Archive for March, 2008

(Communiqué de presse) - Deux grandes sociétés d’État du Québec, le Musée d’art contemporain de Montréal et Télé-Québec, mettent en commun leur expertise pour produire, diffuser et exposer une série d’œuvres vidéographiques d’artistes québécois parmi les plus prometteurs.

Les deux sociétés d’État ont élaboré le meilleur scénario possible pour mettre en valeur la création de dix artistes québécois exceptionnels à qui on a demandé de créer dix capsules vidéo d’une minute. La nature même de ce médium permettra la diffusion des œuvres en format exposition et en format télévisuel. Ainsi, à compter du 14 mai 2008, les œuvres vidéographiques seront diffusées sur les ondes de Télé-Québec. Puis, du 24 mai au 7 septembre 2008,  elles seront présentées dans le cadre de la première Triennale québécoise du Musée d’art contemporain.

Marc Mayer, directeur général du Musée d’art contemporain, et Michèle Fortin, présidente-directrice générale de Télé-Québec, se réjouissent que ce projet conjoint et innovateur, entièrement dédié à la création, se soit concrétisé. Pour Marc Mayer, « ce formidable projet nous permet de sortir des lieux convenus de l’art contemporain et de promouvoir les arts visuels dans les médias ». De son côté, Michèle Fortin est fière de cette belle association et du fait que les ondes de Télé-Québec offriront une vitrine culturelle supplémentaire à des œuvres qui sont le fruit de créateurs d’ici.

Après la Triennale, les œuvres seront intégrées à la Collection du Musée d’art contemporain et deviendront patrimoine national. Ces vidéos d’art feront également partie de l’inventaire de Télé-Québec qui pourra éventuellement les rediffuser.

Les œuvres et le nom de leurs créateurs seront dévoilés lors d’une conférence de presse conjointe à l’occasion du lancement du projet le mercredi 14 mai 2008 à 10 h 30.

La Liseuse, Vermeer

Deux suggestions de lecture sur le Web:
* Le Musée d’art d’Indianapolis [Indianapolis Museum of Art] lance un appel à tous les rédacteurs de Wikipedia.

En cette ère du contenu généré par les utilisateurs, le musée invite les internautes à placer des entrées pour les oeuvres possédées par l’institution.

Heureuse initiative! [ Plus de détails sur le site du musée ]

* Le J. Paul Getty Trust a bâti un thésaurus de termes artistiques et architecturaux. Un article raconte l’historique de cette base de données d’un point de vue technique sur Computer World. [ Lire l'article de Computer World ]

Il est également possible de chercher des termes dans la base de données puisqu’elle est accessible au grand public. [ Accéder au thésaurus ]

L’image est un détail de La liseuse à la fenêtre de Vermeer, vers 1659, 83 x 64,5 cm, Staatliche Kunstsammlungen, Gemäldegalerie Alte Meister, Dresden, tirée de Wikipedia.

serero et la Tour Eiffel

Le firme d’architectes serero a proposé un nouveau projet pour augmenter la capacité d’accueil de la Tour Eiffel. En vue des célébrations du 120e anniversaire du monument, la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel aimerait doubler la superficie de la plateforme supérieure du monument.

J’ai cependant un questionnement: s’agit-il d’un projet ou d’une opération de marketing visant à faire connaître la firme serero? En effet, je trouve bizarre qu’on ne parle nulle part ailleurs de cette nouvelle, surtout pas sur le site de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel. Cependant, le site de cette dernière n’a pas été mis à jour depuis décembre 2007…

D’autres dessins sont disponibles sur le site de la firme serero. Cette image est copyright serero.

Philippe Mollé a proposé une chronique sur le Reine-Elizabeth les 15 et 16 mars 2008 dans Le Devoir. Dans cette chronique qui célébrait les 50 ans de l’établissement, il présentait une tapisserie qui aurait été réalisée par l’artiste Jean Dallaire. [ Lire la chronique ]

Dans le courrier des lecteurs de ce matin, Serge G. Morin corrige à certaines affirmations qu’on retrouvait dans le texte de Mollé. En particulier, il souligne qu’il ne s’agit pas d’une tapisserie mais d’un tapis noué. De plus, cette oeuvre aurait disparu de la décoration de l’hôtel lors de rénovations réalisées après Expo 67. [ Lire le courrier aux lecteurs ]

Incidemment, j’ai séjourné au Reine-Elizabeth cette semaine. J’ai demandé à la réception à quel endroit se trouvait le tapis noué de Jean Dallaire. D’abord, le personnel n’a pas compris ce que je cherchais. Ensuite, ils m’ont regardé avec des yeux vides comme si je venais de leur annoncer que Lennon était encore dans la suite 1742. J’ai finalement abandonné après trois demandes à trois employés différents qui se lançaient la balle.

