Deux grandes sociétés d’État du Québec, le Musée d’art contemporain de Montréal et Télé-Québec, mettent en commun leur expertise pour produire, diffuser et exposer 10 capsules vidéo d’artistes québécois parmi les plus prometteurs.

Les deux sociétés d’État ont élaboré le meilleur scénario possible pour mettre en valeur la création d’artistes québécois à qui l’on a demandé de créer 10 capsules vidéo d’une minute. La nature même de ce médium permettra la diffusion des œuvres en format d’exposition, en format télévisuel et sur Internet. À compter d’aujourd’hui, 14 mai 2008, les œuvres vidéographiques seront diffusées en alternance sur les ondes de Télé-Québec ainsi que sur son site Internet à www.telequebec.tv et ce jusqu’au 7 septembre. Puis, du 24 mai au 7 septembre, elles seront présentées dans le cadre de la première Triennale québécoise du Musée d’art contemporain.
Dix capsules

Les artistes participants sont tous issus du milieu des arts visuels et intègrent la création médiatique dans leur pratique. Ils avaient carte blanche quant au contenu et au scénario de leur capsule vidéo. Le résultat est saisissant, mystérieux, déroutant et extrêmement varié. La diffusion de ces œuvres au moment des pauses publicitaires introduira un élément d’étrangeté dans la programmation télévisuelle et dans la réception des auditeurs. Vous pourrez ainsi voir des œuvres de :

Gwenaël Bélanger, L’Hameçon
Patrick Bernatchez, Pluton
Louis-Philippe Eno, Sans titre
Charles Guilbert et Serge Murphy, Une flamme dans l’univers
Bettina Hoffmann, Effleurer
Manon Labrecque, Contagion
Lynne Marsh, One-Minute Camera Opera
Tricia Middleton, Déclins
Yannick Pouliot, Je te veux
Chih-Chien Wang, Broth 01

…toutes de 2008 et créées pour le projet.

Dans L’Hameçon, Gwenaël Bélanger nous accroche à un ventilateur dans une spirale qui met notre perception en déroute ; avec Pluton, Patrick Bernatchez nous entraîne dans un duel de fin du monde entre un cosmonaute et une force d’une autre dimension ; à l’aide d’un simple feu de Bengale, Louis-Philippe Eno fait défiler dans Sans titre le film d’une vie ; Une flamme dans l’univers de Charles Guilbert et Serge Murphy nous entraîne dans une quête existentielle autour d’un monologue et d’un sac blanc ; Effleurer de Bettina Hoffmann tourne autour d’un groupe figé dans le temps, reconstituant l’immobilité de la photographie mais avec la densité d’une sculpture en haut-relief ; Manon Labrecque espère, avec Contagion, amener les spectateurs à bailler à leur tour ; Lynne Marsh met en abîme l’espace télévisuel même dans One-Minute Camera Opera ; usant de fondus séduisants, Déclins de Tricia Middleton enchaîne des images allant du quotidien le plus banal au sublime ; Je te veux de Yannick Pouliot est une enfilade d’allers et retours, de temps suspendu, dans un labyrinthe à la fois meublé et vide de présence humaine ; la boucle se boucle avec Broth 01 de Chih-Chien Wang puisqu’il y est question justement de pause, de décalage dans le temps et dans l’espace…

Un projet dédié à la création d’ici

Marc Mayer, directeur général du Musée d’art contemporain, et Michèle Fortin, présidente-directrice générale de Télé-Québec, se réjouissent que ce projet conjoint et innovateur, entièrement dédié à la création, se soit concrétisé. Pour Marc Mayer, « ce formidable projet nous permet de sortir des lieux convenus de l’art contemporain et de promouvoir les arts visuels dans les médias ». De son côté, Michèle Fortin est fière de cette belle association et du fait que les ondes de Télé-Québec offriront une vitrine culturelle supplémentaire à des œuvres qui sont le fruit de créateurs d’ici. Après la Triennale, les œuvres seront intégrées à la Collection du Musée d’art contemporain et deviendront patrimoine national. Ces vidéos d’art feront également partie de l’inventaire de Télé-Québec qui pourra éventuellement les rediffuser.

À lire également:

* Un billet sur le projet de maîtrise en art visuels de Gwenaël Bélanger
* Un compte rendu de l’exposition Yannick Pouliot au Musée d’art contemporain de Montréal

Suite du billet précédent sur mon voyage à Paris en mai 2008.

Mon voyage s’est poursuivi par un arrêt au Parc de sculptures entre l’île Saint-Louis et le Jardin des plantes. La Grande Fenêtre de Cardenas m’a particulièrement touché. Il s’agit d’une sculpture de l’artiste né à Cuba réalisée en 1974.


