Archive for the 'Photographie' Category

* Le Louvre à Québec a maintenant son microsite.

* Le bassin aux nymphéas de Claude Monet s’est vendu 80,5 millions de dollars canadiens cette semaine. Dans une dépêche de l’AFP reprise par plusieurs journaux à travers le monde, la conversion des livres britanniques vers les euros est complètement farfelue. Quarante millions de livres équivalent à environ 50 millions d’euros, pas 80… Chou au Devoir pour avoir reproduit l’article avec ses erreurs, bravo à Cyberpresse pour la conversion correcte. Peut-être que l’agence avait émis un correctif qui n’a pas été publié? Plus de détails chez Le Figaro.


[newyorkcitywaterfalls.com]

* Des chutes d’eau vont couler sous le pont de Brooklyn et en trois autres endroits de l’East River cet été. [article]

* Comment détecter les faux? Facile: il suffit de vérifier la présence ou non d’isotopes nucléaires causés par les explosions nucléaires. CDFQ. [article]

* Qui savait que John McEnroe et Tatum O’Neal avaient été saisis au vif par Andy Warhol? Le double portrait est en vente à Londres le 1er juillet. [voir l’oeuvre]

* Une nouvelle loi sur le droit d’auteur pourrait voir le jour aux États-Unis. Elle permettrait la reproduction des oeuvres dont l’auteur ne peut être retracé. Au Canada, il faut passer par la Commission du droit d’auteur du Canada lorsqu’on se trouve dans un tel cas. Il faut dès lors remplir une demande et c’est la Commission qui émettra, éventuellement, une licence.

* Toujours le même débat: un commentateur trouve que l’art traverse actuellement un passage à vide.


[City of Shadows, Alexey Titarenko]

* Voilà quelques temps que j’observe les photos d’Alexey Titarenko et je ne m’en lasse pas. Dans sa série City of Shadows, il a étiré son temps d’exposition pour que le passage des gens s’imprime sur sa pellicule. Le résultat fournit des photographies fantomatique où les passants semblent laisser une partie de leur personne derrière eux… [voir l’ensemble des images]

* Dans les nouvelles informatiques, Carnegie-Mellon (PA) met au point un logiciel permettant de déterminer l’endroit le plus probable où une photographie a été prise. Un algorithme cherche des photos similaires sur Flickr… Un pas de plus vers la reconnaissance informatique des images. [article]

La moitié des musées du Québec fonctionnent avec un budget inférieur à 123,000 dollars.

Manif d’Art 4 tire à sa fin - c’est le sprint final jusqu’à dimanche.

Le Musée de l’Amérique-Française propose l’exposition Une présence oubliée: les huguenots en Nouvelle-France. Vous avez jusqu’au 22 mars 2009 pour la visiter.


[crédits photographiques: Idra Labrie, Musée de l’Amérique-française]

C’est aussi le temps de visiter l’espace archéologique de l’Îlot des Palais à Québec. Il est ouvert au public jusqu’au 13 juin prochain. C’est sur cet emplacement que le Palais de l’Intendant de la Nouvelle-France était situé. C’est aussi là que se trouvait la première brasserie du Québec. La Côte du Palais est baptisée en son honneur

Le Potager des visionnaires a été inauguré cette semaine. Charmant - mais je n’ai pas eu le souffle coupé.

Une autre semaine, un autre projet architectural grandiose pour Dubaï. Cette semaine: un nouvel amphithéatre pour l’opéra est dessiné par la firme Design Zaha Hadid et Patrik Schumacher. Il faut bien que l’argent de l’or noir soit dépensé. [Autre photos]


[Projet d’un centre culturel et d’un opéra, Dubaï; Source: Dezeen Blog]

Un gardien de musée qui n’aimait pas une peinture de Vija Celmin a décidé de la lacérer avec une clef. L’acte de vandalisme s’est révélé fatal à l’oeuvre. La peinture Night Sky #12 était exposée au Carnegie Museum de Pittsburgh.

