Archive for the 'Collections' Category


[Falaises près de Dieppe, Claude Monet, 1897, huile sur toile, 65×100 cm]

Un Français vivant en Floride a été inculpé cette semaine pour tentative de recel. Il essayait d’écouler les quatre tableaux volés à la pointe d’un fusil au Musée des beaux-arts de Nice l’an dernier et retrouvés depuis. Le prix demandé? Trois millions de dollars pour les quatre tableaux, une aubaine!

Combien d’autres oeuvres volées dorment dans les coffres de riches particuliers sans scrupules…

* Le Moulin à Images de l’équipe de Robert Lepage est projeté depuis hier sur le moulin de la Bunge. Aucune trame narrative mais une suite d’impressions. Vous trouverez un diaporama intéressant sur le site d’Ex Machina.

[Site d’Ex Machina]

* Le Musée naval de Québec gagne à être connu. Situé dans le Vieux-port, il propose deux expositions cet été. Le Réfectoire est une oeuvre d’Isabelle Laverdière qui interprète les échanges survenus entre les marins ennemis au cours des siècles sur le fleuve Saint-Laurent. Par l’eau et dans la pierre aborde le développement des ouvrages défensifs de la région. Cette dernière exposition est présentée en collaboration avec le Musée du Royal 22e Régiment [Citadelle], le Musée du Régiment les Voltigeurs de Québec [Manège militaire; actuellement fermé pour cause d’incendie] et le Musée du Régiment de la Chaudière.

* L’exposition Québec Gold présente 17 artistes québécois à Reims (France) cet été, en collaboration avec L’Oeil de Poisson. Dix-sept artistes sont invités : Jean-Pierre Aubé, Mathieu Beauséjour, BGL, Sylvain Bouthillette, Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Jérôme Fortin, Dominique Gaucher, Pascal Grandmaison, Isabelle Hayeur, Guillaume Lachapelle, Emmanuelle Léonard, Yann Pocreau, Yannick Pouliot, Michael A. Robinson et Ève K. Tremblay.
Notons que Michel de Broin, Cooke-Sasseville, Doyon-Rivest, Isabelle Hayeur et Yannick Pouliot font partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal.

* Des oeuvres d’artistes contemporains sont acquises par Loto-Québec dans le cadre de la Manif d’art 4. Les oeuvres suivantes ont été acquises: Linéament, la glacier 2, d’Éveline Boulva, Portrait J, d’Ève Cadieux, Mémoire de l’éléphant II (éléphant d’Asie), de Don Darby, Un, deux, trois… d’Isabelle Véronique, Arbre, de Lucie Lefebvre, Le rêve de Poséidon, le voyage d’Ulysse, de Reno Salvail, Xochitl, d’Helga Schlitter, Coeur Rose, de Bill Vincent et Envol, de Giorgia Volpe. De plus, Nathalie Thibault et Cooke-Sasseville ont reçu des bourses. Notons que ce dernier fait partie de la triennale du Musée d’art contemporain de Montréal et, comme mentionné précédemment, ses oeuvres seront exposées à Reims.

* Le Musée des beaux-arts de Montréal propose des visites guidées individuelles et gratuites dimanche et mercredi prochain. [détails]

* Le Congrès eucharistique de Québec perturbera la circulation autour du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) dimanche matin. Les heures à éviter : de 7h30 du matin au milieu de l’après-midi, le dimanche 22 juin 2008.

* Dans le cadre de l’exposition Le Louvre à Québec, le MNBAQ propose des représentations gratuites du film Louvre, la visite. Les représentations ont lieu à 13h30 et 15h00 aux dates suivantes :
Juin : 15, 18, 22 et 29
Juillet : 2, 9, 13, 20, 23, 27 et 30
Août : 3, 6, 10, 13, 20, 24, 27 et 31

* artv continue sa série originale démocratisant l’art. Cette semaine: Marcel Lafleur fait de l’aquarelle, de la sculpture et de la poésie. Priscille Martel s’adonne elle aussi à l’aquarelle et à la poésie, mais elle peint principalement des bouts de verre récupérés pour en faire toutes sortes d’objets, dont des colliers. Marcel et Priscille forment un couple pour qui l’art occupe une place primordiale dans leur vie. [détails]


[On est tous des artistes, artv]

* Le marché de la sculpture contemporaine continue d’être vigoureux. Par exemple, la sculpture My Lonesome Cowboy de Takashi Murakami s’est vendue pour 13,5 millions de dollars en mai. Artprice propose une analyse du marché.


