Archive for October, 2008

J’inaugure ce qui deviendra une nouvelle chronique «Livres» sur le blogue: des suggestions de livres en histoire de l’art, en histoire ou en art. Ce sont des titres que j’accumule au fil de mes visites en librairie, mais que je n’ai pas nécessairement lus encore.

 

Dans Le Chef-d’oeuvre inconnu, le vieux maître Frenhofer met dix ans à terminer son tableau ; lorsqu’il le montre enfin, ses amis n’y voient que chaos. Le peintre en meurt.

À titre informatif, Picasso a illustré un édition de ce roman suite à une commande du marchand Ambroise Vollard. Il se serait identifié à Frenhofer, surtout qu’il habitera 7, rue des Grands-Augustins à Paris, la rue où est établi le peintre fictif. J’ai d’ailleurs visité cette adresse lors d’un voyage à Paris cet été.

Ce volume rassemble, autour du Chef-d’oeuvre inconnu (dont Jacques Rivette a tiré son film, La Belle Noiseuse), six autres nouvelles. Elles ont été choisies parce qu’elles traitent de la peinture, ou qu’elles ont une valeur picturale particulière, qu’elles sont ” colorées “.

Pierre Grassou est, au contraire, un peintre sans talent, humble et touchant, dont s’engoue une famille bourgeoise. Facino Cane évoque le personnage mystérieux d’un clarinettiste aveugle, qui entraîne le héros à Venise. Dans L’Elixir de longue vie, L’Auberge rouge, Maître Cornélius, Un drame an bord de la mer ; on devine l’influence de Delacroix. Dans l’ensemble du volume, ou trouvera donc à la fois une esthétique et des aventures romanesques. C’est l’oeil de Balzac visionnaire qui brille dans ces sept beaux récits : le premier est célèbre, les autres méritent de le devenir.

Commandez-le à la Librairie du Square si vous passez par Montréal et saluez Françoise de ma part!

Le château de Versailles accueille ces jours-ci une exposition de l’artiste contemporain Jeff Koons. Or, le directeur du domaine de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, est copain-copain avec le milliardaire François Pinault qui prête une partie des oeuvres exposées.

Lorsqu’on sait le rôle important que jouent les institutions muséales dans la création de valeur pour les oeuvres qui y sont exposées, des questions sont immanquablement soulevées. C’est ce que fait le site Le Louvre pour tous dans un article intitulé Aillagon / Pinault, même combat.

Carl Trahan - Le Langage et son double

Les travaux récents de Carl Trahan portent sur la transposition de la traduction dans le domaine des arts visuels. Par le dessin, il pose un regard sur la traduction en traitant de la notion du double, du miroir renvoyant une image légèrement altérée de l’original. Le document traduit mène une existence parallèle à sa source initiale, le souci de fidélité dans la translation vers une autre langue ne peut exclure l’apparition d’expressions imagées et inattendues, conférant, au nouveau document produit, une identité de « faux jumeau » et questionnant du même coup la paternité de l’œuvre : la relation entre l’auteur et le traducteur.

Titre emprunté à l’ouvrage de l’auteur bilingue Julian Green, Le Langage et son double est une exposition constituée de différentes séries réalisées au cours des trois dernières années. Chacune des pièces que nous présente Carl Trahan aborde la traduction sous un angle conceptuel en utilisant le dessin, qui par nature se rapproche de l’écriture, comme principal médium.

Carl Trahan vit et travaille à Montréal et à Berlin. Il expose son travail multidisciplinaire depuis 1994. Depuis 2005, son intérêt pour les contextes linguistiques étrangers l’ont amené à réaliser des projets de résidence en Allemagne, en Finlande ainsi qu’en France.

Cette exposition est présentée à la Grande Galerie de l’Oeil de poisson.

 

Frédéric Lavoie - Au 18, rue de l’Hôtel de ville

Frédéric Lavoie compose des récits sonores et visuels portant sur les rapports de co-existence entre humains et objets dans l’espace habité. Présentées sous forme de monobandes, d’installations, de photographies ou encore d’interventions sonores, les œuvres de Frédéric Lavoie manipulent les données spatio-temporelles afin de questionner le point de vue du regardeur et ses attentes perceptuelles. Il crée ainsi des situations qui proposent une vision du réel à la fois construite, tordue et plausible.