Certaines des pièces d’orfèvrerie volées au musée d’anthropologie de l’université de la Colombie-Britannique sont de retour

En 1957, une galerie d’art est fermée en Californie par la police de Los Angeles. L’exposition de Wallace Berman est considérée obscène. Il s’agira de la seule exposition en solitaire de cet artiste.
En 1962, Andy Warhol propose sa première exposition solo au même endroit : Andy Warhol: Campbell’s Soup Cans. Cinq des conserves trouvent preneur à 100 dollars chacune mais le propriétaire de la galerie les rachète pour conserver le lot intact.
Ces deux événements se sont déroulés dans la Ferus Gallery. Son histoire est racontée dans le documentaire The Cool School qui a été diffusé cette semaine dans le cadre de l’émission Independent Lenses. Elle est en rediffusion sur Vermont Public Television (WETK) (jeudi 12, 3h00; vendredi 13, 22h00) et PBS Mountain Lake (WCFE) (dimanche 15, 23h30). Programmez vos vidéos!

Le photographe Claude Dityvon est décédé à La Rochelle.

La foire de l’art contemporain Art Basel s’est terminée avec un succès d’affluence: 60,000 personnes ont franchi les tourniquets.

Un milliardaire russe décide de ne plus sponsoriser une rétrospective consacrée à Kabakov. L’événement se déroulera malgré tout.

Tate Britain sollicite le public pour acheter une esquisse à l’huile de Rubens. L’oeuvre représentée, L’Apothéose de Jacques Premier, est une étude pour le plafond de la Banqueting House de Londres. C’est important pour certains Britanniques.


[Banqueting House; source: wikimedia.org]

Suite du billet précédent sur mon voyage à Paris en mai 2008.

Mon voyage s’est poursuivi par un arrêt au Parc de sculptures entre l’île Saint-Louis et le Jardin des plantes. La Grande Fenêtre de Cardenas m’a particulièrement touché. Il s’agit d’une sculpture de l’artiste né à Cuba réalisée en 1974.


[La Grande Fenêtre, Augustin Cardenas, marbre blanc de Carrare, 1974; Photo: Marc Gauthier]

La ville se remémorait les événements de Mai 68. Sur la Place de la Sorbonne, là où tout a commencé, des photographies de Marc Riboud étaient proposées.


[Marc Riboud, reproductions photographiques, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au cours de ce voyage, j’ai découvert l’oeuvre du sculpteur Antoine Bourdelle. Élève de Rodin, professeur de Giacometti, cet artiste possède un musée hébergé dans son ancien atelier dans le quartier Montparnasse. J’ai pu admirer une oeuvre clé dans la production de ce passeur de la modernité: Héraklès archer.


[Hérakles archer (première grande étude), Antoine Bourdelle, bronze, 1909; Photo: Marc Gauthier]

Au Grand Palais, j’ai visité l’exposition «Marie-Antoinette». La mise en scène mélodramatique m’a laissé froid. Si le personnage a joué un rôle historique non négligeable dans l’histoire de la France, je me questionne sur cette tendance vers une transformation mythico-romantique de la femme du luxe qui vécut une descente aux enfers. M’enfin.

Plus intéressante fut la rétrospective sur la figuration narrative. Ce mouvement artistique français est né au début des années 1960. Il cherche à raconter une histoire dans les oeuvres peintes, dans un style en opposition à l’abstraction. Parmi les artistes présents, j’ai particulièrement apprécié l’oeuvre de Gérard Fromanger ainsi que «Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp» par Aillaud, Arroyo et Recalcati. Malheureusement, la prise de photographies étant interdite lors de ces deux expositions temporaires, je ne peux illustrer ces oeuvres.

La situation est toute autre au Musée Carnavalet, qui raconte l’histoire de la ville de Paris. Si les portraits sont très (trop?) nombreux, les peintures d’histoire sont des plus intéressantes. Ainsi, on retrouve des illustrations de lieux historiques ou utopiques, de places en devenir qui ne seront jamais construites ou d’événements ayant modifié le visage de la capitale française.


