Archive for the 'Sculpture' Category

La ville de Québec a lancé cette semaine un concours pour la réalisation d’une oeuvre d’art contemporain dans l’arrondissement de Beauport. L’oeuvre s’intégrera dans l’amémagement d’une place avec jets d’eau sur l’avenue Royale.

Budget : 80,000$. Date limite: 7 juillet 2008. [détails de l’appel d’offres]

* Le Moulin à Images de l’équipe de Robert Lepage est projeté depuis hier sur le moulin de la Bunge. Aucune trame narrative mais une suite d’impressions. Vous trouverez un diaporama intéressant sur le site d’Ex Machina.

[Site d’Ex Machina]

* Le Musée naval de Québec gagne à être connu. Situé dans le Vieux-port, il propose deux expositions cet été. Le Réfectoire est une oeuvre d’Isabelle Laverdière qui interprète les échanges survenus entre les marins ennemis au cours des siècles sur le fleuve Saint-Laurent. Par l’eau et dans la pierre aborde le développement des ouvrages défensifs de la région. Cette dernière exposition est présentée en collaboration avec le Musée du Royal 22e Régiment [Citadelle], le Musée du Régiment les Voltigeurs de Québec [Manège militaire; actuellement fermé pour cause d’incendie] et le Musée du Régiment de la Chaudière.

* L’exposition Québec Gold présente 17 artistes québécois à Reims (France) cet été, en collaboration avec L’Oeil de Poisson. Dix-sept artistes sont invités : Jean-Pierre Aubé, Mathieu Beauséjour, BGL, Sylvain Bouthillette, Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Jérôme Fortin, Dominique Gaucher, Pascal Grandmaison, Isabelle Hayeur, Guillaume Lachapelle, Emmanuelle Léonard, Yann Pocreau, Yannick Pouliot, Michael A. Robinson et Ève K. Tremblay.
Notons que Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Isabelle Hayeur et Yannick Pouliot font partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal.

* Des oeuvres d’artistes contemporains sont acquises par Loto-Québec dans le cadre de la Manif d’art 4. Les oeuvres suivantes ont été acquises: Linéament, la glacier 2, d’Éveline Boulva, Portrait J, d’Ève Cadieux, Mémoire de l’éléphant II (éléphant d’Asie), de Don Darby, Un, deux, trois… d’Isabelle Véronique, Arbre, de Lucie Lefebvre, Le rêve de Poséidon, le voyage d’Ulysse, de Reno Salvail, Xochitl, d’Helga Schlitter, Coeur Rose, de Bill Vincent et Envol, de Giorgia Volpe. De plus, Nathalie Thibault et Cooke-Sasseville ont reçu des bourses. Notons que ce dernier fait partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal et, comme mentionné précédemment, ses oeuvres seront exposées à Reims.

* Le Musée des beaux-arts de Montréal propose des visites guidées individuelles et gratuites dimanche et mercredi prochain. [détails]

* Le Congrès eucharistique de Québec perturbera la circulation autour du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) dimanche matin. Les heures à éviter : de 7h30 du matin au milieu de l’après-midi, le dimanche 22 juin 2008.

* Dans le cadre de l’exposition Le Louvre à Québec, le MNBAQ propose des représentations gratuites du film Louvre, la visite. Les représentations ont lieu à 13h30 et 15h00 aux dates suivantes :
Juin : 15, 18, 22 et 29
Juillet : 2, 9, 13, 20, 23, 27 et 30
Août : 3, 6, 10, 13, 20, 24, 27 et 31

* artv continue sa série originale démocratisant l’art. Cette semaine: Marcel Lafleur fait de l’aquarelle, de la sculpture et de la poésie. Priscille Martel s’adonne elle aussi à l’aquarelle et à la poésie, mais elle peint principalement des bouts de verre récupérés pour en faire toutes sortes d’objets, dont des colliers. Marcel et Priscille forment un couple pour qui l’art occupe une place primordiale dans leur vie. [détails]


[On est tous des artistes, artv]

* Le marché de la sculpture contemporaine continue d’être vigoureux. Par exemple, la sculpture My Lonesome Cowboy de Takashi Murakami s’est vendue pour 13,5 millions de dollars en mai. Artprice propose une analyse du marché.


