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Alors que le rideau tombe sur cette fin d’année 2008, les félicitations fusent de toutes parts pour remercier l’équipe en charge des célébrations du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec.

Sans vouloir nier que ces célébrations aient connu un succès populaire, il me semble approprié en cette fin d’année d’explorer ce qui aurait pu être mieux fait. En ce sens, je présente mon palmarès des cinq occasions manquées lors de ces festivités.

5. Le Louvre à Québec au Musée national des beaux-arts du Québec
L’événement est exceptionnel: le Musée national des beaux-arts du Québec a accès aux collections des neufs départements d’un des plus grands musées du monde. Que faire avec cet accès privilégié? Une exposition banale et sans lien direct avec la ville célébrée. Déception.

Alternative: Pourquoi ne pas avoir tenté de dresser un portrait de la scène artistique internationale en 1608, au moment de fondation de Québec? Voir ce qui se passait dans le classicisme européen, dans les Amériques et dans le monde islamique aurait été porteur et instructif.

4. Le cadeau de la France à la ville de Québec
À brûle-pourpoint, seriez-vous capable de me dire en 10 mots quel est le cadeau de la France pour le 400e anniversaire de fondation de la ville la plus importante de la Nouvelle-France? Allez, allez, faites travailler votre mémoire. Vous ne trouvez toujours pas? Les Français ont rénové la maison Baillairgé à côté du Séminaire pour y installer le Centre de la francophonie des Amériques. Génial, surtout que la page d’accueil du Centre nous interpelle avec une carte anglophone de Google dès notre arrivée sur le site Internet.

Alternative: Pourquoi la France n’a-t-elle pas sorti les documents rattachés à la Nouvelle-France de ses archives pour les offrir au Québec? Par exemple, on aurait pu profiter de cette occasion pour donner au Québec les plans que Chaussegros de Léry a réalisés en Nouvelle-France tout au long de sa carrière en Amérique. Le personnel de recherche d’ici pourrait travailler plus facilement à mettre ces documents en valeur. Visitez le site Internet du Centre des archives d’outre-mer pour avoir une idée de certains documents que la France aurait pu nous offrir.

Si vous désirez en savoir plus sur les tractations diplomatiques entre le Canada, le Québec et la France autour de la présence française durant les festivités, je vous invite à lire cet excellent billet sur le blogue du journal Le Monde.


[Plan-relief de Duberger et By (détail), 1806-1808]

3. La construction du plan-relief de 2008
Autour de 1808, un arpenteur à l’emploi de la ville de Québec et un ingénieur militaire mettent en branle une initiative personnelle: construire un plan-relief (maquette) de Québec. La ville est à la veille de subir des transformations urbanistiques importantes car les tensions avec les États-Unis s’accentuent. Leur plan-relief existe toujours et il est exposé au Parc-de-l’Artillerie, à côté de la porte Saint-Jean.

Si le plan-relief était d’abord destiné à un usage militaire, sa valeur documentaire aujourd’hui est indéniable. Cette prise de vue de la ville à un moment précis de son histoire prouve sa pertinence dès qu’on cherche à s’imaginer le monde en trois dimensions. 

Si Québec possède une maquette reflétant l’état des lieux en 1808, n’eût-il pas été agréable de léguer aux générations futures un état des lieux de la ville en 2008? Il aurait été possible de mobiliser la population autour de ce projet, en permettant aux citoyens de s’identifier à côté de leur résidence et de fournir des photographies de leur maison, par exemple. De plus, une fois la nouvelle maquette réalisée, des correspondances avec l’ancienne auraient été possibles, pour le bonheur des grands et des petits.

2. Cesser l’affront du temps sur certains bâtiments
En Nouvelle-France, c’est dans la maison de l’intendant que se réunit le Conseil Supérieur pour parler des affaires de la province. Pour cette raison, on la nomme Palais. C’est un lieu hautement symbolique, qui n’a pas été abîmé par les batailles de la Conquête. Cependant, il est désaffecté puisque le Roi de France cède la place aux Britanniques. En 1775, il est en ruines et ses vestiges vont subsister jusqu’en 1870. C’est le site de l’îlot des Palais, en bas de la Côte du Palais. Si, au moins, les dommages du temps ont été freinés, qu’arrivera-t-il de ce lieu hautement symbolique? Les archéologues se questionnent.


