Premières impressions de l'exposition De Pellan à Ferron au MNBAQ

Alfred Pellan, Fabrique de fleurs magiques, vers 1950. Huile et silice sur toile, 180x145 cm. Collection Groupe financier Banque TD (79.22) © Succession Alfred Pellan / SODRAC (2009)

Alfred Pellan, Fabrique de fleurs magiques, vers 1950. Huile et silice sur toile, 180x145 cm. Collection Groupe financier Banque TD (79.22) © Succession Alfred Pellan / SODRAC (2009)

La journée de la visite était parfaite pour bien apprécier les œuvres présentées dans la salle du Musée national des beaux-arts du Québec. Le ciel était gris et la lumière diffuse – ni trop éclairante, ni trop absente. Cela tombe bien : la salle 1 du pavillon Gérard-Morisset laisse pénétrer la lumière naturelle du soleil par ses portes vitrées. C’est dans une salle blanche et aérée que sont exposées les douze toiles grand format qui composent l’exposition De Pellan à Ferron : sélection d’œuvres québécoises de la Banque TD.

Cette exposition est le symbole d’une alliance réussie entre le milieu financier et le milieu culturel. En effet, il est bon de savoir que le MNBAQ a signé une entente de trois ans avec le Groupe Financier Banque TD pour alimenter ses services culturels. Les ateliers, conférences et autres animations culturelles qui ne demandent pas de frais d’admission ne sont pas gratuits à produire ; il faut bien que quelqu’un, en quelque part, en assume les coûts. Pour les trois prochaines années, il faudra remercier en partie la banque TD.

De Pellan à Ferron constitue un autre aspect intéressant de cette collaboration. C’est que la collection d’œuvres d’art de la banque TD – qui contient plus de 5000 œuvres – est présentée sur les murs de notre musée national. La constitution de cette collection a débuté en 1962 et elle s’est construite sur le modèle de la Chase Manhattan Bank. L’intérêt pour nous, visiteurs, consiste à nous donner accès à des œuvres de qualité qui ne sont habituellement vues que par les employés de la banque.

Les douze œuvres qu’on nous propose sont tirées des années 1950 à 1980, un moment où la peinture québécoise oscille entre les explorations proches du surréalisme et l’utilisation formelle de la peinture comme matériau. Les grandes huiles sur toile nous permettent de plonger dans l’esthétique de chacun des artistes, ce qui est particulièrement touchant.

On est accueilli par Fabrique de fleurs magiques d’Alfred Pellan. Cette œuvre qui évoque un mécanisme de création de fleurs est la partie coupée d’un tableau plus large. L’autre moitié se retrouve au Musée des beaux-arts du Canada. C’est ici que la lumière naturelle crée le plus d’effet. Cette clarté donne une chaleur à l’œuvre, une chaleur accentuée par la présence de sable dans les matériaux utilisés par l’artiste. Ouvrir l’exposition par ce Pellan est un choix judicieux. Prenez quelques secondes pour observer les traces de peintures sur le cadre de l’œuvre qui réussissent à le dynamiser.

Autre choix muséal judicieux que cette juxtaposition des œuvres de Paul-Émile Borduas et Lise Gervais. Si Borduas questionne la quête de perspective dans la peinture (est-on en présence d’une peinture blanche sur fond noir ou noire sur fond blanc ?), Gervais insère de la couleur dans une démarche formelle similaire.

Louis Comtois et Claude Tousignant sont représentés par des peintures proches des monochromes, où la bi-dimensionnalité de la peinture est mise de l’avant. Nous sommes ici dans l’exploration formelle de la peinture, dans la recherche de son essence. Dans une veine similaire, on retrouve un Molinari avec ses lignes colorées qui vibrent. Des œuvres de Marcelle Ferron, Jean McEwen, Charles Gagnon, Jean Dallaire et Paterson Ewen sont également proposées au regard.

Est-on en présence d’une exposition révolutionnaire qui fera avancer l’état des connaissances ou notre conception de la peinture ? Bien sûr que non.

Est-on en présence d’œuvres rarement vues de piliers de la scène artistique du Québec ? Oui, sans aucun doute.

Pour cette dernière raison, De Pellan à Ferron : sélection d’œuvres québécoises de la Banque TD mérite le coup d’œil.

Mentionnons finalement le catalogue d’exposition qui contient un article intéressant – quoique un peu court – sur la constitution de la collection de la banque TD, rédigé par Natalie Ribkoff, conservatrice des oeuvres au sein de l’institution.

Informations pratiques

  • L’exposition De Pellan à Ferron : sélection d’œuvres québécoises de la Banque TD se termine le 28 mars 2010
  • Le coût d’admission générale au Musée national des beaux-arts du Québec est fixé à 15$ pour l’ensemble des expositions. Il existe des tarifs réduits
  • Surveillez le blogue et CKIA-FM pour mes entrevues avec Natalie Ribkoff, conservatrice de la collection de la banque TD, et Bernard Dorval, chef de groupe au Groupe Financier Banque TD qui s’expriment sur la place de l’art dans cette institution financière, l’importance du partenariat avec le MNBAQ et bien d’autres choses intéressantes !
Related Posts with Thumbnails

4 comments to Premières impressions de l’exposition De Pellan à Ferron au MNBAQ

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>