[La démolition des maisons du pont Notre-Dame, en 1786 (détail), Hubert Robert, huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]

Malheureusement pour moi, le Musée d’art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo étaient en processus de montage pour de nouvelles expositions. C’est le malheur lorsqu’on visite une ville au mois de mai, entre les expositions d’hiver et celle de l’été. Les lieux sont très intéressants puisqu’ils ont été construits pour l’Exposition de 1937.


[Vue à partir de l’esplanade du Palais de Tokyo, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au sommet de l’immeuble abritant le Palais de Tokyo se retrouve l’hotel Everland. Construit par une firme suisse, il s’agit d’un module qui se déplace au fil des ans. Ainsi, il est hébergé à cet endroit jusqu’à la fin de l’année 2008. Il est possible d’y réserver une chambre pour une nuit mais la demande est forte. Le taux: entre 333 et 444 euros la nuit!


[Hotel Everland, Palais de Tokyo, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Après plusieurs années d’essai, j’ai réussi à prendre le train jusqu’à Fontainebleau où j’ai visité le château de François 1er. Quel plaisir que celui de déambuler dans les pièces Renaissance comme la galerie de François 1er ou la salle de bal. Un plaisir pour les yeux!


[Galerie de François 1er, Château de Fontaibleau, 2008; Photo: Marc Gauthier]

La foule était moins nombreuse qu’à l’accoutumée au Louvre. Il faut dire que ma visite se faisait la lendemain d’une journée gratuite; je suppose que le musée avait fait le plein de visiteurs la veille.

De plus, j’ai pu prendre des photographies dans la salle des grandes peintures françaises, ce qui m’était interdit lors de mes autres visites. Je m’en suis dès lors donné à coeur joie, question de ramener une bouffée d’air français en terre d’Amérique. Comme me le faisait remarquer une amie, la photographie avec la Joconde révèle un jeu de regards intéressant puisque le tableau, le spectateur en bleu et moi-même posons nos regards en des endroits différents dans cette image.


[Galerie de la Joconde, Louvre, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au fil de la visite, j’ai vu beaucoup de cartons de prêts d’oeuvres: Budapest, Tokyo, Kobe, Washington, etc. J’ai également remarqué quelques oeuvres prêtées à Québec pour l’exposition «Le Louvre à Québec». Je peux donc affirmer que l’auto-portrait réalisé par Hortense Haudebourt-Lescot en 1825 devrait se retrouver sur les plaines d’Abraham cet été!


[Cartel du Portrait de Hortense Haudebourt-Lescot, Musée du Louvre; Photo: Marc Gauthier]

La visite de la Manufacture des Gobelins s’est révélée être à la fois une découverte et une déception. Cette manufacture royale de tapisseries a tellement subi les aléas du temps au gré des révolutions qu’il est déjà surprenant que l’immeuble soit encore debout aujourd’hui. La visite des installations présente les oeuvres contemporaines qui sont réalisées sur les lieux. Ainsi, l’importance historique de la Manufacture est évacuée, ce que j’ai trouvé dommage. Certaines traces demeurent, comme ces crochets sur les murs extérieurs de l’immeuble auxquels étaient suspendues les tapisseries lors de la visite du roi.


[Manufacture des Gobelins, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Le musée départemental Maurice-Denis propose une vaste collection des oeuvres de ce peintre Nabi. J’avais déjà eu l’occasion de voir l’exposition proposée par le Musée des beaux-arts de Montréal en 2007. Il a été agréable de visiter le lieu de création tel que l’artiste l’habitait et d’entendre parler de la vie sur place par la petite-fille de Maurice Denis. Dans la cour se retrouvaient des oeuvres du sculpteur Antoine Bourdelle, en prêt.


