target="_blank">Entrevue de Radio-Canada</a> de 1978 avec Françoise Sullivan sur la danse, la sculpture, <em>Refus global</em></li>
<li>Ne manquez pas <em>Les Enfants de Refus global</em> et un portrait de Paul-Émile Borduas <a href="http://artv.ca/emissions/toute-une-soiree.html" target="_blank">sur les ondes d&#8217;artv</a> ce samedi soir, dès 21h30</li>
</ul>
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