Archive for the 'Vidéo' Category

La chanteuse pop Christina Aguilera utilise une esthétique clairement inspirée par Roy Lichtenstein dans une publicité pour vendre son dernier album. La couleur rouge dominante est liée au logo de la chaîne de magasins Target où l’album est offert en primeur.

Est-ce que quelqu’un chez sa compagnie de disque sait que Lichtenstein a toujours voulu créer un style statique et artificiel?

Carl Trahan - Le Langage et son double

Les travaux récents de Carl Trahan portent sur la transposition de la traduction dans le domaine des arts visuels. Par le dessin, il pose un regard sur la traduction en traitant de la notion du double, du miroir renvoyant une image légèrement altérée de l’original. Le document traduit mène une existence parallèle à sa source initiale, le souci de fidélité dans la translation vers une autre langue ne peut exclure l’apparition d’expressions imagées et inattendues, conférant, au nouveau document produit, une identité de « faux jumeau » et questionnant du même coup la paternité de l’œuvre : la relation entre l’auteur et le traducteur.

Titre emprunté à l’ouvrage de l’auteur bilingue Julian Green, Le Langage et son double est une exposition constituée de différentes séries réalisées au cours des trois dernières années. Chacune des pièces que nous présente Carl Trahan aborde la traduction sous un angle conceptuel en utilisant le dessin, qui par nature se rapproche de l’écriture, comme principal médium.

Carl Trahan vit et travaille à Montréal et à Berlin. Il expose son travail multidisciplinaire depuis 1994. Depuis 2005, son intérêt pour les contextes linguistiques étrangers l’ont amené à réaliser des projets de résidence en Allemagne, en Finlande ainsi qu’en France.

Cette exposition est présentée à la Grande Galerie de l’Oeil de poisson.

 

Frédéric Lavoie - Au 18, rue de l’Hôtel de ville

Frédéric Lavoie compose des récits sonores et visuels portant sur les rapports de co-existence entre humains et objets dans l’espace habité. Présentées sous forme de monobandes, d’installations, de photographies ou encore d’interventions sonores, les œuvres de Frédéric Lavoie manipulent les données spatio-temporelles afin de questionner le point de vue du regardeur et ses attentes perceptuelles. Il crée ainsi des situations qui proposent une vision du réel à la fois construite, tordue et plausible.

Dans ce processus de création, le couplage entre ce qui est entendu et ce qui est aperçu n’est jamais admis comme tel. Il fait l’objet d’une enquête qui se matérialise à travers des stratégies qui vont de l’arbitraire d’un système de classification à la réévaluation de certains codes du langage cinématographique. Finalement, la mise en scène du geste performatif et une sensibilité particulière aux parcours et aux déplacements contribuent également à l’élaboration des récits de Frédéric Lavoie.

Pour Au 18, rue de l’Hôtel de Ville, il s’est baladé dans un bâtiment à l’écoute de pianistes en répétition.

Frédéric Lavoie vit et travaille à Montréal et détient une maîtrise en Arts Visuels et Médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Au Québec il a notamment présenté son travail à la Galerie B-312 et à SKOL à Montréal ainsi qu’au Musée régional de Rimouski. Son travail a également été présenté lors de nombreuses manifestations vidéo internationales, entre autre en Croatie et en Colombie-Britanique. Frédéric Lavoie a remporté la bourse Plein-sud 2009 accordée par le centre d’exposition Plein sud de Longueuil et y présentera son travail en 2009.

Cette exposition est présentée à la Petite galerie de l’Oeil de poisson.

 

 

Francis Montillaud - Faux fini

Par ses vidéos et installations, Francis Montillaud se réapproprie certains langages dans l’intention avouée d’en détourner la signification. Il tente de provoquer des questionnements sur nos habitudes de vie en exploitant la représentation d’une société axée sur le divertissement et les différentes figures d’autorité qui en font partie. Par des procédés de corruption, il trafique le réel et en propose une relecture en insistant sur certaines de ses absurdités. Francis Montillaud s’intéresse aux différentes strates qui composent la société : à ceux qui commandent, à ceux qui exécutent, à ceux qui s’accrochent et à ceux qui décrochent.

