Les habitués du Vieux-Québec auront remarqué qu’une conduite d’aqueduc semble brisée au coin de la rue Sainte-Famille et de la rue Couillard. L’asphalte a déjà été découpée et les marquages au sol sont inscrits dans cette couleur orange caractéristique. Selon toute probabilité, la ville de Québec se prépare à intervenir pour réparer les problèmes avant qu’ils ne dégénèrent.

On se rappellera que la dernière intervention de la ville sur la rue Couillard pour un problème similaire avait envoyé au dépotoir des travaux de maçonnerie datant du XVIIIe siècle. [Voir ce billet sur le sujet] Assisterons-nous au même mode opératoire sur un autre emplacement à haut potentiel archéologique?

Le lieu exact de l’opération se déroulera sur la rue Hébert, dans le prolongement de la rue Couillard. Or, ce lieu est identifié comme le site archéologique 480 dans l’étude Ethnoscop de 1998.

L’ouverture de la rue Hébert entre 1749 et 1755 a entraîné la démolition d’un bâtiment sur la rue Sainte-Famille. Le plan de la ville de 1727 montre d’ailleurs une série d’édifices sur cet emplacement mais ils ont disparu sur le plan de 1752.


[Vue partielle de Québec, 1729]


[Détail, Québec 1729, avec emplacement de la maison détruite]

Ce lieu possède donc un haut potentiel archéologique pour la période concernée. Selon Ethnoscop, «Malgré la courte période de temps au cours de laquelle ce bâtiment a occupé les lieux, il est tout de même probable que des ressources archéologiques, témoignant de cette occupation, aient subsisté.»

J’aimerais espérer que ces trouvailles archéologiques ne temineront pas au dépotoir mais je ne suis pas optimiste.

Et qu’on me comprenne bien: je suis tout à fait au courant qu’un bris d’aqueduc doit être réparé dans les plus brefs délais. Je trouverais simplement déplorable que la Ville agisse avec amateurisme archéologique dans une zone du patrimoine mondial.

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