Marc Gauthier
Mon espace consacré à l'art et à son histoire. Point focal: Québec.
Gilbert Poissant au Centre MATERIA cet automne
Gilbert Poissant expose ses oeuvres au Centre MATERIA du 10 septembre au 31 octobre 2010 dans «Le jeu du collectionneur»

Gilbert Poissant expose ses oeuvres au Centre MATERIA du 10 septembre au 31 octobre 2010 dans «Le jeu du collectionneur»

(Communiqué) Québec, le 25 août 2010 – Du 10 septembre au 31 octobre 2010, le Centre MATERIA consacrera son espace d’exposition à une œuvre-bilan, « Le jeu du collectionneur », de l’artiste chevronné Gilbert Poissant, connu et reconnu comme un grand céramiste québécois. Monsieur Yvon Noël, directeur des activités éducatives et de l’accès à la culture au Musée national des beaux-arts du Québec, lequel est également le fondateur du Centre MATERIA, agira à titre de président d’honneur de l’événement.

La recherche et la réalisation de cette œuvre majeure, un travail axé sur la mémoire, le passage du temps et la constitution d’un langage graphique unique, s’est étendue sur plus de cinq ans. « Le jeu du collectionneur » forme un ensemble composé de quatre parties, soit : La collection, Le jeu, Shadows et Objets spécifiques. Les trois premières parties ont été présentées en 2007, 2008 et 2009. Toutefois, La collection et Le jeu ont été modifiés et bonifiés depuis. La quatrième partie, Objets spécifiques, est exclusive et sera exposée au Centre MATERIA pour la première fois à compter de septembre 2010.

Gilbert Poissant, La Collection (détail), 2008. Objets trouvés, acrylique. Source: Centre MATERIA.

Gilbert Poissant, La Collection (détail), 2008. Objets trouvés, acrylique. Source: Centre MATERIA.

À la base de cette œuvre, se trouve une installation murale de plusieurs centaines d’objets de bois amassés par l’artiste sans but précis. L’assemblage linéaire, composé de formes et de mémoires de toutes sortes, s’apparente à un texte, lequel peut être lu à de multiples niveaux.

En second lieu, cette installation murale a été transposée en un ensemble de formes évoquant des villes utopiques. L’intérêt de l’artiste pour l’architecture se trouve ainsi matérialisé dans une maquette à usage ludique, une juxtaposition qui donne naissance à un paysage urbain fictif, poétique et visionnaire, dans la tradition moderniste des jeux d’architecture.

Gilbert Poissant, Le Jeu (détail), 2008. Bois, acrylique. Souce: Centre MATERIA

Gilbert Poissant, Le Jeu (détail), 2008. Bois, acrylique. Souce: Centre MATERIA

Gilbert Poissant, Shadows (détail), 2009. Porcelaine noire. Source: Centre MATERIA

Gilbert Poissant, Shadows (détail), 2009. Porcelaine noire.Source: Centre MATERIA

Dans la troisième partie de l’œuvre, intitulée Shadows, 600 silhouettes créent une frise architecturale en même temps qu’un alphabet de formes et un langage de signes. Composée de 11 sections autonomes de 60 x 60 cm formant un tout, elle résulte de recherches techniques récentes puisqu’elle est réalisée par découpe numérique au jet d’eau à haute pression, une technique de haute précision qui souligne et renforce l’aspect graphique de l’œuvre.

Enfin, la quatrième partie constitue des représentations, sous forme de bas-reliefs de procelaine, de certains des objets de la collection.

Gilbert Poissant, Objets spécifiques (détail), 2010. Porcelaines. Source: Centre MATERIA

Gilbert Poissant, Objets spécifiques (détail), 2010. Porcelaines. Source: Centre MATERIA

L’exposition est accompagnée d’un catalogue, lequel, soulignant au passage les dix années d’existence du Centre MATERIA, est abondamment illustré et constitue un complément d’informations substantiel. Y avoir recours permet de saisir toute la portée de cette œuvre-bilan de Gilbert Poissant. Réalisé par le Centre MATERIA, en partenariat avec les Éditions Varia, il est possible de se le procurer, au coût de 20$, au Centre MATERIA ou le site web, au www.centremateria.com.