[Takashi Murakami, My Lonesome Cowboy, 1998, résine epoxy]

* Le Mexique est trop petit pour le Guggenheim.

* Le collectionneur Charles Saatchi achète de nombreuses oeuvres de trois finissants en arts visuels.

* Vous passez par San Francisco? Une exposition sur les femmes impressionnistes débute aujourd’hui au Musée des beaux-arts. Une sélection des oeuvres est disponible sur le compte Picasa du Musée.


[Berthe Morisot, Intérieur, 1872, huile sur toile]

* Et sur une note plus personnelle, j’ai terminé mon cours d’été intensif en histoire de l’art. Intitulé Impression et sensation: aspects de la subjectivité artistique dans la peinture moderne au XIXe siècle, ce fut un approfondissement passionnant sur la peinture de paysage, les Impressionnistes et Cézanne.

Marc

Au fil des clics

* Le Musée des Beaux-Arts de Montréal propose des visites de 30 minutes sur l’heure du lunch pour découvrir l’oeuvre d’un artiste. Une façon agréable de nourrir son âme. Prochains événements: les 4 et 5 juin 2008 à 12h15. L’artiste en vedette: Alfred Pellan. [ Plus de détails ]

* La Manif d’art 4 se déroule présentement dans la ville de Québec. Il faut beaucoup de courage et un guide de survie pour organiser ses activités sur le site Internet de l’événement. Je cherche encore comme me procurer une Manif carte, nécessaire pour la visite de Toi/You, la rencontre.

Malgré ces difficultés, il ne faudrait pas manquer cette semaine l’exposition des étudiants en arts visuels de l’Université Laval, présentée par Loto-Québec. Vernissage ce vendredi 30 mai.

* La chaîne de télévision artv propose à nouveau des épisodes de la série Palettes. Narré par l’historien de l’art Alain Jaubert, chaque épisode permet de découvrir l’histoire d’une oeuvre d’art ayant marqué l’art occidental. Si l’émission ne se retrouve pas dans la liste de la chaîne spécialisée, elle mérite quand même un coup d’oeil, ayant été célébrée au dernier FIFA de Montréal. Heureux possesseur du coffret de 18 DVD, je vous recommande ces films agréablement instructifs. Cette semaine: Un enterrement à Ornans de Courbet [25 mai à 7:30, 28/5 3:28, 28/5 15:29].

Un enterrement à Ornans
[Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1849-1850, huile sur toile, 314×663 cm, Musée d’Orsay, Paris; source photographique: Wikipedia]

* Le peintre québécois Claude Théberge est décédé. La municipalité de Notre-Dame-du-Lac lui a consacré un site Web.

* Il faudra revoir les livres de records : le gratte-ciel Burj Dubai est désormais la structure la plus haute du monde. Culminant présentement à 650 mètres, elle devrait atteindre 819 mètres à la fin de sa construction. À titre de comparaison, la tour du CN s’étire sur 553 mètres [il serait temps de mettre à jour le site Web qui la qualifie de plus haute structure du monde, un titre perdu voilà quelques années déjà…], le 1250 René-Lévesque de Montréal [IBM-Marathon] mesure 230 mètres et le Complexe G de Québec fait 176 mètres, avec l’antenne.

Burj Dubai
[Burj Dubai; source photographique: Wikipedia]

* La suite du film Une nuit au musée, mettant en vedette Ben Stiller, a commencé son tournage. L’action se déroulera au Smithsonian Institute de Washington. Il s’agit de la première fois en 162 ans que l’institution permet l’usage de son nom dans une oeuvre cinématographique.

* Sir Anthony Caro, sculpteur britannique, s’est fait dire «Non merci!» par la ville de Londres. Il proposait sa sculpture la plus ambitieuse à ce jour. Résultat: l’oeuvre Millibank Steps est maintenant en vente pour près de 5 millions de dollars.

* La seule copie complète et manuscrite du Manifeste du surréalisme d’André Breton a été vendue cette semaine pour 5,5 millions de dollars chez Sotheby’s Paris. Le lot comprenait huit autres manuscrits que plusieurs craignaient voir dispersés.

Suite du billet précédent sur mon voyage à Paris en mai 2008.