[église Saint-Vincent-de-Paul, vue arrière]

La façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul est érigée comme un monument à l’incapacité des administrations et des gouvernements à faire respecter leurs règlements sur le patrimoine culturel. Au promoteur immobilier, j’ai envie de rappeler que personne ne visite le Vieux-Québec pour voir un hôtel; il faut une raison pour se déplacer dans la Vieille-Capitale et payer 175$ par nuitée. Aux gouvernements, j’ai envie de demander: quel autre projet occupe tellement votre temps que vous ne pouvez trouver une solution à celui-ci?

À l’ombre des remparts, à deux pas de la porte Saint-Jean, derrière le bar Chantauteuil se trouve l’École Nationale, une institution protestante pour orphelins (NOPPEN et al., Québec, trois siècles d’architecture, p. 350). Construite en 1822, il s’agit d’une institution importante pour les anglophones qui a été agrandie en 1842. Le bâtiment a ensuite été vendu aux Jésuites avant d’être transformé en bar. Aujourd’hui, il est désaffecté, attendant une mort lente.


[Manège militaire]

Dernier en lice, le Manège militaire, ravagé par un incendie au printemps 2008. Construit par le même architecte qui a réalisé l’Hôtel du Parlement de Québec, Eugène-Étienne Taché, il est conçu dans un style château français complètement anachronique. Un flottement persiste autour de la vocation future de ce bâtiment fédéral à quelques pas de la législature provinciale. 

Soulignons finalement que les trois premiers bâtiments font partie de l’Arrondissement historique du Vieux-Québec tel que présenté à l’UNESCO

Aucun engagement formel n’ayant été pris à l’égard de ces immeubles, l’inquiétude est de mise.

1. Célébrer l’histoire de Québec et de la Nouvelle-France
Est-ce un symptôme du peu d’intérêt que les Québécois portent à la question identitaire ces jours-ci? Est-ce une tendance lourde de la société post-moderne où les enjeux nationaux sont mis au rencart pour se concentrer sur le plaisir personnel? Est-ce un résultat de la présence d’un gouvernement fédéraliste à Québec? Peu importe la raison, il demeure indéniable que les célébrations entourant le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec avaient une bien faible profondeur historique. 

Comment peut-on accepter que la fondation de Québec ait été récupérée pour servir de point d’ancrage du Canada coast-to-coast? Avec placidité, les Québécois et les Québécoises ont accepté qu’un moment important de leur histoire collective soit revu et corrigé selon une grille de lecture politique. Cela s’appelle du révisionnisme.

Pourquoi certains artistes sont-ils si heureux de faire un pied-de-nez à l’histoire? Pourquoi la fierté d’être décroché de l’histoire est-elle ainsi valorisée? Il n’est pas question d’embrigader les artistes pour défendre une cause qui ne leur semble pas importante, mais de se demander pourquoi l’histoire s’efface-t-elle autant de leurs préoccupations artistiques.

Comment critiquer la présence inconcevable de Paul McCartney pour célébrer la consolidation de la Nouvelle-France sans passer pour le pire des chiâleux? N’existe-t-il pas d’espace critique au Québec pour ramener les pendules à l’heure et rappeler que l’événement célébré n’est pas le Festival d’été élargi de 2008, mais bien le 400e anniversaire de fondation de Québec? Quel est le rapport entre l’artiste et l’événement? 

J’ai espoir, tant que certains irréductibles lutteront contre ce lent mouvement d’effacement historique.

En ce sens, sans aborder la question politique, il me semble que les célébrations entourant le 400e auraient pu servir de point d’ancrage pour tous les francophones d’Amérique du Nord. Rappeler à nos puissants voisins au sud de la frontière l’importance de la Nouvelle-France dans la fondation de Détroit, Saint-Louis, la Nouvelle-Orléans aurait pu créer des liens nouveaux autour d’un passé partagé.

Entendre Daniel Gélinas, sur les ondes de Radio-Canada hier, faire le bilan du 400e en soulignant que l’événement a permis de montrer sur la scène internationale que la ville de Québec pouvait accueillir les grandes vedettes, voilà qui augure bien pour son Festival, mais qui laisse l’historien en moi bien songeur.  

En terminant, j’aimerais souhaiter à mes 5000 lecteurs de bonne célébrations autour de l’arrivée de l’année 2009. Je conserverai ce blogue aussi actif durant l’année qui vient, tout en veillant à l’ajout de nouveaux services.

Marc

Le Musée acadien de l’Université de Moncton va dévoiler vendredi, le 24 octobre 2008 à 11h30, le tableau La Présentation de Jésus au temple, du peintre français Louis de Boullogne Le Jeune. L’oeuvre, peinte en 1688, vient d’être restaurée.