[La Grande Fenêtre, Augustin Cardenas, marbre blanc de Carrare, 1974; Photo: Marc Gauthier]

La ville se remémorait les événements de Mai 68. Sur la Place de la Sorbonne, là où tout a commencé, des photographies de Marc Riboud étaient proposées.


[Marc Riboud, reproductions photographiques, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au cours de ce voyage, j’ai découvert l’oeuvre du sculpteur Antoine Bourdelle. Élève de Rodin, professeur de Giacometti, cet artiste possède un musée hébergé dans son ancien atelier dans le quartier Montparnasse. J’ai pu admirer une oeuvre clé dans la production de ce passeur de la modernité: Héraklès archer.


[Hérakles archer (première grande étude), Antoine Bourdelle, bronze, 1909; Photo: Marc Gauthier]

Au Grand Palais, j’ai visité l’exposition «Marie-Antoinette». La mise en scène mélodramatique m’a laissé froid. Si le personnage a joué un rôle historique non négligeable dans l’histoire de la France, je me questionne sur cette tendance vers une transformation mythico-romantique de la femme du luxe qui vécut une descente aux enfers. M’enfin.

Plus intéressante fut la rétrospective sur la figuration narrative. Ce mouvement artistique français est né au début des années 1960. Il cherche à raconter une histoire dans les oeuvres peintes, dans un style en opposition à l’abstraction. Parmi les artistes présents, j’ai particulièrement apprécié l’oeuvre de Gérard Fromanger ainsi que «Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp» par Aillaud, Arroyo et Recalcati. Malheureusement, la prise de photographies étant interdite lors de ces deux expositions temporaires, je ne peux illustrer ces oeuvres.

La situation est toute autre au Musée Carnavalet, qui raconte l’histoire de la ville de Paris. Si les portraits sont très (trop?) nombreux, les peintures d’histoire sont des plus intéressantes. Ainsi, on retrouve des illustrations de lieux historiques ou utopiques, de places en devenir qui ne seront jamais construites ou d’événements ayant modifié le visage de la capitale française.


[La démolition des maisons du pont Notre-Dame, en 1786 (détail), Hubert Robert, huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]

Malheureusement pour moi, le Musée d’art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo étaient en processus de montage pour de nouvelles expositions. C’est le malheur lorsqu’on visite une ville au mois de mai, entre les expositions d’hiver et celle de l’été. Les lieux sont très intéressants puisqu’ils ont été construits pour l’Exposition de 1937.


[Vue à partir de l’esplanade du Palais de Tokyo, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au sommet de l’immeuble abritant le Palais de Tokyo se retrouve l’hotel Everland. Construit par une firme suisse, il s’agit d’un module qui se déplace au fil des ans. Ainsi, il est hébergé à cet endroit jusqu’à la fin de l’année 2008. Il est possible d’y réserver une chambre pour une nuit mais la demande est forte. Le taux: entre 333 et 444 euros la nuit!


[Hotel Everland, Palais de Tokyo, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Après plusieurs années d’essai, j’ai réussi à prendre le train jusqu’à Fontainebleau où j’ai visité le château de François 1er. Quel plaisir que celui de déambuler dans les pièces Renaissance comme la galerie de François 1er ou la salle de bal. Un plaisir pour les yeux!


[Galerie de François 1er, Château de Fontaibleau, 2008; Photo: Marc Gauthier]

La foule était moins nombreuse qu’à l’accoutumée au Louvre. Il faut dire que ma visite se faisait la lendemain d’une journée gratuite; je suppose que le musée avait fait le plein de visiteurs la veille.

De plus, j’ai pu prendre des photographies dans la salle des grandes peintures françaises, ce qui m’était interdit lors de mes autres visites. Je m’en suis dès lors donné à coeur joie, question de ramener une bouffée d’air français en terre d’Amérique. Comme me le faisait remarquer une amie, la photographie avec la Joconde révèle un jeu de regards intéressant puisque le tableau, le spectateur en bleu et moi-même posons nos regards en des endroits différents dans cette image.


[Galerie de la Joconde, Louvre, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Au fil de la visite, j’ai vu beaucoup de cartons de prêts d’oeuvres: Budapest, Tokyo, Kobe, Washington, etc. J’ai également remarqué quelques oeuvres prêtées à Québec pour l’exposition «Le Louvre à Québec». Je peux donc affirmer que l’auto-portrait réalisé par Hortense Haudebourt-Lescot en 1825 devrait se retrouver sur les plaines d’Abraham cet été!