Mon voyage s’est poursuivi par un arrêt au Parc de sculptures entre l’île Saint-Louis et le Jardin des plantes. La Grande Fenêtre de Cardenas m’a particulièrement touché. Il s’agit d’une sculpture de l’artiste né à Cuba réalisée en 1974.


[La Grande Fenêtre, Augustin Cardenas, marbre blanc de Carrare, 1974; Photo: Marc Gauthier]

La ville se remémorait les événements de Mai 68. Sur la Place de la Sorbonne, là où tout a commencé, des photographies de Marc Riboud étaient proposées.


[Marc Riboud, reproductions photographiques, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au cours de ce voyage, j’ai découvert l’oeuvre du sculpteur Antoine Bourdelle. Élève de Rodin, professeur de Giacometti, cet artiste possède un musée hébergé dans son ancien atelier dans le quartier Montparnasse. J’ai pu admirer une oeuvre clé dans la production de ce passeur de la modernité: Héraklès archer.


[Hérakles archer (première grande étude), Antoine Bourdelle, bronze, 1909; Photo: Marc Gauthier]

Au Grand Palais, j’ai visité l’exposition «Marie-Antoinette». La mise en scène mélodramatique m’a laissé froid. Si le personnage a joué un rôle historique non négligeable dans l’histoire de la France, je me questionne sur cette tendance vers une transformation mythico-romantique de la femme du luxe qui vécut une descente aux enfers. M’enfin.

Plus intéressante fut la rétrospective sur la figuration narrative. Ce mouvement artistique français est né au début des années 1960. Il cherche à raconter une histoire dans les oeuvres peintes, dans un style en opposition à l’abstraction. Parmi les artistes présents, j’ai particulièrement apprécié l’oeuvre de Gérard Fromanger ainsi que «Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp» par Aillaud, Arroyo et Recalcati. Malheureusement, la prise de photographies étant interdite lors de ces deux expositions temporaires, je ne peux illustrer ces oeuvres.

La situation est toute autre au Musée Carnavalet, qui raconte l’histoire de la ville de Paris. Si les portraits sont très (trop?) nombreux, les peintures d’histoire sont des plus intéressantes. Ainsi, on retrouve des illustrations de lieux historiques ou utopiques, de places en devenir qui ne seront jamais construites ou d’événements ayant modifié le visage de la capitale française.


[La démolition des maisons du pont Notre-Dame, en 1786 (détail), Hubert Robert, huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]

Malheureusement pour moi, le Musée d’art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo étaient en processus de montage pour de nouvelles expositions. C’est le malheur lorsqu’on visite une ville au mois de mai, entre les expositions d’hiver et celle de l’été. Les lieux sont très intéressants puisqu’ils ont été construits pour l’Exposition de 1937.


[Vue à partir de l’esplanade du Palais de Tokyo, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au sommet de l’immeuble abritant le Palais de Tokyo se retrouve l’hotel Everland. Construit par une firme suisse, il s’agit d’un module qui se déplace au fil des ans. Ainsi, il est hébergé à cet endroit jusqu’à la fin de l’année 2008. Il est possible d’y réserver une chambre pour une nuit mais la demande est forte. Le taux: entre 333 et 444 euros la nuit!


[Hotel Everland, Palais de Tokyo, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Après plusieurs années d’essai, j’ai réussi à prendre le train jusqu’à Fontainebleau où j’ai visité le château de François 1er. Quel plaisir que celui de déambuler dans les pièces Renaissance comme la galerie de François 1er ou la salle de bal. Un plaisir pour les yeux!


[Galerie de François 1er, Château de Fontaibleau, 2008; Photo: Marc Gauthier]

La foule était moins nombreuse qu’à l’accoutumée au Louvre. Il faut dire que ma visite se faisait la lendemain d’une journée gratuite; je suppose que le musée avait fait le plein de visiteurs la veille.

De plus, j’ai pu prendre des photographies dans la salle des grandes peintures françaises, ce qui m’était interdit lors de mes autres visites. Je m’en suis dès lors donné à coeur joie, question de ramener une bouffée d’air français en terre d’Amérique. Comme me le faisait remarquer une amie, la photographie avec la Joconde révèle un jeu de regards intéressant puisque le tableau, le spectateur en bleu et moi-même posons nos regards en des endroits différents dans cette image.