[Autoportrait devant le prieuré, 1921, Maurice Denis, Huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]


[Centaure mourant, Antoine Bourdelle, 1911-1914, bronze; Photo: Marc Gauthier]

Archives nationales, musée Maillol, musée Zadkine, musée Cognacq-Jay: ces quatre lieux ont été visité lors de ma dernière journée à Paris. Das le premier lieu se trouvait une exposition consacrée Marcel Sembat et Georgette Agutte. On y retrouvait de nombreuses oeuvres visuelles ainsi que des écrits et des lettres - les Archives nationales organisant l’événement après tout!

Au musée Maillol, les oeuvres de la collection permanente étaient mises de l’avant plutôt qu’une exposition temporaire. Une salle complète a été consacrée à Marcel Duchamp. Sa «Fontaine» était d’ailleurs utilisée pour faire la promotion de l’événement.


[Affiche de l’exposition du musée Maillol, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Situé dans un ancien hôtel particulier, le musée Cognacq-Jay propose des oeuvres précieuses. Porcelaine de Sèvres, chandeliers et fauteuils meublent l’espace feutré.


[Vue de l’intérieur du musée Cognacq-Jay, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Finalement, le musée Zadkine situé près du jardin du Luxembourg propose une collection permanente intéressante des oeuvres du sculpteur d’origine russe établi à Paris au début du 20e siècle. Une visite très courte mais qui m’a révélé un artiste que je ne connaissais pas.


[Musée Zadkine, cour extérieure, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Et voilà la fin de mon compte rendu de voyage parisien. De retour à la normale au cours des prochains jours!

Je suis en séjour à Paris pour les prochains jours. C’est ce qui explique la mise à jour saccadée du blogue.

Je suis arrêté au Musée d’art moderne du Centre Georges-Pompidou. Dans le grand espace, un moulin à prière surdimensionné accueille les visiteurs. Normalement, un moine boudhiste fait tourner un tel objet - aux dimensions plus réduites! - en récitant une prière. Ici, la projection de l’objet à une autre échelle met en lumière les dangers de la religion et de la politique, l’un étant lié à l’autre.

[Ehi Ehi Sina Sina, Huang Yong Ping, 2006; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les expositions temporaires se retrouve la première rétrospective consacrée à Louise Bourgeois. Ce fut pour moi une découverte. L’artiste propose une vision très personnelle au fil des deux cents oeuvres exposées. Née en 1911, vivant à New York depuis 1938, on sent une certain malaise quant à l’appartenance de cette artiste à la France. Ayant quitté le pays depuis 70 ans, est-ce toujours une artiste française? Comme le dit le programme en faisant une comparaison avec Marcel Duchamp, elle serait une «American artist born in France». Outre ces considérations géographiques, l’exposition m’a donné l’impression de pénétrer dans la tête de Louise Bourgeois. En fait, lorsque j’y pense, ce n’est pas tant dans sa tête qu’on pénètre que dans cet espace des pulsions secrètes animées par les frustrations de l’enfance et les désirs refoulés. Proposées en plusieurs volets (Personnages, Lieux de mémoire, …), les sculptures, peintures, dessins, gravures ne sont pas toujours accessibles au premier coup d’oeil. Je me demande ce que l’histoire de l’art retiendra de sa production.

Dans la collection permanente, je tiens à vous présenter « Dynamisme d’une automobile» (1912-1913) de Luigi Russolo. Cette oeuvre est très représentative du Futurisme. Ce mouvement italien basé à Milan faisait - entre autres - l’apologie de la vitesse pour l’opposer au passé archaïque de l’Italie. En ce sens, les machines produisant la vitesse comme les voitures, les avions et les trains sont valorisées. Dans ce tableau, Russolo s’exprime par la couleur et les lignes de forces représentées selon la philosophie du flux développée par Henri Bergson.