[Cartel du Portrait de Hortense Haudebourt-Lescot, Musée du Louvre; Photo: Marc Gauthier]

La visite de la Manufacture des Gobelins s’est révélée être à la fois une découverte et une déception. Cette manufacture royale de tapisseries a tellement subi les aléas du temps au gré des révolutions qu’il est déjà surprenant que l’immeuble soit encore debout aujourd’hui. La visite des installations présente les oeuvres contemporaines qui sont réalisées sur les lieux. Ainsi, l’importance historique de la Manufacture est évacuée, ce que j’ai trouvé dommage. Certaines traces demeurent, comme ces crochets sur les murs extérieurs de l’immeuble auxquels étaient suspendues les tapisseries lors de la visite du roi.


[Manufacture des Gobelins, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Le musée départemental Maurice-Denis propose une vaste collection des oeuvres de ce peintre Nabi. J’avais déjà eu l’occasion de voir l’exposition proposée par le Musée des beaux-arts de Montréal en 2007. Il a été agréable de visiter le lieu de création tel que l’artiste l’habitait et d’entendre parler de la vie sur place par la petite-fille de Maurice Denis. Dans la cour se retrouvaient des oeuvres du sculpteur Antoine Bourdelle, en prêt.


[Autoportrait devant le prieuré, 1921, Maurice Denis, Huile sur toile; Photo: Marc Gauthier]


[Centaure mourant, Antoine Bourdelle, 1911-1914, bronze; Photo: Marc Gauthier]

Archives nationales, musée Maillol, musée Zadkine, musée Cognacq-Jay: ces quatre lieux ont été visité lors de ma dernière journée à Paris. Das le premier lieu se trouvait une exposition consacrée Marcel Sembat et Georgette Agutte. On y retrouvait de nombreuses oeuvres visuelles ainsi que des écrits et des lettres - les Archives nationales organisant l’événement après tout!

Au musée Maillol, les oeuvres de la collection permanente étaient mises de l’avant plutôt qu’une exposition temporaire. Une salle complète a été consacrée à Marcel Duchamp. Sa «Fontaine» était d’ailleurs utilisée pour faire la promotion de l’événement.


[Affiche de l’exposition du musée Maillol, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Situé dans un ancien hôtel particulier, le musée Cognacq-Jay propose des oeuvres précieuses. Porcelaine de Sèvres, chandeliers et fauteuils meublent l’espace feutré.


[Vue de l’intérieur du musée Cognacq-Jay, Paris, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Finalement, le musée Zadkine situé près du jardin du Luxembourg propose une collection permanente intéressante des oeuvres du sculpteur d’origine russe établi à Paris au début du 20e siècle. Une visite très courte mais qui m’a révélé un artiste que je ne connaissais pas.


[Musée Zadkine, cour extérieure, 2008; Photo: Marc Gauthier]

Et voilà la fin de mon compte rendu de voyage parisien. De retour à la normale au cours des prochains jours!

Je suis en séjour à Paris pour les prochains jours. C’est ce qui explique la mise à jour saccadée du blogue.

Je suis arrêté au Musée d’art moderne du Centre Georges-Pompidou. Dans le grand espace, un moulin à prière surdimensionné accueille les visiteurs. Normalement, un moine boudhiste fait tourner un tel objet - aux dimensions plus réduites! - en récitant une prière. Ici, la projection de l’objet à une autre échelle met en lumière les dangers de la religion et de la politique, l’un étant lié à l’autre.

[Ehi Ehi Sina Sina, Huang Yong Ping, 2006; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les expositions temporaires se retrouve la première rétrospective consacrée à Louise Bourgeois. Ce fut pour moi une découverte. L’artiste propose une vision très personnelle au fil des deux cents oeuvres exposées. Née en 1911, vivant à New York depuis 1938, on sent une certain malaise quant à l’appartenance de cette artiste à la France. Ayant quitté le pays depuis 70 ans, est-ce toujours une artiste française? Comme le dit le programme en faisant une comparaison avec Marcel Duchamp, elle serait une «American artist born in France». Outre ces considérations géographiques, l’exposition m’a donné l’impression de pénétrer dans la tête de Louise Bourgeois. En fait, lorsque j’y pense, ce n’est pas tant dans sa tête qu’on pénètre que dans cet espace des pulsions secrètes animées par les frustrations de l’enfance et les désirs refoulés. Proposées en plusieurs volets (Personnages, Lieux de mémoire, …), les sculptures, peintures, dessins, gravures ne sont pas toujours accessibles au premier coup d’oeil. Je me demande ce que l’histoire de l’art retiendra de sa production.