[Galerie de la Joconde, Louvre, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au fil de la visite, j’ai vu beaucoup de cartons de prêts d’oeuvres: Budapest, Tokyo, Kobe, Washington, etc. J’ai également remarqué quelques oeuvres prêtées à Québec pour l’exposition «Le Louvre à Québec». Je peux donc affirmer que l’auto-portrait réalisé par Hortense Haudebourt-Lescot en 1825 devrait se retrouver sur les plaines d’Abraham cet été!


[Cartel du Portrait de Hortense Haudebourt-Lescot, Musée du Louvre; Photo: Marc Gauthier]

La visite de la Manufacture des Gobelins s’est révélée être à la fois une découverte et une déception. Cette manufacture royale de tapisseries a tellement subi les aléas du temps au gré des révolutions qu’il est déjà surprenant que l’immeuble soit encore debout aujourd’hui. La visite des installations présente les oeuvres contemporaines qui sont réalisées sur les lieux. Ainsi, l’importance historique de la Manufacture est évacuée, ce que j’ai trouvé dommage. Certaines traces demeurent, comme ces crochets sur les murs extérieurs de l’immeuble auxquels étaient suspendues les tapisseries lors de la visite du roi.


[Manufacture des Gobelins, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Le musée départemental Maurice-Denis propose une vaste collection des oeuvres de ce peintre Nabi. J’avais déjà eu l’occasion de voir l’exposition proposée par le Musée des beaux-arts de Montréal en 2007. Il a été agréable de visiter le lieu de création tel que l’artiste l’habitait et d’entendre parler de la vie sur place par la petite-fille de Maurice Denis. Dans la cour se retrouvaient des oeuvres du sculpteur Antoine Bourdelle, en prêt.


[Autoportrait devant le prieuré, 1921, Maurice Denis, Huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]


[Centaure mourant, Antoine Bourdelle, 1911-1914, bronze; Photo: Marc Gauthier]

Archives nationales, musée Maillol, musée Zadkine, musée Cognacq-Jay: ces quatre lieux ont été visité lors de ma dernière journée à Paris. Das le premier lieu se trouvait une exposition consacrée Marcel Sembat et Georgette Agutte. On y retrouvait de nombreuses oeuvres visuelles ainsi que des écrits et des lettres - les Archives nationales organisant l’événement après tout!

Au musée Maillol, les oeuvres de la collection permanente étaient mises de l’avant plutôt qu’une exposition temporaire. Une salle complète a été consacrée à Marcel Duchamp. Sa «Fontaine» était d’ailleurs utilisée pour faire la promotion de l’événement.


[Affiche de l’exposition du musée Maillol, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Situé dans un ancien hôtel particulier, le musée Cognacq-Jay propose des oeuvres précieuses. Porcelaine de Sèvres, chandeliers et fauteuils meublent l’espace feutré.


[Vue de l’intérieur du musée Cognacq-Jay, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Finalement, le musée Zadkine situé près du jardin du Luxembourg propose une collection permanente intéressante des oeuvres du sculpteur d’origine russe établi à Paris au début du 20e siècle. Une visite très courte mais qui m’a révélé un artiste que je ne connaissais pas.


[Musée Zadkine, cour extérieure, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Et voilà la fin de mon compte rendu de voyage parisien. De retour à la normale au cours des prochains jours!

Je suis en séjour à Paris pour les prochains jours. C’est ce qui explique la mise à jour saccadée du blogue.

Je suis arrêté au Musée d’art moderne du Centre Georges-Pompidou. Dans le grand espace, un moulin à prière surdimensionné accueille les visiteurs. Normalement, un moine boudhiste fait tourner un tel objet - aux dimensions plus réduites! - en récitant une prière. Ici, la projection de l’objet à une autre échelle met en lumière les dangers de la religion et de la politique, l’un étant lié à l’autre.