[Dynamisme d’une voiture, Luigi Russolo, 1912-1913; Photo: Marc Gauthier]

Au fil des jours, d’autres lieux d’intérêt pour l’historien de l’art en moi ont été visités. Le grand magasin Le Bon Marché a fait l’objet d’un arrêt, et non seulement pour m’acheter un parapluie en ces jours pluvieux sur la capitale. Plutôt, j’en en profité pour visiter l’un des premiers lieux privés où des tableaux d’oeuvres d’art ont été exposés. C’est ainsi qu’au 19e siècle, certains peintres pouvaient exposer leurs toiles au dernier étage du grand magasin. La luminosité était vraiment bonne, ce qui m’a surpris. Je me demande à quoi ressemblait le lieu voilà 150 ans… Aujourd’hui, le dernier étage est occupé par des meubles.

[Le Bon Marché, Paris; Photo: Marc Gauthier]

Au musée d’Orsay, les grands peintres constituent toujours un plaisir pour les yeux. J’ai remarqué des détails que je n’avais jamais vus auparavant. Ainsi, le coin supérieur gauche de la toile «L’Église d’Auvers» de Van Gogh tourbillone en noir et bleu où le coup de pinceau est très visible. La petite histoire retiendra que ce tableau a été acquis grâce au concours de Paul Gachet et d’une donation anpnyme canadienne en 1951.

[L’Église d’Auvers, Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

[L’Église d’Auvers (détail), Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

Orsay propose deux dialogues entre des oeuvres du musée et des artistes contemporains. La première de ces correspondances que j’aie vue se fait entre «Vitrine - Rue de Sévigné» de Bertrand Lavier et «La Lecture» de Manet. Le motif proposé par Lavier exploite la touche de Manet d’une façon surprenante. On sent la parenté entre les deux oeuvres sans retrouver d’imitation. Coup de coeur.

[Vitrine - Rue de Sévigné, Bertrand Lavier, 2005; Photo de Marc Gauthier]

[La Lecture, Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

[La Lecture (détail), Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

L’autre dialogue se décline en composition multimédia. Sur les murs sont projetées des mots et des symboles, le tout en continuel mouvement et dans des couleurs changeantes. Ce jeu sur le mouvement, le temps et la couleur rappelle le travail sur la couleur et la touche Impressionniste. Il s’agit du dialogue entre Monet et Charles Sandison. Autre coup de coeur.

[Nymphéas bleus, Charles Sandison, 2007-2008; Photo: Marc Gauthier]

[Nymphéas bleus, Claude Monet, vers 1915-1920; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les autres nouvelles, signalons ma déception de ne pas retrouver «L’Angélus» et «Les Glaneuses» de Jean-François Millet. Les deux oeuvres les plus connues du peintres étaient en prêt. Ce choix m’apparaît peu judicieux. C’est comme si j’achetais un sac devant contenir 100 bonbons et que je m’aperçois qu’il en manque deux; je suis repu mais pas satisfait…

Également, les grands tableaux de Courbet sont en restauration. Le travail s’effectue sous les yeux des visiteurs. Si les professionnels du musée doivent se sentir comme des animaux sous observation, il est toujours plaisant de voir ces mains expertes à l’oeuvre. «L’Atelier du peintre» de Courbet subissait au moins une vingtaine de retouches.

[L’atelier du peintre, Courbet; Photo: Marc Gauthier]

Un voyage à Paris est impossible pour un historien de l’art sans faire un arrêt au 7, rue des Grands Augustins dans le quartier Saint-Germain des Prés. À cette adresse se situe d’abord l’action de la nouvelle «Le chef-d’oeuvre inconnu» de Balzac. L’histoire que l’auteur raconte est celle d’un peintre qui présente son chef-d’oeuvre à des amis. Ces derniers sont ébahis par ce qu’ils voient: ils ne comprennent rien à la toile qui est sous leurs yeux.

Cette oeuvre littéraire a fait figure de prémonition: c’est également à cette adresse que Picasso s’installe dans les années 1930. Il y peindra une de ses toiles les plus connues et ayant créé sensation: Guernica.