Dans la collection permanente, je tiens à vous présenter « Dynamisme d’une automobile» (1912-1913) de Luigi Russolo. Cette oeuvre est très représentative du Futurisme. Ce mouvement italien basé à Milan faisait - entre autres - l’apologie de la vitesse pour l’opposer au passé archaïque de l’Italie. En ce sens, les machines produisant la vitesse comme les voitures, les avions et les trains sont valorisées. Dans ce tableau, Russolo s’exprime par la couleur et les lignes de forces représentées selon la philosophie du flux développée par Henri Bergson.

[Dynamisme d’une voiture, Luigi Russolo, 1912-1913; Photo: Marc Gauthier]

Au fil des jours, d’autres lieux d’intérêt pour l’historien de l’art en moi ont été visités. Le grand magasin Le Bon Marché a fait l’objet d’un arrêt, et non seulement pour m’acheter un parapluie en ces jours pluvieux sur la capitale. Plutôt, j’en en profité pour visiter l’un des premiers lieux privés où des tableaux d’oeuvres d’art ont été exposés. C’est ainsi qu’au 19e siècle, certains peintres pouvaient exposer leurs toiles au dernier étage du grand magasin. La luminosité était vraiment bonne, ce qui m’a surpris. Je me demande à quoi ressemblait le lieu voilà 150 ans… Aujourd’hui, le dernier étage est occupé par des meubles.

[Le Bon Marché, Paris; Photo: Marc Gauthier]

Au musée d’Orsay, les grands peintres constituent toujours un plaisir pour les yeux. J’ai remarqué des détails que je n’avais jamais vus auparavant. Ainsi, le coin supérieur gauche de la toile «L’Église d’Auvers» de Van Gogh tourbillone en noir et bleu où le coup de pinceau est très visible. La petite histoire retiendra que ce tableau a été acquis grâce au concours de Paul Gachet et d’une donation anpnyme canadienne en 1951.

[L’Église d’Auvers, Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

[L’Église d’Auvers (détail), Vincent Van Gogh, début juin 1890; Photo: Marc Gauthier]

Orsay propose deux dialogues entre des oeuvres du musée et des artistes contemporains. La première de ces correspondances que j’aie vue se fait entre «Vitrine - Rue de Sévigné» de Bertrand Lavier et «La Lecture» de Manet. Le motif proposé par Lavier exploite la touche de Manet d’une façon surprenante. On sent la parenté entre les deux oeuvres sans retrouver d’imitation. Coup de coeur.

[Vitrine - Rue de Sévigné, Bertrand Lavier, 2005; Photo de Marc Gauthier]

[La Lecture, Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

[La Lecture (détail), Edouard Manet, vers 1865-1867; Photo: Marc Gauthier]

L’autre dialogue se décline en composition multimédia. Sur les murs sont projetées des mots et des symboles, le tout en continuel mouvement et dans des couleurs changeantes. Ce jeu sur le mouvement, le temps et la couleur rappelle le travail sur la couleur et la touche Impressionniste. Il s’agit du dialogue entre Monet et Charles Sandison. Autre coup de coeur.

[Nymphéas bleus, Charles Sandison, 2007-2008; Photo: Marc Gauthier]

[Nymphéas bleus, Claude Monet, vers 1915-1920; Photo: Marc Gauthier]

Parmi les autres nouvelles, signalons ma déception de ne pas retrouver «L’Angélus» et «Les Glaneuses» de Jean-François Millet. Les deux oeuvres les plus connues du peintres étaient en prêt. Ce choix m’apparaît peu judicieux. C’est comme si j’achetais un sac devant contenir 100 bonbons et que je m’aperçois qu’il en manque deux; je suis repu mais pas satisfait…

Également, les grands tableaux de Courbet sont en restauration. Le travail s’effectue sous les yeux des visiteurs. Si les professionnels du musée doivent se sentir comme des animaux sous observation, il est toujours plaisant de voir ces mains expertes à l’oeuvre. «L’Atelier du peintre» de Courbet subissait au moins une vingtaine de retouches.

[L’atelier du peintre, Courbet; Photo: Marc Gauthier]

Un voyage à Paris est impossible pour un historien de l’art sans faire un arrêt au 7, rue des Grands Augustins dans le quartier Saint-Germain des Prés. À cette adresse se situe d’abord l’action de la nouvelle «Le chef-d’oeuvre inconnu» de Balzac. L’histoire que l’auteur raconte est celle d’un peintre qui présente son chef-d’oeuvre à des amis. Ces derniers sont ébahis par ce qu’ils voient: ils ne comprennent rien à la toile qui est sous leurs yeux.

