Marc Gauthier
Mon espace consacré à l'art et à son histoire. Point focal: Québec.
Esther Trépanier sur Haute Couture à Christiane Charette en direct
Categories: Art, radio

Esther Trépanier, directrice-générale du Musée national des beaux-arts du Québec, s’est entretenue avec Christiane Charette pour parler de l’exposition Haute Couture. Elle a abordé la question des genres dans les musées d’art, l’exposition Barbie et ses deux conférences sur les liens entre la mode et l’art.

Mode et art

Sur la question de la présence de la mode dans les musées d’art, elle partage avec madame Charette l’idée que nous sommes bien au-delà des distinctions entre l’art et la mode. Pour elles, la preuve en est que la mode a fait son entrée dans les grands musées d’art à travers le monde.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec la mise en exposition des robes de la haute couture, et même des robes en général. La créativité adopte autant de formes qu’il existe de créateurs, et même plus.

Cependant, le Québec possède déjà un Musée du costume et du textile à Saint-Lambert, ainsi qu’un Musée de la civilisation à Québec. J’ose espérer que l’accent sera mis sur la création et sur l’aspect artistique dans cette exposition, comme on pourrait s’y attendre de la part de notre musée national des beaux-arts.

Madame Trépanier nous parle des liens très étroits entre les créateurs artistiques et les créateurs de mode pour expliquer sa présence dans les murs de notre musée. Ces liens seront-ils mis de l’avant dans Haute Couture?

Je vous tiendrai au courant de cet aspect la semaine prochaine au moment de son lancement.

Tout ce qui cloche avec Barbie

Sur l’exposition Barbie, Christiane Charette aborde la question de front, peut-être grâce à l’article du Devoir à ce sujet.

Madame Trépanier en minimise la portée en signalant qu’il s’agit d’un événement de la relâche scolaire pour les petites filles et qu’elles seraient bien tristes si l’exposition se terminait trop tôt.

D’abord, on signalera qu’elle parle de la semaine de relâche alors que l’exposition dure six semaines et peut-être plus, selon ses dires.

Des petites filles – et quelques garçons – qui veulent jouer à la poupée, c’est facilement compréhensible.

Que notre musée national adopte un objet qui est la cible de tant de controverses évidentes – racisme, anorexie, représentation erronée de la femme, surconsommation – et qu’il le mette entre les mains des petites filles, c’est moins compréhensible.

Peut-on critiquer le Musée national des beaux-arts du Québec à ce sujet? Je crois que oui.

Est-il le seul dans cette situation? Non. Le Children’s Museum d’Indianapolis présente – en collaboration avec Mattel – une exposition intitulée Barbie: The Fashion Experience depuis l’automne 2009. C’est aux parents de décider le modèle qu’ils veulent donner à leurs enfants.

Je trouve simplement regrettable que le Musée – dirigé par une femme – ne donne que ce choix-là. Ça vaut bien la peine de se démener pour nous montrer la place qu’occupent les femmes dans l’art québécois pour donner aux petites filles – et quelques garçons – Barbie en modèle.

Conférences de madame Trépanier

Esther Trépanier va donner deux conférences sur les liens entre la mode et l’art, les samedis 30 janvier et 6 février.

On a bien senti l’enthousiasme de la directrice-générale du Musée à ce moment. Elle parle des Futuristes et de bien d’autres mouvements artistiques qui influencent la mode.

Personnellement, j’ai déjà mis ces dates à mon agenda. En l’écoutant, je pourrai rêver du Musée qu’elle me fera voir sur sa présentation PowerPoint.

En guise de conclusion

D’abord, je crois que cette exposition aurait pu se tenir dans une autre institution, ma position étant que le Musée national des beaux-arts du Québec a déjà un mandat assez chargé.

Aussi, il me semble que le travail du critique est facilité grandement par le fait qu’il s’agit d’un montage réalisé voilà deux ans à Londres et dont on a abondamment parlé (voir plus bas).

Finalement, je pense que le problème avec les expositions produites ailleurs, c’est qu’elles ne nous permettent pas d’approfondir les connaissances de notre propre patrimoine, sauf si les fonds sont réinjectés dans la recherche et la mise en exposition des résultats émanant de ces recherches… Est-ce que ce sera le cas cette année? La question est ouverte.

Par contre, la créativité est toujours magnifique à observer, et c’est ce qui me motive dans cette exposition. J’ai donc hâte de franchir les portes du Musée, malgré tout.

L’exposition Haute couture. Paris, Londres, 1947-1957. L’âge d’or débute sur les Plaines d’Abraham dès le 4 février 2010.

L’entrevue réalisée par Christiane Charette avec Esther Trépanier est disponible sur le site de l’émission. Elle a été diffusée le 26 janvier 2010 à 10h11.

Afin d’alimenter votre esprit critique, je vous invite à lire:

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2 Comments to “Esther Trépanier sur Haute Couture à Christiane Charette en direct”

  1. [...] Esther Trépanier sur Haute Couture à Christiane Charette en direct [...]

  2. [...] beaucoup moins apprécié le recours massif aux expositions produites à l’extérieur et l’incroyable dérapage qu’a [...]

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