[Takashi Murakami, My Lonesome Cowboy, 1998, résine epoxy]

* Le Mexique est trop petit pour le Guggenheim.

* Le collectionneur Charles Saatchi achète de nombreuses oeuvres de trois finissants en arts visuels.

* Vous passez par San Francisco? Une exposition sur les femmes impressionnistes débute aujourd’hui au Musée des beaux-arts. Une sélection des oeuvres est disponible sur le compte Picasa du Musée.


[Berthe Morisot, Intérieur, 1872, huile sur toile]

* Et sur une note plus personnelle, j’ai terminé mon cours d’été intensif en histoire de l’art. Intitulé Impression et sensation: aspects de la subjectivité artistique dans la peinture moderne au XIXe siècle, ce fut un approfondissement passionnant sur la peinture de paysage, les Impressionnistes et Cézanne.

La moitié des musées du Québec fonctionnent avec un budget inférieur à 123,000 dollars.

Manif d’Art 4 tire à sa fin - c’est le sprint final jusqu’à dimanche.

Le Musée de l’Amérique-Française propose l’exposition Une présence oubliée: les huguenots en Nouvelle-France. Vous avez jusqu’au 22 mars 2009 pour la visiter.


[crédits photographiques: Idra Labrie, Musée de l’Amérique-française]

C’est aussi le temps de visiter l’espace archéologique de l’Îlot des Palais à Québec. Il est ouvert au public jusqu’au 13 juin prochain. C’est sur cet emplacement que le Palais de l’Intendant de la Nouvelle-France était situé. C’est aussi là que se trouvait la première brasserie du Québec. La Côte du Palais est baptisée en son honneur

Le Potager des visionnaires a été inauguré cette semaine. Charmant - mais je n’ai pas eu le souffle coupé.

Une autre semaine, un autre projet architectural grandiose pour Dubaï. Cette semaine: un nouvel amphithéatre pour l’opéra est dessiné par la firme Design Zaha Hadid et Patrik Schumacher. Il faut bien que l’argent de l’or noir soit dépensé. [Autre photos]


[Projet d’un centre culturel et d’un opéra, Dubaï; Source: Dezeen Blog]

Un gardien de musée qui n’aimait pas une peinture de Vija Celmin a décidé de la lacérer avec une clef. L’acte de vandalisme s’est révélé fatal à l’oeuvre. La peinture Night Sky #12 était exposée au Carnegie Museum de Pittsburgh.

Certaines des pièces d’orfèvrerie volées au musée d’anthropologie de l’université de la Colombie-Britannique sont de retour

En 1957, une galerie d’art est fermée en Californie par la police de Los Angeles. L’exposition de Wallace Berman est considérée obscène. Il s’agira de la seule exposition en solitaire de cet artiste.
En 1962, Andy Warhol propose sa première exposition solo au même endroit : Andy Warhol: Campbell’s Soup Cans. Cinq des conserves trouvent preneur à 100 dollars chacune mais le propriétaire de la galerie les rachète pour conserver le lot intact.
Ces deux événements se sont déroulés dans la Ferus Gallery. Son histoire est racontée dans le documentaire The Cool School qui a été diffusé cette semaine dans le cadre de l’émission Independent Lenses. Elle est en rediffusion sur Vermont Public Television (WETK) (jeudi 12, 3h00; vendredi 13, 22h00) et PBS Mountain Lake (WCFE) (dimanche 15, 23h30). Programmez vos vidéos!

Le photographe Claude Dityvon est décédé à La Rochelle.