Le Musée de la vie romantique de la ville de Paris propose «L’âge d’or du romantisme allemand - Aquarelles et dessins à l’époque de Goethe». Le lieu m’a plu, l’exposition m’a laissé un peu froid. Cependant, elle m,a permis de prendre conscience de mon ignorance à l’égard de l’art allemand et de ces artistes importants.

J’ai également assisté à ma première vente aux enchèresde l’Hôtel Drouot-Richelieu. Une expérience fortement enrichissante qui confirme mon intérêt pour la vie de l’objet d’art après sa création artistique.

Comme toujours, les expositions au Musée du Luxembourg sont courues par le Tout-Paris. Lors de ma visite, «Vlaminck - Un instinct fauve» était à l’affiche. Une réussite totale qui permet de voir de nombreux tableaux de l’artistes en un seul endroit. Un autre catalogue de musée acheter que je lirai à mon retour car Vlaminck est un artiste que j’ai croisé au fil de mes études mais que je ne connais pas beaucoup.

Un autre artiste que je ne connais pas beaucoup est Gustave Moreau. Ingénieux, il a consacré les dernières années de sa vie à mettre sur pied un musée dédié à son oeuvre. Ce fut donc une découverte de ses peintures mais surtout des nombreux dessins de cet artiste symboliste. Seul défaut du musée: de nombreux tableaux exposés sont des esquisses et non des toiles finies. Personnellement, j’aime bien ce type d’oeuvres qui permet de comprendre la méthode de travail d’un artiste.

[Intérieur du musée Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

[Dessin no. 1015 (détail), Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

À suivre…

Richard Ste-Marie
[Capture d’écran du site Internet de Richard Ste-Marie]

Il reste un peu plus d’une semaine pour aller jeter un coup d’oeil à la rétrospective Richard Ste-Marie présentée à la Galerie des arts visuels de l’université Laval.

J’ai fait un arrêt pour voir cette exposition. Il m’est toujours difficile de trouver un angle pour aborder une rétrospective. En effet, les oeuvres qui sont présentées ont été produites à des moments bien différents dans la vie de l’artiste. Il existe peu de liens entre ses premières oeuvres des années 60 alors qu’il s’intéressait à la musique et les plus tardives.

Malgré tout, le fil conducteur de toute rétrospective demeure la personnalité de l’artiste. Au gré des changements de style ou de support d’expression artistique, qu’il utilise le crayon ou une imprimante, que peut-on trouver de constant dans son travail à partir des oeuvres exposées?

En ce qui concerne cette exposition, j’ai ressenti une certaine mélancolie, voire une tristesse. Les portraits au revolver représentent-ils des personnages au bord du suicide? Sombre misère…

Les dessins fantasmagoriques valent certainement le déplacement. Dans ces oeuvres, les personnages sont dessinés au crayon dans des attitudes diverses. Leurs visages est tordu entre deux temps, comme s’ils se trouvaient dans deux réalités différentes au même moment.

Somme toute, une exposition qui permet de contempler l’oeuvre d’une vie. Comme le signale Richard Ste-Marie dans le communiqué de presse de l’expo: « Des milliers d’heures, sans l’ombre d’un doute: heures de joie, certes, mais aussi de travail dont il serait vain de chercher le sens. Ou la portée. Mieux vaut, tout compte fait, n’en rester qu’au bonheur du partage […] »

L’exposition Richard Ste-Marie: Une Rétrospective est proposée à la Galerie des arts visuels de l’université Laval jusqu’au 20 avril 2008.

L’entrée est gratuite.

La Galerie est ouverte du mercredi au vendredi, de 11h30 à 16h30 et la fin de semaine de 13h00 à 17h00.

Pour en savoir plus sur l’artiste, vous pouvez visiter le site Internet de Richard Ste-Marie.

Le code du site du Musée des beaux-arts du Canada n’est plus visible aux internautes. Le problème semble corrigé.

Plus de détails:
* Mon billet sur le bogue du MBAC

Présentation de la photographie

Le 12 mars 2008, une photographie de Reuters a fait le tour du monde. Placée sur le blogue photographique de l’agence de presse, elle a été prise par Luis Vasconcelos lors de manifestations au Brésil.

