Marc Gauthier
Mon espace consacré à l'art et à son histoire. Point focal: Québec.
Nouvelle exposition permanente Partir sur la route des francophones au Musée de l’Amérique française
Mise en scène rappelant le mouvement de colonisation et les activités agricoles dans l’Ouest du pays. Photo: Amélie Breton, Perspective.

Mise en scène rappelant le mouvement de colonisation et les activités agricoles dans l’Ouest du pays. Photo: Amélie Breton, Perspective.

(Communiqué de presse) Québec, le 9 mars 2010 – Pourquoi quitter sa terre natale avec pour tout bagage sa culture, sa langue et sa foi? Qu’’est-ce qui peut bien pousser quelqu’’un à aller au-delà des frontières préétablies? Une quête de vie meilleure, un appel de la famille ou celui de l’’aventure?

PARTIR sur la route des francophones, la toute nouvelle exposition permanente du Musée de l’’Amérique française, nous entraîne sur les traces laissées par les francophones qui ont décidé de s’’installer sur le continent nord-américain. Une collaboration de l’’Hôtel Château Laurier Québec, hôtel officiel du Musée de l’’Amérique française.

Que ce soit par les routes d’’eau, de terre ou de fer, ils se sont approprié de nouveaux lieux pour y faire vivre des communautés à l’’image de leur culture d’’origine. Certains par désir de répandre la foi chrétienne, comme la religieuse Esther Parizeau qui aménagea un couvent en Oregon, tandis que les frères Victor et Prudent Beaudry s’’installèrent à Los Angeles (Prudent sera maire de la municipalité en 1875) pour faire fortune. D’’autres ont pris la route vers la côte est américaine avec toute leur famille, attirés par le travail dans les usines de textiles.

« En dressant un portrait magistral de ces hommes et ces femmes qui ont rayonné à travers tout le territoire nord-américain, cette exposition nous fait prendre conscience de l’’impact qu’’ils ont eu sur son développement et que la francophonie en terre américaine ne se limite pas au Québec, à la vallée du St-Laurent ou à la Louisiane. C’’est la mission du Musée de l’’Amérique française de faire connaître ces histoires individuelles et collectives dont certaines seraient dignes d’’un roman » a souligné la directrice générale par intérim du Musée de la civilisation, madame Danielle Poiré.

Suivez le ruban rouge, s.v.p. !
La partance et le voyage sont illustrés par un ruban rouge que l’’on suit tout au long du parcours. Il débute par une projection holographique qui évoque l’expérience humaine des migrations. Des niches d’’objets, associées aux trois foyers de colonisation française en Amérique du Nord (l’’Acadie, la vallée du Saint-Laurent et la Louisiane), sont intégrées à cette introduction, ainsi qu’’une carte interactive traçant les principaux chemins explorés par Champlain, Desgroseillers et Radisson.

En marchant, voici que le ruban se transforme en banquette permettant le visionnement confortable d’un document vidéo, narré par l’’anthropologue Serge Bouchard. Il nous explique le contexte des déplacements de l’’Ancien au Nouveau Monde, mais surtout cette volonté de continuer à repousser les frontières à l’’intérieur même du continent nord-américain.

Par la suite, le visiteur se retrouve dans un corridor qui rappelle les quais de départ avec ses valises qui s’’empilent et ses murmures incitant à la migration. Cette ambiance le mène vers cinq mises en scène évoquant les différents motifs qui ont incité les francophones à partir.

D’’abord, au XVIIIe siècle, c’’est le commerce de la traite des fourrures et l’’établissement de nouveaux noyaux francophones sur le territoire qui animent les individus. Tendez l’’oreille pour entendre Jean-Baptiste Trudeau qui, par le biais de son journal, raconte ses difficiles journées à travers la forêt.

La mise en scène suivante, c’’est la propagation de la foi catholique par l’’établissement de lieux de culte et d’’enseignement. Plusieurs communautés religieuses ont créé des paroisses catholiques et ont aidé l’’enracinement de la culture française dans ces contrées éloignées. Regardez de plus près le petit pupitre, il a des histoires à raconter.…

Le troisième espace rappelle le mouvement de colonisation et les activités agricoles par un champ de blé et un magasin général. Haut lieu de rencontres dans la création de nouvelles communautés, des témoignages surgissent des bocaux sur les étagères.

La quatrième zone s’’inscrit dans l’’ère du progrès et du développement industriel notamment dans les usines de textiles du Maine.

Enfin, la dernière scène est l’’occasion de découvrir que les communications, qu’’étaient les journaux et la correspondance, ont joué un rôle primordial dans les multiples vagues de déplacements. Une installation audiovisuelle où toutes les émotions liées à cette grande odyssée francophone en Amérique du Nord clôt l’’exposition.

Des objets qui ont voyagé
La canne d’’un Acadien déporté, le journal d’’un commerçant de fourrures, le fusil d’’un pionnier, un cahier de dessins, une malle en osier, plus de 120 objets appuient le propos de l’’exposition. Des pièces significatives, car plusieurs ont accompagné les migrants dans leurs déplacements, les ont suivis jusque dans leur communauté d’’accueil. Nombreux sont ces objets qui se sont dispersés un peu partout sur le continent au sein de certaines collections institutionnelles, mais également à l’’intérieur du patrimoine des familles migrantes.

Quand l’’histoire est branchée!
PARTIR sur la route des francophones est certes une exposition historique, mais loin d’’être ennuyante! Pour ce faire, le Musée de la civilisation a choisi de travailler avec des conseillers scientifiques chevronnés ainsi qu’’avec l’’anthropologue Serge Bouchard qui, en plus de prêter sa voix, s’’est penché sur le contenu des textes.