Dans ce processus de création, le couplage entre ce qui est entendu et ce qui est aperçu n’est jamais admis comme tel. Il fait l’objet d’une enquête qui se matérialise à travers des stratégies qui vont de l’arbitraire d’un système de classification à la réévaluation de certains codes du langage cinématographique. Finalement, la mise en scène du geste performatif et une sensibilité particulière aux parcours et aux déplacements contribuent également à l’élaboration des récits de Frédéric Lavoie.

Pour Au 18, rue de l’Hôtel de Ville, il s’est baladé dans un bâtiment à l’écoute de pianistes en répétition.

Frédéric Lavoie vit et travaille à Montréal et détient une maîtrise en Arts Visuels et Médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Au Québec il a notamment présenté son travail à la Galerie B-312 et à SKOL à Montréal ainsi qu’au Musée régional de Rimouski. Son travail a également été présenté lors de nombreuses manifestations vidéo internationales, entre autre en Croatie et en Colombie-Britanique. Frédéric Lavoie a remporté la bourse Plein-sud 2009 accordée par le centre d’exposition Plein sud de Longueuil et y présentera son travail en 2009.

Cette exposition est présentée à la Petite galerie de l’Oeil de poisson.

 

 

Francis Montillaud - Faux fini

Par ses vidéos et installations, Francis Montillaud se réapproprie certains langages dans l’intention avouée d’en détourner la signification. Il tente de provoquer des questionnements sur nos habitudes de vie en exploitant la représentation d’une société axée sur le divertissement et les différentes figures d’autorité qui en font partie. Par des procédés de corruption, il trafique le réel et en propose une relecture en insistant sur certaines de ses absurdités. Francis Montillaud s’intéresse aux différentes strates qui composent la société : à ceux qui commandent, à ceux qui exécutent, à ceux qui s’accrochent et à ceux qui décrochent.

À partir d’un enregistrement audio d’une leçon d’anglais, Francis Montillaud a réalisé une monobande dans laquelle il interprète les trois personnages de la leçon : le maître et ses deux élèves. En repositionnant de façon narrative ces dialogues irréels dont le but premier est l’apprentissage d’une langue seconde, il crée un récit où se côtoient contrôle, manipulation, naïveté, sadisme et paranoïa.

Francis Montillaud vit et travaille à Montréal. En 2003, il complétait un baccalauréat en Arts Plastiques de l’Université Laval à Québec. En 2007, Francis Montillaud présentait une installation dans le bassin de la Place des Arts à Montréal. Son travail vidéographique a été présenté au Canada, en France ainsi qu’au Maroc. Il a notamment pris part à la Manif d’art 3 à Québec en 2005.

Cette exposition est présentée à Entrée Vidéo de l’Oeil de poisson.

Voilà deux ans que je demeure à Québec et je n’avais jamais entendu parler de cette émission de radio: L’Aérospatiale. Diffusée sur les ondes de CKRL (89,1 FM) à 14h00 les mercredis, on y parle d’arts visuels et multi.

Je vais y jeter un coup d’oreille, surtout que la directrice du Musée national des beaux-arts du Québec y accordera une entrevue. Tous les espoirs sont permis avec cette nouvelle directrice!

Au menu aujourd’hui:

14 h 00: 

+ Topo sur l’exposition rétrospective de Diane Landry intitulée Les défisbrillateurs présentée au Musée d’art de Joliette jusqu’au 4 janvier 2009.
+ Topo sur finalistes pour Les Prix d’excellence des Arts et de la Culture dont les lauréats seront dévoilés le 18 novembre prochain. 

14 h 15 

+ Entrevue avec Éric Côté, photographe, concernant son livre et son exposition Québec, instants partagés présentée à la Bibliothèque de Neuchatel jusqu’au 16 novembre. Il sera aussi question de son travail de commissaire pour l’exposition Zoom sur … Québec présentée au Musée de la civilisation jusqu’au 19 janvier. Site Internet : www.eric-cotephotographe.com 

14 h 30 : 

+ Entrevue avec Jean-Pierre Gauthier, artiste multidisciplinaire, concernant son installation Turbulure (aspirations) présentée au Lieu , jusqu’au 16 novembre. Site Internet : www.jeanpierregau.googlepages.com 

14 h 45 Entrevue avec Céline Allard & Lucienne Cornet , artistes, concernant l’exposition collective Fragilité présentée à la galerie La Nef , jusqu’au 30 novembre. 