Selon toutes probabilités, il s’agit d’un tableau du Fonds Desjardins. Rappelons qu’en 1816, l’abbé Desjardins avait expédié de Paris à Québec une collection de près de 200 tableaux qui devaient servir à meubler les églises de la province (Morisset, Coup d’oeil sur les arts en Nouvelle-France, Québec, 1941). 

Le tableau rejoindra la collection permanente du Musée après ce dévoilement. Si vous habitez près de Moncton ou que vous prévoyez y passer, ne manquez pas d’y faire un arrêt!

Pour en savoir plus:

* Le site du Musée acadien de l’Université de Moncton
* Une entrevue accordée par Bernard LeBlanc, directeur du Musée, à Radio-Canada

Je propose un extrait du rapport de 23 pages que j’ai obtenu auprès de Bernard Leblanc, conservateur du Musée. La lecture du document en entier est fascinante.

L’objet est un tableau religieux qui ornait autrefois le sanctuaire de l’église de Grande-Digue [1], un village acadien dans le sud-est du Nouveau-Brunswick. Cette grande toile, dont le sujet est la Présentation de Jésus au temple [2], avait été donnée au Musée acadien en 1969, suite à la réforme liturgique promulguée par le Concile Vatican II. Il n’y avait pas de signature visible sur la toile, alors il était présumé qu’il s’agissait d’une copie d’un grand maître quelconque, comme c’était le cas de la plupart des tableaux dans les églises en Acadie. Faute d’espace, la toile fut remisée dans l’entrepôt du musée où elle demeura depuis, sauf pour une brève période de temps lors d’une exposition sur les objets religieux du musée en 1986.

Plus récemment, soit à l’automne 2006, le tableau fut préparé pour des travaux de restauration suite à une entente avec la Société historique de Grande-Digue qui désirait emprunter la toile sur une base à long terme afin de l’exposer à nouveau dans leur église. La restauration fut confiée à Monsieur Adam Karpowicz, restaurateur à la Owens Art Gallery de l’Université Mount Allison à Sackville, Nouveau-Brunswick. [3]

[Signature «L. Boulogne J.f.» qui se trouvait cachée par le cadre. On y voit la date originale de 1688 avec une deuxième date «1788» en noir, ajoutée au-dessus de la première. Les taches rouges sont des endroits abîmés du tableau qui laissent voir la couche de base de la toile. Photo: Edgar Léger, 2006]

À notre grande surprise, lorsque la toile fut enlevée de son cadre, une signature a été mise à jour, soit « L. Boulogne. J. f. » (Louis Boulogne le Jeune fecit). Cet obscurcissement de la signature était dû à une ancienne modification du tableau lorsqu’il avait été installé dans un cadre plus court que l’oeuvre originale. La toile même mesure 312 cm x 210 cm [4] tandis que le cadre, dans ses dimensions intérieures, mesure 256 cm x 207 cm [5]. Ainsi, une partie du haut et une partie du bas de la toile avaient été repliées en arrière du faux cadre de sorte que le nouveau cadre recouvrait la signature de l’artiste.

Cette découverte semblait donc confirmer un lien avec cet artiste français qui nous avait été récemment signalé par un admirateur du tableau, Monsieur Jean Gould, de Montréal. Celui-ci nous présenta de l’information sur le tableau La Présentation au Temple qui est conservé au musée du Louvre, œuvre de Louis Boulogne (Boullogne, de Boullogne, Boulongne) le jeune, datée 1715 (voir Fig. 6). Quoique la composition n’est pas la même dans ces deux tableaux, il y a plusieurs détails qui sont très semblables – ce qui nous laissait donc croire que le tableau de Grande-Digue était une copie de celui du Louvre.  

Bien que difficile à discerner, une date avait toujours demeurée visible ou partiellement visible au verso de l’œuvre encadrée, soit « 1788 ». Cependant, en examinant la toile pour la première fois, M. Karpowicz s’est rendu compte que l’œuvre était très ancienne et, selon son avis, elle datait au moins du début du 18e siècle et peut-être même de la fin du 17e. En effet, une découverte surprenante a été faite lors du nettoyage de la toile par le restaurateur : dessous des couches successives de peinture, vernis et poussière, une autre date fut mise à jour, soit « 1688 ».

Les deux premiers chiffres et une partie des deux derniers chiffres de la date 1688 avaient été peints par-dessus lors d’une ancienne restauration, de sorte que seulement une partie du « 88 » était à peine visible. En toute probabilité, cette dernière date aurait été ajoutée plus tard, lorsque quelqu’un a voulu mettre de nouveau en évidence l’âge du tableau, en y inscrivant « 1788 » croyant qu’il s’agissait de la date originale. 