Finalement, l’’aménagement de la salle est signé Olivier Dufour, qui a connu un immense succès avec Le chemin qui marche en 2008. Tout en ayant un grand respect pour les objets et les archives historiques, on sent la touche résolument moderne, mais qui saura vivre au moins 10 ans.

Pour en savoir plus sur les francophones qui sont allés au-delà des frontières et sur leurs rôles dans le développement du continent nord-américain, visitez la nouvelle exposition PARTIR sur la route des francophones au Musée de l’’Amérique française dès le 10 mars.

Ce corridor évoque les quais de départ avec ses valises qui s’empilent et ses murmures incitant à la migration. Photo: Amélie Breton, Perspective

Ce corridor évoque les quais de départ avec ses valises qui s’empilent et ses murmures incitant à la migration. Photo: Amélie Breton, Perspective

Des centaines de francophones ont repoussé les frontières du continent nord-américain et ont eu un impact majeur dans son développement. Voici quelques exemples :

  • Charles-Marie Pandosy (1824-1891), missionnaire oblat né à Marseille, ouvre, en 1859, une mission dans la vallée de l’’Okanagan, en Colombie-Britannique, et y plante les premiers arbres fruitiers.
  • Esther Parizeau (1823-1902) fait partie du premier groupe de Soeœurs de la Providence de Montréal à œoeuvrer en Oregon en 1856. Très habile, elle aménage le couvent en y construisant de ses propres mains le premier autel. Elle est consacrée « premier architecte du Nord-Ouest du Pacifique ».
  • Jos et Mader Trombley arrivent à Lower Saginaw (Bay City, Michigan) en 1835. Ils acquièrent plus de 300 acres de terre et rendent possible l’’installation de plusieurs colons canadiens-français.
  • De 1840 à 1930, près de 900 000 Canadiens français et de nombreux Acadiens gagnent les États-Unis, entraînés par la vague accélérée d’’urbanisation et d’’industrialisation américaine. Après 1900, un grand nombre de Canadiens français choisissent de s’’installer définitivement aux États-Unis et deviennent citoyens américains. Au tournant du 20e siècle, la ville de Woonsocket compte 17 000 francophones – 60 % de sa population –, recréant ainsi l’’univers d’un « Petit Canada ».
  • Les frères Victor et Prudent Beaudry de Sainte-Anne-des-Plaines vont profiter du boom économique de Los Angeles et le sud de la Californie pour faire fortune dans l’’immobilier, les transports, les communications et les mines. Prudent (1816-1893) est élu maire de Los Angeles en 1875.
  • Étienne Provost (1785-1850), né à Chambly, est l’’un des premiers à ouvrir la fameuse piste de Santa Fe. On lui attribue la découverte de la « South Pass », qui permet aux colons de franchir les Rocheuses pour gagner la Californie ou l’’Oregon.
  • Antoine Robidoux (1794-1860), né à Saint-Louis (Missouri) d’’un père canadien, fonde les premiers postes de traite à l’’ouest des Rocheuses. Cet aventurier épouse la fille d’un gouverneur mexicain et s’’ouvre un vaste marché en Utah et au Colorado.
  • Aram-Jules Pothier, premier Canadien français à devenir gouverneur de l’’état américain du Rhode Island (de 1908 à 1915, puis de 1926 à 1928).

PARTIR sur la route des francophones réunit plus de 120 objets qui ont suivi les déplacements des francophones à travers le continent nord-américain. Plusieurs proviennent de collections institutionnelles tandis que d’autres ont été jalousement gardés au sein des familles migrantes.

  • Canne de Joseph Poirier
    18e siècle
    Bois, fer, laiton
    Musée de la civilisation
    La canne de l’’Acadien Joseph Poirier l’a peut-être aidé à voyager à pied depuis son lieu d’’origine jusqu’’à Saint-Grégoire de Bécancour lors de la Déportation (1755-1762).
  • Stéréoscope, cartes
    Autour de 1900
    Bois, métal, verre, papier
    Musée de Saint-Boniface
    Vers le début du 20e siècle, Délima Lanthier achète à Montréal un coffret d’images qui l’’aident à imaginer sa future vie dans l’’Ouest.
  • Malle en osier
    1905
    Musée de Saint-Boniface
    Cette malle a été apportée par la famille J. Boutal lorsqu’elle est venue au Manitoba en 1905.
  • Enseigne commerciale
    « Le Messager – French Newspaper »
    Fin du 19e siècle
    Bois, peinture
    Franco-American Collection
  • Théière
    Amable Brasier
    Vers 1815
    Argent
    Missouri History Museum
    Cette pièce d’’argenterie provient de la famille Chouteau de Saint-Louis, au Missouri. Cette lignée de marchands aisés et prospères fait partie de l’’élite francophone qui a fondé cette ville.
  • Feuillet d’’information de la Société canadienne de colonisation
    Collection Michel Boivin
    Venu s’’établir au Canada en 1873, le Français Auguste Bodard a recruté des colons et des missionnaires colonisateurs dans les provinces françaises et les a accompagnés dans l’’Ouest.
  • Coffre à outils
    Vers 1900
    Bois, métal
    Collection Norman R. Beaupré
    Âgé de 13 ans, George Beaupré fait partie d’’une famille de onze enfants dont les parents déménagent à Biddeford (Maine) en 1890. Il commence à travailler à la manufacture, puis, avec le temps, devient régleur de métiers à tisser.

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