(Communiqué de presse) Québec, le 1er mars 2010 – À l’occasion du traditionnel Mars de la maîtrise, les étudiants du 2e cycle en arts visuels de l’Université Laval innovent et collaborent au Printemps des poètes. Ils vous convient au Bordel des muses, une exposition inspirée par la poésie libertine, qui aura lieu du 10 au 15 mars 2010 à L’Établi, au 265 rue St-Vallier Est.
Qu’est-ce que la poésie libertine? Des textes érotiques, des témoignages impudiques du désir charnel ou des moeurs sexuelles hétérodoxes? Certes, mais pas uniquement. La littérature libertine est aussi la soeur d’une philosophie sceptique. En marge des courants de pensée officiels, elle a aussi son histoire.
Les poètes Claude le Petit et Théophile de Viau en sont représentatifs : l’un meurt au bûcher en 1622 pour la publication du burlesque Bordel des muses, l’autre subit un long procès pour finalement être condamné à l’exil. Cette inquisition marque l’avenir de la littérature libertine et de la philosophie en général. L’autocensure, sinon la censure, deviennent affaire courante et le mode de diffusion des textes, sans compromis, se fait « sous le manteau ».
De même, la « poésie libertine » est concernée autant par la sensualité coquine que par la répression sociale. Elle réfère à l’intimité comme à la clandestinité. Son histoire nous apprend comment s’est constituée une catégorie de l’obscénité au 17e siècle, comment était-elle prétexte à combattre l’impiété jusqu’à devenir un critère esthétique. Avec leur rationalité critique conjuguée à une revendication pour les « plaisirs naturels » et le loisir, nous pourrions croire que les libertins sont précurseurs de notre société de consommation laïque et sociale-démocrate. Sommes-nous à ce point « libérés »? Des « chasses aux sorcières » sont au programme des cartes géopolitiques et locales actuelles et la masturbation est un sujet récemment censuré par la radio d’État. De tout temps, la véritable indécence ne serait-elle pas l’intolérance campée sur un pouvoir autoritaire?
Christian Baron, Émilie Bernard, Andrée-Anne Blacutt-Grenier, Isabelle Demers, Péio Éliceiry, Caroline Guindon, Amélie-Laurence Fortin, Hélène Matte, Nataliya Petkova Simon Robert, Geneviève Roy, Andréanne Samson, Lisette Thibault et d’autres étudiants se sont réunis autour de ce thème rassembleur, pour ne pas dire racoleur. Ils nous proposent des oeuvres empreintes d’érotisme, qui réfèrent à l’histoire de la littérature et de l’art ou encore, qui interrogent les définitions de l’obscénité ou du libertinage aujourd’hui.
Venez-vous rincer l’oeil et vous dégourdir l’esprit! Les heures d’ouverture sont de 12 h à 17 h, du mercredi au dimanche, sauf les jeudi et vendredi où l’exposition sera ouverte jusqu’à 20 h. Les médias et le public sont conviés au vernissage qui aura lieu le mardi 9 mars de 17 h à 19 h.
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