À partir d’un enregistrement audio d’une leçon d’anglais, Francis Montillaud a réalisé une monobande dans laquelle il interprète les trois personnages de la leçon : le maître et ses deux élèves. En repositionnant de façon narrative ces dialogues irréels dont le but premier est l’apprentissage d’une langue seconde, il crée un récit où se côtoient contrôle, manipulation, naïveté, sadisme et paranoïa.

Francis Montillaud vit et travaille à Montréal. En 2003, il complétait un baccalauréat en Arts Plastiques de l’Université Laval à Québec. En 2007, Francis Montillaud présentait une installation dans le bassin de la Place des Arts à Montréal. Son travail vidéographique a été présenté au Canada, en France ainsi qu’au Maroc. Il a notamment pris part à la Manif d’art 3 à Québec en 2005.

Cette exposition est présentée à Entrée Vidéo de l’Oeil de poisson.

Quoi faire en fin de semaine? Voici une sélection d’activités gratuites, liées aux arts visuels, se déroulant dans la ville de Québec.

 

 

 

Au complexe Méduse,

  • Dernière chance ! C’est votre dernière occasion pour visiter deux expositions au Centre de diffusion et de production de la photographie VU
    1. Dans Ligne de flottaison, Patrice Coulombe et Caroline Gagné ont investi un espace transitoire entre deux territoires qui d’ordinaire restent distincts : l’image et le son. [détails]
    2. Dans Le Spectacle de la ruine, un collectif inédit, regroupe huit oeuvres provenant de la collection du Fonds national d’art contemporain de France. Cette exposition est liée à La Grande Traversée - horizons photographiques dont l’autre volet à Québec, Autour d’Angela Grauerholz [critique & détails de cette expo], est présenté au Musée [...] du Québec. [détails]
    Horaire et accès sur le site de VU.
  • Nouveau ! À La Bande Vidéo, c’est vendredi, le 3 octobre 2008 à 17h00, qu’aura lieu le vernissage de la nouvelle exposition de Jocelyne Alloucherie intitulée Film vertical. L’exposition est proposée jusqu’au 1er novembre.

    Les prises de vue de cette vidéo sont saisies clandestinement, tournées de nuit et quelquefois, inévitablement maladroites. Cet essai raconte la vie nocturne d’un lieu habité le plus souvent par des gens de passage et d’origines culturelles diverses. 

    Horaire et détails sur le site de La Bande Vidéo.
  • Du côté de chez Engramme, Tania Girard-Savoie nous invite à explorer ses Univers jardiniers.

    L’ambiguïté entre l’être et l’apparence, l’incertitude entre la réalité et l’illusoire, représentées par une mosaïque à caractère ornementale et un univers champêtre fragmenté, sont au cœur de la préoccupation artistique de Tania Girard-Savoie. L’artiste explore ces concepts depuis plusieurs années. Avec Univers jardiniers, l’artiste récupère des éléments végétaux, des fleurs et des tiges et les transforme pour devenir des fragments organiques et morphologiques. 

    L’exposition est offerte jusqu’au 24 octobre. Horaire et détails sur le site d’Engramme, le centre de production en estampe & de diffusion en art actuel.

Au Musée national des beaux-arts du Québec

  • Le photographe René Bolduc fera la démonstration des anciens procédés photographiques produisant des ferrotypes et des ambrotypes. L’animation a lieu samedi et dimanche, de 13h à 16h. [détails]
  • Partageant avec le centre VU le volet à Québec de La Grande traversée - horizons photographiques, le MNBAQ propose Autour d’Angela Grauerholz. À partir de deux photographies de l’artiste établie à Montréal depuis 1976, la commissaire a choisi les oeuvres de sept artistes dans le Fonds national d’art contemporain de la France. 
    Horaire et détails sur le site du Musée. Vous pouvez également lire ma critique sur cette exposition. 
  • Faites découvrir les parures égyptiennes à vos enfants grâce à des ateliers gratuits. Seul le vestiaire payant et obligatoire délestera votre portefeuille de quelques dollars. Samedi et dimanche, à 13h, 14h15 et 15h30. [détails]
  • Comme toujours, l’accès à la collection permanente se fait sans frais d’entrée.