[Ehi Ehi Sina Sina, Huang Yong Ping, 2006; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les expositions temporaires se retrouve la première rétrospective consacrée à Louise Bourgeois. Ce fut pour moi une découverte. L’artiste propose une vision très personnelle au fil des deux cents oeuvres exposées. Née en 1911, vivant à New York depuis 1938, on sent une certain malaise quant à l’appartenance de cette artiste à la France. Ayant quitté le pays depuis 70 ans, est-ce toujours une artiste française? Comme le dit le programme en faisant une comparaison avec Marcel Duchamp, elle serait une «American artist born in France». Outre ces considérations géographiques, l’exposition m’a donné l’impression de pénétrer dans la tête de Louise Bourgeois. En fait, lorsque j’y pense, ce n’est pas tant dans sa tête qu’on pénètre que dans cet espace des pulsions secrètes animées par les frustrations de l’enfance et les désirs refoulés. Proposées en plusieurs volets (Personnages, Lieux de mémoire, …), les sculptures, peintures, dessins, gravures ne sont pas toujours accessibles au premier coup d’oeil. Je me demande ce que l’histoire de l’art retiendra de sa production.

Dans la collection permanente, je tiens à vous présenter « Dynamisme d’une automobile» (1912-1913) de Luigi Russolo. Cette oeuvre est très représentative du Futurisme. Ce mouvement italien basé à Milan faisait - entre autres - l’apologie de la vitesse pour l’opposer au passé archaïque de l’Italie. En ce sens, les machines produisant la vitesse comme les voitures, les avions et les trains sont valorisées. Dans ce tableau, Russolo s’exprime par la couleur et les lignes de forces représentées selon la philosophie du flux développée par Henri Bergson.

[Dynamisme d’une voiture, Luigi Russolo, 1912-1913; Photo: Marc Gauthier]

Au fil des jours, d’autres lieux d’intérêt pour l’historien de l’art en moi ont été visités. Le grand magasin Le Bon Marché a fait l’objet d’un arrêt, et non seulement pour m’acheter un parapluie en ces jours pluvieux sur la capitale. Plutôt, j’en en profité pour visiter l’un des premiers lieux privés où des tableaux d’oeuvres d’art ont été exposés. C’est ainsi qu’au 19e siècle, certains peintres pouvaient exposer leurs toiles au dernier étage du grand magasin. La luminosité était vraiment bonne, ce qui m’a surpris. Je me demande à quoi ressemblait le lieu voilà 150 ans… Aujourd’hui, le dernier étage est occupé par des meubles.

[Le Bon Marché, Paris; Photo: Marc Gauthier]

Au musée d’Orsay, les grands peintres constituent toujours un plaisir pour les yeux. J’ai remarqué des détails que je n’avais jamais vus auparavant. Ainsi, le coin supérieur gauche de la toile «L’Église d’Auvers» de Van Gogh tourbillone en noir et bleu où le coup de pinceau est très visible. La petite histoire retiendra que ce tableau a été acquis grâce au concours de Paul Gachet et d’une donation anpnyme canadienne en 1951.

[L’Église d’Auvers, Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

[L’Église d’Auvers (détail), Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

Orsay propose deux dialogues entre des oeuvres du musée et des artistes contemporains. La première de ces correspondances que j’aie vue se fait entre «Vitrine - Rue de Sévigné» de Bertrand Lavier et «La Lecture» de Manet. Le motif proposé par Lavier exploite la touche de Manet d’une façon surprenante. On sent la parenté entre les deux oeuvres sans retrouver d’imitation. Coup de coeur.

[Vitrine - Rue de Sévigné, Bertrand Lavier, 2005; Photo de Marc Gauthier]

[La Lecture, Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

[La Lecture (détail), Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

L’autre dialogue se décline en composition multimédia. Sur les murs sont projetées des mots et des symboles, le tout en continuel mouvement et dans des couleurs changeantes. Ce jeu sur le mouvement, le temps et la couleur rappelle le travail sur la couleur et la touche Impressionniste. Il s’agit du dialogue entre Monet et Charles Sandison. Autre coup de coeur.