Cette oeuvre littéraire a fait figure de prémonition: c’est également à cette adresse que Picasso s’installe dans les années 1930. Il y peindra une de ses toiles les plus connues et ayant créé sensation: Guernica.

Le Musée de la vie romantique de la ville de Paris propose «L’âge d’or du romantisme allemand - Aquarelles et dessins à l’époque de Goethe». Le lieu m’a plu, l’exposition m’a laissé un peu froid. Cependant, elle m,a permis de prendre conscience de mon ignorance à l’égard de l’art allemand et de ces artistes importants.

J’ai également assisté à ma première vente aux enchèresde l’Hôtel Drouot-Richelieu. Une expérience fortement enrichissante qui confirme mon intérêt pour la vie de l’objet d’art après sa création artistique.

Comme toujours, les expositions au Musée du Luxembourg sont courues par le Tout-Paris. Lors de ma visite, «Vlaminck - Un instinct fauve» était à l’affiche. Une réussite totale qui permet de voir de nombreux tableaux de l’artistes en un seul endroit. Un autre catalogue de musée acheter que je lirai à mon retour car Vlaminck est un artiste que j’ai croisé au fil de mes études mais que je ne connais pas beaucoup.

Un autre artiste que je ne connais pas beaucoup est Gustave Moreau. Ingénieux, il a consacré les dernières années de sa vie à mettre sur pied un musée dédié à son oeuvre. Ce fut donc une découverte de ses peintures mais surtout des nombreux dessins de cet artiste symboliste. Seul défaut du musée: de nombreux tableaux exposés sont des esquisses et non des toiles finies. Personnellement, j’aime bien ce type d’oeuvres qui permet de comprendre la méthode de travail d’un artiste.

[Intérieur du musée Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

[Dessin no. 1015 (détail), Gustave Moreau; Photo: Marc Gauthier]

À suivre…

Cette fin de semaine est votre dernière chance pour voir l’exposition Québec : Une ville et ses artistes proposée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’à dimanche, le 27 avril 2008.

Comme tout bon retardataire, j’ai couru à l’exposition aujourd’hui. Au fil de la visite, j’ai été à la fois charmé et déçu.

L’exposition débute par un miroir, une jolie façon de renvoyer au visiteur puisque les oeuvres proposées dans l’exposition renvoient à l’identité que les artistes de la ville de Québec ont aidé à façonner au fil des siècles. Ce miroir fait partie d’un ensemble de mobilier victorien (cat. 78, MNBAQ) réalisé par le fabricant de meuble François Gourdeau durant les années 1870.

Du côté charmant, il faut absolument se déplacer pour voir le Parement d’autel dit «de la Nativité» (cat. 3, salle 5, Musée des Ursulines). Réalisé par Marie Lemaire des Anges, il s’agit d’un ouvrage tout en finesse qui illustre la richesse de l’art de la broderie importé en Nouvelle France.

Dans la même salle, les amateurs d’ébénisterie et de travail sur bois ne pourront faire autrement qu’être en admiration devant le savoir-faire déployé par Pierre-Noël Levasseur. Dans le Tabernacle (cat. 15, salle 5, Fabrique de Sainte-Anne de la Pérade), l’artiste met en pratique les principes énoncés par Vignole concernant les proportions parfaites des colonnes ioniques.

Également, on retrouve les plans de 1716 que Chaussegros de Léry a réalisés de Québec. C’est l’occasion de voir ces relevés et les propositions d’expansion tels que l’ingénieur militaire les percevaient. Ces plans sont habituellement conservés dans les archives situées à Aix-en-Provence en France. On peut également observer les plans du Palais de l’Intendant (cat. 10, salle 5, Archives nationales de France) qui respectent le symbolisme social associé au poste prestigieux d’intendant.

Trois portraits d’Augustines, réalisés par Antoine Plamondon, sont réunis pour la première fois ensemble depuis 1841. Soeur Saint-Alphonse (cat. 56, salle 6, Musée des Beaux-Arts du Canada), Soeur Saint-Joseph (cat. 57, salle 6, Musée des Augustines) et Soeur Sainte-Anne (cat. 58, salle 6, Musée des Augustines) sont judicieusement alignées. Dès lors, il est impossible de ne nier leur parenté formelle en un joli coup d’oeil.

J’ai été particulièrement heureux de retrouver les eaux-fortes que Simone Hudon a réalisées de la ville de Québec. Cette technique consiste habituellement à utiliser une plaque de cuivre recouverte d’un vernis qui résiste à l’acide. L’artiste gratte ensuite le vernis pour réaliser son dessin. La plaque est ensuite plongée dans un bain acide qui creuse le cuivre aux endroits grattés. Il est ensuite possible de remplir ces lignes d’encre pour créer des estampes. Réalisées au début du 20e siècle, ces gravures possèdent une qualité pittoresque qui peut difficilement déplaire.