Au Musée de la civilisation de Québec

  • L’installation L’impression des regards est le deuxième volet du projet Regards fous. Lors du premier volet, les artistes sélectionnés de la ville de Québec ont conçu des plaques de trou d’homme fonctionnelles qui ont été intégrées à la chaussée de la rue Saint-Vallier Est.
    Pour ce deuxième volet, Thierry Arcand-Bossé, Martin Bureau, François Chevalier, Cooke-Sasseville, Les Soeurs Couture, Amélie Laurence Fortin, Laurent Gagnon, Paryse Martin, Jacques Samson et une équipe de Folie/Culture ont réalisé une estampe à partir des matrices qui ont servi à couler leur plaque.
    On peut voir L’installation des regards dans le corridor Rayonnement du Musée jusqu’au 2 novembre. [horaire]
  • La Chambre jaune propose le spectacle pour la famille Le Charme des lamas dans le hall du Musée, dimanche, à 13h30 et 15h. [détails]

Cette liste est loin d’être exhaustive. Pas d’excuse pour rester encabanés, hop! :o)

 

Angela Grauerholz, La Bibliothèque, 1992. Photographie couleur, tirage cibachrome. Coll. Fonds national d’art contemporain.

Il est facile de passer à côté de l’exposition Autour d’Angela Graeurholz proposée au Musée national des beaux-arts du Québec. Ainsi, les oeuvres ne sont pas mises en évidence. La majorité de l’exposition est accrochée dans les anciennes cellules de la vieille prison. Le couloir pour y accéder est sans issue. Pour aller voir le travail des artistes, il faut s’investir. Pour le comprendre, il faut également s’investir. Heureusement, cet investissement est récompensé.

Le travail de huit artistes compose le coeur de cette exposition. Ces oeuvres proviennent du Fonds national d’art contemporain de la France, « la plus grande collection internationale d’art vivant rassemblée en France [1]». Le Fnac possède 70,000 oeuvres qui sont rarement offertes au regard du public. Parfois, elles sont prêtées lors d’expositions, comme dans ce cas-ci.

Dans le cadre des fêtes célébrant le 400e anniversaire de Québec, le Fnac a proposé d’alimenter une exposition itinérante un peu particulière. Plutôt que d’avoir les mêmes oeuvres qui voyageraient d’un musée à un autre, ce sont des idées qui se sont promenées. On a voulu créer des dialogues entre Français et Québécois, établir des parentés et construire des connivences [2]. Ainsi, La Grande Traversée – horizons photographiques est un travail d’équipe entre des institutions de Brouage, La Rochelle, Rimouski, Gaspé, Rivière-du-Loup et Québec. À chaque fois, des oeuvres différentes du Fnac étaient proposées au regard des visiteurs, jamais les mêmes, jamais dans le même contexte.

Au Québec, le choix s’est porté sur le travail d’Angela Grauerholz, artiste établie à Montréal depuis 1976. À partir de deux de ses photographies gravitent sept artistes qui partagent une, deux, plusieurs approches dans leur travail. La commissaire de l’exposition, Agnès de Gouvion Saint-Cyr, a fouillé dans les archives du Fonds pour retrouver des oeuvres des artistes québécois issus de l’immigration. Ce faisant, elle a joué la carte de la grande traversée, du mouvement comme premier point commun. C’est ainsi que chaque cellule a été considérée comme un espace mental unique où un discours se tient, indépendant du discours de sa voisine, créant malgré tout un ensemble cohérent.

Pour apprécier l’exposition, il faut donc partir des oeuvres Grauerholz, se laisser inspirer par elles et chercher les intersections. Sinon, on risque de rester sur sa faim en s’arrêtant seulement sur l’esthétisme des photographies proposées. Heureusement, quelques pistes s’offrent à nous.

Angela Grauerholz, Landvermesser, 1992. Cibachrome couleur. Coll. Fonds national d’art contemporain.

Avant de pénétrer dans le bloc cellulaire, le visiteur est accueilli par La Bibliothèque et Landvermesser. Ces deux tirage photographiques sont très grands et les reproductions sur ce blogue ne rendent nullement justice à l’effet qu’elles produisent.

Une première piste à suivre consiste à remarquer l’utilisation du flou par la photographe. S’il est plus visible dans La Bibliothèque, il est également présent dans Landvermesser. L’utilisation de cette technique est une façon d’empêcher une lecture totale de l’image. Ainsi, des zones d’ombre persistent, des régions qu’on ne connaît pas, du caché. Ces scènes ne se dévoilent pas complètement. Nous sommes dès lors entraînés dans le flou de la mémoire, cette zone obscure qu’on ne peut éclairer malgré tous nos efforts. Sommes-nous en présence de certains de nos propres souvenirs évanescents qui s’effritent au fil des années?