J’en ai également profité pour visiter le Casino de Montréal et la murale de Serge Lemoyne. En sept ans de travail, j’étais la première personne à demander de l’information sur cette murale à l’employée à laquelle je me suis adressé. Avec de l’aide, elle m’a dirigé au bon endroit, c’est-à-dire au buffet du restaurant situé au cinquième étage.

En chemin, je me suis arrêté dans le hall d’entrée où se trouvent deux oeuvres peintes. J’aurais aimé prendre les noms des artistes en note mais le gardien, patibulaire, m’a demandé s’il pouvait m’aider tandis que je regardais les murs. Il aurait pu me demander s’il pouvait m’expulser que ça aurait eu le même effet. Lorsque je lui ai mentionné que je regardais les oeuvres d’art, il a grogné. Renfrogné, il ne m’a pas quitté des yeux pendant tout le temps de ma visite.

Je me suis ensuite dirigé au cinquième étage pour voir la murale de Serge Lemoyne. Dans l’ascenseur, un autre employé m’a demandé s’il pouvait m’aider. Lorsque je lui ai dit que je désirais voir l’oeuvre de Serge Lemoyne, il m’a également jeté un regard d’incompréhension. Heureusement, j’ai pu voir l’oeuvre du peintre. Malheureusement, je n’ai pas pu prendre de photographie puisqu’il est interdit de le faire à l’intérieur du Casino. Pire, l’oeuvre a été amputée lors de rénovations pour placer… un réfrigérateur.

À quoi ça sert d’avoir de l’art public s’il est si mal mis en valeur? N’est-ce pas là une erreur stratégique majeure de la part des institutions qui ignorent ainsi une partie de leurs actifs? Bien qu’il ne s’agisse pas de musées, le but recherché n’est-il pas d’améliorer l’expérience des visiteurs et clients lors de leur séjour? Les inviter à regarder une oeuvre unique, n’est-ce pas une façon de se différencier de la compétition? N’est-ce pas ce que les casinos de Las Vegas ont compris avec leur clinquant artificiel?

Il est possible de voir une mauvaise reproduction de la murale de Serge Lemoyne en visitant ce site personnel.

Des miroirs qui bougent. Une image en constante mutation. Une pixellisation de l’espace dans lequel le spectateur se trouve. Tous ces concepts sont réunis dans l’installation Poursuivre le hors-champ de Gwenaël Bélanger présentée à la Galerie de l’UQAM.

Gwenael Belanger et UQAM

L’artiste-bricoleur joue sur les limites de la perception. Avec cette installation qui compte des dizaines de miroirs, il fait éclater la perspective géométrique. Une multitude de points de vue s’offrent au regardeur, brisant les conventions. Il suffit de s’asseoir quelques minutes devant l’oeuvre pour être hypnotisé: les images qui se créent sous nos yeux sont en continuelle mutation. Comme le dit l’artiste, l’installation permet « de faire apparaître ce qu’il y a dans les angles morts ».

Il est possible de visiter gratuitement l’installation jusqu’au 29 mars 2008 à Montréal. Pour plus de détails, visitez le site de la Galerie de l’UQAM.

L’oeuvre est copyright Gwenaël Bélanger; la photographie est de Guy L’Heureux.

Marc

Suggestion de fond d’écran

Fond d'écran, UPSO Blog

The Desktop Wallpaper Project featuring UPSO, blogue Kitsune Noir

Aujourd’hui, j’ai pris quelques minutes pour m’arrêter à la Galerie de l’UQAM. Depuis le 21 février, quatorze oeuvres sont proposées dans le cadre de Stéphane La rue, Retracer la peinture.

Au moment de ma visite, j’ai eu le bonheur de rencontrer l’artiste. Homme sympathique, il a pris le temps de m’expliquer sa démarche artistique. J’en retiens que Stéphane La Rue s’intéresse au matériau derrière le matériau. En d’autres termes, il s’attarde à la peinture en soit. À partir de cet aspect, il construit ses oeuvres.

Pour révéler ce côté matériel, il peint en couches. Mieux encore, il s’adresse au blanc comme matière. Finalement, il reprend ses motifs en série. Ces trois aspects de sa peinture sont donc représentés dans l’exposition de l’UQAM : peinture en couches, utilisation du blanc, création de séries.

Séphane Larue à la Galerie de l'UQAM

J’attire votre attention sur l’oeuvre Quintette (pour Joe Maneri), réalisée en 2003. Il faut prendre cinq minutes de sa vie et observer cette série de cinq tableaux. Chacune des toiles possède un motif blanc qui se diffuse ensuite sur la surface. La blancheur brillante s’efface peu à peu pour laisser apparaître la toile de lin qui sert de support. Le tout est placé dans un carré décalé par rapport au contour du tableau.

Plus récente, l’oeuvre Blancs d’ombres no 8 laisse deviner un travail sur la lumière. Si l’artiste superpose souvent les couches dans son travail, ici on remarque des carrés à l’extérieur du cadre. Je ne sais pas si cet effet est voulu mais l’éclairage est orienté de telle sorte que des cadres de lumière débordent sur le mur, complétant merveilleusement l’oeuvre du peintre.