La foire de l’art contemporain Art Basel s’est terminée avec un succès d’affluence: 60,000 personnes ont franchi les tourniquets.

Un milliardaire russe décide de ne plus sponsoriser une rétrospective consacrée à Kabakov. L’événement se déroulera malgré tout.

Tate Britain sollicite le public pour acheter une esquisse à l’huile de Rubens. L’oeuvre représentée, L’Apothéose de Jacques Premier, est une étude pour le plafond de la Banqueting House de Londres. C’est important pour certains Britanniques.


[Banqueting House; source: wikimedia.org]

* Manif d’Art 4 de Québec n’a pas apprécié la critique de Jérôme Delgado dans Le Devoir. La commissaire de l’événement Lisanne Nadeau et le directeur général et artistique Claude Bélanger ont répliqué par une lettre ouverte dans le journal. Déclarer que Jérôme Delgado manque de connaissance, comme ils le font, c’est ignorer l’immense travail de ce critique qui vise souvent juste. Pour ma part, il me semble que les artisans de la Manif d’Art 4 ont la peau sensible; ils se devaient de réagir mais à lire leur texte, leur événement ne souffre d’aucun problème


[Galerie d’Apollon, Musée du Louvre; photo: Marc Gauthier]

* L’exposition Le Louvre à Québec ouvre ses portes au grand public aujourd’hui. Plus de 18,000 personnes ont déjà acheté leur billet. L’événement sera certainement un succès populaire, le Louvre étant devenu une marque de commerce très prisée. N’oubliez pas de réserver vos billets pour une journée et une heure précise si vous désirez jeter un coup d’oeil aux 271 oeuvres proposées.

* L’Espace 400e de Québec a aussi ouvert ses portes cette semaine. On y retrouve, entre autres, l’exposition Passagers/Passengers.

* Le gouvernement espagnol a remis à la ville de Vancouver le portrait d’un chef autochtone réalisé en 1792. Je me surprend à rêver que la France aurait pu remettre à la ville de Québec les plans du régime français datant du 18e siècle comme cadeau du 400e

* Connaissez-vous l’art des arbres? [cia C-Monster]


[source: http://www.sonnyradio.com/]

* L’Art Gallery of Ontario (AGO) va rouvrir les portes de ses 110 salles (!) et proposer ses 4000 oeuvres (!) dès le 14 novembre 2008. La date d’ouverture a été annoncée cette semaine. L’immeuble, faut-il le rappeler, a été dessiné par le starchitecte canadien Frank Gehry. Il est possible de voir par webcam l’évolution des travaux.


[Frank Gehry (c) Susan King]

* Les pièces d’orfèvreries volées au musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique seraient toujours dans la région de Vancouver.

* L’histoire de l’art, une des spécialisations universitaires les plus inutiles?

* Incontournables: Un obélisque est retourné en Éthiopie et quatre toiles du musée de Marseille Nice sont retrouvées à Marseille après leur vol.

* Le Louvre à Québec attend déjà 10 000 visiteurs.

* Le musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique s’est fait voler 12 oeuvres en or de l’artiste Bill Reid.

* Un fonds de 100,000$ pour les artistes de la relève en Outaouais a été dévoilé cette semaine.

* Le tableau Île Saint-Denis de Jean-Paul Riopelle a été vendu 524 400 dollars à Vancouver. Le prix se situait dans la fourchette inférieure des estimations. Un tableau de dimension similaire a atteint 870 000 dollars en France l’an dernier.

Suite du billet précédent sur mon voyage à Paris en mai 2008.

Mon voyage s’est poursuivi par un arrêt au Parc de sculptures entre l’île Saint-Louis et le Jardin des plantes. La Grande Fenêtre de Cardenas m’a particulièrement touché. Il s’agit d’une sculpture de l’artiste né à Cuba réalisée en 1974.


[La Grande Fenêtre, Augustin Cardenas, marbre blanc de Carrare, 1974; Photo: Marc Gauthier]

La ville se remémorait les événements de Mai 68. Sur la Place de la Sorbonne, là où tout a commencé, des photographies de Marc Riboud étaient proposées.