La dernière salle de l’exposition propose des oeuvres récentes. La décoration de la maison Henri-Bélanger (aujourd’hui détruite) rappelle la présence de l’Art déco dans la capitale du Québec. La grille (cat. 125, salle 7, Musée de la civilisation de Québec) nous accueille dès notre arrivée dans la salle.

Objet de curiosité s’il en est un, Introscaphe I intrigue (ct. 162, salle 6., collection particulière). Présenté au Musée d’art moderne de la ville de Paris en 1970, cet objet en forme d’oeuf invite le spectateur à prendre siège en son sein. Après s’être refermé, il bombarde son passager d’images mélangeant causes sociales et indifférence de la société de la consommation. Si on ne peut l’essayer, il est possible de voir un extrait du film qui était projeté aux spectateurs.

Il ne s’agit là que d’une sélection des oeuvres et des artistes qui sont proposés dans le cadre de cette exposition. Légaré, Krieghoff, Jobin, Huot, Pellan, Lemieux et d’autres peuplent les trois salles consacrées à la ville de Québec.

D’une façon globale, il s’agit d’une visite agréable que je recommande.

Cependant, comme d’habitude, j’ai quelques réserves.

Ainsi, le lien entre certaines des oeuvres et la ville de Québec est plutôt faible. Ainsi, les portraits de Jean-Baptiste Roy-Audy n’ont qu’un lien très éloigné avec la Capitale. Ils représentent des bourgeoises de Montréal et des environs. Un artiste de Québec qui gagne son pain à Montréal…

De plus, pourquoi cette exposition se termine-t-elle avant la date de l’anniversaire de fondation de la ville de Québec? En effet, le Musée célèbrera la naissance de Québec par le biais du Louvre à Québec. Il est fort probable que cette exposition soit intéressante et qu’elle constitue un tour de force; là n’est pas mon propos. Je me questionne sur le fait que les oeuvres des artistes québécois ne seront pas mises en évidence dans le musée national lors des célébrations du 400ème.

La célébration de l’art contemporain se fera en décembre 2008 avec C’est arrivé près de chez vous, L’art actuel à Québec. Au moins, le Musée pourra affirmer sans soulever une arcade qu’il a consacré deux expositions aux artistes de Québec pendant le 400ème. Il semble peu importer que ces expos aient eu lieu avant et après la date de fondation de la ville.

Du côté des détails insignifiants, il me fait toujours sourire de voir des traces de doigts derrière une vitre qui doit protéger les oeuvres. De gros doigts noirs sales sont ainsi bien visibles sur le passe-partout entourant le Plan de la ville de Québec (cat. 6, salle 5, ANF) datant de 1716.

Somme toute, une exposition qui vaut le détour mais qu’il faut vous dépêcher de voir. Elle se termine le 27 avril 2008.

Le droit d’entrée régulier est de 15 dollars, ce qui est dispendieux pour les expositions présentement à l’affiche.

L’audio-guide coûte 5 dollars. C’est agréable, sans plus.

Le catalogue contient 334 pages et il se vend 59,95 $. Les reproductions des oeuvres qu’on y retrouve sont de bonne qualité. Cependant, l’aspect fragmentaire de l’exposition en fait un document inégl qui dresse un portrait superficiel de chacun des sujets traités. À se procurer si on désire avoir une idée de chacun des artistes présentés et pour les reproductions.

Le détail du livre se trouve après le saut.

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« À chaque fois que je soulève mon crayon et que je tente de dessiner une esquisse, je ne dessine que des scènes de mort.

Quand je me dis qu’il s’agit d’une façon de laisser sortir mon surplus d’émotion, je commence à avoir pitié des spectateurs qui vont observer cette oeuvre.

Puisque l’art est un moyen de communication, je vais leur ajouter des pensées lugubres. C’est alors que je décide d’arrêter. »

Tels sont les propos d’un sculpteur traumatisé par la guerre, rapportés dans un commentaire publié par le New York Times le 10 avril 2008.

Ahmad Fadam est Irakien; dans son article, il décrit une victime silencieuse de la guerre en Irak: l’art public.

Musée d'art national de l'Irak
[Musée national irakien protégé par des forces armées, 2005, source: Wikipedia]

Attaqué tant par les manoeuvres militaires, les zélés et les pilleurs, on peut se demander ce qu’il en restera lorsque les troupes américaines et leurs alliés auront quitté les lieux.