À cette subtilité s’ajoute une fermeture à l’égard de l’intimité des personnages. On tourne le dos au spectateur dans La Bibliothèque. Dans le paysage, au loin, se tiennent deux personnes qu’on ne peut que deviner. D’ailleurs, s’agit-il d’humains ou de statues? Bien malin qui saura le dire avec certitude – et peu importe. Dans les deux cas, il est impossible de saisir des bribes de la conversation qui se tient car on nous place à l’écart. Nous voguons continuellement dans un univers de suggestion, flottant entre le conscient et l’inconscient. Ces clés permettent d’aborder les oeuvres gravitant autour de la photographe.

Corinne Mercadier, L’or 3, 2005. Photographie noir et blanc, tirage baryté d’après fichier numérique. Coll. Fonds national d’art contemporain.

La première cellule est occupée par Corinne Mercadier. Trois oeuvres nous font tourner sur nous-même : L’Or 1, L’Or 3 et Glasstype 16. Les deux premières photographies représentent un chien (ou est-ce un loup?) se tenant sur le bord d’une piscine (ou est-ce un plan solide?) ainsi qu’un homme jaillissant (plongeant?) dans l’eau. La troisième oeuvre représente un chemisier (une camisole? un survêtement?) flottant dans l’eau (l’éther? l’air?). Vous aurez bien évidemment compris que le flou est à l’honneur.

Martine Aballéa, Jus des neiges – Visitez (détail]) diptyque, 2001. Photographies noir et blanc retouchées et sérigraphie pour le texte. Coll. Fonds national d’art contemporain.

La seconde cellule met en valeur le travail de Martine Aballéa. Le visiteur remarque en premier un panneau du diptyque Jus des neiges / Visitez. Composé de paysages hivernaux enneigés, les deux tableaux forment un dialogue intéressant. La netteté de la première image s’oppose à l’imprécision de la seconde. Si on a presque le sentiment qu’on pourrait traverser le cadre et pénétrer dans la forêt qui nous est proposée dans l’une, on se sent mal à l’aise face à l’autre, avec ses couleurs surnaturelles et ses contours imprécis. Convulsion des envies et Âmes mutilées jouent également avec la subtilité de la couleur. Se trouvent aussi représenté le contraste des matériaux, opposant la rigidité de la pierre à la temporalité humaine.

Isabelle Waternaux, Sans titre, 1994. Agrandissement photographique direct sur papier polaroïd. Coll. Fonds national d’art contemporain.

Seton Smith et Isabelle Waternaux partagent le prochain espace. Ici, l’intimité est visitée par le biais du portrait. Ces deux artistes se questionnent sur cette technique de représentation utilisée dans l’art depuis des siècles. Le fond de la cellule nous accueille avec un personnage présenté en contre-plongée, au regard rêveur. Ce Sans titre de Waternaux est réalisé par technique polaroïd, agrandi. De son côté, un Portrait de Smith est constitué d’une salle floue, d’une image floue. On se retrouve comme un myope sans lunettes qui tenterait d’observer une scène. Il s’agit d’un beau questionnement sur les repères habituels utilisés dans ce genre de représentation.

Charles Decorps, Sans titre no 6, 2005. Photographie couleur sur papier chiffon. Coll. Fonds national d’art contemporain.

Le travail de Charles Decorps est marqué par une maladie grave qui le force à visiter souvent l’hôpital. Ce faisant, il se questionne sur le thème de l’absence. Artistiquement, ses oeuvres sont donc empreintes de mélancolie. La société disparaît, tout comme la famille. Dans les trois Sans titre proposés ici, on voit des scènes où l’intimité est protégée, tout comme dans le travail d’Angela Grauerholz. Les personnages sont inscrits dans certaines activités de leur quotidien, mais ils nous tournent le dos, fermant la composition. Nous participons car nous sommes témoins des scènes représentées, mais on nous tient hors du cadre. En regardant de plus près la texture du papier sur lequel le tirage est réalisé, on peut remarquer qu’il s’agit de papier chiffon aux formes imprécises. La technique utilisée évite ainsi les contours précis, ajoutant une couche de flou dans la représentation. Nous sommes en présence de sfumato du XXIe siècle.