« Le jeu du collectionneur »
L’œuvre, fondée sur une prémisse voulant que tout objet contienne une architecture, est constituée de quatre parties: une collection d’objets de bois, un jeu de construction, un polyptique mural de céramique ainsi que des murales autonomes de porcelaine.

Première partie: « La collection »
À la base du projet « Le jeu du collectionneur », se retrouve une installation murale de plus de 600 objets de bois, méticuleusement classés selon leurs dimensions et regroupés par la suite en différents ensembles. Pendant des dizaines d’années, Gilbert Poissant a amassé sans but précis des objets, surtout de bois, choisis au hasard. Avec le recul, l’artiste a établi un lien entre ces nombreux éléments, puis entre cette « collection » d’objets et la thématique des archéologies imaginaires présente dans son corpus artistique. Dans le but de pouvoir effectuer une lecture de l’ensemble de ces objets, l’artiste a élaboré un système de classification et de montage rigoureux, conférant à son œuvre sculpturale un aspect binaire puisque le ludisme de la cueillette vient s’opposer au sérieux du classement et du montage. Ces objets collectionnés possèdent chacun une histoire différente, référant à des lieux, à des événements, à des personnes, à des époques qui leur sont spécifiques. Le temps, la matière (le bois) et l’architecture demeurent cependant les thèmes privilégiés. Cette première partie de l’exposition est constituée d’une installation murale présentée sur une ligne d’environ 30 mètres de longueur.

Deuxième partie: « Le jeu de construction / œuvre interactive »
Dans l’esprit des jeux d’architecture, l’installation murale est transposée dans un ensemble de formes. Les objets de l’installation de la collection ont été numérisés et leurs profils, découpés dans deux matériaux, l’acrylique et le bois (contreplaqué de merisier multicouche et trois essences de bois exotiques). Par cette œuvre, Gilbert Poissant démontre sont intérêt pour l’architecture qui se trouve ainsi matérialisé dans une maquette à usage ludique, une juxtaposition de solides qui donnent naissance à un paysage urbain fictif, poétique et visionnaire, dans la tradition moderniste des jeux d’architecture. On retrouve d’ailleurs cette préoccupation chez des architectes du 20e siècle, notamment Le Corbusier, avec Ville contemporaine de trois millions d’habitants et Frank Lloyd Wright, avec Broadacre City.

Troisième partie: « Shadows»
La troisième partie du projet est composée d’un polyptique mural de porcelaine découpée. Les 600 objets de la collection sont, cette fois,découpés dans des feuilles de porcelaine noire de grand feu, puis assemblés pour créer une frise architecturale. Toutes ces formes, comme il est mentionné ci-dessus, font référence à différentes histoires, personnes, thèmes, ou architectures, chaque lettre, ou chaque signe, a la valeur d’un hiéroglyphe ou d’un idéogramme.

Quatrième partie: « Objets spécifiques »
La quatrième partie est constituée des représentations, sous forme de bas-reliefs, de certains des objets de la collection, groupés par deux, trois ou quatre. Ces formes noires sont serties dans des feuilles semblables de porcelaine blanche polie après cuisson. Réalisé en porcelaine, et regroupant quelques objets à la fois, chaque « Objets spécifiques » résulte d’une volonté de simplifier le vocabulaire graphique et de créer des « phrases visuelles ».

Gilbert Poissant. Source: Centre MATERIA

Gilbert Poissant. Source: Centre MATERIA

NOTES BIOGRAPHIQUES
Gilbert Poissant, né à Iberville, Québec, en 1952, partage son temps entre Mont-Saint-Hilaire et Montréal. Artiste multidisciplinaire, il s’exprime surtout par la sculpture, l’installation et la murale de céramique. Son travail a été présenté au Québec, au Canada et à l’étranger. Reconnu pour sa contribution à l’art public, il est le créateur de nombreuses œuvres intégrées à l’architecture, étroitement liées à sa démarche artistique personnelle qui se manifeste dans des expositions en galeries, centres d’artistes ou musées.