Pour en savoir plus:
* L’article du NY Times [en anglais]
* Un diaporama présentant des oeuvres d’art public irakiennes
* La page du sculpteur Khalid Al-Rahal dont une oeuvre a été détruite
* Pour en savoir plus sur le pillage des oeuvres d’art

et un peu d’espoir..
* Profil d’une galerie d’art ouverte en plein coeur de Bagdad

[via Modern Art Notes]

Dans un billet précédent, je me questionnais sur l’absence de musées québécois dans le top 121 mondial des expositions temporaires. [Lire le billet ici]

Je suis entré en communication avec les quatre plus grands musées du Québec en termes d’achalandage. Le Musée d’art contemporain a été prompt et succinct dans sa réponse. [Lire la réponse du MACM ici]

Musée des Beaux-Arts de Montréal
[source photo: Wikipedia]

Le 15 avril, le Musée des Beaux-Arts de Montréal m’a répondu. C’est madame Suzanne Le Blanc, chef des relations publiques, qui m’écrit. Je prends quelques instants ici pour la remercier pour sa réponse.

Selon madame Le Blanc, le Journal des Arts ne les questionne habituellement que sur les nouvelles acquisitions. Cependant, les statistiques de fréquentation sont fournies au Art Newspaper. Selon cette publication, l’exposition la plus populaire du MBAM en 2007 aurait été Il était une fois Disney avec une moyenne quotidienne de 1788 visiteurs.

Malheureusement, cette moyenne ne placerait pas cette exposition dans le palmarès du Journal des Arts qui tranche à 2000 visiteurs par jour pour faire partie du top 121.

Ah la la! Amateurs d’art visitant Montréal, que faites-vous? Où vous cachez-vous? Dublin (1,6 million d’habitants), Amsterdam (1,4 million habitants) et Vienne (339,000 habitants) ont toutes des fréquentations plus importantes…

J’inclus le courriel de madame Leblanc:

« Monsieur Gauthier,

Je désire tout d’abord vous remercier de l’intérêt que vous démontrez envers le Musée des beaux-arts de Montréal.

Notre institution émet à chaque année un communiqué sur la fréquentation générale à l’intention de la presse. Les chiffres de fréquentation sont également transmis à l’American Association of Museums qui publie un rapport de fréquentation annuel.

Ce que le Journal des Arts nous demande en règle générale ne concerne que les acquisitions. Mais nous ne manquerons cependant pas de les contacter pour le prochain palmarès mondial des expositions temporaires. Nous envoyons également des chiffres à ArtNewspapers qui publie annuellement la liste des expositions les plus achalandées. Ces chiffres sont aussi disponibles pour tous les médias qui nous réclament des informations à ce sujet.

Mentionnons que le Musée des beaux-arts de Montréal a connu en 2007-2008 la meilleure fréquentation de toute son histoire : 636 219 visiteurs ont franchi ses portes entre le 1er avril 2007 et le 31 mars 2008. Ce record de fréquentation est principalement attribuable au succès public des expositions Il était une fois Walt Disney et ¡Cuba! Art et histoire de 1868 à nos jours bien sûr, mais surtout à l’événement « l’automne gratuit au MBAM » qui a dépassé toutes les attentes. Imaginée par la nouvelle direction, sous la gouverne de Nathalie Bondil, cette saison de gratuité a permis d’attirer quelque 270 000 visiteurs entre septembre et décembre 2007. C’était une manière de placer le Musée au coeur de sa ville et de rappeler que sa collection permanente, qui compte environ 35 000 oeuvres, est toujours gratuite d’accès de même que beaucoup d’activités culturelles qui y sont proposées. Ces chiffres ont été diffusés notamment dans le quotidien La Presse et à la radio de Radio-Canada.

Il va sans dire que nous sommes tous très fiers de ces résultats. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour vous inviter à découvrir l’exposition ¡Cuba! Art et histoire de 1868 à nos jours à l’affiche jusqu’au 8 juin. Cette exposition continue de bénéficier d’un important succès de bouche à oreille tout comme d’une reconnaissance critique internationale.

Salutations très cordiales,

Suzanne Le Blanc
Chef des relations publiques / Chief of Public Relations
Musée des beaux-arts de Montréal / Montreal Museum of Fine Arts »

Église Saint-vincent de Paul, Québec
[Église Saint-Vincent de Paul, Québec]

Le quotidien montréalais Le Devoir indique aujourd’hui que la façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul serait sauvée de la destruction. L’entente de principe entre les hôtels Jaro et la ministre de la Culture Christine St-Pierre prévoit l’intégration de la façade au futur projet hôtelier.

