Mar 22nd, 2008
Le tapis noué du Reine-Elizabeth et Serge Lemoyne au Casino de Montréal
Philippe Mollé a proposé une chronique sur le Reine-Elizabeth les 15 et 16 mars 2008 dans Le Devoir. Dans cette chronique qui célébrait les 50 ans de l’établissement, il présentait une tapisserie qui aurait été réalisée par l’artiste Jean Dallaire. [ Lire la chronique ]
Dans le courrier des lecteurs de ce matin, Serge G. Morin corrige à certaines affirmations qu’on retrouvait dans le texte de Mollé. En particulier, il souligne qu’il ne s’agit pas d’une tapisserie mais d’un tapis noué. De plus, cette oeuvre aurait disparu de la décoration de l’hôtel lors de rénovations réalisées après Expo 67. [ Lire le courrier aux lecteurs ]
Incidemment, j’ai séjourné au Reine-Elizabeth cette semaine. J’ai demandé à la réception à quel endroit se trouvait le tapis noué de Jean Dallaire. D’abord, le personnel n’a pas compris ce que je cherchais. Ensuite, ils m’ont regardé avec des yeux vides comme si je venais de leur annoncer que Lennon était encore dans la suite 1742. J’ai finalement abandonné après trois demandes à trois employés différents qui se lançaient la balle.
J’en ai également profité pour visiter le Casino de Montréal et la murale de Serge Lemoyne. En sept ans de travail, j’étais la première personne à demander de l’information sur cette murale à l’employée à laquelle je me suis adressé. Avec de l’aide, elle m’a dirigé au bon endroit, c’est-à-dire au buffet du restaurant situé au cinquième étage.
En chemin, je me suis arrêté dans le hall d’entrée où se trouvent deux oeuvres peintes. J’aurais aimé prendre les noms des artistes en note mais le gardien, patibulaire, m’a demandé s’il pouvait m’aider tandis que je regardais les murs. Il aurait pu me demander s’il pouvait m’expulser que ça aurait eu le même effet. Lorsque je lui ai mentionné que je regardais les oeuvres d’art, il a grogné. Renfrogné, il ne m’a pas quitté des yeux pendant tout le temps de ma visite.
Je me suis ensuite dirigé au cinquième étage pour voir la murale de Serge Lemoyne. Dans l’ascenseur, un autre employé m’a demandé s’il pouvait m’aider. Lorsque je lui ai dit que je désirais voir l’oeuvre de Serge Lemoyne, il m’a également jeté un regard d’incompréhension. Heureusement, j’ai pu voir l’oeuvre du peintre. Malheureusement, je n’ai pas pu prendre de photographie puisqu’il est interdit de le faire à l’intérieur du Casino. Pire, l’oeuvre a été amputée lors de rénovations pour placer… un réfrigérateur.
À quoi ça sert d’avoir de l’art public s’il est si mal mis en valeur? N’est-ce pas là une erreur stratégique majeure de la part des institutions qui ignorent ainsi une partie de leurs actifs? Bien qu’il ne s’agisse pas de musées, le but recherché n’est-il pas d’améliorer l’expérience des visiteurs et clients lors de leur séjour? Les inviter à regarder une oeuvre unique, n’est-ce pas une façon de se différencier de la compétition? N’est-ce pas ce que les casinos de Las Vegas ont compris avec leur clinquant artificiel?
Il est possible de voir une mauvaise reproduction de la murale de Serge Lemoyne en visitant ce site personnel.

