
Ces jours-ci, lorsqu’on visite le centre d’artistes L’Œil de poisson, notre regard est immanquablement attiré vers les bureaux de L’AGENCE. En effet, comme la porte d’entrée de la Grande Galerie est obstruée par un couloir et comme la peinture de la Petite Galerie est plutôt sombre, ce qui attire l’œil est l’installation de Jean-Maxime Dufresne.
Cet artiste a complètement investi les bureaux du centre d’artistes. Par un éclairage fort, il nous attire comme une luciole tournant autour de la lumière d’un porche de chalet par une belle soirée d’été. De plus, le chemin est complètement dégagé, nous invitant à transgresser la partie habituellement privée de L’Œil de poisson et à pénétrer dans leurs bureaux.
L’installation est composée de lumières, de câbles suspendus, de feuilles de papier imprimées, de classeurs factices insérés parmi les vrais et de quelques projections vidéos. Ces dernières peuvent être regardées sur des appareils de télévision et entendues à l’aide d’écouteurs, assis dans un fauteuil.
J’ai visité L’AGENCE deux fois au cours des derniers jours. La première fois, ce fut au cours de la fin de semaine où Félix faisait office de gardien. Le bureau quasi-désert devait rappeler le travail réalisé par Jean-Maxime Dufresne chez Skol. Les chaises étaient vides, les ordinateurs éteints. À ce moment, j’ai senti qu’il manquait un élément, un peu comme ces salles de réception qui sont prêtes à accueillir les invités, mais qui demeurent vides avant le début de la fête. Le gâteau est prêt, les tables sont montées, les serviettes de table sont pliées, les petits sandwichs en triangle sont encore sous la pellicule plastique, les instruments de musique du groupe sont installés… Tout y est, mais il manque l’essentiel.
Je suis retourné voir l’installation hier alors que le personnel de L’Œil vaquait à ses occupations. L’AGENCE s’est animée. Ainsi, les bureaux sont ailleurs, utilisés autrement. Les fils qui pendent du plafond dérangent, nous tombent dans les cheveux, mais c’est parfait ainsi. La lumière est différente, tout est différent. L’organisme est vivant et bien portant.
En tant que visiteur, cette expérience est particulière. C’est qu’on devient voyeur de gens au travail. Un peu comme ces restaurants qui mettent une verrière devant les cuisines pour qu’on observe les cuistots à l’oeuvre, ici on observe le centre d’artistes adapter son rythme à travers L’AGENCE.
Le plus difficile, pour moi, est de m’installer dans les fauteuils pour écouter les vidéos. Malgré les efforts déployés pour rendre l’expérience individuelle (écouteurs, fauteuils séparés les uns des autres), on demeure transposés dans un lieu autre, dans un autre milieu que le nôtre.
Il s’agit véritablement d’une expérience fascinante qui explore une foule de questions sur l’installation, l’utilisation de l’espace, le rôle de la performance, notre réaction lorsqu’on se plonge dans un décor autre que le sien, etc. En ce sens, il s’agit d’une réussite.
Si j’avais un conseil à émettre, il concernerait le moment de votre visite. Tentez de vous déplacer durant la semaine – si cela vous est possible, évidemment. L’expérience est radicalement différente de celle vécue la fin de semaine.
Plogue! Ne manquez pas l’entrevue que j’ai réalisée avec Jean-Maxime Dufresne, artiste créateur de L’AGENCE et Dan Brault, coordonnateur à l’Œil de poisson. Elle sera diffusée sur les ondes de CKIA 88,3FM le jeudi 21 janvier vers 17h30-17h45, dans le cadre de l’émission La Démarche.
La Grande Galerie est occupée par ESCAPE FROM NEW WORK, réalisé par Dan Moynihan et résultant d’une résidence de production de quelques mois.
Dans ce travail, l’artiste a juxtaposé quelques objets pour créer des liens logiques entre eux. En changeant l’entrée de place, il fait participer le spectateur à l’oeuvre. Son travail est saupoudré de blagues personnelles et de clins d’oeil.
C’est un peu dans cette optique que j’ai perçu ESCAPE FROM NEW WORK. J’ai souri, c’est sympa, mais je ne suis pas sorti marqué par l’expérience. Dans le monde cynique dans lequel on évolue, il m’a semblé que l’installation manquait de mordant.
Malgré tout, j’ai bien apprécié l’entrée et son bâton fendu (il faut voir de l’intérieur pour comprendre) et le jeu d’ombres de l’affiche du fond. C’est ludique, c’est léger, c’est bien correct, mais je suis resté sur ma faim.
Plogue! Écoutez l’entrevue réalisée avec Dan Moynihan dans le cadre de La Démarche, diffusée dans le cadre de l’émission du 14 janvier 2010.
Finalement, La Petite Galerie est occupée par une oeuvre de Thierry Arcand-Bossé intitulée LA MAISON ROUGE. Les deux toiles juxtaposées – nous ne sommes pas dans l’immensité, loin de là – jouent sur la question de la perspective propre à l’aspect bidimensionnel de la peinture. Je vous invite à vous faire votre propre opinion.
Informations pratiques
- Les trois expositions sont proposées à l’Œil de poisson jusqu’au 14 février 2010
- C’est gratuit !
- L’Œil de poisson est située dans le Complexe Méduse, dans la Côte d’Abraham. Il suffit d’entrer par la porte identifiée au nom du centre d’artiste.
- Lire le communiqué de presse pour L’AGENCE de Jean-Maxime Dufresne
- Lire le communiqué de presse pour ESCAPE FROM NEW WORK de Dan Moynihan
- Lire le communiqué de presse pour LA MAISON ROUGE de Thierry Arcand-Bossé


[...] L'Agence de Jean-Maxime Dufresne à L'Œil de Poisson [...]
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