Jérôme Schlomoff, La Palombière, 2002. Vidéo d’après un film sténopé 35 mm tourné avec une caméra carton. Coll. Fonds national d’art contemporain.

La prochaine cellule est occupée par une projection vidéo de Jérôme Schlomoff intitulée La Palombière. Cette vidéo a été tournée avec une caméra en carton à la manière de la camera obscura dans les couloirs de la palombière de monsieur Roumégoux. Plus concrètement, il s’agit d’un court montage d’un film durant à l’origine une cinquantaine de minutes. On semble suivre un personnage se promenant, mais il est difficile d’en être certain. Le flou ici se situe dans le sujet même de la projection : que regarde-t-on? Qu’est-on supposé remarquer? Quelle est la démarche? Ces questions assaillent le visiteur qui perd ses repères narratifs habituels.

Finalement, l’exposition se termine avec huit oeuvres de Tamara Keiichi. Jouant sur l’utilisation du trompe-l’oeil, l’artiste utilise la lumière pour créer des motifs imaginaires. De plus, sa maîtrise de la technique est telle qu’elle parvient à insuffler aux photographies des teintes dorées subtiles. Nous sommes en présence d’un questionnement de la réalité telle qu’on pourrait croire qu’une photographie peut la rendre. La troisième image sur la droite devrait attirer particulièrement l’attention du visiteur car il devient difficile de comprendre la structure de l’architecture qui nous est présentée. Comment le plancher est-il conçu pour laisser ainsi transparaître les fenêtres sur deux étages différents? Par quel jeu visuel l’artiste arrive-t-elle à cette construction?

D’autres angles d’approches sont évidemment possibles. L’utilisation du texte dans de nombreuses oeuvres constitue l’un d’entre eux. Une réflexion sur les pratiques historiques de l’art (trompe-l’oeil, portrait, etc.) se trace aussi en filigrane. Les pistes sont nombreuses.

Il convient de signaler que les oeuvres ne sont pas le produit d’une manipulation informatique. Tout au plus, certaines oeuvres ont-elles été travaillées lors du tirage pour accentuer des aspects esthétiques. Compte tenu de la grande variété des résultats proposés, ce tour de force mérite d’être souligné.

L’utilisation des contraintes imposées par les cellules est parfaite. En consacrant un espace à des artistes en nombre restreint, le visiteur peut prendre le temps de se laisser pénétrer par l’atmosphère se dégageant de chaque vision artistique. Coupé des autres ensembles, chaque lieu se vit indépendamment, comme s’il s’agissait d’une autre exposition. Ainsi, on vit huit expositions différentes en un seul espace. De plus, l’exiguïté des lieux permet une intimité avec les oeuvres, ce qui est rarement possible dans les grandes pièces aérées.

Comme toujours, un bémol doit être souligné comme à chaque fois que l’art contemporain fait son entrée au Musée national des beaux-arts du Québec. En effet, le public qui visite cette exposition risque d’être déboussolé. Voyageant entre la salle 10 où se tient l’exposition Je me souviens sur l’art historique et l’exposition temporaire Québec et ses photographes, le passant qui s’arrête dans les cellules de la prison risque de se perdre. Sans repères, il va probablement s’arrêter à des considérations purement esthétiques, comme je l’ai beaucoup entendu lors de ma visite. En ce sens, des pistes de réflexion mieux ciblées, comme des mots placés dans chaque cellule, auraient pu permettre d’éclairer le travail de ces artistes au grand talent sans forcer une interprétation unique.

Somme toute, il s’agit d’une exposition qui mérite l’investissement requis pour l’apprécier. Il faut s’abandonner devant chaque oeuvre et se laisser aller à la rêverie que ces univers provoquent. Le temps cessera de s’écouler, le quotidien disparaîtra. La technique du flou provoquera des questions sur des notions comme l’intimité et la perception de la réalité. Au final, que demander de plus à une exposition temporaire?

