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Hier, j’ai assisté au lancement des expositions C’est arrivé près de chez vous. L’art actuel à Québec et Zao Wou-Ki. Hommage à Riopelle et peintures récentes au Musée national des beaux-arts du Québec.

Mes critiques des expositions seront publiées dans les jours qui viennent. Entre-temps, je partage avec vous quelques images croquées sur le vif.

Surveillez le blogue cette fin de semaine car j’inclurai des vidéos.


Vue générale d’une salle de l’exposition C’est arrivé près de chez vous. L’art actuel à Québec.


Intervention sur le bâtiment du MNBAQ par Daniel Buren
[Daniel Buren, Géométrie dans l'espace: Transparence, projections, couleurs (volet 2), 2008]


Recyclage des pancartes électorales par Giorgia Volpe
[Giorgia Volpe, La Dérive, 2007] 


[BGL, Jouet d'adulte, 2003]


[Louis Fortier, Déroutes quotidiennes (Programme long, dit de la reconstruction). Avatars, angles, moules et fuites, 2005-2007]


Le visiteur qui s’assoie sur le banc laisse une trace sur la vidéo projetée
[Caroline Gagné & Patrice Coulombe, ...Les Sentiers battus, 2001-2006] 


Reproduction de tableaux dormant dans les dépôts du Musée
[Patrick Altman, Les Tableaux, 2001] 


Vue partielle de l’exposition Zao Wou-Ki. Hommage à Riopelle et peintures récentes.


[source: wikipedia.org]

* Le visiteur observe La Joconde pendant 25 secondes. Comment transformer cette expérience éphémère en rituel significatif? C’est l’une des questions soulevée lors de la Conférence internationale sur le tourisme culturel qui s’est tenue à Montréal la semaine dernière. Le site de Radio-Canada propose une série d’extraits sonores et un excellent dossier sur l’événement. 

* Le catalogue d’Intrus/Intruders [critique], l’exposition du Musée national des beaux-arts du Québec, est maintenant disponible. Si vous le trouvez dans la boutique en ligne du Musée, signalez-le-moi!

* L’exposition Yves Saint-Laurent du Musée des beaux-arts de Montréal a accueilli 140,000 visiteurs.

* Comme prévu, l’exposition Le Louvre à Québec [critique] continue d’être populaire. Le seuil du 400,000e visiteur a été franchi jeudi, le 2 octobre dernier. Hélène Lamoureux est l’heureuse élue.

* Parlant du Louvre, son antenne d’Abou Dhabi pourrait se garnir des réserves des autres musées sous le couvert de la protection des collections. Détails sur le site de La Tribune de l’art.

* Un million de personnes participent à la Nuit blanche de Toronto. Le collectif bgl avait une installation dans la Ville-Reine. 


[Image : Spiral Jetty, Robert Smithson, en date du 17 avril 2004, Wikipedia]

* Modern Art Notes a publié une série d’articles à lire sur la Spiral Jetty de Robert Smithson.

* Le marché de l’art suit les marchés boursiers: en baisse.

* Certains bateaux de croisière se transforment en musées flottants. Joan Blackman, de International Corporate Art, trouve les oeuvres et les place sur les paquebots de Royal Carribean. Les thèmes privilégiés? Eau, terre, feu, air. En 15 ans, c’est 100M$ en valeur qui s’est ajouté en oeuvres d’art, dont un Botero. [vidéo

* La villa Savoye de Le Corbusier a été réalisée en Lego!

L’installation temporaire Le Club est une commande de la Société du 400e pour souligner l’anniversaire de fondation de la ville de Québec. Symptomatique du manque de profondeur historique de ces célébrations, le trio de concepteurs a mis l’accent sur l’aspect ludique en évacuant toute référence à l’événement célébré.

Elle est plaisante, au premier coup d’oeil, l’installation imaginée par Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière qui sont regroupés sous le collectif bgl. La partie la plus visible de la création artistique est constituée de centaines de carrés bleus. Attachés à des dizaines de filins, ils sont suspendus entre les quais Noah et Renaud 1 dans le bassin Louise. Extrêmement mobiles, ils s’activent au gré du vent dans une cadence continue. Les artistes réussissent à créer un mouvement qui s’apparente à l’ondulation aquatique.


Figure 1. bgl. Le Club [vue de l’installation]. 2008. Bassin Louise, Québec.