[Marc Riboud, reproductions photographiques, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au cours de ce voyage, j’ai découvert l’oeuvre du sculpteur Antoine Bourdelle. Élève de Rodin, professeur de Giacometti, cet artiste possède un musée hébergé dans son ancien atelier dans le quartier Montparnasse. J’ai pu admirer une oeuvre clé dans la production de ce passeur de la modernité: Héraklès archer.


[Hérakles archer (première grande étude), Antoine Bourdelle, bronze, 1909; Photo: Marc Gauthier]

Au Grand Palais, j’ai visité l’exposition «Marie-Antoinette». La mise en scène mélodramatique m’a laissé froid. Si le personnage a joué un rôle historique non négligeable dans l’histoire de la France, je me questionne sur cette tendance vers une transformation mythico-romantique de la femme du luxe qui vécut une descente aux enfers. M’enfin.

Plus intéressante fut la rétrospective sur la figuration narrative. Ce mouvement artistique français est né au début des années 1960. Il cherche à raconter une histoire dans les oeuvres peintes, dans un style en opposition à l’abstraction. Parmi les artistes présents, j’ai particulièrement apprécié l’oeuvre de Gérard Fromanger ainsi que «Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp» par Aillaud, Arroyo et Recalcati. Malheureusement, la prise de photographies étant interdite lors de ces deux expositions temporaires, je ne peux illustrer ces oeuvres.

La situation est toute autre au Musée Carnavalet, qui raconte l’histoire de la ville de Paris. Si les portraits sont très (trop?) nombreux, les peintures d’histoire sont des plus intéressantes. Ainsi, on retrouve des illustrations de lieux historiques ou utopiques, de places en devenir qui ne seront jamais construites ou d’événements ayant modifié le visage de la capitale française.


[La démolition des maisons du pont Notre-Dame, en 1786 (détail), Hubert Robert, huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]

Malheureusement pour moi, le Musée d’art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo étaient en processus de montage pour de nouvelles expositions. C’est le malheur lorsqu’on visite une ville au mois de mai, entre les expositions d’hiver et celle de l’été. Les lieux sont très intéressants puisqu’ils ont été construits pour l’Exposition de 1937.


[Vue à partir de l’esplanade du Palais de Tokyo, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au sommet de l’immeuble abritant le Palais de Tokyo se retrouve l’hotel Everland. Construit par une firme suisse, il s’agit d’un module qui se déplace au fil des ans. Ainsi, il est hébergé à cet endroit jusqu’à la fin de l’année 2008. Il est possible d’y réserver une chambre pour une nuit mais la demande est forte. Le taux: entre 333 et 444 euros la nuit!


[Hotel Everland, Palais de Tokyo, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Après plusieurs années d’essai, j’ai réussi à prendre le train jusqu’à Fontainebleau où j’ai visité le château de François 1er. Quel plaisir que celui de déambuler dans les pièces Renaissance comme la galerie de François 1er ou la salle de bal. Un plaisir pour les yeux!


[Galerie de François 1er, Château de Fontaibleau, 2008; Photo: Marc Gauthier]

La foule était moins nombreuse qu’à l’accoutumée au Louvre. Il faut dire que ma visite se faisait la lendemain d’une journée gratuite; je suppose que le musée avait fait le plein de visiteurs la veille.

De plus, j’ai pu prendre des photographies dans la salle des grandes peintures françaises, ce qui m’était interdit lors de mes autres visites. Je m’en suis dès lors donné à coeur joie, question de ramener une bouffée d’air français en terre d’Amérique. Comme me le faisait remarquer une amie, la photographie avec la Joconde révèle un jeu de regards intéressant puisque le tableau, le spectateur en bleu et moi-même posons nos regards en des endroits différents dans cette image.