15 h 00: 

+ RENCONTRE D’ARTISTE : Esther Trépanier , historienne de l’art et nouvelle directrice générale du Musée national des beaux-arts du Québec. 

15 h 30 

+Billet de Claude Chevalot , animatrice d’un blog en arts visuels et collaboratrice, portant sur les centres d’artistes au Québec. Blog : http://cecinestpasunepipe.blogspot.com/ 

15 h 50 

+ Agenda

Bibliothèque et Archives nationales du Québec - À compter du 30 octobre 2008, le Centre d’archives de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) présente l’exposition Rouyn et Noranda : villes jumelles… non identiques !

 


©BAnQ

Cette exposition propose aux visiteurs de découvrir l’architecture et l’urbanisme des villes jumelles de Rouyn et de Noranda. Photographies, plans d’urbanisme, manuscrits, documents iconographiques et architecturaux illustrent le développement urbain de ces deux villes depuis les années 1920, plus particulièrement celui du quartier de la Pointe à Dumulon et des rues Portage, Perreault et Principale à Rouyn, ainsi que celui du quartier du Vieux-Noranda. Cette réalisation de BAnQ permet de mettre en valeur trois fonds d’archives conservés à son centre régional : le fonds Joseph Hermann Bolduc pour la période 1939-1980, le fonds Xstrata Cuivre Canada, Fonderie Horne pour la période 1925-1935 ainsi que le fonds de la Société d’histoire de Rouyn-Noranda.

En résumé

Exposition Rouyn et Noranda : villes jumelles… non identiques !
Du 30 octobre 2008 au 19 septembre 2009
Au Centre d’archives de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec de BAnQ 
27, rue du Terminus Ouest, Rouyn-Noranda
Entrée libre du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30 

Au sujet du Centre d’archives de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec

Le Centre d’archives de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec de BAnQ conserve de multiples fonds d’archives publiques et privées et les rend accessibles au public dans sa salle de consultation. Il accueille chaque année des centaines d’utilisateurs provenant notamment des milieux scolaires et professionnels, qui utilisent ses services dans le cadre de projets de recherche personnels et institutionnels ou d’études touchant l’histoire de leur famille, de leur localité ou de leur région. Il fait partie du réseau des neuf centres d’archives de BAnQ, répartis sur tout le territoire du Québec.

Au sujet de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Bibliothèque et Archives nationales du Québec a pour mission d’acquérir, de conserver et de diffuser le patrimoine documentaire publié, archivistique et filmique du Québec. Elle offre aussi à tous les Québécois – sur place, par Internet ou par prêt entre bibliothèques – un accès gratuit à de vastes collections universelles et aux services d’une bibliothèque publique d’envergure. Outre ses centres d’archives situés à Montréal, Québec, Gatineau, Rimouski, Rouyn-Noranda, Saguenay, Sept-Îles, Sherbrooke et Trois-Rivières, BAnQ regroupe le Centre de conservation et la Grande Bibliothèque.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine dominent le marché des enchères de l’art contemporain.

C’est l’une des tendances qui ressort du rapport annuel 2007-2008 du marché proposé par ArtPrice et récemment rendu public. Dans l’ordre, les pays où le marché s’est révélé le plus actif pour les artistes nés après 1945 entre le 1er juillet 2007 et le 30 juin 2008 : 

  • États-Unis, 348 M€
  • Royaume-Uni, 262 M€
  • Chine, 259 M€

La quatrième position marque un décalage puisqu’elle est occupée par la France, avec un volume de vente de 15 M€. 

C’est à  l’occasion de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) qui s’est déroulée à Paris cette fin de semaine que la firme a dressé un état des lieux internationaux dans un volumineux rapport de 99 pages. Le document est gratuit et disponible en ligne.