Selon M. Karpowicz, il semble qu’il y eut au moins trois anciennes restaurations du tableau. C’est lors de la première restauration qu’une couche de peinture fut appliquée par-dessus les deux premiers chiffres et partiellement par-dessus les deux derniers de la date originale. À la deuxième restauration, une autre couche de peinture a complètement recouvert la date originale et, semble-t-il, ce fut à ce moment que la date « 1788 » fut ajoutée. La troisième restauration comprit la réduction de la grandeur originale de la toile pour accommoder le cadre actuel. 

On peut établir la période de temps dans laquelle la deuxième date aurait été ajoutée, soit entre 1788 et 1821. La nouvelle date fut ajoutée évidemment après 1788 mais avant l’installation de la toile dans son cadre actuel puisque cet encadrement ne permettait pas de voir cette date. En se basant sur les copies du tableau par Jean-Baptiste Roy-Audy, faits en 1821, 1822 et 1826 (voir fig. 12), le cadre actuel semble avoir été présent sur le tableau à cette époque. Dans ces copies, le bas du tableau s’arrête au même endroit que la toile originale dans son cadre raccourci [6].

Avec la découverte de la signature et de l’ancienne date – date qui précède celle du tableau de 1715, conservé au Louvre – nous avons entrepris une recherche sur Internet, ainsi que par correspondance. Selon l’opinion des experts consultés, la toile de Grande-Digue serait, effectivement, une œuvre originale de Louis Boulogne le jeune, datée 1688.


[Louis Boulogne le jeune, La Présentation au Temple, 1715, Collection du Musée du Louvre. Ce tableau se trouvait originalement dans la cathédrale Notre-Dame de Paris et fut acquis par le Musée du Louvre en 1862]

Une comparaison entre les tableaux de 1715 et de 1688 nous révèle des similarités, notamment la pose du grand prêtre avec son bras droit allongé. Il y a aussi de nombreuses différences, en particulier l’habit du grand prêtre et la position des bras de la Vierge. De plus, la Vierge se trouve agenouillée dessous le bras allongé du grand prêtre dans le tableau de 1715 tandis qu’elle se trouve de l’autre côté du prêtre dans celui de 1688.

Nous avons pris connaissance d’au moins sept copies de la Présentation de Jésus au Temple d’après Louis Boulogne le jeune. Deux sont en France, soit le tableau dans l’église Saint-Barthélemy à Cahors et le tableau dans l’église du château La Chapelle-Bouëxic en Bretagne. Les cinq autres se trouvent ou se trouvaient au Québec. Trois de ces dernières sont des oeuvres du copiste québécois, Jean-Baptiste Roy-Audy, exécutées en 1821, 1822 et 1826; une autre est de Théophile Hamel, réalisée en 1861 et une se trouvait dans l’église de Pointe-aux-Trembles, Québec.


[Gauche: Sainte-Anne-de-Varennes, 1821; Centre: Saint-Antoine, Longueuil, 1822; Droite: Ursuline, Québec. Les informations sur les photographies de gauche et de droite ont été fournies par Jean Gould.]

Il est intéressant à noter que les copies de Roy-Audy sont d’après l’œuvre de 1688 et non celle de 1715 – ce qui nous montre que l’œuvre originale était présente à Québec en 1821. Dans ces trois copies, le bas de la toile finit exactement au même endroit que le tableau original dans son cadre actuel. Ceci semble indiquer que l’oeuvre originale était dans son cadre actuel à l’époque. Toutefois, dans la copie A, le personnage assis à la gauche est positionné plus haut que dans l’œuvre originale de sorte que son pied est visible et dans la copie B, ce même personnage est déplacé plus à la gauche que dans l’œuvre originale. Évidemment, Roy-Audy a pu voir l’œuvre originale dans sa pleine grandeur en 1820 ou 1821. 

Quant à la provenance originale du tableau, il sera peut-être impossible de savoir qui en était le premier propriétaire. Sa date de 1688 semblait nous offrir un indice intéressant puisqu’elle coïncide avec une commande royale de 13 tableaux faite auprès des frères Boulogne, soit Louis le jeune et Bon, en 1687 et 1688. Ces œuvres étaient destinées pour le palais de Versailles – plus précisément, la chapelle du château et le Grand Trianon – ainsi que pour l’église avoisinante de Saint-Cyr. Cependant, le montant payé à ces deux artistes pour lesdits tableaux était 3 950 livres – une somme qui correspond plutôt à des tableaux de petite taille. Ceci semble donc exclure la possibilité que notre tableau faisait partie de cette commande royale de 1687-1688 [7].  

