
Carl Trahan - Le Langage et son double
Les travaux récents de Carl Trahan portent sur la transposition de la traduction dans le domaine des arts visuels. Par le dessin, il pose un regard sur la traduction en traitant de la notion du double, du miroir renvoyant une image légèrement altérée de l’original. Le document traduit mène une existence parallèle à sa source initiale, le souci de fidélité dans la translation vers une autre langue ne peut exclure l’apparition d’expressions imagées et inattendues, conférant, au nouveau document produit, une identité de « faux jumeau » et questionnant du même coup la paternité de l’œuvre : la relation entre l’auteur et le traducteur.
Titre emprunté à l’ouvrage de l’auteur bilingue Julian Green, Le Langage et son double est une exposition constituée de différentes séries réalisées au cours des trois dernières années. Chacune des pièces que nous présente Carl Trahan aborde la traduction sous un angle conceptuel en utilisant le dessin, qui par nature se rapproche de l’écriture, comme principal médium.
Carl Trahan vit et travaille à Montréal et à Berlin. Il expose son travail multidisciplinaire depuis 1994. Depuis 2005, son intérêt pour les contextes linguistiques étrangers l’ont amené à réaliser des projets de résidence en Allemagne, en Finlande ainsi qu’en France.
Cette exposition est présentée à la Grande Galerie de l’Oeil de poisson.

Frédéric Lavoie - Au 18, rue de l’Hôtel de ville
Frédéric Lavoie compose des récits sonores et visuels portant sur les rapports de co-existence entre humains et objets dans l’espace habité. Présentées sous forme de monobandes, d’installations, de photographies ou encore d’interventions sonores, les œuvres de Frédéric Lavoie manipulent les données spatio-temporelles afin de questionner le point de vue du regardeur et ses attentes perceptuelles. Il crée ainsi des situations qui proposent une vision du réel à la fois construite, tordue et plausible.
Dans ce processus de création, le couplage entre ce qui est entendu et ce qui est aperçu n’est jamais admis comme tel. Il fait l’objet d’une enquête qui se matérialise à travers des stratégies qui vont de l’arbitraire d’un système de classification à la réévaluation de certains codes du langage cinématographique. Finalement, la mise en scène du geste performatif et une sensibilité particulière aux parcours et aux déplacements contribuent également à l’élaboration des récits de Frédéric Lavoie.
Pour Au 18, rue de l’Hôtel de Ville, il s’est baladé dans un bâtiment à l’écoute de pianistes en répétition.
Frédéric Lavoie vit et travaille à Montréal et détient une maîtrise en Arts Visuels et Médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Au Québec il a notamment présenté son travail à la Galerie B-312 et à SKOL à Montréal ainsi qu’au Musée régional de Rimouski. Son travail a également été présenté lors de nombreuses manifestations vidéo internationales, entre autre en Croatie et en Colombie-Britanique. Frédéric Lavoie a remporté la bourse Plein-sud 2009 accordée par le centre d’exposition Plein sud de Longueuil et y présentera son travail en 2009.
Cette exposition est présentée à la Petite galerie de l’Oeil de poisson.

Francis Montillaud - Faux fini
Par ses vidéos et installations, Francis Montillaud se réapproprie certains langages dans l’intention avouée d’en détourner la signification. Il tente de provoquer des questionnements sur nos habitudes de vie en exploitant la représentation d’une société axée sur le divertissement et les différentes figures d’autorité qui en font partie. Par des procédés de corruption, il trafique le réel et en propose une relecture en insistant sur certaines de ses absurdités. Francis Montillaud s’intéresse aux différentes strates qui composent la société : à ceux qui commandent, à ceux qui exécutent, à ceux qui s’accrochent et à ceux qui décrochent.
À partir d’un enregistrement audio d’une leçon d’anglais, Francis Montillaud a réalisé une monobande dans laquelle il interprète les trois personnages de la leçon : le maître et ses deux élèves. En repositionnant de façon narrative ces dialogues irréels dont le but premier est l’apprentissage d’une langue seconde, il crée un récit où se côtoient contrôle, manipulation, naïveté, sadisme et paranoïa.
Francis Montillaud vit et travaille à Montréal. En 2003, il complétait un baccalauréat en Arts Plastiques de l’Université Laval à Québec. En 2007, Francis Montillaud présentait une installation dans le bassin de la Place des Arts à Montréal. Son travail vidéographique a été présenté au Canada, en France ainsi qu’au Maroc. Il a notamment pris part à la Manif d’art 3 à Québec en 2005.
Cette exposition est présentée à Entrée Vidéo de l’Oeil de poisson.