La chaîne Jaro, qui possèdent plusieurs établissements dans la région de Québec, s’en tire avec un froncement de sourcils et un regard désapprobateur de la région. On ne niaise pas avec le patrimoine dans la vieille capitale!

J’ai reçu récemment mon invitation pour assister à l’inauguration de l’exposition Or des Amériques présentée au Musée de la civilisation de Québec. L’événement aura lieu le 29 avril 2008

L'Or des Amériques au Musée de la civilisation

Le sujet doit être payant politiquement car le Premier ministre du Québec Jean Charest, la ministre de la Culture Christine Saint-Pierre et le ministre des Ressources naturelles Claude Béchard seront présents. Ajoutons à ces honorables le président du C.A. du Musée et la directrice générale et cela fera beaucoup de beau monde.

Le carton d’invitation est particulièrement réussi. En couverture, on retrouve des pierres dorées qui font songer à des pépites d’or.

L'Or des Amériques, Musée de la civilisation de Québec

Puisque le slogan est « Tout ce qui brille n’est pas or » et que la firme Alcoa fait partie des commanditaires de l’exposition, je suppose qu’il s’agit d’aluminium doré. Au moment de la rédaction de ce billet, l’aluminium se vend environ 3 dollars le kilo. J’ai donc voulu connaître la valeur de mes pépites.

L'Or des Amériques, Musée de la civlisation

Malheureusement, le poids est si faible que ma balance n’a même pas enregistré un chiffre. Soupir.

L’exposition Or des Amériques se déroule du 30 avril 2008 au 11 janvier 2009. Le sujet de l’exposition est encore vague :

« Image de richesse nationale, l’or a longtemps été considéré comme le métal précieux par excellence. L’exposition propose une aventure fascinante dans la vie des peuples des Amériques. » [Source]

Je suppose que le site Internet du Musée sera mis à jour dès que l’exposition sera inaugurée.

Richard Ste-Marie
[Capture d’écran du site Internet de Richard Ste-Marie]

Il reste un peu plus d’une semaine pour aller jeter un coup d’oeil à la rétrospective Richard Ste-Marie présentée à la Galerie des arts visuels de l’université Laval.

J’ai fait un arrêt pour voir cette exposition. Il m’est toujours difficile de trouver un angle pour aborder une rétrospective. En effet, les oeuvres qui sont présentées ont été produites à des moments bien différents dans la vie de l’artiste. Il existe peu de liens entre ses premières oeuvres des années 60 alors qu’il s’intéressait à la musique et les plus tardives.

Malgré tout, le fil conducteur de toute rétrospective demeure la personnalité de l’artiste. Au gré des changements de style ou de support d’expression artistique, qu’il utilise le crayon ou une imprimante, que peut-on trouver de constant dans son travail à partir des oeuvres exposées?

En ce qui concerne cette exposition, j’ai ressenti une certaine mélancolie, voire une tristesse. Les portraits au revolver représentent-ils des personnages au bord du suicide? Sombre misère…

Les dessins fantasmagoriques valent certainement le déplacement. Dans ces oeuvres, les personnages sont dessinés au crayon dans des attitudes diverses. Leurs visages est tordu entre deux temps, comme s’ils se trouvaient dans deux réalités différentes au même moment.

Somme toute, une exposition qui permet de contempler l’oeuvre d’une vie. Comme le signale Richard Ste-Marie dans le communiqué de presse de l’expo: « Des milliers d’heures, sans l’ombre d’un doute: heures de joie, certes, mais aussi de travail dont il serait vain de chercher le sens. Ou la portée. Mieux vaut, tout compte fait, n’en rester qu’au bonheur du partage […] »

L’exposition Richard Ste-Marie: Une Rétrospective est proposée à la Galerie des arts visuels de l’université Laval jusqu’au 20 avril 2008.

L’entrée est gratuite.

La Galerie est ouverte du mercredi au vendredi, de 11h30 à 16h30 et la fin de semaine de 13h00 à 17h00.

Pour en savoir plus sur l’artiste, vous pouvez visiter le site Internet de Richard Ste-Marie.

J’ai posté un billet hier concernant le top 121 expositions temporaires et l’absence de musées du Québec. [ Lire le billet ici ]

La première institution à me répondre - et assez rapidement d’ailleurs - a été le Musée d’art contemporain de Montréal. Ah! Les passionnés d’art contemporain, ils comprennent vite les nouvelles méthodes de communication! Mais bon, je digresse.

Éric Bilodeau du Musée d’art contemporain de Montréal me répond:

« Non, nous n’avons jamais été sollicité par ce magazine. Dommage! »

Je partage sa déception.

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