- INFORMATIONS PRATIQUES - 

  • L’exposition Autour d’Angela Grauerholz, oeuvres du Fonds national d’art contemporain de France est proposée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 16 novembre 2008. [détails]
  • L’exposition est accessible gratuitement, tout comme la collection permanente.
  • Pour en savoir plus au sujet de la démarche artistique d’Angela Grauerholz, il est possible d’entendre une entrevue et de lire son profil, deux sources réalisées lorsqu’elle a reçu le prix Paul-Émile-Borduas en 2006. [détails]
  • Il est possible de voir l’autre branche québécoise de La Grande traversée – horizons photographiques chez VU dans le complexe Méduse. L’exposition Le Spectacle de la lune est à l’affiche jusqu’au 5 octobre 2008. [détails]

- NOTES - 

  1. Fond national d’art contemporain, Présentation, [en ligne], (page consultée en septembre 2008).
  2. Carl Johnson, La Grande traversée – horizons photographiques [coffret-souvenir de l’exposition], Rimouski, Musée régional de Rimouski, 2008.

Le North Carolina Arts Council propose une série de vidéo sur les musées de l’État selon une formule originale intitulée Museums in a minute. Ainsi, chaque institution est présentée par un clip d’une minute qui offre un survol rapide de la collection du musée. Une initative qui titille la curiosité!

Parmi les musées déjà présentés, on retrouve The Gregg Museum of Art and DesignThe Asheville Art MuseumThe Mint MuseumsThe Nasher Museum of Art et le North Carolina Museum of Art. Mieux, tous ces clips ont été placés sur YouTube pour une plus grande diffusion.

Est-ce une idée que les institutions d’ici pourraient reprendre?

Les Journées de la culture 2008 ont lieu cette fin de semaine. C’est l’occasion de s’immiscer dans les coulisses d’organismes culturels ou de voir les expositions sous un jour nouveau. Voici une sélection des activités se déroulant à Québec les 26, 27 et 28 septembre 2008.

* Au Musée national des beaux-arts du Québec, l’artiste Paryse Martin créera avec le public une oeuvre collective en carton. [détails] [communiqué de presse]

* Le Centre de conservation du Québec ouvre ses portes, un événement rare! Découvrez les sept ateliers de restauration et démonstrations par des spécialistes : archéologie-ethnologie, meuble, métal, œuvre sur papier, peinture, sculpture et textile. Vendredi seulement! [détails]

* Dans le complexe Méduse, les différents organismes proposent:
  * Avatar : Visites des studios pour découvrir l’univers de l’art audio et des arts médiatiques et pour rencontrer les technologues avatariens. Aussi, participation à la création d’une œuvre d’art audio en utilisant l’ensemble des équipements et dispositifs logiciels disponibles. [détails
 * L’Oeil de Poisson : Conférence de Richard Martel pour découvrir cet artiste important de la scène internationale de la performance, mais aussi fondateur et directeur du Lieu, centre en arts actuels de Québec. Aussi, exposition d’œuvres de ce créateur. [détails]

* Revivez le 200e anniversaire de Québec en revoyant le plan-relief Duberger au Parc-de-l’Artillerie. Deux visites commentées ont lieu samedi. Réservation requise [détails]

 * Si la muséologie vous passionne, Muséo-Gestion va démontrer le savoir-faire déployé dans le cadre de l’exposition au Musée du Bon-Pasteur. [détails]

* Dans Limoilou, l’Atelier Trois cinquième ouvre ses portes. J’ai eu l’occasion de visiter cet atelier sympathique et je vous invite à pénétrer dans la création actuelle. Les artistes sont nombreux et travaillent des techniques variées. Ouvert dimanche, de 12h à 18h. [détails]

* Partez à la découverte des oeuvres d’art public sur le campus de l’Université Laval grâce à un rallye. [détails]

* L’archéologie du site Roberval-Cartier est mis en valeur dans le vieux Cap-Rouge. Dimanche, de 14h à 16h. [détails]

* Revoyez des vues aériennes de Sillery et Sainte-Foy à la bibliothèque Charles-H.-Blais. Dimanche, de 14h à 15h30. [détails]

* La Chambre blanche propose une visite commentée de son installation Forêts d’ifs par Eric d’Orion. [détails

* Si l’ébénisterie ancienne vous intéresse, c’est l’occasion de vous familiariser avec les techniques ancestrales de finition du bois à l’École d’Ébénisterie Artebois [détails] ou à l’Institut québécois d’ébénisterie [détails].

* La coop du Fargy ouvre ses portes et présente une quinzaine de sculptures de la ville de Québec. [détails]

* Le patrimoine religieux est à l’honneur dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste [détails] et Saint-Charles-Borromée [détails]. Le patrimoine architectural de la Gare du Palais est également mis en valeur [détails].