Toutefois, M. André Maral, conservateur au Musée national du château de Versailles, nous a fait part d’un document intéressant (par l’entremise de M. Stéphane Loire) qui nous donne une autre piste sur l’origine du tableau. « Il s’agit d’un document établi en 1790-1794 et publié par Alexandre Tuetey (”Procès-verbaux de la commission des monuments, 1790-1794″, Nouvelles Archives de l’Art français, XVII, 1901 (1902), p. 330), à propos de peintures provenant du couvent des Ursulines de Saint-Denis, près de Paris. On y trouve en effet mentionnés “six grands tableaux, peints par Boulogne, de 9 pieds 1/2 de hauteur sur 6 pieds 1/2 à 7 de largeur… représentant Le 1er, la Visitation (…) Le 5e, la Présentation au Temple…” »[8] 

Dans les anciennes mesures françaises de l’époque (1 pied-du-roi = 32,484 cm), les dimensions de notre tableau de Boulogne mesurent approximativement 9 pieds 7½ pouces x 6 pieds 5 pouces (312 cm x 210 cm) [9] – ce qui est très proche au 9 ½ pieds x 6 ½ pieds des tableaux du couvent des Ursulines. De plus, l’orientation verticale du tableau correspond aussi à celle de ces six tableaux. Ainsi, il est bien possible que notre tableau fût originalement la propriété du couvent des Ursulines de Saint-Denis.

M. Loire a aussi souligné que « l’on ne sait ce que seraient devenues les autres (tableaux) mentionnés dans cette liste, et il est surprenant qu’il semble n’en exister aucune trace dans la littérature sur Louis II de Boullogne. » Si, en effet, notre tableau faisait partie de cette liste et qu’il fut éventuellement acquis par l’abbé Desjardins et envoyé à Québec en 1820, alors il se peut que l’abbé Desjardins ait aussi acheté les cinq autres tableaux de Boulogne – ce qui expliquerait peut-être leur subséquente absence dans les sources documentaires ou littéraires. En ce qui concerne ce couvent des Ursulines, construit en 1640 ou 1644, il est devenu bien national en 1793 et utilisé comme magasin de subsistance et d’approvisionnement pour Paris en 1799. La plus grande partie de ses bâtiments, y inclus la chapelle, fut démolie en 1842. [10] 

  1. L’épellation originale du village était « Grand-Digue ».
  2. Le sujet de cette toile pourrait également être la « Purification de Marie ».
  3. La restauration du tableau a été rendu possible grâce à une contribution de la province du Nouveau-Brunswick (Ministère Mieux-être, Culture et Sport, Direction du Patrimoine, L’unité des Services aux musées par l’entremise du Programme Restauration d’œuvres d’art).
  4. La toile comprend deux pièces cousues ensembles; il y a une couture verticale qui se trouve à 98 cm du bord droit. Le nombre de fils de la toile est 33 x 36 / pouce carré.
  5. Les dimensions du tableau dans les mesures anglo-saxonnes (1 pied = 30,48 cm) sont approximativement 10’ 3’’ x 6’ 11’’. Dans les anciennes mesures françaises (1 pied-du-roi = 32,484 cm), il mesure  environ 9’ 7’’ x 6½ ’.
  6. Dans la copie de 1821, le personnage assis à la gauche est déplacé vers le haut de sorte qu’on y voit ses pieds. Ceci indique que Roy-Audy a du voir la toile dans sa pleine grandeur avant l’installation du cadre.
  7. Extrait d’un courriel de Stéphane Loire à l’auteur (2007-5-25) : « Votre rapprochement avec la série des tableaux exécutés en 1687-1688 pour des églises de Versailles est très intéressant mais nous ne connaissons ni les sujets, ni les dimensions de ces oeuvres, et leur grand nombre, comme les prix payés, m’incitent à penser qu’ils devait s’agir de tableaux beaucoup plus petits que celui de Grande-Digue. »
  8. Stéphane Loire, courriel à l’auteur 2007-8-20. Cette information lui avait été signalée par Alexandre Maral, conservateur au musée national du château de Versailles.
  9. Approximativement 10’ 3’’ x 6’ 11’’ en pieds anglais.
  10. http://www.fra.cityvox.fr/visiter_paris/ancien-couvent-des-ursulines_74403/Profil-Lieu