Comme le dirait Gombrich, toutes les conditions de l’illusion sont réunies [1]. En jouant sur les attentes des spectateurs, bgl parvient à tromper l’oeil. Bien malin le passant qui détectera au loin qu’il est en présence d’une oeuvre d’art. L’ondulation modérée des cartons bleus donne l’impression d’observer la surface de l’eau, comme si le niveau de ce bassin était plus élevé que dans ses voisins. L’effet est encore plus spectaculaire le soir, un moment où les repères visuels permettant de briser le mensonge sont plus effacés. Ce n’est qu’en s’approchant de très près que le spectateur s’aperçoit de la fourberie.


Figure 2. bgl. Le Club [détail de la plateforme]. 2008. Bassin Louise, Québec.

Au bout de cette mer faite de plastique coloré se trouve la seconde partie de l’installation. Le visiteur est invité à descendre sur une plateforme dans un espace qui donne son nom à l’oeuvre. Dans ce club particulier, il se retrouve au milieu de vélos stationnaires disposés autour d’une table centrale. Plusieurs coupes de champagne vides ont été placées en son centre. Interactif, Le Club demande aux passants de participer à l’expérience en pédalant sur ces équipements d’exercice. En dépensant ainsi de l’énergie, ils activent une pompe qui puise l’eau du bassin pour la faire couler généreusement dans les verres.

En procédant de cette façon, Jasmin Bilodeau annonce que le groupe désire souligner que « [l]’eau est une richesse au Québec mais on ne bouge pas beaucoup [2]». bgl espère illustrer ce problème d’une façon ludique, en impliquant les passants. Les ambitions sont grandes, le trio déclarant vouloir « intéresser le public et […] espérer un mouvement des gouvernements [3]» dans le dossier de l’eau.

Du même souffle, les artistes se félicitent d’avoir créé une oeuvre sur commande pour les Fêtes du 400e anniversaire de Québec sans intégrer de composante historique [4]. Ils mettent l’accent sur le côté contemporain de leur installation et sur la liberté dont doivent jouir les artistes, même lorsqu’ils répondent à une commande. En ce sens, il n’est pas anodin que cette oeuvre soit localisée devant le principal lieu de rassemblement des festivités.

Les artistes composant bgl sont clairement engagés dans une politique de revendication sociale. Leur travail, outre son caractère ludique, doit se décoder comme une dénonciation du gaspillage des ressources naturelles. À cet égard, ils considéreraient la création d’une installation similaire au Club mais en utilisant du pétrole [5].

Ce qui surprend c’est le plaisir avec lequel le trio opte de se concentrer sur un thème à saveur écologiste plutôt que sur l’histoire de la ville de Québec dans le cadre de cette commande. À la conférence de presse, c’est un sourire aux lèvres que Nicolas Laverdière a souligné ce fait. En choisissant de défendre une cause environnementale, les artistes s’engagent sur la voie du consensus puisque la protection de l’eau au Québec n’est pas un enjeu déchirant. Il aurait été intéressant de les voir intégrer la controversée question historique dans leur oeuvre, ne serait-ce que pour observer comment leur talent se serait exprimé. Ils semblent croire que la modernité doit évacuer le passé plutôt que de s’en servir comme tremplin.

Ce manque de profondeur possède ses limites. Depuis son inauguration en juin, l’installation connaît des ratés à cause de sa grande fragilité. Ainsi, la plateforme où reposent les vélos est interdite d’accès. L’oeuvre a perdu son message social. Il ne reste au spectateur que la vue des carreaux bleus flottant au gré du vent, doux rappel que les mécanismes les plus simples sont souvent les plus efficaces.

Somme toute, le visiteur est placé devant une oeuvre au caractère ludique amputé mais qui possède une valeur esthétique certaine. L’absence de lien avec l’anniversaire de la ville de Québec est un bel exemple de la vision anhistorique des célébrations du 400e dans le bassin Louise.

- INFORMATIONS PRATIQUES

  • C’est votre dernière chance de voir Le Club à l’Espace 400e. L’oeuvre est proposée au bassin Louise jusqu’au 28 septembre 2008. [détails]
  • C’est gratuit!
  • Prenez quelques secondes pour voir La Grande Croix - L’embarcation de farine de Pierre Bourgault au quai voisin. [détails]

- NOTES -

  1. E. H. Gombrich, L’Art et l’illusion, Paris, Phaidon, 2002, p. 174.
  2. Hubert Lapointe, « Pédaler pour réfléchir », Canoe, [en ligne], 14 juin 2008.
  3. Sébastien Hudon, « Pied de nez marin », Voir (Québec), [en ligne], 19 juin 2008.
  4. Lapointe, Ibid.
  5. Hudon, Ibid.

