
[Jackson Pollock, Phosphorescence, 1947, peinture à l'huile, peinture émail et peinture à l'aluminium sur toile, 111x71 cm, Addison Gallery of American Art, Phillips Academy, Andover, Massachussetts, Don de Peggy Guggenheim, gracieuseté de l'American Federation of Arts]
Plus de 80 personnes ont assisté hier à la conférence donnée par François-Marc Gagnon au Musée national des beaux-arts du Québec. Intitulé «Pollock/Riopelle – Destins croisés», l’événement était proposé dans le cadre de l’exposition estivale sur l’art américain [critique] où le tableau Phosphorescence est exposé.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, un bref survol de la carrière chargée de cet historien de l’art a été dressé. Je vous renvoie à cet article du Devoir qui dresse un portrait de sa carrière. Trois de ses projets actuels ont été brièvement présentés, soit la construction d’un catalogue raisonné de Borduas qui serait disponible en ligne, la collection en un ouvrage du codex Canadiensis datant de 1700 et un livre sur Jean Berger, peintre de la Nouvelle-France.
L’exposé de monsieur Gagnon s’est déroulé en trois temps. En premier lieu, il a réchauffé les participants en déconstruisant le tableau de Jackson Pollock présenté dans l’exposition, soit Phosphorescence (1947). Il a mis l’accent sur l’application de la peinture directement à partir du tube, ce qui se révèle par les formes rondes – point d’application de départ – et les lignes qui soulignent le geste du bras de l’artiste.
En un second temps, le conférencier a tracé les grandes lignes des activités de Pollock et de Riopelle autour de l’année 1947. Il a rappelé qu’à cette époque, la galerie The Art of This Century de Peggy Guggenheim fermait ses portes et que Jackson Pollock était pris en charge par la galeriste Betty Parson. L’établissement de l’artiste américain dans la grange de The Springs a été abondamment illustré. L’élaboration de la technique du dripping ainsi que l’approche all-over de la peinture abstraite ont été décrites.
À la même époque, Jean-Paul Riopelle a été présenté comme un artiste qui construisait ses tableaux en cherchant à donner de l’autonomie à la ligne et à la couleur. Un rapide survol de l’automatisme mécanique qui permet de révéler la personnalité de l’auteur a été effectué, ainsi qu’une illustration des décalcomanies de Riopelle.
Le dernier moment de l’exposé a été consacré à mettre en relation les deux artistes. L’historien de l’art s’est attardé sur trois événements où Riopelle et Pollock ont vu leurs destins se croiser: Véhémences confrontées (Paris, mars 1951) où les deux artistes ont chacun un tableau, l’exposition au studio du photographe Paul Farchetti de Paris (mars 1952) qui est consacrée à Pollock et que Riopelle aurait peut-être vue et Younger European Painters (New York, 1953-54) où un tableau de Riopelle est parfois comparé à Pollock.
Somme toute, un moment agréable pour aborder les oeuvres de ces deux peintres importants, même si les conjectures ont été assez nombreuses.