[Galerie de la Joconde, Louvre, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au fil de la visite, j’ai vu beaucoup de cartons de prêts d’oeuvres: Budapest, Tokyo, Kobe, Washington, etc. J’ai également remarqué quelques oeuvres prêtées à Québec pour l’exposition «Le Louvre à Québec». Je peux donc affirmer que l’auto-portrait réalisé par Hortense Haudebourt-Lescot en 1825 devrait se retrouver sur les plaines d’Abraham cet été!


[Cartel du Portrait de Hortense Haudebourt-Lescot, Musée du Louvre; Photo: Marc Gauthier]

La visite de la Manufacture des Gobelins s’est révélée être à la fois une découverte et une déception. Cette manufacture royale de tapisseries a tellement subi les aléas du temps au gré des révolutions qu’il est déjà surprenant que l’immeuble soit encore debout aujourd’hui. La visite des installations présente les oeuvres contemporaines qui sont réalisées sur les lieux. Ainsi, l’importance historique de la Manufacture est évacuée, ce que j’ai trouvé dommage. Certaines traces demeurent, comme ces crochets sur les murs extérieurs de l’immeuble auxquels étaient suspendues les tapisseries lors de la visite du roi.


[Manufacture des Gobelins, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Le musée départemental Maurice-Denis propose une vaste collection des oeuvres de ce peintre Nabi. J’avais déjà eu l’occasion de voir l’exposition proposée par le Musée des beaux-arts de Montréal en 2007. Il a été agréable de visiter le lieu de création tel que l’artiste l’habitait et d’entendre parler de la vie sur place par la petite-fille de Maurice Denis. Dans la cour se retrouvaient des oeuvres du sculpteur Antoine Bourdelle, en prêt.


[Autoportrait devant le prieuré, 1921, Maurice Denis, Huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]


[Centaure mourant, Antoine Bourdelle, 1911-1914, bronze; Photo: Marc Gauthier]

Archives nationales, musée Maillol, musée Zadkine, musée Cognacq-Jay: ces quatre lieux ont été visité lors de ma dernière journée à Paris. Das le premier lieu se trouvait une exposition consacrée Marcel Sembat et Georgette Agutte. On y retrouvait de nombreuses oeuvres visuelles ainsi que des écrits et des lettres - les Archives nationales organisant l’événement après tout!

Au musée Maillol, les oeuvres de la collection permanente étaient mises de l’avant plutôt qu’une exposition temporaire. Une salle complète a été consacrée à Marcel Duchamp. Sa «Fontaine» était d’ailleurs utilisée pour faire la promotion de l’événement.


[Affiche de l’exposition du musée Maillol, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Situé dans un ancien hôtel particulier, le musée Cognacq-Jay propose des oeuvres précieuses. Porcelaine de Sèvres, chandeliers et fauteuils meublent l’espace feutré.


[Vue de l’intérieur du musée Cognacq-Jay, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Finalement, le musée Zadkine situé près du jardin du Luxembourg propose une collection permanente intéressante des oeuvres du sculpteur d’origine russe établi à Paris au début du 20e siècle. Une visite très courte mais qui m’a révélé un artiste que je ne connaissais pas.


[Musée Zadkine, cour extérieure, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Et voilà la fin de mon compte rendu de voyage parisien. De retour à la normale au cours des prochains jours!

Je suis en séjour à Paris pour les prochains jours. C’est ce qui explique la mise à jour saccadée du blogue.

Je suis arrêté au Musée d’art moderne du Centre Georges-Pompidou. Dans le grand espace, un moulin à prière surdimensionné accueille les visiteurs. Normalement, un moine boudhiste fait tourner un tel objet - aux dimensions plus réduites! - en récitant une prière. Ici, la projection de l’objet à une autre échelle met en lumière les dangers de la religion et de la politique, l’un étant lié à l’autre.