En 1999, Poissant remportait un concours national pour la réalisation de l’œuvre d’art qui orne l’École nationale d’administration publique à Québec. Parmi ses nombreuses murales réalisées depuis 1983, mentionnons celle de la station de métro Outremont, celle de l’École de Technologie supérieure à Montréal

et celles de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe. Ses œuvres font partie de plusieurs collections publiques et privées dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec, du Musée d’art contemporain de Montréal et du Musée canadien de la céramique et du verre à Waterloo, Ontario. Il fut nommé membre de l’Académie Royale des Arts du Canada en 2003.

Parmi les expositions clés qui jalonnent les 30 ans de carrière de Poissant, mentionnons Le Jeu du collectionneur, un corpus d’œuvres constitué de trois installations, inspiré d’une collection de centaines d’objets de bois amassés sur plusieurs décennies, présenté à Circa en 2008 et à la Maison de la Culture Côte-des-Neiges en 2009. Notons également Architectures intimes, présentée en 2007 à la Mackenzie Art Gallery à Regina, Saskatchewan et au Surrey Art Gallery à Surrey, en Colombie- Britannique, Arrêts sur espace, présentée à Plein sud, Centre d’exposition en art actuel et au Musée des beaux-arts de Mont- Saint-Hilaire en 2001, 5 fois 2 temps au Centre Expression de Saint-Hyacinthe et dans plusieurs centres d’exposition du Québec en 1997, Jardin de tessons au Musée de la Ville de Lachine en 1995 et enfin, Céramique et architecture, comme artiste invité à la 6e Biennale nationale de céramique de Trois-Rivières en 1994.

En 2007, Gilbert Poissant a été invité à créer, sur place, une œuvre permanente au FuLe International Ceramic Art Museums (FLICAM) à Fuping, en Chine et, en 2005, à participer au symposium international Barro de América au Venezuela. Il est accueilli régulièrement en résidence d’artiste au pays et à l’étranger.

http://www.gilbertpoissant.com
contact@gilbertpoissant.com

DÉMARCHE ARTISTIQUE
« Dans un monde fasciné par le virtuel qu’il ne cesse, du reste, de domestiquer à des fins créatrices, Gilbert Poissant conserve un intérêt profond pour la matière, pour lui gage d’authenticité et d’ancrage dans la réalité des choses. Céramiste de formation, il en est venu à transformer sa pratique, à la métisser en lui intégrant d’autres horizons techniques et esthétiques. Cet artiste multidisciplinaire touche à la fois la sculpture, l’installation et la murale et utilise des matériaux divers tels la céramique, le bois, la pierre et l’objet trouvé ainsi que les procédés numériques.

Sur le plan du contenu, Poissant s’intéresse au passage du temps et à la représentation des différentes façons de le mesurer, du cadran solaire au cycle lunaire, de la goutte d’eau à la croissance d’un arbre. Il constitue ainsi un nouveau vocabulaire plastique, efficace tout en étant raffiné, aux correspondances multiples. Très justement qualifiées par l’artiste de « pictogrammes poétiques », ces images n’en sont pas moins empreintes de sensualité. Et dans cette démarche, l’architecture est une source majeure d’inspiration, qui contribue à structurer sa poétique de l’espace.

Avec ses formes synthétiques ou non-figuratives, le langage visuel forgé par Gilbert Poissant se situe aux frontières de l’abstraction. Certaines œuvres en effet, évoluent dans le domaine de la géométrie. Bidimensionnelles ou tridimensionnelles, les œuvres de cet artiste polyvalent résonnent entre elles : la réflexion amorcée par l’une se prolonge dans une autre. Au surplus, dans les œuvres ainsi créées, l’intelligence du propos s’allie à la poésie de la couleur et des surfaces. »
- Pascale Beaudet, historienne de l’art et commissaire indépendante

Un programme éducatif complet, comprenant un atelier portant sur la collection d’objets dans le cadre de l’exposition, sera offert aux groupes scolaires de 3e et 4e années le vendredi 24 septembre, à l’occasion des Journées de la Culture. D’autres dates sont également disponibles, puisque l’atelier sera accessible pendant toute la durée de l’exposition. Sur réservation seulement. Gratuit. Places limitées. Cadre de présentation du programme éducatif disponible, sur demande, pour plus de détails.

Pour information ou réservation, veuillez contacter Caroline Chabot, au 418-524-0354, poste 249.

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