L’exposition est gratuite. Si vous êtes à Montréal, prenez quelques minutes pour vous attarder sur la blancheur des oeuvres de Stéphane La Rue. Vous avez jusqu’au 29 mars 2008 sinon vous devrez vous déplacer à la Galerie Roger Bellemare.

Pour plus de détails, visitez le site de la Galerie de l’UQAM.

Les oeuvres sont copyright Stéphane La Rue. Les photographies sont de Guy L’Heureux.

Présentation de la photographie

Le 12 mars 2008, une photographie de Reuters a fait le tour du monde. Placée sur le blogue photographique de l’agence de presse, elle a été prise par Luis Vasconcelos lors de manifestations au Brésil.

La photographie, qui ne peut être reproduite ici, peut être vue sur le blogue de Reuters.

On y aperçoit une femme autochtone tenant son enfant nu dans les bras. Elle semble terrifiée. Derrière elle se trouve une rangée de soldats camouflés derrière leurs boucliers anti-émeute.

Dans les lignes qui suivent, je vais tenter mettre en relief cinq éléments qui contribuent, selon moi, à affirmer la puissance de cette photographie. Dans ce dessein, je vais réaliser des comparaisons avec des oeuvres d’art célèbres qui partagent certaines caractéristiques formelles.

1. Lignes verticales

Les lignes verticales sont nombreuses dans la photographie de Vasconcelos. On les retrouve principalement sur les boucliers des policiers, certes, mais également dans leurs jambes. Ce foisonnement de lignes contribue à instaurer une stabilité à l’ensemble du motif. En d’autres termes, ces lignes structurent l’image.

Diagonales

À ce sujet, on peut faire un parallèle avec Les Lances de Velasquez. Ce tableau, qui illustre la reddition des hollandais face aux forces espagnoles, souligne d’une façon importante la puissance militaire de ces derniers grâce au foisonnement de lances présentes dans le second plan. La régularité des lances structure la partie droite du tableau et donne de l’aplomb aux forces victorieuses.

Les Lances, Velasquez
[La reddition de Breda, ou Les Lances, Diego Velasquez, 1634-1635, 307,5 x 370,5 cm, Madrid, Musée du Prado]

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Mona Lisa

Avec son roman truffé de références à l’histoire de l’art et aux rouages de l’Église, Dan Brown a réussi à semer des doutes quant à l’histoire biblique.

Une équipe du National Geographic a parcouru le monde en quête de réponses. La véracité des faits tangibles est examinée avec des experts qui cautionnent la théorie de Brown et d’autres qui la traitent avec scepticisme, pour tenter de déterminer la part de réalité et la part de fiction.

Ce documentaire est diffusé sur les ondes d’artv le dimanche 16 mars à 18h30. Programmez vos vidéos!

Marc

Max Dean / Robotic Chair

MAx Dean on YouTube

Artiste ou technicien? Il est difficile de cataloguer l’artiste Max Dean entre ces deux pôles. Si plusieurs de ses installations invitaient le regardeur à participer au spectacle, ce n’est pas le cas pour Robotic Chair qui était en vedette au Mois Multi 9 de Québec.

L’installation s’est déployée quelques fois pendant la durée du Mois Multi 9. Au moment opportun, un technicien (presseur de bouton? assistant technique? artiste invité?) presse sur le bouton et met le processus en marche. [Voir la vidéo]

La chaise se défait en morceaux. Les quatre pattes s’éparpillent et le dossier se détache de l’assise. Après un temps d’attente, l’assise se met en mouvement. Grâce à la maîtrise de la technologie par l’artiste et ses acolytes, sans qu’on ne sache trop comment, la chaise réussit à se recomposer par elle-même. Puis, elle se redresse. Nous revoilà dans la position de départ. Boum! Elle se défait de nouveau et c’est reparti pour un second tour de piste.

Devant cette installation, je n’ai pu m’empêcher d’être étonné par la virtuosité technique mise ainsi en oeuvre. Sous mes yeux, je voyais une chaise se remonter d’elle-même, sans intervention humaine.

En même temps, je n’ai pu m’empêcher de m’ennuyer un peu. Ce n’est qu’au moment où la chaise s’effondre pour une seconde fois que l’émerveillement technologique fait place à un sentiment. L’empathie? Après tant de travail, il demeure triste de voir la chaise subir une seconde destruction dans le même souffle, un peu comme Sisyphe et son rocher.

De nombreuses installations de Max Dean sont bâties sur l’interactivité entre l’oeuvre et le spectateur. Ce n’est pas le cas de Robotic Chair, ce qui pourrait peut-être expliquer l’ennui relatif que j’ai ressenti devant cette oeuvre.

L’installation Robotic Chair était présentée dans le cadre du Mois Multi 9 à Québec en février 2008. Elle est l’oeuvre collective de Max Dean, Raffaello D’Andrea et Matt Donovan.

Pour en savoir plus:

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