Critique: Fleuve de lumière de Micheline Beauchemin, au Musée national des beaux-arts du Québec

Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) propose de partir à la découverte de l’oeuvre de Micheline Beauchemin dans le cadre de l’exposition Fleuve de lumière. Le titre choisi reflète clairement le parti pris du commissaire de l’exposition qui nous met sur la piste du matériau de prédilection de l’artiste, soit la lumière vue par le prisme de l’eau.

Micheline Beauchemin est d’abord connue pour son travail avec les métiers traditionnels liés à la tapisserie, à la broderie et au crochet. Si son intérêt pour ces techniques remonte aux années 1950, elle n’a cessé de progresser en poussant les limites de ce moyen d’expression, ce qui est bien rendu au fil de cette visite.

Contrairement au préjugé pouvant prévaloir lorsqu’on invoque les termes de tapisserie, l’artiste n’utilise pas la laine Mohair pour produire du macramé. Elle incorpore nylon, fils métalliques, plexiglas, métal et même fibre optique dans ses oeuvres, sculptant une fusion de reflets qui créent ses motifs. L’ensemble est tout simplement magnifique.


[Micheline Beauchemin, Paysage pour un amour absent (1964, droite) et Le Fleuve (1970, gauche)] 

La photographie juxtaposant Paysage pour un amour absent (1964) et Le Fleuve (1970) est parlante. À droite, nous retrouvons un mélange de laine et de fil d’aluminium qui sont crochetés ensemble pour créer un motif abstrait; à gauche, la lumière est réfléchie à l’aide de nylon et d’acrylique dans un chatoiement soyeux qui transcrit les mouvements du soleil sur la surface du fleuve.

C’est ainsi que le titre de l’exposition trouve son explication. Fleuve de lumière propose une lecture des oeuvres de Micheline Beauchemin selon l’axe de la lumière sculptée, inspirée par le fleuve Saint-Laurent. L’artiste, établie à Grondines, a nourri son univers de cette lumière.


[Micheline Beauchemin, Mirage blanc, 1983]

Ce sont donc des textures qui vous accueillent lors de cette exposition. C’est au niveau de la sensibilité que l’ensemble se joue. On s’extasiera également de l’habilité manuelle de l’artiste.

Au niveau de la muséographie, l’ensemble est plutôt réussi. Chaque salle est coupée par un sas qui crée un espace d’entrée, ce qui permet d’accrocher les oeuvres d’assez grande dimension sans donner une impression vestiaire sportif. La position de Mirage blanc est particulièrement valorisante. Ce «châle géant», composé en réalité de lin, de fils métalliques, de soie et de polyester, constitue une pièce remarquable, bien mise en valeur par la lumière et son accrochage.

Somme toute, une exposition qui vaut le détour, bien que son prix d’entrée puisse en rebuter plusieurs. En effet, vous serez délesté de 15 dollars pour voir ces oeuvres. Si ce montant peut paraître élevé, le billet que vous achèterez vous donnera accès à toutes les expositions temporaires du MNBAQ.

- INFORMATIONS PRATIQUES -

  • L’exposition Fleuve de lumière consacrée à Micheline Beauchemin est présentée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 11 octobre 2011 [détails]
  • Le prix d’entrée est de 15 dollars; il existe des tarifs réduits [détails]
  • Les samedis et dimanches après-midis du mois d’août, les enfants peuvent s’initier gratuitement à l’art textile en participant au Musée en herbe [détails]
  • Du jeudi au dimanche, du 2 juillet au 16 août, des démonstrations de tapisserie en haute lice ont lieu de 13 à 16 heures 
  • Une conférence de Laurier Lacroix, commissaire de l’exposition, sera donnée le 16 septembre à 19h30, intitulée Micheline Beauchemin, créatrice et PME, de Grondines au village global
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