* Le Moulin à Images de l’équipe de Robert Lepage est projeté depuis hier sur le moulin de la Bunge. Aucune trame narrative mais une suite d’impressions. Vous trouverez un diaporama intéressant sur le site d’Ex Machina.

[Site d'Ex Machina]

* Le Musée naval de Québec gagne à être connu. Situé dans le Vieux-port, il propose deux expositions cet été. Le Réfectoire est une oeuvre d’Isabelle Laverdière qui interprète les échanges survenus entre les marins ennemis au cours des siècles sur le fleuve Saint-Laurent. Par l’eau et dans la pierre aborde le développement des ouvrages défensifs de la région. Cette dernière exposition est présentée en collaboration avec le Musée du Royal 22e Régiment [Citadelle], le Musée du Régiment les Voltigeurs de Québec [Manège militaire; actuellement fermé pour cause d'incendie] et le Musée du Régiment de la Chaudière.

* L’exposition Québec Gold présente 17 artistes québécois à Reims (France) cet été, en collaboration avec L’Oeil de Poisson. Dix-sept artistes sont invités : Jean-Pierre Aubé, Mathieu Beauséjour, BGL, Sylvain Bouthillette, Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Jérôme Fortin, Dominique Gaucher, Pascal Grandmaison, Isabelle Hayeur, Guillaume Lachapelle, Emmanuelle Léonard, Yann Pocreau, Yannick Pouliot, Michael A. Robinson et Ève K. Tremblay.
Notons que Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Isabelle Hayeur et Yannick Pouliot font partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal.

* Des oeuvres d’artistes contemporains sont acquises par Loto-Québec dans le cadre de la Manif d’art 4. Les oeuvres suivantes ont été acquises: Linéament, la glacier 2, d’Éveline Boulva, Portrait J, d’Ève Cadieux, Mémoire de l’éléphant II (éléphant d’Asie), de Don Darby, Un, deux, trois… d’Isabelle Véronique, Arbre, de Lucie Lefebvre, Le rêve de Poséidon, le voyage d’Ulysse, de Reno Salvail, Xochitl, d’Helga Schlitter, Coeur Rose, de Bill Vincent et Envol, de Giorgia Volpe. De plus, Nathalie Thibault et Cooke-Sasseville ont reçu des bourses. Notons que ce dernier fait partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal et, comme mentionné précédemment, ses oeuvres seront exposées à Reims.

* Le Musée des beaux-arts de Montréal propose des visites guidées individuelles et gratuites dimanche et mercredi prochain. [détails]

* Le Congrès eucharistique de Québec perturbera la circulation autour du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) dimanche matin. Les heures à éviter : de 7h30 du matin au milieu de l’après-midi, le dimanche 22 juin 2008.

* Dans le cadre de l’exposition Le Louvre à Québec, le MNBAQ propose des représentations gratuites du film Louvre, la visite. Les représentations ont lieu à 13h30 et 15h00 aux dates suivantes :
Juin : 15, 18, 22 et 29
Juillet : 2, 9, 13, 20, 23, 27 et 30
Août : 3, 6, 10, 13, 20, 24, 27 et 31

* artv continue sa série originale démocratisant l’art. Cette semaine: Marcel Lafleur fait de l’aquarelle, de la sculpture et de la poésie. Priscille Martel s’adonne elle aussi à l’aquarelle et à la poésie, mais elle peint principalement des bouts de verre récupérés pour en faire toutes sortes d’objets, dont des colliers. Marcel et Priscille forment un couple pour qui l’art occupe une place primordiale dans leur vie. [détails]


[On est tous des artistes, artv]

* Le marché de la sculpture contemporaine continue d’être vigoureux. Par exemple, la sculpture My Lonesome Cowboy de Takashi Murakami s’est vendue pour 13,5 millions de dollars en mai. Artprice propose une analyse du marché.


[Takashi Murakami, My Lonesome Cowboy, 1998, résine epoxy]

* Le Mexique est trop petit pour le Guggenheim.

* Le collectionneur Charles Saatchi achète de nombreuses oeuvres de trois finissants en arts visuels.

* Vous passez par San Francisco? Une exposition sur les femmes impressionnistes débute aujourd’hui au Musée des beaux-arts. Une sélection des oeuvres est disponible sur le compte Picasa du Musée.


[Berthe Morisot, Intérieur, 1872, huile sur toile]

* Et sur une note plus personnelle, j’ai terminé mon cours d’été intensif en histoire de l’art. Intitulé Impression et sensation: aspects de la subjectivité artistique dans la peinture moderne au XIXe siècle, ce fut un approfondissement passionnant sur la peinture de paysage, les Impressionnistes et Cézanne.