Du côté des artistes, Jeff Koons, Takashi Murakami, Guoqiang Cai composent le triumvirat en tête.

Le Canada y tient une place marginale. Il faut dire qu’avec une seule manifestation recensée dans le rapport (p. 82), il est difficile de se mesurer aux Américains. Notons finalement que seulement 2,7% des galeries d’art canadiennes accèdent au réseau international, contre 18% pour les États-Unis  (p. 84).


[Caspard David Friedrich est dans la liste avec L'Abbaye dans une forêt de chênes, 1809-10, huile sur toile, 110x171cm, Berlin; source: Wikicommons]

Le journal The Guardian (UK) dresse la liste de 1000 oeuvres à voir avant de mourir. Si je n’ai rien contre ce type de palmarès, le chiffre ici est énorme pour être d’une quelconque utilité et l’intérêt de l’exercice laisse à désirer.

À l’occasion de l’exposition Québec et ses photographes, 1850-1905, La collection Yves Beauregard, le Musée [...] du Québec propose une conférence dudit Yves Beauregard. Au programme, selon le communiqué : 

Il offrira une brève synthèse de l’histoire photographique de Québec et s’attardera sur quelques photographes marquants ayant oeuvré à Québec, notamment Lemire, Ellison, Vallée et Livernois. Enfin, il conclura sur l’importance d’un lieu permanent au MNBAQ dédié à la photographie, à sa diffusion et à sa mise en valeur.

Avis aux intéressés et intéressées. 

La conférence est présentée mercredi 29 octobre 2008 à 19h30, dans l’auditorium du Musée. C’est gratuit, mais il faut se procurer un laisser-passer. 

Vous avez peut-être manqué:
* Ma critique de l’exposition Québec et ses photographes

Le site Momus a révélé, photo à l’appui, la mégalomanie dont semblerait souffrir l’architecte Frédéric Didier. En effet, cet architecte en chef des Monuments nationaux a choisi de se représenter à l’antique dans un trophée de l’aile du Midi du Château de Versailles.

Si cette nouvelle est vraie, on est dans le graffiti de haut niveau, le désir de marquer le territoire par sa présence.

Rappelons, que cet architecte, responsable de la restauration du Château de Versailles, a fait placer une grille à l’historicité douteuse.

Conseil des arts et des lettres du Québec - Le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) pour la région des Laurentides a été décerné à l’artiste en arts visuels Pierre Leblanc. Le Prix, assorti d’un montant de 5 000 $, lui a été remis hier dans le cadre des Grands Prix de la culture des Laurentides.

Pierre Leblanc vit et travaille à Val-David depuis plus de trente ans. Il est un acteur actif dans le domaine des arts visuels dans sa région, mais aussi dans l’ensemble du Québec. Tournant le dos au classicisme, l’artiste s’inspire de la civilisation industrielle, mais aussi du monde végétal. Il en récupère les signes les plus probants, les dévie de leur fonction pour les transformer en d’imposants artefacts de notre modernité. 

Artiste prolifique, Pierre Leblanc a participé à plus de 400 expositions en solo ou de groupe et est reconnu pour ses nombreuses œuvres publiques que l’on peut découvrir un peu partout au Québec. Projets d’intégration, trophées, maquettes, sculptures sur bois, acier, bronze, mixte média, murales, dessins, installations, les œuvres de Pierre Leblanc font partie de nombreuses collections muséales et privées.

En décernant le Prix à la création artistique, le CALQ veut démontrer de manière tangible son appui aux créateurs dont le travail et les réalisations dynamisent la vie artistique de leur région. Le Conseil tient également à souligner le talent et la réussite de Pierre Leblanc, qui a été recommandé par un comité de sélection formé de pairs de la région. À cet égard, le CALQ remercie le Conseil de la culture des Laurentides de sa précieuse collaboration.

Depuis 1994, le Conseil des arts et des lettres du Québec soutient dans toutes les régions du Québec la création, l’expérimentation et la production dans les domaines des arts de la scène, des arts visuels, des arts médiatiques, de la recherche architecturale, des métiers d’art et de la littérature et en favorise le rayonnement au Québec, au Canada et à l’étranger. Il soutient également le perfectionnement des artistes professionnels.

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