[Ehi Ehi Sina Sina, Huang Yong Ping, 2006; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les expositions temporaires se retrouve la première rétrospective consacrée à Louise Bourgeois. Ce fut pour moi une découverte. L’artiste propose une vision très personnelle au fil des deux cents oeuvres exposées. Née en 1911, vivant à New York depuis 1938, on sent une certain malaise quant à l’appartenance de cette artiste à la France. Ayant quitté le pays depuis 70 ans, est-ce toujours une artiste française? Comme le dit le programme en faisant une comparaison avec Marcel Duchamp, elle serait une «American artist born in France». Outre ces considérations géographiques, l’exposition m’a donné l’impression de pénétrer dans la tête de Louise Bourgeois. En fait, lorsque j’y pense, ce n’est pas tant dans sa tête qu’on pénètre que dans cet espace des pulsions secrètes animées par les frustrations de l’enfance et les désirs refoulés. Proposées en plusieurs volets (Personnages, Lieux de mémoire, …), les sculptures, peintures, dessins, gravures ne sont pas toujours accessibles au premier coup d’oeil. Je me demande ce que l’histoire de l’art retiendra de sa production.

Dans la collection permanente, je tiens à vous présenter « Dynamisme d’une automobile» (1912-1913) de Luigi Russolo. Cette oeuvre est très représentative du Futurisme. Ce mouvement italien basé à Milan faisait - entre autres - l’apologie de la vitesse pour l’opposer au passé archaïque de l’Italie. En ce sens, les machines produisant la vitesse comme les voitures, les avions et les trains sont valorisées. Dans ce tableau, Russolo s’exprime par la couleur et les lignes de forces représentées selon la philosophie du flux développée par Henri Bergson.

[Dynamisme d’une voiture, Luigi Russolo, 1912-1913; Photo: Marc Gauthier]

Au fil des jours, d’autres lieux d’intérêt pour l’historien de l’art en moi ont été visités. Le grand magasin Le Bon Marché a fait l’objet d’un arrêt, et non seulement pour m’acheter un parapluie en ces jours pluvieux sur la capitale. Plutôt, j’en en profité pour visiter l’un des premiers lieux privés où des tableaux d’oeuvres d’art ont été exposés. C’est ainsi qu’au 19e siècle, certains peintres pouvaient exposer leurs toiles au dernier étage du grand magasin. La luminosité était vraiment bonne, ce qui m’a surpris. Je me demande à quoi ressemblait le lieu voilà 150 ans… Aujourd’hui, le dernier étage est occupé par des meubles.

[Le Bon Marché, Paris; Photo: Marc Gauthier]

Au musée d’Orsay, les grands peintres constituent toujours un plaisir pour les yeux. J’ai remarqué des détails que je n’avais jamais vus auparavant. Ainsi, le coin supérieur gauche de la toile «L’Église d’Auvers» de Van Gogh tourbillone en noir et bleu où le coup de pinceau est très visible. La petite histoire retiendra que ce tableau a été acquis grâce au concours de Paul Gachet et d’une donation anpnyme canadienne en 1951.

[L’Église d’Auvers, Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

[L’Église d’Auvers (détail), Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

Orsay propose deux dialogues entre des oeuvres du musée et des artistes contemporains. La première de ces correspondances que j’aie vue se fait entre «Vitrine - Rue de Sévigné» de Bertrand Lavier et «La Lecture» de Manet. Le motif proposé par Lavier exploite la touche de Manet d’une façon surprenante. On sent la parenté entre les deux oeuvres sans retrouver d’imitation. Coup de coeur.

[Vitrine - Rue de Sévigné, Bertrand Lavier, 2005; Photo de Marc Gauthier]

[La Lecture, Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

[La Lecture (détail), Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

L’autre dialogue se décline en composition multimédia. Sur les murs sont projetées des mots et des symboles, le tout en continuel mouvement et dans des couleurs changeantes. Ce jeu sur le mouvement, le temps et la couleur rappelle le travail sur la couleur et la touche Impressionniste. Il s’agit du dialogue entre Monet et Charles Sandison. Autre coup de coeur.

