Impressions de «Système 0.48b» de Pierre-Olivier Fréchet-Martin à la Galerie des arts visuels

Système 0.48b, de Pierre-Olivier Fréchet-Martin

Système 0.48b, de Pierre-Olivier Fréchet-Martin

La Galerie des arts visuels de l’Université Laval se drape de noir ces jours-ci pour présenter l’installation Système 0.48b de Pierre-Olivier Fréchet-Martin. La vitre de la porte d’entrée de la galerie est recouverte d’un drap noir et une affiche nous indique l’entrée. Une fois dans la salle, les lumières sont tamisées et un espace est créé sur notre gauche par des draps suspendus du plafond. Une flèche nous marque le chemin à emprunter.

Avant de pénétrer cet espace artificiel, une petite télévision diffuse une vidéo d’images du ciel. On aperçoit des nuages qui se déplacent, lentement. La résolution de ces images est faible et la pixelisation importante. Bon, me dis-je, quel est l’intérêt?

Délaissant la vidéo, je décide de traverser les draps noirs suspendus pour entrer dans la pièce ainsi créée. Je ne sais pas ce qui m’attend de l’autre côté.

L’installation est composée de dizaines d’ampoules suspendues du plafond. Les globes sont dénudés. Les fils électriques au bout desquels elles pendent varient en longueur. Parfois, je peux marcher sous les ampoules, d’autres fois elles s’allongent du plafond jusqu’à ma cheville.

La lumière émise par les ampoules semble obéir à son propre rythme. Des coins de la pièce s’illuminent peu à peu tandis que d’autres se plongent dans l’obscurité.

Je cherche à comprendre la clé animant l’ensemble. Est-ce que les ampoules réagissent à ma présence? Je me déplace près d’une ampoule et, durant un instant fugace, je vois la lumière. C’est cela, me dis-je. Je suis dans une installation où le corps du spectateur anime l’ensemble. C’est brillant.

Je continue à me mouvoir dans l’espace, tentant d’interagir avec la création qui se déploie tout autour de moi. Tiens, les lumières ne fonctionnent plus sur mon passage. Plutôt, c’est ce coin lointain, là-bas, qui se met à briller avec une intensité difficile à manquer.

Je m’immobilise, un peu frustré. Finalement, il semble que la clé de lecture que je me suis donnée ne soit pas la bonne. Sans bouger, sans rien faire, les ampoules continuent à s’animer, au rythme d’une mélodie qui m’échappe. Dans ces cas-là, l’expérience m’apprend que je suis mieux d’ouvrir les canaux émotifs et de mettre le cerveau en sourdine. Je laisse le rythme m’envahir. C’est bien, c’est sympa.

En sortant de la pièce drapée, je jette un nouveau regard sur la vidéo. Non, décidément, je ne vois pas le lien.

Ce n’est qu’en parlant avec le personnel de la Galerie et en lisant le communiqué de presse que je comprends le rapport entre ces deux parties de l’installation.

L’image pixelisée des nuages anime les lumières de l’installation. À chaque ampoule correspond un pixel de cette vidéo diffusée dans les tons de gris. Il existe 48 pixels, d’où le titre de l’installation. Plus le pixel s’approche du blanc, plus la lumière diffusée par l’ampoule est forte. Le mouvement de la lumière correspond ainsi au mouvement des nuages.

Selon moi, le lien entre les deux parties de l’installation n’est pas assez évident. Si l’idée de départ est ingénieuse et porteuse de sens (des images vidéo – donc de la lumière – matérialisées à l’aide d’ampoules – de la lumière également), sa communication au public m’apparaît déficiente pour en apprécier toute la richesse. Soyez donc averti/avertie si vous passez par la Galerie des arts visuels: ce n’est pas votre présence qui anime l’installation! Malgré cette lacune, il ne faut pas hésiter à se plonger dans l’environnement créé par l’artiste qui est immersif et poétique.

Système 0.48b de Pierre-Olivier Fréchet-Martin est présenté à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval jusqu’au 21 mars 2010. L’entrée est libre.

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