[Nymphéas bleus, Charles Sandison, 2007-2008; Photo: Marc Gauthier]

[Nymphéas bleus, Claude Monet, vers 1915-1920; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les autres nouvelles, signalons ma déception de ne pas retrouver «L’Angélus» et «Les Glaneuses» de Jean-François Millet. Les deux oeuvres les plus connues du peintres étaient en prêt. Ce choix m’apparaît peu judicieux. C’est comme si j’achetais un sac devant contenir 100 bonbons et que je m’aperçois qu’il en manque deux; je suis repu mais pas satisfait…

Également, les grands tableaux de Courbet sont en restauration. Le travail s’effectue sous les yeux des visiteurs. Si les professionnels du musée doivent se sentir comme des animaux sous observation, il est toujours plaisant de voir ces mains expertes à l’oeuvre. «L’Atelier du peintre» de Courbet subissait au moins une vingtaine de retouches.

[L’atelier du peintre, Courbet; Photo: Marc Gauthier]

Un voyage à Paris est impossible pour un historien de l’art sans faire un arrêt au 7, rue des Grands Augustins dans le quartier Saint-Germain des Prés. À cette adresse se situe d’abord l’action de la nouvelle «Le chef-d’oeuvre inconnu» de Balzac. L’histoire que l’auteur raconte est celle d’un peintre qui présente son chef-d’oeuvre à des amis. Ces derniers sont ébahis par ce qu’ils voient: ils ne comprennent rien à la toile qui est sous leurs yeux.

Cette oeuvre littéraire a fait figure de prémonition: c’est également à cette adresse que Picasso s’installe dans les années 1930. Il y peindra une de ses toiles les plus connues et ayant créé sensation: Guernica.

Le Musée de la vie romantique de la ville de Paris propose «L’âge d’or du romantisme allemand - Aquarelles et dessins à l’époque de Goethe». Le lieu m’a plu, l’exposition m’a laissé un peu froid. Cependant, elle m,a permis de prendre conscience de mon ignorance à l’égard de l’art allemand et de ces artistes importants.

J’ai également assisté à ma première vente aux enchèresde l’Hôtel Drouot-Richelieu. Une expérience fortement enrichissante qui confirme mon intérêt pour la vie de l’objet d’art après sa création artistique.

Comme toujours, les expositions au Musée du Luxembourg sont courues par le Tout-Paris. Lors de ma visite, «Vlaminck - Un instinct fauve» était à l’affiche. Une réussite totale qui permet de voir de nombreux tableaux de l’artistes en un seul endroit. Un autre catalogue de musée acheter que je lirai à mon retour car Vlaminck est un artiste que j’ai croisé au fil de mes études mais que je ne connais pas beaucoup.

Un autre artiste que je ne connais pas beaucoup est Gustave Moreau. Ingénieux, il a consacré les dernières années de sa vie à mettre sur pied un musée dédié à son oeuvre. Ce fut donc une découverte de ses peintures mais surtout des nombreux dessins de cet artiste symboliste. Seul défaut du musée: de nombreux tableaux exposés sont des esquisses et non des toiles finies. Personnellement, j’aime bien ce type d’oeuvres qui permet de comprendre la méthode de travail d’un artiste.

[Intérieur du musée Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

[Dessin no. 1015 (détail), Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

À suivre…

Marc

Alice et Narcisse au Mois Multi 9

Les Errances de l'écho

L’artiste pluridisciplinaire Jean Dubois a proposé dans le cadre du Mois Multi 9 de Québec une oeuvre intitulée Les Errances de l’écho. Se présentant comme un simple miroir dans le hall d’entrée, l’oeuvre joue sur la curiosité du regardeur et son envie de toucher son propre reflet. Lorsqu’il cède à la tentation, tel Narcisse, et qu’il s’approche un peu trop près du miroir, celui-ci se met à lui parler. [En savoir plus]

Les Errances de l'écho

Multidisciplinary Jean Dubois exhibited Les Errances de l’écho [The Wanderings of Echo] at Mois Multi 9 in Quebec City. This simple-looking mirror tempts onlookers by inviting them to look closer at their own reflections. Once they get too close, the mirror speaks to them. It’s a play on Alice in Wonderland and the Narcissus myth. [Further reading]

Marc

Rodin + artv

La chaîne de télévision artv propose en pleine nuit cette semaine un essai sur Les Portes de l’Enfer de Rodin réalisé par Philippe Sollers.

J’ai eu l’occasion de voir un moulage de cette sculpture monumentale lors d’une visite au Musée Rodin en 2006. Le foisonnement de motifs qu’on y retrouve et sur lesquels le sculpteur a travaillés tout au long de sa vie est extrêmement riche. Nombre de sculptures sont devenues des oeuvres individuelles, dont le célèbre Penseur ou Poète.