[Nymphéas bleus, Charles Sandison, 2007-2008; Photo: Marc Gauthier]

[Nymphéas bleus, Claude Monet, vers 1915-1920; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les autres nouvelles, signalons ma déception de ne pas retrouver «L’Angélus» et «Les Glaneuses» de Jean-François Millet. Les deux oeuvres les plus connues du peintres étaient en prêt. Ce choix m’apparaît peu judicieux. C’est comme si j’achetais un sac devant contenir 100 bonbons et que je m’aperçois qu’il en manque deux; je suis repu mais pas satisfait…

Également, les grands tableaux de Courbet sont en restauration. Le travail s’effectue sous les yeux des visiteurs. Si les professionnels du musée doivent se sentir comme des animaux sous observation, il est toujours plaisant de voir ces mains expertes à l’oeuvre. «L’Atelier du peintre» de Courbet subissait au moins une vingtaine de retouches.

[L’atelier du peintre, Courbet; Photo: Marc Gauthier]

Un voyage à Paris est impossible pour un historien de l’art sans faire un arrêt au 7, rue des Grands Augustins dans le quartier Saint-Germain des Prés. À cette adresse se situe d’abord l’action de la nouvelle «Le chef-d’oeuvre inconnu» de Balzac. L’histoire que l’auteur raconte est celle d’un peintre qui présente son chef-d’oeuvre à des amis. Ces derniers sont ébahis par ce qu’ils voient: ils ne comprennent rien à la toile qui est sous leurs yeux.

Cette oeuvre littéraire a fait figure de prémonition: c’est également à cette adresse que Picasso s’installe dans les années 1930. Il y peindra une de ses toiles les plus connues et ayant créé sensation: Guernica.

Le Musée de la vie romantique de la ville de Paris propose «L’âge d’or du romantisme allemand - Aquarelles et dessins à l’époque de Goethe». Le lieu m’a plu, l’exposition m’a laissé un peu froid. Cependant, elle m,a permis de prendre conscience de mon ignorance à l’égard de l’art allemand et de ces artistes importants.

J’ai également assisté à ma première vente aux enchèresde l’Hôtel Drouot-Richelieu. Une expérience fortement enrichissante qui confirme mon intérêt pour la vie de l’objet d’art après sa création artistique.

Comme toujours, les expositions au Musée du Luxembourg sont courues par le Tout-Paris. Lors de ma visite, «Vlaminck - Un instinct fauve» était à l’affiche. Une réussite totale qui permet de voir de nombreux tableaux de l’artistes en un seul endroit. Un autre catalogue de musée acheter que je lirai à mon retour car Vlaminck est un artiste que j’ai croisé au fil de mes études mais que je ne connais pas beaucoup.

Un autre artiste que je ne connais pas beaucoup est Gustave Moreau. Ingénieux, il a consacré les dernières années de sa vie à mettre sur pied un musée dédié à son oeuvre. Ce fut donc une découverte de ses peintures mais surtout des nombreux dessins de cet artiste symboliste. Seul défaut du musée: de nombreux tableaux exposés sont des esquisses et non des toiles finies. Personnellement, j’aime bien ce type d’oeuvres qui permet de comprendre la méthode de travail d’un artiste.

[Intérieur du musée Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

[Dessin no. 1015 (détail), Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

À suivre…

Philippe Mollé a proposé une chronique sur le Reine-Elizabeth les 15 et 16 mars 2008 dans Le Devoir. Dans cette chronique qui célébrait les 50 ans de l’établissement, il présentait une tapisserie qui aurait été réalisée par l’artiste Jean Dallaire. [ Lire la chronique ]

Dans le courrier des lecteurs de ce matin, Serge G. Morin corrige à certaines affirmations qu’on retrouvait dans le texte de Mollé. En particulier, il souligne qu’il ne s’agit pas d’une tapisserie mais d’un tapis noué. De plus, cette oeuvre aurait disparu de la décoration de l’hôtel lors de rénovations réalisées après Expo 67. [ Lire le courrier aux lecteurs ]

Incidemment, j’ai séjourné au Reine-Elizabeth cette semaine. J’ai demandé à la réception à quel endroit se trouvait le tapis noué de Jean Dallaire. D’abord, le personnel n’a pas compris ce que je cherchais. Ensuite, ils m’ont regardé avec des yeux vides comme si je venais de leur annoncer que Lennon était encore dans la suite 1742. J’ai finalement abandonné après trois demandes à trois employés différents qui se lançaient la balle.