La photographie, qui ne peut être reproduite ici, peut être vue sur le blogue de Reuters.

On y aperçoit une femme autochtone tenant son enfant nu dans les bras. Elle semble terrifiée. Derrière elle se trouve une rangée de soldats camouflés derrière leurs boucliers anti-émeute.

Dans les lignes qui suivent, je vais tenter mettre en relief cinq éléments qui contribuent, selon moi, à affirmer la puissance de cette photographie. Dans ce dessein, je vais réaliser des comparaisons avec des oeuvres d’art célèbres qui partagent certaines caractéristiques formelles.

1. Lignes verticales

Les lignes verticales sont nombreuses dans la photographie de Vasconcelos. On les retrouve principalement sur les boucliers des policiers, certes, mais également dans leurs jambes. Ce foisonnement de lignes contribue à instaurer une stabilité à l’ensemble du motif. En d’autres termes, ces lignes structurent l’image.

Diagonales

À ce sujet, on peut faire un parallèle avec Les Lances de Velasquez. Ce tableau, qui illustre la reddition des hollandais face aux forces espagnoles, souligne d’une façon importante la puissance militaire de ces derniers grâce au foisonnement de lances présentes dans le second plan. La régularité des lances structure la partie droite du tableau et donne de l’aplomb aux forces victorieuses.

Les Lances, Velasquez
[La reddition de Breda, ou Les Lances, Diego Velasquez, 1634-1635, 307,5 x 370,5 cm, Madrid, Musée du Prado]

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Diane Morin, séries blanches 2006-2008

Alors que les tempêtes de neige s’abattent sur le Québec, un autre type de blancheur vous attend à la Méduse. séries blanches, 2006-2008 est une suite de photogrammes réalisés par l’artiste Diane Morin.

Pour ceux qui l’ignoreraient, un photogramme consiste à placer des objets sur une surface sensible puis l’exposer directement à la lumière. Ci-dessous, vous trouverez le genre d’image qu’on obtient habituellement par ce procédé.

Ceci est un photogramme

Ceci est un photogramme sans dimension artistique.

L’artiste surréaliste Man Ray a créé avec talent de telles oeuvres. Vous pouvez voir une série de 12 oeuvres (qu’il intitulait Rayogrammes) en visitant le site de la George Eastman House.

Comme tout film photosensible, l’oeuvre obtenue par l’utilisation de ce procédé est très sensible à la lumière. Il faut bien calculer le temps d’exposition et les distances pour obtenir les résultats désirés.

Dans séries blanches, 2006-2008, Diane Morin travaille sur ces deux aspects en modifiant l’exposition à la lumière et le mouvement des objets représentés.

Elle tente ainsi de souligner « l’aptitude plus ou moins défaillante de ces mécanismes à se déplacer sur le papier photographique ».

Diane Morin, séries blanches, 2006-2008

Un angle possible pour apprécier ces oeuvres: se questionner sur la répétition dans l’art. Croyez-vous qu’un artiste qui utilise le même procédé obtient toujours le même résultat?

Diane Morin a tenté l’expérience dans ces photogrammes. Autour d’un mécanisme se déplaçant automatiquement, l’artiste déplace une lumière. Même en répétant des gestes similaires, une grande variété est observée dans les oeuvres exposées. N’est-ce pas une belle occasion de réfléchir sur le caractère unique de chaque moment qui passe ou de chaque expérience vécue?

Le résultat de cette « suite de ratages » est présenté chez VU, dans l’immeuble de la Méduse à Québec.

L’entrée est libre.

La salle est accessible du mercredi au dimanche, de midi à 17h00, jusqu’au 13 avril 2008.

Toutes les images de séries blanches, 2006-2008 sont (C) Diane Morin. Les informations sur l’artiste sont disponibles sur son site Internet - qui vaut une visite par ailleurs!