* Le centre hospitalier Robert-Giffard propose une exposition d’oeuvres d’art réalisées par des artistes aux prises avec un trouble de santé mentale. [détails

* Les galeries d’art sont nombreuses à proposer des discussions ou des démonstrations: Galerie Bécot [détails], Galerie du Trait-Carré [détails],  Galerie Magella-Paradis [détails], Galerie Jacques-Cartier [détails], Galerie des arts visuels de l’Université Laval [détails], Vidéo-femmes [détails].

* Des artistes proposent également de nombreuses démonstrations : Anouk Lacasse [détails], Gérard Boulanger [détails], Hélène Brodeur et Nicole Latouche [détails], Edmond Thériault [détails], Paule Bossé [détails], Mireille Racine [détails].

* L’atelier de céramique St-Elme propose une démonstration de vitrail, dimanche, de 13h à 16h. [détails]

* Cahier complet des activités
Des cahiers encartés ont été ajoutés dans plusieurs publications, dont certains hebdos régionaux de mercredi ou jeudi. Le Journal de Québec de samedi contiendra également le cahier.

Michel Rivard, Benoit Brière et Stéphane Rousseau sont en vedette dans la version longue de la vidéo Culture en péril. Pendant plus de 8 minutes, les artistes dénoncent les coupures budgétaires dans certains programmes culturels réalisés par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

On comprend que la vidéo imagine un futur possible dans la vision conservatrice de gestion de la culture.

Quelques nouveautés: Rivard qui utilise le Harper’s Political Dictionary au lieu du Harrap’s English Dictionary, la lettre H qui est prise pour du hash, un voyage aux États-Unis qui sert à avorter, les Beatles qui font la promotion du LSD et un jeu de mots sur Beau Dommage - Michel Rivard transformé en Damaged River et donc en écologisme…

La vidéo a été lancée dans le cadre d’un spectacle hier, à Montréal. Le blogue Les coupures, ça tue la culture contient tous les renseignements autour de cet événement ainsi que les lettres ouvertes d’artistes comme Michel Tremblay, Marie Chouinard, Robert Lepage et Wajdi Mouawad.

* Un nouveau site Internet à placer dans vos favoris: Cinéma Muet Québec propose des tonnes d’archives sur l’oeuvre cinématographique produit dans la nation entre les années 1896 et 1930. Films, textes et autres documents sont disponibles. Avec un nom barbare comme celui-là, il est certain qu’il s’agit d’une initiative subventionnée par le Gouvernement canadien!

* L’oeuvre La Grande Vague - La Mémoire de l’eau salée de Marc Lincourt va demeurer en France. La chronologie du refus de la Ville de Québec est décrite dans un article du Devoir.

* Les travaux de restauration du Guggenheim New York tirent à leur fin. L’extérieur blanc de l’immeuble sera utilisé comme espace de projection à chaque vendredi, d’ici la fin de l’année, par l’artiste Jenny Holzer.

Voici le lien pour la vidéo Culture en péril mettant en scène Michel Rivard, Benoit Brière et Stéphane Rousseau. Il s’agit d’une réplique aux compressions en culture par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Lien vers quelques articles:
* Le Devoir : Surréaliste ou Hyperréaliste?
* Radio-Canada : Une riposte qui a du succès


[Jean-Pierre Aubé, VLF Finlande, du projet VLF Natural radio, 2002, vidéogramme couleur, sonore, 9 min 36s. collection de l’artiste]

Le Musée [...] du Québec propose une visite de Intrus / Intruders avec l’environnementaliste Steven Guilbeault et l’artiste Jean-Pierre Aubé le mercredi 17 septembre à 19h30. Les deux personnalités partageront leur réflexions sur l’univers de l’art. Puisqu’il s’agit d’une visite dans les collections permanentes, l’événement est gratuit. 

Rappelons que dans l’exposition Intrus / Intruders, Jean-Pierre Aubé propose VLF Finlande, une installation incorporant vidéo et son [voir vidéo]. Dans ce travail, l’artiste a capté les fluctuations du champ électromagnétique terrestre et il les a traduites en sons.

Devant des images d’étendues enneigées, le visiteur est soumis à des ondes acoustiques jamais entendues auparavant, rappelant les conditions hivernales difficiles dans lesquelles de nombreuses oeuvres présentes dans cette salle ont été créées.

Les informations pratiques se trouvent sur le site du Musée national des beaux-arts du Québec.

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