J’en ai également profité pour visiter le Casino de Montréal et la murale de Serge Lemoyne. En sept ans de travail, j’étais la première personne à demander de l’information sur cette murale à l’employée à laquelle je me suis adressé. Avec de l’aide, elle m’a dirigé au bon endroit, c’est-à-dire au buffet du restaurant situé au cinquième étage.

En chemin, je me suis arrêté dans le hall d’entrée où se trouvent deux oeuvres peintes. J’aurais aimé prendre les noms des artistes en note mais le gardien, patibulaire, m’a demandé s’il pouvait m’aider tandis que je regardais les murs. Il aurait pu me demander s’il pouvait m’expulser que ça aurait eu le même effet. Lorsque je lui ai mentionné que je regardais les oeuvres d’art, il a grogné. Renfrogné, il ne m’a pas quitté des yeux pendant tout le temps de ma visite.

Je me suis ensuite dirigé au cinquième étage pour voir la murale de Serge Lemoyne. Dans l’ascenseur, un autre employé m’a demandé s’il pouvait m’aider. Lorsque je lui ai dit que je désirais voir l’oeuvre de Serge Lemoyne, il m’a également jeté un regard d’incompréhension. Heureusement, j’ai pu voir l’oeuvre du peintre. Malheureusement, je n’ai pas pu prendre de photographie puisqu’il est interdit de le faire à l’intérieur du Casino. Pire, l’oeuvre a été amputée lors de rénovations pour placer… un réfrigérateur.

À quoi ça sert d’avoir de l’art public s’il est si mal mis en valeur? N’est-ce pas là une erreur stratégique majeure de la part des institutions qui ignorent ainsi une partie de leurs actifs? Bien qu’il ne s’agisse pas de musées, le but recherché n’est-il pas d’améliorer l’expérience des visiteurs et clients lors de leur séjour? Les inviter à regarder une oeuvre unique, n’est-ce pas une façon de se différencier de la compétition? N’est-ce pas ce que les casinos de Las Vegas ont compris avec leur clinquant artificiel?

Il est possible de voir une mauvaise reproduction de la murale de Serge Lemoyne en visitant ce site personnel.

L’Institut de la statistique du Québec a publié cette semaine des données récentes sur les oeuvres d’art achetées par les institutions de la province. Il s’agit des acquisitions des musées, des villes et des entreprises qui bâtissent des collections.

Dans l’un des tableaux du document Statistiques en bref no. 35, on remarque que les sculptures sont désormais les oeuvres les plus prisées par ce type de collectionneurs. En quatre ans, le nombre d’acquisitions de ce type est passé de 40 objets à 1208 objets, une progression spectaculaire. Et il ne faut pas se méprendre: l’art public est comptabilisé dans une catégorie à part!

Deux autres données intéressantes sont à retenir dans ce bulletin. Ainsi, le nombre de collectionneurs institutionnels est passé de 146 à 114 en quatre ans tandis que le nombre d’oeuvres achetées est passé de 1305 à 2797. En d’autres termes, de plus en plus d’oeuvres ont été achetées par un nombre de plus en plus restreint d’institutions. Les objets d’art acquis de cette façon au Québec se trouvent donc concentrés dans un petit nombre de collections mieux garnies.

Institut de la statistique du Québec

The Quebec organization responsible for statistics, Institut de la statistique du Québec, just published recent data on art pieces bought by institutions such as large corporations, museums and cities.

In the document titled Statistiques en bref no. 35, it appears that sculptures are becoming the most popular form of art bought by that type of collectors. Over a four-year period, the number of sculptures bought went from a miserable 40 to an honorable 1208 pieces! And that doesn’t even include public art which has its own category.

It is also worthwhile to mention that the number of institutions dropped from 146 to 114 while at the same time the number of art pieces sold went from 1305 to 2797. In other words, there are fewer collectors buying more art pieces. This means that art bought that way in Quebec is more and more held in fewer hands.