Marc Gauthier
Mon espace consacré à l'art et à son histoire. Point focal: Québec.
Critique d’exposition: Le Maître de l’instant – La collection Cartier-Bresson du Musée des beaux-arts du Canada, à la Villa Bagatelle
Categories: Art, Critique, Photographie


[Affiche pour l'exposition Le Maître de l'instant. La collection Cartier-Bresson du Musée des beaux-arts du Canada à la Villa Bagatelle]


[Vue extérieure de la Villa Bagatelle durant l'exposition]

Commençons d’abord par une confession: j’aime bien la Villa Bagatelle. Cette maison néo-gothique, abandonnée pendant une décennie, a été correctement restaurée et sert maintenant d’espace d’exposition. Cependant, comme il ne s’agit pas d’un musée, elle ne possède pas de collection. Les lieux sont prêtés à des expositions itinérantes. Selon moi, il s’agit d’un recyclage intéressant d’un bâtiment qui aurait pu être livré au pic des démolisseurs.

Voilà quelques mois, on y accueillait Mutineries tranquilles, des toiles provenant de la collection permanente du Musée du Bas-Saint-Laurent [en savoir plus]. Cet été, ce sont des photographies conservées au Musée national des beaux-arts du Canada qui sont exposées.

Le Maître de l’instant. La collection Cartier-Bresson du Musée des beaux-arts du Canada propose 27 épreuves à gélatine argentique du photographe Henri Cartier-Bresson. Le nom de cet artiste vous est peut-être inconnu, surtout si vous n’êtes pas familier avec le monde de la photographie.

Cependant, il faut savoir qu’il est l’inventeur du photo-journalisme tel qu’on le pratique encore aujourd’hui. Ce que cela signifie, c’est que ses clichés cherchent à capturer un moment, une émotion, un bref instant dans la vie. C’est ce qui explique le choix du titre de l’exposition. Mentionnons également qu’il s’agit d’un personnage complexe, toujours situé à la jonction du domaine artistique et du domaine commercial puisqu’il est l’un des fondateurs de l’agence de photographie Magnum, l’une des plus importantes au monde.

Dans son oeuvre, le fugitif est souvent présent. Il s’exprime par le biais d’un flou, d’une fugacité, d’une ombre. Il suffit d’observer la photographie choisie pour illustrer l’exposition pour s’en rendre compte. La plupart des oeuvres proposées à la Villa Bagatelle s’inscrivent dans cette veine.

Parfois, l’instant se manifeste d’une autre façon. Il peut s’agir d’un moment dans la vie d’une personne. Il s’agit de l’une des révélations de cette exposition qui propose des clichés d’artistes français croqués sur le vif. On retrouve Braque (1944), Matisse dans son atelier à Vence (1944), le photographe Alfred Stieglitz (avant 1946) et Rouault (Paris, 1946). Une photographie de Picasso, posant à côté du Chef-d’oeuvre inconnu de Balzac qu’il a illustré, est particulièrement frappante. D’autres personnalités comme le couple Joliot-Curie et Jean-Paul Sartre sont également capturées.

L’oeuvre la plus puissante de l’exposition est Cape Cod, Massachussetts (1947). Il s’agit du portrait d’une vieille femme devant une maison, le bras dénudé tendu vers le ciel, la main pointant un horizon lointain. Autour de son cou, comme une cape ramenée sur sa poitrine est déployé le drapeau américain. L’oeuvre de grand format respire le temps qui passe, tempus fugit. De plus, il s’agit du seul tirage signé par le photographe.

Pour satisfaire la curiosité des visiteurs, une dizaine de livres sont mis à leur disposition. De plus, des guides-animateurs présentent avec patience la démarche artistique du photographe.

Au second niveau de la Villa Bagatelle, le Club photo f:1 de Sainte-Foy propose Un air d’Europe, quelques clichés sympathiques du Vieux-Continent et de la Vieille-Capitale. Ne manquez pas Rue Buade, Québec (2008) de Léon Lachance qui représente trois soldats sortant d’un restaurant dans le Vieux-Québec.

Ces expositions sont proposées jusqu’au 23 août 2009. Elles sont gratuites. Tous les détails sont dans le Calendrier culturel.

Related Posts with Thumbnails

Leave a Reply