Les Portes de l'enfer de Rodin

Programmez vos machines pour ne pas manquer cette émission intitulée La Porte de l’Enfer de Rodin.

L’horaire de diffusion est le suivant: mardi 26 février 2008 03:40 et jeudi 28 février 2008 06:00.

Quebec tv channel artv will air this week in the middle of the night an essay by Philippe Sollers on Auguste Rodin’s The Gates of Hell.

I has the opportunity to see a copy of this sculpture on display at Musée Rodin in Paris. It surprised me to see the richness of themes the sculptor would later reuse for individual pieces.

Set your recording devices to catch La Porte de l’enfer de Rodin [Rodin’s Gates Of Hell].

The proposed schedule is Tuesday Feb 26th at 03:40 and Thursday Feb 28th at 06:00.

Le quotidien montréalais Le Devoir publie aujourd’hui un article sur la bataille judiciaire ayant opposé le sculpteur et peintre Marc-André Jacques Fortier à la galerie d’art Saint-Dizier.

L’article réagit ainsi au communiqué de presse émis par le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV) qui soulignait cette victoire importante. Je ne suis pas un juriste mais je comprends de cette décision qu’elle remet à l’avant-plan le contrat devant être signé entre les artistes et les galeries d’art qui les représentent.

Rédigé par la correspondante Frédérique Doyon, on retrouve dans le texte du Devoir la réaction de l’artiste après neuf ans de lutte.

Vous pouvez consulter l’article sur le site Internet du journal.

Montreal daily Le Devoir prints a small article today on the legal battle between sculptor and painter Marc-André jacques Fortier and art gallery Saint-Dizier.

There was on Tuesday a press release by the Quebec Regroupement des artistes en arts visuels (RAAV). The group is created by provincial law and is defined as «the association elected to represent all professional artists involved in a visual art creation process». From what I understand, the legal battle was mainly due to the absence of a written contract between the artist and the gallery, which led to numerous problems.

Written by Frédérique Doyon, the article reports the artist’s reaction after nine years of fighting. The article can be read online.

Justice  de Luca Giordano

Afin d’illustrer ce billet judiciaire, j’ai choisi une reproduction de la fresque de Luca Giordano peinte au Palais des Medici-Riccardi à Florence (Italie). Intitulée Justice et créée entre 1684 et 1686,  il s’agit d’un bel exemple du Baroque italien dans lequel on retrouve grandeur, effet dramatique et style personnel.

To illustrate this post, I chose Justice from Luca Giordano. The painting was made between 1684-1686 and can be viewed in the Palazzo Medici-Riccardi in Florence (Italy). It is a good example of Italian baroque, showing grandeur, drama and personal style.

Marc

Pablo Valbuena + Mois Multi 9

L’une des installations proposées dans le cadre du Mois Multi 9 est Augmented Sculpture #1. Le site Internet de MM9 décrit la sculpture et le parcours de Pablo Valbuena d’une façon magnifique.

Pour ma part, j’ai trouvé l’oeuvre fascinante. La lumière est utilisée sur les blocs pour créer de nouveaux reliefs sans modification de la matière. L’ajout de couleurs sculpte des cubes qui mettent de l’avant le relief des cubes. J’ai vu dans Augmented Sculpture #1 un cube de trois couleurs qui me hante encore aujourd’hui par sa pureté et son caractère éphémère.

Si vous la chance, faites un détour par la Méduse. L’installation est proposée jusqu’au 24 février. L’entrée est libre.

Augmented Sculpture Number One By Pablo Valbuena

One of the pieces presented at Mois Multi 9 in Quebec city is Augmented Sculpture #1. MM9’s Web site has done a wonderful job in writing a profile of Pablo Valbuena as well as his artistic intentions. Take a few minutes to read it, it’s worth the effort.

Personally, I found the piece fascinating. Light is used on the cubes to create relief without modifying matter. The artist uses light to sculpt some fascinating cubes, including a particular three-colored one that still lives with me.

So, if you happen to be in the Quebec City area, make sure to stop by Meduse Complex. The show runs until February 24th and there are no admission fees.